Après l’annonce du nombre de logements qui devront être rasés après le passage dévastateur de la tempête Xynthia fin février, l’heure est à la colère et au désarroi dans les départements de Charente-Maritime et de Vendée. Plus de 1.500 résidences vont devoir être abandonnées par leurs occupants.

Les services de l’Etat ont présenté jeudi après-midi dans les deux départements les zones où des maisons devront être détruites. Ainsi, 915 logements seront rasés en Vendée et 595 en Charente-Maritime.

A La Faute-sur-Mer, en Vendée, où 674 maisons vont être détruites, Annick et Marcel Vagner, qui ont troqué la banlieue de Villiers-le-Bel il y a 15 ans pour s’installer dans la région, sont fatalistes. « On s’est déjà fait à l’idée qu’on allait raser la maison parce qu’on veut pouvoir passer à autre chose et regarder droit devant, pas en arrière ». Et son mari d’ajouter que « quoi que l’Etat ait décidé, il faudra bien faire avec. Nous, on restera dans le coin. On est bien, ici, c’est chez nous, mais tout le monde ne réagit pas aussi bien. On a des voisins qui sont dévastés ».

A Charron, en Charente-Maritime, 150 des 900 maisons vont être rasées. Lors de son passage, la tempête a fait ici trois morts. Jean-François Faget, le maire, précise que sa commune va se « battre pour que tout ce qui a été promis en terme d’indemnisation soit tenu ». « Je n’ai pas la compétence pour contredire les décisions de l’Etat mais sur les zones noires, je suis d’accord à 90%. Il y aura de nombreux recours », explique-t-il à l’Associated Press.

Sur les 2.200 habitants que comptait la commune avant la tempête, certains sont déjà partis. « Ce sera un réel problème pour l’avenir et pour l’activité économique basée en grande partie ici sur le commerce », précise le maire élu depuis 2002. « Je me considère coresponsable. J’aurais dû lancer une révision du plan d’occupation des sols. Cette tempête me hantera jusqu’à la fin de mes jours ».

Propriétaire d’une maison détruite par la tempête, Thierry Demaegdt préside l’association Reconstruire Charron: « Nous essayons d’adopter une posture optimiste mais nous sommes décidés à nous défendre. J’ai pu me reloger. J’ai de la chance par rapport à ceux qui sont désormais dans la précarité. Il y a les combatifs et puis, à l’inverse, des personnes qui sombrent dans la dépression et qui broient du noir en attendant de savoir si leur logis va être rasé. Il faudra les soutenir psychologiquement ».

La maison de Jean-Paul Bouteiller, mytiliculteur en retraite, est située route du XIV juillet au lieu dit la Cabane. Elle est voisine de celle où dans la nuit du 27 au 28 février, une grand-mère et ses deux petits-enfants ont trouvé la mort noyés par la montée de l’eau. « Nous sommes de Charron depuis plusieurs générations. Mon père et ma mère étaient natifs du coin ». Depuis la destruction de sa maison, il campe avec sa femme au gré des disponibilités. « Nous ne savons pas où aller. Nous cherchons une location mais ici tout le monde cherche ».

Une situation d’urgence confirmée par Martine Turpin, directrice d’une agence immobilière à Châtelaillon-Plage (Charente-Maritime), autre commune concernée par les destructions de maisons, notamment dans le quartier ostréicole des Boucholeurs. « Nous avons passé le mois de mars à écouter les gens et à leur trouver des logements rapidement », souligne-t-elle. « Beaucoup ont trouvé des meublés mais vont être obligés de laisser la place aux vacanciers qui ont réservé. Je ne sais pas comment les familles feront pour racheter dans le coin. Quand on sait qu’ici un F2 se vend 150.000 euros… »

L’épouse de Jean-Paul Bouteiller, Marie-Claude, est particulièrement éprouvée: « C’est 25 ans d’une vie qui s’effondre en une nuit. Quand nous avons acheté notre maison en 1985, elle faisait 60m2. Nous en avons fait un logis de 200m2 à la force des bras. Je n’oublierai pas l’arrivée de la vague en cinq minutes dans le salon. Je me dis que d’autres sont morts et ont eu moins de chance ».

En fin d’après-midi, son mari s’apprêtait à se rendre à la réunion organisée avec les habitants de Charron en présence du préfet. Il entendait bien rappeler que sa maison avait été « construite en toute légalité avec un permis de construire en règle » et que « les demandes répétées des habitants du quartier pour que soient rehaussées la digue qui a été emportée n’ont jamais été entendues ». AP

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