Archive pour le 7 mars 2010

AFP
07/03/2010 | Mise à jour : 21:19
Le sénateur de Vendée (MPF) Bruno Retailleau a annoncé aujourd’hui avoir demandé au président du Sénat Gérard Larcher la création d’une commission d’enquête parlementaire afin de tirer les leçons de la tempête Xynthia.

Le sénateur demande dans un communiqué « la création d’une commission d’enquête parlementaire ou d’une mission parlementaire d’information afin de tirer rapidement et sereinement toutes les leçons de la catastrophe de la tempête Xynthia ».

Pour M. Retailleau cette commission ou cette mission devra d’abord « se pencher sur les causes de la catastrophe pour en tirer tous les enseignements, et examiner ensuite la situation du littoral au regard de la défense contre la mer. Face à un niveau de risques de plus en plus élevé, elle devra reconsidérer les règles du droit des sols et d’urbanisme » et « faire des propositions concernant les habitations existantes situées dans une zone à risque ».

Le sénateur a aussi demandé au commissaire européen Michel Barnier d’intervenir auprès de la Commission européenne afin de mobiliser des financements communautaires dans le cadre du fonds de solidarité de l’Union européenne. Il rappelle que « la France a bénéficié de ce fonds de solidarité en 2009 » à la suite de la tempête Klaus.

Une semaine après la tempête Xynthia, qui a fait 53 morts, les questions se multiplient sur les éventuelles responsabilités des communes en matière d’urbanisation en zone inondable et sur l’avenir des quartiers sinistrés, notamment sur la côte vendéenne.

Tandis que l’administration mène l’enquête suite à la trentaine de morts causée par Xynthia en Vendée, les Verts et de Villiers accusent.

La Faute-sur-Mer inondée, vue du ciel le 3 mars 2010

La Faute-sur-Mer inondée, vue du ciel le 3 mars 2010

Photo : Bertrand Guay/AFP

Une semaine après que la tempête Xynthia a causé cinquante-trois morts en France, les questions se précisent quant aux possibles responsabilités des communes sinistrées, notamment quant à leurs politiques d’urbanisation des zones inondables.

Principales victimes de la tempête et cibles des critiques : l’Aiguillon-sur-Mer et la Faute-sur-Mer, une commune de 2.500 habitants où résidaient la plupart des 29 Vendéens tués lors du passage de la tempête Xynthia.

Le drame était sans doute d’autant plus évitable, que bien avant la tempête du 27 février 2010, la mairie de la Faute-sur-Mer, la préfecture de Vendée et les propriétaires du cru étaient déjà en conflit sur la question du développement urbanistique de ce littoral.

Dans une étude récente, la direction départementale de l’Equipement avait constaté que cette commune avait été construite « sur de vastes espaces gagnés sur la mer, ne tenant pas compte de la mémoire du risque ».

En attendant de plus amples informations, René Marratier, le maire de La Faute-sur-Mer se serait vu imposer l’interdiction de toute nouvelle construction et la fermeture rapide du camping municipal « la Côte de Lumière ».

Dans le même courrier, Jean-Jacques Brot, le préfet de Vendée aurait par ailleurs exigé le retrait de permis de construire sur le lotissement des Doris, situé en pleine cuvette, dans la zone inondable de la Faute-sur-Mer.

Sur la même longueur d’onde, Philippe de Villiers, le président du conseil général de Vendée, a demandé que les logements de La Faute sinistrés lors de la tempête du 27 ne soient pas reconstruits et que leurs occupants soient indemnisés par les promoteurs qui leur ont vendu ces biens immobiliers.

Selon de Villiers, cet « épicentre de la tragédie doit être immédiatement restitué à sa vocation naturelle de marais », considérant que « là où la mer est venue, elle reviendra » et qu’il y a donc « risque mortel » pour les habitants.

Alors qu’ils envisagent de saisir l’Assemblée nationale pour qu’une commission parlementaire mène l’enquête sur ce drame, à travers Noël Mamère,  les Verts ont dénoncé le non respect de « la loi Littoral » et de « la loi Barnier de 1995, qui instituait les plans de prévention de risques d’inondation ».

PARIS – Plus de deux mille personnes ont assisté dimanche soir à une cérémonie à Notre-Dame de Paris en mémoire des victimes de la tempête Xynthia qui a tué 53 personnes il y a une semaine.

Mgr André Vingt-Trois, célèbre une messe à Notre-Dame de Paris, le 7 mars 2010
AFP/Bertrand Langlois

Mgr André Vingt-Trois, célèbre une messe à Notre-Dame de Paris, le 7 mars 2010

« Ce soir, notre pensée est mobilisée par le souvenir des victimes de la tempête. Notre prière est orientée vers Dieu pour demander le repos de leurs âmes« , a dit Mgr André Vingt-Trois.

Tirant une poussette et surveillant des yeux son petit garçon de trois ans, Maria Tapuska, 40 ans, est venue « prier pour les familles » touchées par le drame. « C’est une aide pour les familles qui sont en détresse« , assure-t-elle.

Marie-Bernadette Claverie, retraitée, est venue des Hauts-de-Seine où elle réside. « Ma soeur habite la Vendée et m’a dit que beaucoup de personnes âgées n’ont pas su comment réagir et ont péri. Ca m’a touchée. Je suis venue pour montrer ma solidarité par rapport à toutes ces personnes qui ont vécu des choses terribles« , explique-t-elle.

« Quand la mort frappe autour de nous, la foi ne donne pas d’explications mais elle nous donne une question.(…) Elle pose une question sur le sens de notre propre vie: qu’est-ce que nous faisons de notre propre vie« , a dit l’archevêque de Paris dans son homélie.

La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno (C), l'ancien maire de Paris Jean-Tibéri, lors d'une messe à Notre-Dame pour les victimes de la tempête Xynthia, le 7 mars 2010
AFP/Bertrand Langlois

La secrétaire d’Etat à l’Ecologie Chantal Jouanno (C), l’ancien maire de Paris Jean-Tibéri, lors d’une messe à Notre-Dame pour les victimes de la tempête Xynthia, le 7 mars 2010

Après la cérémonie religieuse, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie Chantal Jouanno s’est dite touchée par l’appel à la « responsabilité » lancé par Mgr Vingt-Trois.

« C’est une catastrophe qui nous touche par sa violence« , a dit à l’AFP Chantal Jouanno. « Il faut toujours témoigner de la solidarité« , a-t-elle souligné.

Cet offoce intervient à la suite d’une série d’hommages rendus aux victimes de la tempête Xynthia en Vendée, département le plus touché par la tempête, où 29 personnes ont péri.

Plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le Premier ministre François Fillon, avaient assisté jeudi à la messe solennelle donnée en la cathédrale de Luçon (Vendée).

Samedi, une marche silencieuse entre les communes vendéennes de L’Aiguillon-sur-Mer et de La Faute-sur-Mer a rassemblé environ 350 personnes et des gerbes ont été déposés en mémoire de « tous les sinistrés« .

La polémique enfle dans une Vendée tiraillée entre le deuil et la volonté de reconstruire. A La Faute-sur-Mer, l’équipe municipale est montrée du doigt.

Tempête Xynthia faute sur mer
Paru dans leJDD

Les dégâts sont lourds. (Rodolphe Escher/JDD)

Meurtrie, La Faute-sur-Mer n’avait pas besoin d’une polémique. Une polémique qui instaure un climat de suspicion, pesant dans la commune vendéenne la plus endeuillée par la tempête. Dimanche dernier, Xynthia et
l’océan ont dévasté plus de 600 maisons et tué 29 personnes. Aujourd’hui, l’eau s’est retirée et les langues se délient pour chercher des coupables. Des soupçons planent sur l’équipe municipale: selon Europe 1, la première adjointe
au maire chargée de l’urbanisme, Françoise Babin, aurait délivré des permis de construire de complaisance. Une administrée lui reproche d’avoir aidé son fils Philippe, agent immobilier sur la commune, à obtenir des permis pour deux lotissements implantés derrière la digue, le village des Doris et celui des Babins, sortis de terre en 1999.

Philippe Babin se sent injustement pointé du doigt. Il confie au JDD son indignation: « Ces accusations sont graves et totalement infondées. On nous accuse, ma mère et moi, de prise illégale d’intérêts, de pots-de-vin, de combines
en famille et entre amis, c’est surréaliste! » Le promoteur et agent immobilier s’étonne d’être mis en accusation pour des permis concernant le lotissement des Doris. « Je n’ai construit aucune maison sur les Doris, précise-t-il. Et pour les Babins, tout a été fait dans les règles. Il n’y a jamais eu de plainte de la préfecture sur ce dossier [ce que confirme la préfecture]. Et la direction départementale de l’équipement a donné un avis favorable pour ces constructions. » Selon lui, son lien de parenté avec l’adjointe chargée de l’urbanisme ne le favorise en aucun cas. « La preuve: lorsque j’ai demandé un permis pour agrandir ma propre maison, on me l’a toujours refusé. »

Règlements de comptes politiques?

L’affaire prend des allures de règlements de comptes puisque les accusations sont proférées par un membre de l’opposition municipale. La même qui se bat depuis deux ans pour alerter le maire sur les risques de rupture des digues avec, à l’appui, un rapport de la DDE de Vendée rendu public en 2008. L’étude avait souligné les risques de submersion pour 3.000 maisons de La Faute-sur- Mer bâties derrière les digues, des digues âgées de 80 ans et mal entretenues. Une mise en garde à laquelle la mairie de La Faute est restée sourde. Jusqu’à il y a quelques semaines et le début des travaux d’enrochement.

La tempête Xynthia a jeté une lumière crue sur l’urbanisation à tout prix du littoral et La Faute-sur-Mer est au coeur de cette problématique. « Entre la pression foncière et la pression écologiste, les élus locaux cèdent bien souvent à la première« , déplore Benoît Gros, du Comité pour la protection de la nature et des sites de Vendée. L’ancien préfet du département Thierry Lataste, connu pour son souci à l’égard de l’environnement, a empêché bon nombre de dérives sur la côte. Quitte à régler les conflits devant la justice. Le maire de La Faute, René Marratier (qui n’a pas souhaité répondre au JDD), a obtenu gain de cause il y a trois ans devant la cour administrative d’appel de Nantes contre la préfecture de Vendée pour le permis de construire d’un camping en bordure d’un estuaire. Le terrain de camping a été inondé par la tempête, heureusement déserté en cette période hivernale.

« Les gens ont acheté en connaissance de cause« 

Marc Coutereel, directeur du Conseil d’architecture, d’urbanismeet d’environnement de Vendée, organisme qui conseille les communes dans l’élaboration de leur plan local d’urbanisation, admet qu’à La Faute et sur les communes voisines, « tout le monde savait que l’on flirtait avec un risque, mais [que] personne n’avait envisagé une telle catastrophe« . L’architecte explique que « la règle est de construire à partir de 4 m au-dessus du niveau de la mer (une cote
fondée sur les crues centennales). Le maire de La Faute-sur-Mer a autorisé des constructions à 3,90 m, donc au-dessus de ce niveau. C’est un peu limite, il est vrai. »

« Les gens qui ont acheté leur maison l’ont fait en connaissance de cause, souffle un notaire vendéen. Ils savaient que leurs pavillons étaient situés à la limite de la zone submersible, ce qui explique les prix plus bas. Mais, tout comme les élus locaux, ils pensaient prendre le risque de patauger les pieds dans l’eau une fois tous les dix ans. Tous, élus, particuliers, semblaient s’en accommoder. »

Le ministre du Développement durable Jean-Louis Borloo s’est dit dimanche « plutôt » d’accord pour interdire la reconstruction des habitations dévastées par les inondations dans les zones à risque, comme la Faute-sur-Mer (Vendée). « S’il faut prendre des mesures dans les zones à risque, l’Etat n’hésitera pas », mais « il faut voir au cas par cas et ne pas faire de déclaration de principe », a-t-il indiqué, invité de l’émission Le Grand Jury RTL.

Les cloches de l’église de La Faute-sur-Mer sonneront de nouveau ce dimanche dans le petit village ravagée par la tempête quelques heures avant une messe à l’intention des 53 victimes de la tempête Xynthia ce soir à Notre-Dame de Paris.

Cette cérémonie succède à une série d’hommage et de marches silencieuses ces derniers jours en Vendée, département le plus touché par la tempête Xynthia et les inondations il y a tout juste une semaine.

Samedi une marche silencieuse entre l’Aiguillon-sur-Mer et La Faute-sur-Mer a réuni environ 350 personnes.

A Paris, c’est le cardinal André Vingt-Trois qui célébrera la messe. «La tempête qui a frappé notre pays, spécialement dans les départements de l’Ouest, a semé la mort et la désolation. Nous prions pour les trop nombreuses victimes et tous les sinistrés. (…) En ce moment cruel, la solidarité de tous doit être un premier réconfort», écrit le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris.

Jeudi, à la cathédrale de Luçon près de 2000 personnes s’étaient recueillies autour de trois cercueils symbolisant les victimes. Le Premier ministre François Fillon était également présent pour se recueillir auprès des familles des victimes.

Les vendéens resteront à jamais marqué par le passage de la tempête meurtrière du 28 février dernier. Dans le seul village de La Faute sur Mer, 29 personnes sont mortes.

De Christian GAUVRY (AFP)

LA FAUTE-SUR-MER, Vendée — Il y a une semaine, le dimanche 28 février, la tempête Xynthia a fauché sur son passage la vie de 29 personnes à La Faute-sur-Mer, petite station balnéaire du sud-Vendée, un coin de paradis devenu en quelques minutes un enfer pour les habitants surpris dans leur sommeil.

Le 28 février à 01h00, les premiers appels parviennent aux pompiers de Vendée: rien de spectaculaire, des arbres couchés par le vent qui commence à s’abattre. Dans la commune de La Faute-sur-Mer, les habitants dorment encore pour la plupart, malgré l’alerte rouge déclenchée par Météo France.

« Des tempêtes, l’hiver, c’est pas exceptionnel, on a l’habitude ici », explique un habitant.

03h23: un jeune pompier est appelé d’urgence. Le temps d’arriver au centre de secours, il ne peut plus y accéder: l’eau est déjà présente partout.

03h30: les premiers coups de fils angoissés d’habitants inondés parviennent aux pompiers, « et là, on prend conscience qu’il se passe quelque chose de grave », explique un responsable.

« J’ai entendu un bruit d’eau, comme un bruit de tuyauterie qui avait pété, il n’y avait plus de lumière, j’avais de l’eau jusqu’aux chevilles », raconte Jean-Claude, 65 ans, qui loue une petite maison et dort seul ce soir-là, car sa femme a été hospitalisée vendredi.

Deux minutes plus tard « le frigo est passé devant moi en flottant », raconte le rescapé qui ne sait pas nager et va échapper à la mort en brisant un volet, puis en parvenant par miracle à se hisser sur son camping-car où va commencer la longue attente dans la nuit noire, le froid et le vent.

Dans toutes les maisons de La Faute-sur-Mer, l’eau monte. Vite.

Certains témoins racontent avoir vu une vague s’engouffer dans les lotissements par le sud, puis une autre d’un mètre passer par-dessus la digue à l’est, le long de l’estuaire du Lay.

En une demi-heure, le niveau de l’eau a atteint 2,50 mètres dans certaines habitations, piégeant les occupants dans leur sommeil. Certains se réveillent alors que leur lit flotte sur plus de 1,50 m d’eau.

Ceux qui se sont réveillés essaient de se mettre à l’abri. Dehors, les cris des survivants qui cherchent leurs proches dans la pénombre et appellent au secours se perdent dans le vent qui atteint les 120 km/h.

« A 04h00, on s’inquiétait sérieusement, j’ai cru qu’on allait y passer », explique Valérie qui avec son mari Thibault et leurs quatre enfants se sont réfugiés au premier étage de la maison familiale.

C’est une longue attente qui commence dans des lotissements devenus des lacs. Marcel Wagner et son épouse se réfugient dans « un nid douillet », le grenier au-dessus du garage.

Jusqu’au lever du jour, l’eau, le froid et l’épuisement vont continuer à faire des victimes, principalement des personnes âgées, tandis que les secours tentent de sauver un maximum de vies.

Au lever du jour, l’ampleur des dégâts se révèle aux survivants. Les pieds en sang à force de les frapper pour ne pas qu’ils gèlent, Jean-Claude voit passer devant lui un corps flottant sur le ventre. Plus loin, deux personnes à bout de force s’accrochent à des palettes de parpaings.

Jean-Claude voit alors arriver un canot de pompiers. Les opérations d’évacuation battent leur plein.

Dans la matinée commence le long décompte macabre devant une nuée de journalistes. Trois morts à 09h00, huit à 14h00 et le bilan va continuer à s’alourdir au fil de la journée devant des habitants incrédules.

Six jours plus tard, une marche silencieuse rend hommage aux victimes de la catastrophe dans le petit village: 29 selon un bilan toujours provisoire.

Dimanche, une semaine après le drame, les cloches de l’église de La Faute-sur-Mer vont de nouveau sonner. L’eau n’est plus là, la boue l’a remplacée et avec elle vient le temps du nettoyage, mais pas le temps de l’oubli pour les habitants que la catastrophe a marqué pour longtemps.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

Audition du préfet au sénat (flv)

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