Archive pour le 30 mars 2010

Par Delphine Chayet

30/03/2010 | Mise à jour : 22:31 
Le quartier de La Faute-sur-Mer où vingt-neuf personnes avaient  trouvé la mort pendant la tempête Xynthia, sera rasé.
Le quartier de La Faute-sur-Mer où vingt-neuf personnes avaient trouvé la mort pendant la tempête Xynthia, sera rasé. Crédits photo : AFP

Des zones vont être déclarées totalement inhabitables en Vendée et en Charente-Maritime.

La publication de la carte des zones rendues «inhabitables» après la tempête Xynthia est désormais imminente. Ce mardi, le dispositif était au menu d’une réunion interministérielle qui s’est tenue à l’hôtel Matignon. Si le projet élaboré par les préfets des départements concernés est retenu, près d’un millier de maisons seraient détruites lors de cette opération d’une ampleur sans précédent, dont le coût sera colossal. Lors d’un déplacement en Vendée, le 16 mars dernier, Nicolas Sarkozy avait assuré qu’il ne laisserait pas «se réinstaller des gens dans des maisons situées dans des lieux où il y a des risques mortels».

La carte des zones d’«extrême danger»

Les préfectures de Vendée et de Charente-Maritime ont élaboré les nouvelles cartes des zones très dangereuses, en se fondant notamment sur les dégâts occasionnés par la tempête Xynthia, les photos aériennes et les hauteurs d’eau observées cette nuit-là.

Les périmètres placés en rouge seront à l’avenir déclarés «inhabitables». Les terrains seront rachetés par les communes, par l’État ou par le Conservatoire du littoral. Puis, toutes les maisons seront détruites. Des quartiers entiers seront ainsi rasés à La Faute-sur-Mer, où vingt-neuf personnes ont trouvé la mort dans la nuit du 27 au 28 février. La pointe de L’Aiguillon-sur-Mer, où près de 200 bungalows et maisons ont été gravement endommagés, devrait également être libérée de toute construction. «Cet espace, qui appartient au domaine public maritime, sera rendu à la nature», indique Jean-Jacques Brot, préfet de Vendée.

Les zones sont plus dispersées en Charente-Maritime, où dix communes sont concernées par un «extrême danger». Entre 400 et 500 maisons -habitations principales ou résidences secondaires- pourraient ici être déplacées. «Ces sites pourront être réaffectés par les communes à des activités diurnes», souligne le préfet Henri Masse. Des zones dites «jaunes», c’est-à-dire moins dangereuses, sont également créées : on pourra s’y installer à condition de réaliser des aménagements spécifiques.

La procédure d’expropriation

En cas d’accord avec les habitants délogés, l’État engagera une acquisition amiable de la parcelle. «Il s’agit de proposer une juste indemnisation , afin que les propriétaires d’une résidence principale puissent rebâtir ailleurs un bien d’une valeur équivalente», précise-t-on au secrétariat d’État à l’Écologie.

En cas de refus de libérer les lieux, l’État engagera une procédure d’expropriation au regard des risques naturels, après une déclaration d’utilité publique. «Cette procédure peut être contestée devant le tribunal administratif», souligne Me Hervé Cassara, avocat.

Des sinistrés dans l’attente

Dans les communes dévastées par la tempête, les riverains attendent la cartographie avec angoisse. Ces derniers jours, plusieurs associations se sont constituées pour les accompagner dans leurs démarches juridiques. «Les plus choqués n’ont pas forcément la force de se défendre, souligne Renaud Pinoit, porte-parole de l’Association des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer (Avif). Nous serons très vigilants à ce que chacun soit correctement relogé et indemnisé.»

À l’avenir ?

Selon le secrétariat d’État à l’Écologie, la réflexion devra ensuite s’engager dans l’ensemble des communes concernées par un risque de submersion marine. D’après une étude de la Fédération française des sociétés, un peu plus de 1 400 communes seraient exposées à cet aléa dans les zones situées à moins de 5 mètres au-dessus du niveau de la mer.


Des dizaines de millions d’euros de dédommagements

Ce sont «des dizaines de millions d’euros» qui seront nécessaires pour que l’état puisse dédommager la totalité des propriétaires de maisons rendues inhabitables par le passage de la tempête Xynthia dans la nuit du 27 au 28 février. L’objectif du gouvernement est en effet de proposer à chacun une «indemnisation juste», permettant à ceux qui possèdent des résidences principales de rebâtir ailleurs un bien de valeur équivalente.

En Vendée, la valeur d’une maison avec jardin est, par exemple, comprise entre 200 000 et 300 000 euros, en moyenne.

Dans ce contexte, l’intervention des compagnies d’assurances sera, dans les jours qui viennent, au cœur d’une négociation serrée avec l’État. «Les assureurs peuvent se contenter de rembourser l’équivalent des réparations des dégâts, observe un expert. Ils pourraient aussi décider de dédommager la perte intégrale du bien.»

Interrogée par Le Figaro, la Fédération française des sociétés d’assurances précisait ce mardi que sa position serait annoncée prochainement.

Solidarité

L’État envisage de son côté de faire jouer le Fonds Barnier, créé en 1995 pour dédommager les propriétaires expropriés en raison d’un risque naturel. Il est alimenté par les assureurs. Une modification législative sera toutefois nécessaire, car le risque de «submersion marine» n’a pas été prévue dans ses statuts.

En tout état de cause, le gouvernement compte sur la solidarité des assureurs. «La facture va être lourde pour l’État. Au moment de faire les comptes, il faudra ajouter les aides versées aux agriculteurs et aux entreprises, mais aussi la reconstruction des digues», soulignait ce mardi Franck Chaulet, le sous-préfet de Vendée.

Un mois après le passage de la tempête Xynthia qui a fait 53 morts, le « Canard enchaîné » publie mercredi des documents dans lesquels des élus plaidaient pour l’attribution de permis de construire ou l’autorisation d’un camping à La Faute-sur-Mer, l’une des communes frappées de la côte vendéenne.

Le journal publie un extrait présenté comme une lettre écrite le 8 octobre 2001 par le député UMP de Vendée Dominique Caillaud à l’attention du préfet de Vendée de l’époque, Jean-Paul Faugère. L’auteur y plaide contre la décision du préfet de fermer le camping « La Côte de Lumière » de La Faute-sur-Mer. « Il semblerait qu’aucun incident de ce type ne se soit jamais produit et que ce risque soit nul », est-il écrit à propos du risque d’inondation par rupture de digue.

Un autre courrier, présenté comme daté du 16 septembre 2004 et envoyé par le sénateur UMP de Vendée Jacques Oudin à la sous-préfète des Sables-d’Olonne, plaide lui aussi pour « l’autorisation d’occupation du domaine maritime » pour le camping de la Faute-sur-Mer, selon le journal. « Le camping de la Faute-sur-Mer se trouve parfaitement protégé de toute menace de submersion marine », est-il assuré dans l’extrait publié. Le camping a été dévasté le 28 février dernier, rappelle le journal.

Le « Canard enchaîné » publie également un extrait de permis de construire daté du 21 décembre 2007 autorisant la construction d’une maison individuelle dans « une zone d’aléa moyen à fort de submersion marine ». Le permis de construire est signé par la maire adjointe de la municipalité chargée de l’urbanisme, Françoise Babin, dont le fils, promoteur immobilier, possédait, affirme le journal, des terrains du lotissement. L’acte a été validé par la préfecture, d’après le « Canard », qui ajoute que « deux adultes et deux enfants ont péri noyés » dans la maison en question.

Edité à 11h26

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Présenté par Thierry Guerrier

Un mois après le passage dévastateur de la tempête Xynthia, les sinistrés de La Faute-sur-Mer se regroupent en association pour faire valoir leurs droits, à la veille d’une réunion interministérielle devant, notamment, apporter une réponse, le 30 mars 2010, sur la délimitation des « zones noires » qui deviendront inconstructibles.

Décryptage des enjeux avec Xavier Machuron-Mandard, résident secondaire à La Faute-sur-Mer et cofondateur de l’Association des Victimes des Inondations de la Faute sur Mer (AVIF).

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Les opérations de renforcement et de prolongation  des digues, mises à mal par le passage de la

Les opérations de renforcement et de prolongation des digues, mises à mal par le passage de la tempête Xynthia dans le sud-Vendée le 28 février, ont permis d’éviter toute inondation mardi malgré un coefficient de marées élevéP. (© AFP Frank Perry)

LA FAUTE-SUR-MER (Vendée) (AFP) – Les opérations de renforcement et de prolongation des digues, mises à mal par le passage de la tempête Xynthia dans le sud-Vendée le 28 février, ont permis d’éviter les inondations mardi malgré un coefficient de marées élevé, a constaté l’AFP.

« Il n’y a eu aucune inondation, l’objectif est atteint », a dit mardi vers 18h00, alors que la marée était au plus haut, le préfet de la Vendée Jean-Jacques Brot, présent sur une portion de digue de La Faute-sur-mer renforcée le matin même.

Huit postes d’observation avec à chaque poste un binôme, répartis sur les points sensibles, ont surveillé avec attention pendant tout l’après-midi la montée des eaux mais n’ont signalé aucune brèche.

Des vents avec des rafales de 110 km/h avec une houle de cinq mètres étaient attendus en fin d’après-midi, au moment même où la marée était au plus haut avec un coefficient de 110, mais « les vents ont été moins forts qu’annoncés et la houle moins importante », a-t-il dit.

Sur la côte du sud-Vendée, il avait été conseillé à 15 ou 20 personnes d’évacuer leur maison pendant quelques heures par mesure de précaution.

Les marées vont continuer à avoir des coefficients importants pendant quelques jours mais avec des vents moins forts. La préfecture maintient cependant ses conseils de vigilance pendant cette période.

Les travaux de renforcement ou de prolongement de digues vont se poursuivre « activement » selon M. Brot.

Les travaux qui porteront notamment sur le site le plus sensible, face à la dune de la Belle Henriette entre la Tranche-sur-Mer et la Faute-sur-Mer.

Ici « depuis la tempête le paysage a été complètement modifié », a déclaré l’adjudant Samuel Veillard, chef de centre des pompiers de l’Aiguillon-sur-mer et de La Faute-sur-mer.

Au lieu dit Le Platin, la lagune d’eau saumâtre est désormais recouverte par les flots à chaque marée haute, le cordon dunaire qui la protégeait ayant été ravagé sur une portion de plus de 300 mètres par la tempête Xynthia, laissant désormais entrer la mer.

Des digues ont été renforcées et étendues aux pieds de la lagune pour éviter que la mer ne s’engouffre et ne vienne inonder maisons et routes à chaque marée, a constaté l’AFP.

© 2010 AFP

La Faute-sur-Mer sous les eaux. Dans la nuit du 27 au 28 février,  la commune est submergée par les eaux, provoquant la mort de 29  personnes. Selon le préfet, Jean-Jacques Brot, la mobilisation de 600  secouristes a permis de « sauver 200 vies. Et ça, on ne le dit pas  assez. »
La Faute-sur-Mer sous les eaux. Dans la nuit du 27 au 28 février, la commune est submergée par les eaux, provoquant la mort de 29 personnes. Selon le préfet, Jean-Jacques Brot, la mobilisation de 600 secouristes a permis de « sauver 200 vies. Et ça, on ne le dit pas assez. »

Dans la nuit du 27 au 28 février, la tempête Xynthia semait la mort en Vendée. Un mois après, cette nuit continue de hanter sinistrés et secouristes. De l’alerte météo au premier corps retrouvé, en passant par l’angoissante montée des eaux, retour sur ces 24 heures qui ont bouleversé le département, à partir des témoignages collectés par notre rédaction.

15 h 45 Saint-Vincent-sur-Jard.

Jean-Jacques Brot visite la maison de Clemenceau. Grand admirateur de Jean Moulin, le tout nouveau préfet de Vendée s’imprègne de l’histoire du département. Il écourte sa visite pour rejoindre la préfecture après un appel de son directeur de cabinet. Les prévisions météo pour la nuit sont inquiétantes. Le préfet ne le sait pas encore, mais il est parti pour l’une des semaines les plus éprouvantes de son existence.

16 h 30 la pointe de l’Aiguillon.

Deux jours qu’elle ne voit plus picorer les oiseaux. C’est la pleine lune. Et une grosse tempête est annoncée. Anita est inquiète. En voyant sa voisine, une femme qui souffre de gros problèmes respiratoires, elle lui conseille de partir. « Et d’aller coucher chez sa mère ». Par la fenêtre, un peu plus tard, elle la voit quitter les lieux avec un oreiller et un matelas

« Des risques d’inondations importantes »

16 h 30 Météo France.

La station envoie un bulletin d’alerte rouge. Il évoque « des risques d’inondations importantes, qui peuvent être à craindre ». Le bulletin est adressé aux médias, aux élus et à tous les services concernés.

17 h 46 préfecture de La Roche-sur-Yon.

Le préfet réunit la cellule de vigilance. Un point de situation est fait.

18 h Poitiers.

Catherine entre sur l’autoroute. Son week-end familial au Futuroscope se termine. Sur les panneaux lumineux, un message d’alerte annonce la tempête. « On a compris que ça allait souffler fort à L’Aiguillon. » Elle arrive dans le Sud-Vendée en fin de soirée. Ça souffle. Mais pas d’inquiétude.

20 h caserne des Sables.

Samuel Veillard, pompier professionnel, prend sa garde. Un ami, propriétaire de bateau, le prévient que « ça souffle beaucoup ». Et que la mer monte à des niveaux préoccupants.

20 h 30 centre-ville de La Faute.

Christophe, sa femme et ses deux enfants se préparent à une nuit plus agitée que d’habitude. « On s’est cloisonnés dans la maison. Les enfants dormaient à l’étage. Moi, je devais reprendre le boulot le lendemain. »

« Le premier bip pour une fuite d’eau »

22 h préfecture.

Nouvelle réunion. Tout le monde est sur le pont. Autour du préfet, des responsables de Météo France, pompiers, gendarmes, policiers, services du Département, ERDF, la Ddass, le Samu, la direction départementale des territoires et de la mer (ex-DDE) et la direction de la cohésion sociale. Décision est prise de fermer le pont de Noirmoutier et un contact est pris avec les maires de Noirmoutier, de L’Aiguillon et de La Faute, pour une surveillance accrue des digues.

23 h à L’Aiguillon.

Odette appelle son fils et sa belle-fille, qui vivent à La Faute, pour savoir si tout va bien. « Ça tape. » Elle leur propose de venir les chercher. Sa belle-fille l’en dissuade fortement.

1 h 30 casino des Dunes

Gia Khanh Pham, le directeur depuis 18 ans, décide de fermer les portes de son établissement « un peu plus tôt ». « D’habitude, le samedi soir, on ferme à 3 h. Mais depuis la tempête de 1999, je ne veux pas prendre de risque. » Il reste une dizaine de clients, qui acceptent de partir. Par prudence. Les salariés en font autant. Dans la foulée, Gia tente de joindre sa fille, qui habite à la pointe de l’Aiguillon. Sa maison commence déjà à prendre l’eau. Il est un peu plus de 2 h du matin.

2 h à la Pergola, restaurant de la Pointe de l’Aiguillon.

L’océan est en train de lécher la terrasse du restaurant. « Ça n’arrive jamais. On s’est dit que ce n’était pas normal, et que l’eau allait encore monter. » Nadine et Alain, les patrons, ouvrent les portes pour que l’eau puisse couler. Puis ils s’installent sur le comptoir du zinc. Ils y resteront jusqu’à 4 h 45.

3 h 12 premier bip pour les pompiers.

Louis Baquéro, pompier détaché à L’Aiguillon, est appelé « pour une fuite d’eau ». Quelques minutes plus tard, nouvel appel, mais cette fois pour un sauvetage de personne. Le centre de secours est sous les eaux. « Avec mes trois collègues, on s’est retrouvé à la mairie, avec Maurice Milcent. On a pris nos tenues de plongée. On s’est changé derrière la mairie et on a débuté les sauvetages. »

3 h 33 à La Faute

Dans le lotissement de l’Anse de Virly, Jacky se réveille brutalement. Il regarde son réveille-matin et entend des bruits persistants dans les canalisations. Ce fameux « glou-glou » dont parlent tous les sinistrés. « C’est comme le bruit d’un robinet qui coule. » Son épouse se réveille à son tour. Une demi-heure plus tard, l’inondation est à son comble. Le couple a de l’eau jusqu’à la poitrine. « Il a fallu s’accrocher. »

Toujours à La Faute, en vacances chez des amis, Annick vit le même drame. Les meubles tombent, l’eau monte à une vitesse folle. Jusqu’à 1,50 m. : « On voulait sortir, on a nagé, puis on s’est réfugiés sur le toit de la maison. Nous y sommes restés quatre heures, à appeler au secours. C’était la nuit, le vent. »

Le coup de fil au préfet

3 h 35 à la préfecture

Les pompiers alertent le directeur de cabinet du préfet, Frédéric Rose. « Ils parlaient d’une montée soudaine et brutale sur l’Aiguillon. » Le directeur de cabinet informe immédiatement le préfet. Une autre réunion est programmée pour 5 h du matin.

4 h à La Faute

Annette et son mari ont compris. Ils ne s’affolent pas encore, s’installent sur le buffet, prennent deux bougies, prêts pour une nuit de froid et d’humidité. Ils commencent à paniquer quand la porte d’entrée explose sous la pression de l’eau. « On a eu très peur. »

4 h caserne des pompiers

A la caserne des pompiers des Sables-d’Olonne, Samuel Veillard est chargé de se rendre « sur place » à la demande de son major, Didier Thierry. Il organise une expédition en bateau vers la pointe de L’Aiguillon, avec une dizaine d’hommes. En quelques heures, la troupe a déjà effectué « sept sauvetages et une quinzaine de mises en sécurité ».

4 h 15 L’Aiguillon

La mer arrête de monter.

5 h au restaurant la Pergola.

« L’eau commence à descendre », remarque Nadine le Gall. Les époux descendent de leur « balise ». A l’aide d’une lampe torche, ils commencent à faire un état des lieux. Les dégâts sont considérables.

5 h à la préfecture.

Des fonctionnaires de l’État viennent spontanément prêter main-forte à leurs collègues. Il faut notamment faire face à l’afflux d’appels de personnes qui cherchent à avoir des nouvelles de leurs proches. Une dizaine de fonctionnaires sont installés dans la salle Tiraqueau pour répondre aux familles.

8 h au PC de la préfecture.

L’information du décès d’une personne arrive. Le préfet quitte La Roche-sur-Yon pour rejoindre les lieux de la catastrophe.

8 h 10 Longeville

Mickaël Raclet, sauveteur nautique bénévole rattaché à la caserne de Longeville, est appelé au téléphone. « Je ne m’y attendais pas, je n’étais pas de garde le samedi soir. On m’a demandé de me rendre à l’Aiguillon. J’étais loin d’imaginer l’ampleur des dégâts. » Les pompiers arrivent de toute la Vendée. Mickaël, lui, a passé sa journée dans l’eau entre 9 h 30 et 18 h 30. « J’ai récupéré des corps. On avait l’angoisse d’en trouver, derrière chaque fenêtre, derrière chaque porte. L’eau était froide, et le fait de ne pas savoir à quoi s’attendre a été très éprouvant. J’espère que ce sera la seule intervention de ce type pour l’ensemble de ma carrière. Il me faudra pas mal de temps pour m’en remettre. »

8 h 45 La Faute.

Tony, un voisin, vient chercher James et son épouse avec une yole. « Je n’ai jamais rien vu d’aussi bizarre. On passait au-dessus des voitures. » D’autres naufragés sont embarqués sur la yole, dont une personne handicapée.

10 h 42 place de l’Aiguillon, au PC crise.

Le préfet est sur place depuis 9 h. On vient lui annoncer officiellement le décès de cinq personnes. « C’est épouvantable, raconte le préfet. Là, on sent que ça devient de plus en plus tragique. »

16 h La Faute

Louis Baquéro fait une pause. Le pompier prend conscience de l’ampleur de la catastrophe. « Avant, j’étais dans l’action. J’ai agi par réflexes sans prendre le temps de réfléchir ». Au PC crise, les autorités évoquent le chiffre de 29 morts.

Benoît GUÉRIN,

Recueillis par Philippe ÉCALLE,

Loïc TISSOT et Cyrille CALMETS.

Ouest-France

Par Fabienne Beranger et AFP

Après la tempête, le 28  février

Après la tempête, le 28 février

Une houle annoncée de trois à quatre mètres et des vents forts font ressurgir le spectre du drame de fin février

Une quinzaine d’évacuations ont été conseillées à des habitants de la côte vendéenne pour ce mardi, jour de grandes marées, en raison de l’état de certains ouvrages de protection contre la mer endommagés par la tempête Xynthia, a indiqué lundi le préfet de la Vendée.

Si aucune surcôte n’est annoncée et bien que le département ne soit pas non plus en vigilance orange, « la catastrophe du 28 février a endommagé certaines digues et des éléments de défense contre la mer », a précisé Jean-Jacques Brot.

Depuis le 28 février, certains ouvrages ont été fragilisés ou n’ont pas tenu après avoir été confortés, comme à La Belle Henriette (La Faute-sur-mer) où la digue a été réparée en vain deux fois depuis le 28 février.

Par sécurité, trois hélicoptères et une soixantaine d’hommes de la sécurité civile seront mobilisés ces prochains jours mais le préfet précise qu’il ne s’agit « pas de catastrophisme ou d’évacuation générale, juste une adaptation normale des mesures de précaution ». « Nous avons pensé que certaines habitations pourraient être mises en danger », a expliqué Jean-Jacques Brot à l’issue d’une réunion de crise avec les différentes autorités compétentes, dont les maires des communes concernées.

En Vendée, à la suite de la tempête, 592 arrêtés de péril ont été pris pour des maisons considérées temporairement ou définitivement inhabitables, dont 334 à La-Faute-sur-mer, 233 à l’Aiguillon-sur-mer et 25 à la Tranche-sur-mer.

Il participe aujourd’hui à une réunion interministérielle qui devrait délimiter les « zones noires », après le passage de la tempête Xynthia. Ces zones noires seront des zones non reconstructibles. A l’heure actuelle, on ne connaît toujours pas « les limites exactes » de la cuvette de La Faute-sur-mer où ont été dénombrées la quasi-intégralité des 29 victimes vendéennes.

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Il y a un mois, la tempête Xynthia faisait 35 victimes en Vendée (53 dans toute la France). Aujourd’hui, et tandis que des coefficients de marée très élevés sont prévus sur la Vendée et en Charente-Maritime, d’importantes vagues et des vents forts sur les côtes atlantiques.
Dans ce contexte, les sinistrés attendent, souvent dans l’angoisse, de savoir s’ils devront quitter leur habitation. Aujourd’hui, une réunion interministérielle doit délimiter les « zones noires », non reconstructibles. Réunion à laquelle participe Benoist Apparu, secrétaire d’Etat chargé du logement et de l’urbanisme. En direct sur RMC ce matin, il se veut rassurant : « bien évidemment, on indemnisera les propriétaires, à hauteur de la valeur de leur bien. J’espère qu’on pourra, dès cette semaine, ou au plus tard en début de semaine prochaine, commencer à discuter de ces zones, avec les collectivités locales, pour pouvoir le plus rapidement possible, informer les gens. »

« Là où la tempête est passée… »

Revenant plus précisément sur le « zonage » de ces zones dangereuses, Benoist Apparu précise : « Les communes de la Faute-sur-Mer et de l’Aiguillon-sur-Mer sont bien évidemment concernées, notamment ce qu’on appelle la Pointe de l’Aiguillon et la cuvette de la Faute. D’autres communes sont concernées : une partie de la commune de Charon en Charente-Maritime.
On a fait un zonage, et grosso modo on a dit : là où la tempête est passée, où on a eu plus d’un mètre d’eau dans les maisons, avec une montée des eaux très rapide et puissante, dans ces zones-là on sait qu’il y a un vrai risque pour la vie humaine, et donc on en tire toutes les conséquences. »

« Un travail fait au local, au plus près du terrain, ajoute Franck Chaulet, sous-préfet de la Vendée. A partir de photos aériennes, de relevés topographiques sur le terrain, à partir des quantités d’eau observées, des hauteurs d’eau enregistrées dans les maisons… »

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

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Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

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