par Guillaume Frouin

LA FAUTE-SUR-MER, Vendée (Reuters) – Un mois après le passage de la tempête Xynthia, La Faute-sur-Mer, la commune la plus meurtrie de France avec 29 morts, se prépare à raser des centaines de maisons qui ont été submergées par la mer.

Mais les habitants ne veulent pas partir à n’importe quel prix de cette station balnéaire vendéenne.

« Franchement je préfèrerais que tout soit détruit, pour tourner la page, mais à condition qu’on ne m’en donne pas 20.000 euros », explique Liliane Chenu, 79 ans, qui attend un expert des assurances à l’entrée de sa résidence secondaire dévastée.

Avant la catastrophe, cette petite maison sans étage construite il y a 35 ans était évaluée « entre 260.000 et 280.000 euros », souligne-t-elle.

Tout son lotissement, aménagé dans une cuvette protégée de l’estuaire de la rivière Le Lay par une digue en terre qui a cédé, a aujourd’hui été déserté après le passage de la tempête qui a fait dans la nuit du 27 au 28 février 53 morts en France.

De l’électroménager hors d’usage, des matelas souillés et des vélos rouillés jonchent les trottoirs de ce quartier fantôme, où des arrêtés municipaux de « mise en sûreté » placardés sur les volets clos interdisent toute réinstallation « pérenne ».

Des croix orange, inscrites à la bombe de peinture par les secouristes pour signifier que la maison avait bien été inspectée lors des inondations, défigurent les façades.

Selon la mairie de La Faute-sur-Mer, la préfecture de Vendée devrait donner mardi ou mercredi le périmètre des nouvelles zones inconstructibles, comme l’avait annoncé Nicolas Sarkozy lors de son déplacement le 16 mars en Vendée.

« ON REVIENDRA »

Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au logement, a confirmé lundi sur France Info que la « zone noire », interdisant toute reconstruction, serait définie dans la semaine.

Il a souligné que le fonds d’indemnisation mis en place permettrait de « négocier à l’amiable, avec chacun des propriétaires, le rachat de leur maison au prix du marché », pour leur permettre d’aller se réinstaller ailleurs.

Les occupants du camping municipal de La Faute-sur-Mer, construit sur le domaine maritime en bordure de l’estuaire, ont quant à eux déjà reçu pour ordre d’évacuer les lieux d’ici au 15 avril, date à laquelle il devait initialement rouvrir pour la saison estivale.

Des caravanes y sont encore en équilibre sur des troncs d’arbres brisés à hauteur d’homme.

« Depuis 2002, l’Etat voulait déjà évacuer le camping, car il était en zone inondable », se souvient Eric, un agriculteur de 47 ans de Mouilleron-en-Pareds (Vendée), qui démonte la terrasse du mobil-home où il venait en vacances depuis 17 ans.

« Nous, les habitués, on s’était montés en association pour s’y opposer. On ne voyait pas l’intérêt : de mémoire d’anciens, le camping n’avait jamais été inondé », déclare-t-il.

« C’est comme un tsunami, ça reste exceptionnel », ajoute son épouse Claudette, 36 ans. « On reviendra l’année prochaine à La Faute, peut-être cette fois-ci en camping-car : avec le marché le matin et les bals ou le casino le samedi soir, il y a ici une ambiance familiale qui nous plaît. »

500.000 SINISTRÉS EN FRANCE

Albert Thill est lui aussi convaincu qu’il reviendra à la Faute-sur-Mer, mais plutôt « dans une maison de location ».

« Cela faisait 32 ans qu’on faisait 900 km, à toutes les vacances, pour venir ici », explique ce chauffeur routier luxembourgeois de 50 ans, qui s’affaire avec son épouse et sa belle-mère à récupérer la barrière de son mobil-home.

« Forcément, on commençait à connaître du monde au camping. Aujourd’hui, on part vraiment à contrecoeur. »

Selon la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), la tempête Xynthia a touché 500.000 sinistrés en France et fait pour 1,5 milliard d’euros de dégâts. La tempête Klaus, qui avait balayé le sud-ouest du pays en janvier 2009, avait elle coûté 1,7 milliard d’euros et concerné 700.000 sinistrés.

D’après la FFSA, 1.400 communes se trouvent en France dans des zones « sujettes au phénomène de submersion marine » comme à La Faute-sur-Mer. Près de 770.000 logements et 90.000 professionnels sont concernés, dont un tiers se trouve à moins de deux mètres au-dessus du niveau de la mer.

Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse

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