Archive pour le 4 mars 2010

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Une cérémonie religieuse en hommage aux victimes de Xynthia s'est tenue à Luçon, jeudi 4 mars.
Une cérémonie religieuse en hommage aux victimes de Xynthia s’est tenue à Luçon, jeudi 4 mars./REUTERS/Stephane Mahe

TEMPETE – Une messe solennelle a été prononcée jeudi après-midi en la cathédrale de Luçon…

«J’ai oublié le bonheur, la paix a quitté mon âme». Les paroles prononcées lors de la messe solennelle dédiée aux victimes de la tempête Xynthia, à Luçon, ont raisonné aux oreilles des Vendéens comme un lourd écho à l’épreuve qu’ils traversent depuis samedi dernier, quand les premiers vents ont soufflé sur leur région. Ce jeudi, le dernier bilan fait état de 53 morts en France, dont 29 en Vendée.

Parmi les victimes, beaucoup de personnes âgées, mais aussi une famille, et des enfants, âgés de 2 à 12 ans. Par ailleurs, Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur dénombrait aujourd’hui sept blessés graves et 72 blessés légers.

C’est le Premier ministre François Fillon qui a débuté la cérémonie, en rendant un bref hommage civil aux abords de la cathédrale. Des paroles rythmées par le glas qui a raisonné dans tout le département, alors qu’une procession de bénévoles, de gendarmes et de pompiers entrait dans l’édifice. Deux milliers de Vendéens avaient tenu à se réunir, à la fois dans la cathédrale, pleine à craquer, mais aussi à l’extérieur, où des écrans de retransmission avaient été installés.

«Une cérémonie à la hauteur»

Partout dans le département ont raisonné les sirènes. Le président du conseil général Philippe de Villiers avait demandé une mise en berne des drapeaux sur tous les édifices publics. A Luçon, la majorité des commerces avaient eux choisi de baisser le rideau en signe de deuil.

Contacté à la sortie de la cérémonie, le Maire d’Aiguillon a confié être «sous le coup de l’émotion». «La cérémonie a été à la hauteur de la catastrophe» a-t-il simplement ajouté. «Il n’y a pas de mot à çà, tout ce qui devait être fait a été fait».
Joint ce soir, Dominique Bussereau, président du Conseil Général des Charentes Maritimes, l’autre département le plus meurtri avec douze morts, nous a décrit une population en deuil, traversant une période dépressive. «Dans ces moments, il faut être très attentif, car des actes de désespoir peuvent survenir».

Ingrid Gallou

Cet après-midi, en présence de François Fillon, des centaines de personnes se sont rendues en la cathédrale de Luçon (Vendée) pour y célébrer un hommage au 29 Véndéens morts le week-end dernier, des suites de la tempête…

France Info - François Fillon s’est recueilli auprès des familles  des victimes de la tempête.François Fillon s’est recueilli auprès des familles des victimes de la tempête.
© Franck Perry/AFP

La cathédrale de Luçon n’a pas pu accueillir les 2.000 Vendéens qui s’étaient déplacés pour rendre hommage aux victimes de la tempête Xynthia. Des écrans géants avaient été installés à l’extérieur pour permettre à tous d’assister à la cérémonie. Les obsèques de deux femmes et un homme, morts noyés dans les inondations à La Faute-sur-Mer ont été célébrées durant cette messe.

Une messe pour l’ensemble des 53 victimes se déroulera dimanche, à 18h30, en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

La  localité d'Aiguillon-sur-Mer noyée sous les eaux

La localité d’Aiguillon-sur-Mer noyée sous les eaux

France 2
Le plan digues permettra d’instaurer des procédures plus rigoureuses, a annoncé jeudi Jean-Louis Borloo

Les dégâts provoqués par Xynthia posent des questions sur la solidité des digues et les zones réputées « constructibles ».
« Il faut maintenant identifier les risques et les propriétaires concernés, puis instaurer des procédures plus rigoureuses pour aider les collectivités à appliquer les Plans de prévention des risques », a-t-il ajouté.

M.Borloo a rappelé, dans l’édition de jeudi de La Montagne, qu' »une proposition de réfection prioritaire des digues   existantes sera établie avec un plan de financement sur cinq ans », alors que l’Etat a prévu d’augmenter sa participation. Il évalue à environ un million d’euros par kilomètre le coût des travaux sur les digues appartenant aussi bien à  l’Etat, aux collectivités ou à des propriétaires privés.

Premières explications
Au lendemain du passage meurtrier de Xynthia, et à l’heure du bilan, les spécialistes avancent les premiers éléments d’explication.

Et ce, après avoir étudié « les moyens et le partage du financement » des travaux, a précisé, dans un entretien à La Montagne, le ministre de l’Ecologie après étude des « moyens et le partage du financement » des travaux.

Sur les quelque 10.000 km de digues érigées en France, certaines datent du Moyen-âge. En outre, ces constructions n’offrent jamais une garantie d’étanchéité à 100%.
« A partir du moment où l’on a construit une digue, c’est qu’il y avait la  volonté de protéger une zone naturellement inondable. Elle est fiable tant que la cote de l’eau reste inférieure à celle de l’ouvrage: au-delà, son niveau de protection sera dépassé par l’ampleur d’une crue ou d’une tempête et il faudra gérer la crise. C’est inévitable » explique Patrice Mériaux, ingénieur à l’Unité de recherche ouvrages hydrauliques et hydrologie du Cemagref d’Aix en Provence.

Le Cemagref recense 9.000 km de digues, dont un millier le long du littoral, appartenant à des communes, des syndicats, voire des particuliers. L’Etat lui-même ne gère qu’environ 1.000 km de digues fluviales, essentiellement sur la  Loire. Un vaste recensement, toujours en cours, a été lancé à la suite des grandes inondations du Rhône qui avaient noyé la Camargue en 1993 et 1994.

« C’est un parc très disparate, constitué au fil du temps : souvent, l’ouvrage qui avait été conçu pour protéger des champs abrite, 50 ans plus tard, des populations et il faut relever le niveau d’exigence », remarque Anne-Marie Levraut, chef du service des risques naturels et hydrauliques au ministère de l’Ecologie. Un tiers des digues sont actuellement gérées « par des maîtres d’ouvrage qui  n’ont pas les capacités techniques ni financières de remplir toutes leurs obligations, y compris en zone urbaine », poursuit-elle.

La situation de la Faute-sur-Mer
Selon une étude menée récemment par la Direction départemental de l’équipement (DDE) de Vendée, la commune de la Faute-sur-Mer, durement frappée par la tempête Xynthia, était considérée comme une zone sensible construite « sur de vastes espaces gagnés sur la mer, ne tenant pas compte de la mémoire du risque ».

« La  conjonction de deux phénomènes, de crue dans l’estuaire du Lay et de submersion marine pourrait avoir un impact très important sur les zones densifiées à l’arrière d’un réseau de digues vieillissant » indiquait le document présenté en octobre 2008 aux journées du Génie côtier, à Nice, par Stéphane Raison.

« Plus de 3.000 maisons sont construites derrière ces digues en terre (…) 40.000 personnes fréquentent quotidiennement la commune en été. La rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes », prévenait la DDE.

Selon l’adjoint au maire de la Faute-sur-Mer, Patrick Maslin les digues ne seraient pas directement en cause dans la catastrophe du week-end. « Il n’y a aucun souci avec les digues » et « les digues ont résisté » a déclaré l’élu qui explique que l’eau est venue par une autre brèche.

La question des zones inondables
Xynthia a rallumé le projecteur sur les règles de construction dans les zones inondables. Premier risque naturel en France, l’inondation concerne en effet une commune sur trois à des degrés divers, dont 300 grandes  agglomérations, selon le ministère de l’Ecologie et du Développement durable. En 2008, 16.134 communes, soit 5,1 millions de Français, étaient ainsi concernés dans un pays où les zones inondables s’étendent sur plus de 27.000 km2.

Pourtant ces cinquante dernières années, l’urbanisation des zones inondables s’est accélérée. Dans l’Hérault ou l’Ille-et-Vilaine, les logements construits sur de tels sites ont augmenté de 20% en sept ans. Et selon une étude du Commissariat général au Développement  durable, près de 100.000 logements ont encore été construits dans les zones inondables de 424 grandes communes entre 1999 et 2006, dont 8.000 dans les Alpes-Maritimes, le Var et le Val-de-Marne.

Vers un changement des pratiques ?

Si une partie de la classe politique respecte le temps du deuil, des voix commencent à s’élever pour dénoncer les permis de construire accordés dans les zones côtières.

« Il faut être raisonnable et construire à des distances plus  importantes » de la mer, a ainsi déclaré lundi, le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers. La secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, a souligné pour sa part qu’il fallait « durcir les règles » de construction dans les zones inondables et derrière les digues, en dépit des éventuelles pressions subies.

Le président Nicolas Sarkozy a promis qu’une « réflexion va être engagée sur le plan de l’urbanisme pour qu’une catastrophe de cette nature ne se reproduise plus ». « On ne peut pas transiger avec la sécurité », a-t-il assuré.

En Vendée, « il faut construire plus loin »
Pour le président du Conseil général de Vendée, la catastrophe impose de nouvelles normes de construction. Les décès sont à déplorer essentiellement dans des localités de la Vendée proches de la mer, qui ont été submergées, où les habitants surpris dans leur sommeil ont été noyés. « Sur le moyen terme, il faut construire autrement sur la côte, partout en France. L’Etat impose des normes qui sont respectées par les maires le plus souvent mais qui ne sont pas assez sévères », a dit Philippe de Villiers sur France info. Selon lui, les digues de plus en plus hautes et de plus en plus renforcées, sont anciennes et il n’est pas souhaitable de procéder à une perpétuelle consolidation. « Partout où la terre est au niveau de la mer, il est prudent de construire plus loin », a estimé le président du Conseil général.

Pour le président du MoDem François Bayrou, « ce qui apparaît, c’est que la plupart des victimes ont été piégées dans leur maison par la montée brutale des eaux, ce qui pose au moins deux  questions »: « La première, c’est les autorisations de construire données dans des lotissements situés trop bas par rapport au niveau de risque de la montée de la  mer » et « la deuxième question, c’est la nature et l’entretien des digues, qui datent dit-on du XIXe siècle, et dont l’état peut être mis en question », a-t-il  ajouté.

Lien venant du site officiel de la commune

http://www.vjoncheray.fr/phototheque/photos-cote-ouest-france/vendee/aiguillon-sur-mer/

[ 03/03/10  – 09H43 – AFP  ]

© AFP – Frank Perry

© AFP - Frank Perry

« Pour l’instant je reste là »: comme la plupart de ses voisins, ce propriétaire d’une résidence secondaire de la Faute-sur-Mer, sinistrée par la montée des eaux après la tempête Xynthia, refuse d’abandonner sa maison.

Dans La Faute-sur-mer dévastée, l’eau atteignait mardi encore par endroits près de deux mètres, mais certaines rues ne comptaient plus que 80 cm d’eau. Bottes aux pieds, Pierre et Thérèse Jaulin, de jeune retraités, sont venus constater l’état de leur maison de vacances construite il y a quatre ans et demi dans le lotissement les Doris.

Rien n’avait laissé présager un tel désastre: « Il y avait la digue. Et puis, on avait fait confiance à ceux qui nous ont délivré le permis de construire », explique Pierre.

Cette maison, c’est le placement du couple pour sa retraite. Ici, « le prix du terrain a presque doublé en 5 ans ». Alors, « si on nous dit qu’il faut partir, on partira, mais ça dépendra des conditions », explique Pierre.

Comme la plupart des habitants rencontrés, ils ne se plaignent pas, car autour d’eux, des voisins, des amis, sont morts noyés dans leurs maisons.

« Pour l’instant, je reste là », assure aussi Michel, qui a fait construire il y a 40 ans sa résidence secondaire à proximité de la cuvette où ont poussé les lotissements les plus touchés, L’Orcéa et les Doris.

© AFP – Frank Perry

© AFP - Frank Perry

Dans sa maison envahie dimanche par 1m80 d’eau, pestant contre les polémiques soulevées par les médias sur la résistance de la digue, il reste serein car, pour lui, il s’agissait d’un phénomène exceptionnel et « jamais, on n’aurait imaginé ça ici, c’était imprévisible ».

Joël, lui, est venu constater avec deux amis les dégâts dans sa maison de la rue des Voiliers, construite en 2006 et à peine finie d’aménager. Mais « tout est mort à l’intérieur », dit-il.

« J’avais en projet de mettre en vente ma maison de La Roche-sur-Yon pour venir ici en retraite, mais je vais devoir repousser mes projets », explique-t-il, encore trempé après avoir visité le pavillon. Pour lui, il est cependant hors de question de quitter La Faute-sur-mer. « Moi j’adore », assure-t-il.

Un homme fatigué passe à côté dans un véhicule des pompiers. Lui aussi voudrait voir sa maison mais il ne pourra pas y accéder.

« Il a eu très peur. Il s’est réveillé en pleine nuit. Son lit flottait et il ne lui restait que 40 cm de hauteur dans sa chambre…. Ce qu’il espère, c’est que sa maison tombe: il veut quitter définitivement la région », confie un de ses voisins.

Le long des rues, l’eau qui se retire peu à peu laisse la place à un paysage dévasté où un gros 4X4 chevauche une berline. Les canapés s’alignent le long du trottoir et les voitures sont encastrées dans les porte-fenêtres des salons.

© AFP – Frank Perry

© AFP - Frank Perry

Côté digue du Lay, les lotissements ressemblent à un lac avec des maisons plantées ça et là comme des îlots, marquées de couleurs roses et bleues lors du passage des secours, avec parfois des toitures trouées pour secourir les habitants.

A quelques mètres de là, des pompes aux dimensions impressionnantes, qui enjambent la digue où des bibelots et autres objets personnels se sont échoués, évacuent en continu l’eau des lotissements.

Mais pour beaucoup ici, le phénomène est exceptionnel et « il n’y a aucune raison de quitter les lieux ». « De toute façon, ils vont réhausser la digue », rassure un habitant.

Par Christian GAUVRY

La polémique sur les constructions en zone inondable est relancée…Les élus de La Faute-sur-mer avaient manifesté leur hostilité…

« Cela ne devait être qu’un écrit de plus dans la joute administrative qui oppose la commune de La Faute-sur-Mer et la préfecture de Vendée depuis des années. Le 19 novembre dernier, le conseil municipal de La Faute-sur-Mer, une des communes les plus touchées par la tempête Xynthia, avait manifesté son hostilité au plan de prévention du risque inondation (PPRI) de l’estuaire élaboré par la préfecture. Hier, face à la polémique, René Marratier, le maire de La Faute, jurait « accepter le PPRI sur le fond et ne le contester que sur la forme ». » (le parisien)

Quelle que soit la région que l’on habite, personne ne pouvait ignorer qu’une alerte rouge avait été déclenchée sur les côtes atlantiques si durement touchées. Qu’il y ait eu des phénomènes qui soient venus se conjuguer, soit, mais la question est de savoir quelle vigilance avait été mise en place, car il paraît inconcevable que les seules consignes données à la population de cette zone inondable se limitent à « restez bien enfermés chez vous, ne bougez pas » compte tenu du « péril de la mer » qu’évoque même le site de la commune.

Les décisions d’évacuer ou non appartiennent aux autorités préfectorales et aux maires. La décision de ne pas évacuer (les habitants auraient peut-être rechigné à abandonner leurs maisons) n’empêchait pas de mettre en place un plan d’intervention rapide et des « guetteurs » qui auraient donné l’alerte. Il semble invraisembable que chacun se soit endormi comme si  rien ne pouvait se produire.

Tempête violente, océan déchaîné, flots qui se sont soulevés, OK. mais « n’as-tu rien vu venir… » pourrait-on demander. Un drame qu’on ne saurait imputer au seul déchaînement des éléments.

Inondation en Vendée après la tempête Xynthia le 28 février 2010

Pour Brice Hortefeux, après le passage de la tempête Xynthia, « il faut procéder par étapes : aujourd’hui, c’est le temps du recueillement et de la solidarité« . Et il tente de désamorcer la polémique : « Ce qui s’est produit notamment en Vendée, c’est une conjonction extraordinairement rare, pour ne pas dire exceptionnelle de grande marée, de dépression, de la tempête elle-même et le fait que cela s’est produit la nuit« . Au niveau local, ce sont les élus, comme Ségolène Royal, ou le président du conseil général de Charente-Maritime, Dominique Bussereau, qui se refusent à parler de dysfonctionnements. Reste que la polémique est bel et bien lancée, et qu’elle vise notamment les maires des communes touchées.

Des constructions derrière les digues

Première question : y a-t-il eu laxisme au niveau des constructions dans les zones côtières ? Une étude menée récemment par la DDE de Vendée considérait ainsi la commune de la Faute-sur-Mer, durement frappée par la tempête, comme une zone sensible construite « sur de vastes espaces gagnés sur la mer, ne tenant pas compte de la mémoire du risque« . Et elle mettait en garde : « la conjonction de deux phénomènes, de crue dans l’estuaire du Lay et de submersion marine pourrait avoir un impact très important sur les zones densifiées à l’arrière d’un réseau de digues vieillissant« . Le réseau de digues avait été construit après les grandes tempêtes de 1926 et 1929, le long de l’estuaire du Lay, pour protéger la presqu’île. Or, notait l’étude, « plus de 3000 maisons sont construites derrière ces digues en terre (…) 40.000 personnes fréquentent quotidiennement la commune en été. La rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes« .

Les digues ne seraient toutefois pas directement en cause dans la catastrophe du week-end, se défendent les élus. « Il n’y a aucun souci avec les digues » et « les digues ont résisté« , a affirmé Patrick Maslin, adjoint au maire de la Faute-sur-Mer. Pour l’élu, l’eau est venue de la mer « par la pointe d’Arçay » et ses dunes, a-t-il poursuivi. « Jusqu’à maintenant l’eau n’était jamais venue par là« . Françoise Babin, autre adjointe, avance de son côté que les inondations mortelles s’expliquent avant tout par une « énorme vague qui est passée au dessus de la digue« . Les deux élus se sont défendus contre le soupçon d’une urbanisation à outrance dans ces zones très basses par rapport au niveau de la mer. « Les constructions sur la commune sont toujours maîtrisées et réalisées dans les règles de l’art. On a construit un peu, pas à outrance« , a déclaré Françoise Babin.

Bras de fer sur la prévention des risques

Autre question : si la rupture des digues n’est pas en cause, la réglementation au niveau local intégrait-elle bien tous les risques ? Depuis juin 2007, un plan de prévention des risques d’inondations (PPRI) a institué une zone de 50 mètres non constructible à partir de la digue. Mais cette question de l’entrée en vigueur d’un plan spécifique traînait en fait depuis des années, révèle Le Parisien, et c’est la préfecture qui est montée au créneau pour lui faire voir le jour devant le peu d’empressement des élus. Car, assure le quotidien, beaucoup voyaient d’un mauvais oeil cette restriction apportée aux possibles futures constructions. Dans certains cas, des permis de construire ont été accordés en dépit des préconisations du PPRI. En novembre dernier, affirme Le Parisien, le conseil municipal de La Faute-sur-Mer avait d’ailleurs manifesté son hostilité à ce plan de prévention, demandant au préfet de retarder l’enquête publique.

A quoi le maire de La Faute-sur-Mer répond dans le même journal que cette contestation du PPRI porte uniquement sur des questions de forme :  » Il y a des corrections à apporter, c’est pour cette raison qu’il n’a toujours pas été approuvé« . Il n’est pas sûr par ailleurs que ce plan de prévention aurait limité les dégâts. Comme le note Françoise Babin, la « zone rouge » définie par le PPRI comprend des habitations déjà construites, antérieurement à 2007, dont certaines en dessous de 2 mètres du niveau de la mer.

Evacuer ou pas…

Troisième question : les élus ont-ils tardé à prendre des mesures d’urgence lors de la tempête, et notamment à ordonner des évacuations ? Samedi, dans les départements concernés par l’alerte rouge, Météo France annonçait des « vents violents » et « de très fortes vagues déferlant sur le littoral« , avec le risque d’une « élévation temporaire du niveau de la mer pouvant submerger certaines parties du littoral« . Une mise en garde suffisante pour évacuer ?

Mais sur ce point, mairies et préfecture se renvoient la balle. « Si les mairies avaient demandé des évacuations, nous l’aurions fait« , commentait ainsi mardi matin sur Europe 1 Béatrice Lagarde, sous-préfète des Sables d’Olonne. Mais la même Béatrice Lagarde reconnaît que « l’ensemble du département était concerné » par l’alerte de Météo France, dont le bulletin donnait « la liste habituelle des dangers (arrachement des toits, circulation routière perturbée, chutes d’arbres…) sans mettre un accent particulier sur les risques d’inondations« . Les maires affirment aussi, pour leur part, que rien ne laissait prévoir une inondation : « Nous n’étions absolument pas sensibilisés à la puissance avec laquelle les vagues allaient frapper« , commente le maire de La-Tranche-sur-Mer dans Le Figaro. « Or le phénomène s’est révélé exceptionnel : ici, la mer a soulevé à plus de huit mètres de haut des rochers de 800 kg« . Les prévisionnistes eux-mêmes avouent leurs limites : « le risque de montée des eaux était clairement notifié, mais il n’était pas quantifié« , souligne dans Le Figaro Alain Ratier, directeur général adjoint de Météo France.

Quatre jours après le passage dévastateur de Xynthia, qui a fait 53 morts en France, le débat sur les responsabilités dans cette catastrophe naturelle s’est accentué jeudi, jour d’hommage aux victimes.

Une cérémonie est prévue à 15h00 à la cathédrale de Luçon, en Vendée, l’un des départements les plus touchés, en présence du Premier ministre François Fillon.

Le commissaire européen à la Politique régionale, Johannes Hahn, s’est rendu jeudi à La Rochelle (Charente-Maritime) pour témoigner de la solidarité et de la compassion de l’Europe. Il devait ensuite se rendre en Vendée.

La France a annoncé lundi son intention de solliciter une aide du Fonds de solidarité de l’Union européenne (FSUE).

Le bilan de la tempête s’élève à 53 morts, sept blessés graves et 72 blessés légers, a déclaré Brice Hortefeux sur Europe 1.

Face à la polémique qui monte sur d’éventuelles entorses à la réglementation immobilière, le ministre de l’Intérieur a insisté sur le recueillement dû aux victimes.

« Et puis il y aura un deuxième temps, le temps des leçons à tirer », a-t-il ajouté.

Il s’est gardé de mettre en cause les maires accusés d’avoir délivré des permis de construire dans des zones inondables.

Les dégâts les plus importants causés par Xynthia l’ont été là où des digues ont lâché sous la pression des vents violents combinés à une forte marée et une puissante dépression.

Le maire de La Faute-sur-Mer (Vendée), l’une des deux communes les plus touchées, est notamment accusé d’avoir ignoré les mises en garde de la Direction départementale de l’équipement (DDE) qui évoquait en 2008 « un réseau de digues vieillissant ».

Prié de dire si des maires pourraient être poursuivis en justice, Brice Hortefeux a répondu : « Ce sont des décisions extrêmement graves, il faut qu’il y ait des analyses précises ».

« UN ÉQUILIBRE À TROUVER »

Le ministre a néanmoins ordonné mercredi aux préfets de « ne pas hésiter à déférer les permis de construire délivrés par les autorités locales lorsque ceux-ci peuvent paraître dangereux ».

Certains édiles réclament que l’Etat s’investisse davantage dans la protection des habitations du littoral.

« Sur un cas comme ça, il faut recentraliser au moins le processus de décision et de vérification », a dit sur Canal+ le maire socialiste de La Rochelle, mettant en cause la qualité des digues en France.

« Je demande la création d’un établissement public. Il faudrait au moins la responsabilité générale sur la qualité des digues, leur entretien », a déclaré Maxime Bono.

Le gouvernement s’est engagé mercredi à présenter un plan de renforcement des digues dans les deux mois.

Pour Maxime Bono, la tempête a prouvé que les normes imposées par l’Etat pour délivrer des permis de construire n’étaient plus viables.

« Depuis bien longtemps, la cote de 3,80 mètres (au-dessus du niveau général des flots) était considérée comme une cote où on était en toute sécurité. Cette cote n’est plus d’actualité. Mais que faut-il faire pour tout ce qu’on a construit ? », a-t-il demandé.

En avril 2009, Nicolas Sarkozy, présentant le projet du Grand Paris, avait souhaité que l’on rende « constructibles les zones inondables mais par des bâtiments adaptés à l’environnement et aux risques ».

« Il faut sortir du respect passif d’une règlementation de plus en plus pesante », avait dit le chef de l’Etat.

Les ministres Valérie Pécresse et Brice Hortefeux ont défendu jeudi ces propos.

« Il a totalement raison », a dit la ministre de l’Enseignement supérieur sur RMC et BFM TV, évoquant « des terrains délaissés autour des gares » ou des « résidences flottantes ».

Pour le ministre de l’Intérieur, il y a « un équilibre à trouver ».

« Dans certains cas, l’administration peut être tatillonne et en même temps, elle a vocation à protéger », a-t-il souligné.

Clément Guillou, édité par Sophie Louet

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