Archive pour le 9 avril 2010

« 1 2

AFP
08/04/2010 |
Le président du Conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, a qualifié de « décisions lucides et courageuses » les mesures annoncées par l’Etat aux propriétaires sinistrés par la tempête Xynthia. M. de Villiers, qui « approuve pleinement le plan annoncé par le Préfet de Vendée à l’Aiguillon-sur-mer et à La Faute-sur-mer », « comprend le traumatisme que représente pour les résidents concernés l’annonce qui les conduira à quitter leur maison. Mais l’intérêt supérieur touchant à la vie humaine de nos concitoyens impose des décisions lucides et courageuses », a écrit l’élu dans un communiqué.

Le Conseil général de Vendée « apporte son total soutien à Monsieur Jean-Jacques Brot, préfet de Vendée, qui fait face à la situation avec le sens de l’Etat, le sens de l’intérêt général et aussi avec humanité ».

Le CG « apportera tout son concours aux mesures mises en place pour accompagner le relogement des personnes concernées », écrit encore M. de Villiers.
Le préfet de Vendée a organisé jeudi à l’Aiguillon-sur-mer et à La Faute-sur-mer deux réunions d’information, au cours desquelles les cartes des zones désormais inhabitables à la suite de la tempête ont été distribuées aux habitants.

Par DjS (avec dépêches), le 08 avril 2010 à 12h59, mis à jour le 08 avril 2010 à 22:33

Les propriétaires sinistrés par la tempête Xynthia ont découvert jeudi dans les larmes, la colère ou la résignation, le tracé des « zones noires » et le destin réservé à leur résidence. Il y aura des recours, préviennent certains. C’est non négociable, répond le préfet.

« Je suis dégoûtée, c’est lamentable, il me reste deux ans à payer ma maison,  pour moi, c’est fini« , explose une propriétaire pendant la première réunion d’information sur le tracé des « zones noires » et le destin réservé aux résidences des sinistrés organisée à l’Aiguillon-sur-mer. Dans cette petite station balnéaire familiale du littoral vendéen, 241 habitations, dont 25 résidences principales doivent être rasées. Les propriétaires sinistrés par la tempête Xynthia ont commencé à découvrir jeudi dans les larmes, la colère ou la résignation, le tracé des « zones noires » décrétées inhabitables et le destin réservé à leur résidence.

Le préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot, a organisé à l’Aiguillon-sur-mer et à la Faute-sur-mer deux réunions d’information, au cours desquelles les cartes des zones désormais inhabitables ont été distribuées aux habitants. En Charente-Maritime, les habitants de Charron ont contesté, lors d’une réunion houleuse, les zones « noires » présentées jeudi soir par l’Etat. « Un certain nombre de rues était évident, mais un certain nombre d’autres a été arbitrairement classée en zone noire, il y aura des recours« , a annoncé à l’AFP Thierry Demaegdt, président de l’association Reconstruire Charron. « C’est une décision prise par l’Etat, il assume ses responsabilités », a déclaré le maire de Charron, Jean-François Faget. Mais « est-ce que cela a été fait équitablement?« , s’est-il interrogé.

« C’est pire que la tempête elle-même »

Les premières critiques se sont fait entendre sur les décisions de l’Etat, qui ne seront « pas négociables » pour les zones noires qui « présentent un danger de mort avéré« , selon le préfet de Charente Maritime Henri Masse. Les 15 maires de Charente-Maritime concernés, réunis à Châtelaillon-Plage, ont déploré le « manque de dialogue et d’équité » qui a prévalu à la préparation des cartes, selon le maire d’Yves, Didier Roblin. « Ce n’est pas la carte des maires et les maires ne sont pas là pour cautionner l’Etat« , a-t-il prévenu.

Jeudi matin, à l’Aiguillon-sur-mer, certains ont sangloté de soulagement en découvrant la carte, d’autres « savaient que c’était plié » et s’étaient résignés  par avance. Cette décision « est pire que ce qui s’est passé le 28 février » mais « il  faut qu’on parte pour sauver nos vies et celles de nos enfants« , lance une  habitante de la commune. « On va se battre, on ne va pas se laisser faire comme ça« , assure Mireille. Sa résidence secondaire a été construite il y a une soixantaine d’années sans permis de construire route de la Pointe, près du marais poitevin.  Le 28 février, la maison a été envahie par 25 cm d’eau. « Je sais bien qu’il y a des personnes pour qui ça va être un arrachement épouvantable« , a reconnu le préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot devant les quelque 600 habitants rassemblés dans la salle omnisport. « Mais cette cartographie n’a qu’un seul but, protéger la vie« .

La Faute-sur-mer demande une révision du zonage

Si le maire de l’Aiguillon-sur-mer, Maurice Milcent, a affiché une relative solidarité avec les choix de l’Etat qui a décidé de raser 241 habitations dans sa commune, le maire de la Faute-sur-Mer, René Marratier, a d’ores et déjà demandé une révision du zonage pour en réduire l’ampleur. « Je reste persuadé qu’en zone inondable, il existe tout un arsenal de moyens techniques » pour prévenir les risques, a-t-il déclaré à la presse, en soulignant que, dans sa commune, la zone noire et ses 674 maisons représentait « 8 à 10 hectares« . A son tour, Ségolène Royal, présidente PS de Poitou-Charentes, a estimé sur Europe 1 que les annonces de destruction avaient été « très brutales » et qu’il aurait fallu « un travail de proximité beaucoup plus attentif de la part des services de l’Etat« . Le président du Conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, a en revanche qualifié de « décisions lucides et courageuses » les mesures annoncées. « L’intérêt supérieur touchant à la vie humaine de nos concitoyens impose des décisions lucides et courageuses« , a écrit l’élu dans un communiqué.

Si certains habitants ont affiché leur intention de résister aux décisions de l’Etat, la préoccupation semble plutôt être le montant de l’indemnisation. Selon Bernard Spitz, le président de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA), les propriétaires toucheront en moyenne 250.000 euros d’indemnisation, en comptant l’indemnisation versée par les assureurs et la contribution du Fond Barnier pour les catastrophes naturelles . Selon M. Spitz, 80% des sites sinistrés ont déjà fait l’objet de la visite d’un expert, et pour les 20% restants, il y aura une visite d’expertise « dans les prochains jours« .

Le maire de l’Aiguillon-sur-mer a indiqué qu’il allait « tout faire » pour permettre aux personnes contraintes de quitter leur maison de rester sur la commune. « Il me reste des zones où construire« , a-t-il dit, avant d’expliquer qu’il va « faire le tour des agences immobilières » pour que les maisons en vente soient « accordées en priorité aux sinistrés« .

Après l’annonce du nombre de logements qui devront être rasés après le passage dévastateur de la tempête Xynthia fin février, l’heure est à la colère et au désarroi dans les départements de Charente-Maritime et de Vendée. Plus de 1.500 résidences vont devoir être abandonnées par leurs occupants.

Les services de l’Etat ont présenté jeudi après-midi dans les deux départements les zones où des maisons devront être détruites. Ainsi, 915 logements seront rasés en Vendée et 595 en Charente-Maritime.

A La Faute-sur-Mer, en Vendée, où 674 maisons vont être détruites, Annick et Marcel Vagner, qui ont troqué la banlieue de Villiers-le-Bel il y a 15 ans pour s’installer dans la région, sont fatalistes. « On s’est déjà fait à l’idée qu’on allait raser la maison parce qu’on veut pouvoir passer à autre chose et regarder droit devant, pas en arrière ». Et son mari d’ajouter que « quoi que l’Etat ait décidé, il faudra bien faire avec. Nous, on restera dans le coin. On est bien, ici, c’est chez nous, mais tout le monde ne réagit pas aussi bien. On a des voisins qui sont dévastés ».

A Charron, en Charente-Maritime, 150 des 900 maisons vont être rasées. Lors de son passage, la tempête a fait ici trois morts. Jean-François Faget, le maire, précise que sa commune va se « battre pour que tout ce qui a été promis en terme d’indemnisation soit tenu ». « Je n’ai pas la compétence pour contredire les décisions de l’Etat mais sur les zones noires, je suis d’accord à 90%. Il y aura de nombreux recours », explique-t-il à l’Associated Press.

Sur les 2.200 habitants que comptait la commune avant la tempête, certains sont déjà partis. « Ce sera un réel problème pour l’avenir et pour l’activité économique basée en grande partie ici sur le commerce », précise le maire élu depuis 2002. « Je me considère coresponsable. J’aurais dû lancer une révision du plan d’occupation des sols. Cette tempête me hantera jusqu’à la fin de mes jours ».

Propriétaire d’une maison détruite par la tempête, Thierry Demaegdt préside l’association Reconstruire Charron: « Nous essayons d’adopter une posture optimiste mais nous sommes décidés à nous défendre. J’ai pu me reloger. J’ai de la chance par rapport à ceux qui sont désormais dans la précarité. Il y a les combatifs et puis, à l’inverse, des personnes qui sombrent dans la dépression et qui broient du noir en attendant de savoir si leur logis va être rasé. Il faudra les soutenir psychologiquement ».

La maison de Jean-Paul Bouteiller, mytiliculteur en retraite, est située route du XIV juillet au lieu dit la Cabane. Elle est voisine de celle où dans la nuit du 27 au 28 février, une grand-mère et ses deux petits-enfants ont trouvé la mort noyés par la montée de l’eau. « Nous sommes de Charron depuis plusieurs générations. Mon père et ma mère étaient natifs du coin ». Depuis la destruction de sa maison, il campe avec sa femme au gré des disponibilités. « Nous ne savons pas où aller. Nous cherchons une location mais ici tout le monde cherche ».

Une situation d’urgence confirmée par Martine Turpin, directrice d’une agence immobilière à Châtelaillon-Plage (Charente-Maritime), autre commune concernée par les destructions de maisons, notamment dans le quartier ostréicole des Boucholeurs. « Nous avons passé le mois de mars à écouter les gens et à leur trouver des logements rapidement », souligne-t-elle. « Beaucoup ont trouvé des meublés mais vont être obligés de laisser la place aux vacanciers qui ont réservé. Je ne sais pas comment les familles feront pour racheter dans le coin. Quand on sait qu’ici un F2 se vend 150.000 euros… »

L’épouse de Jean-Paul Bouteiller, Marie-Claude, est particulièrement éprouvée: « C’est 25 ans d’une vie qui s’effondre en une nuit. Quand nous avons acheté notre maison en 1985, elle faisait 60m2. Nous en avons fait un logis de 200m2 à la force des bras. Je n’oublierai pas l’arrivée de la vague en cinq minutes dans le salon. Je me dis que d’autres sont morts et ont eu moins de chance ».

En fin d’après-midi, son mari s’apprêtait à se rendre à la réunion organisée avec les habitants de Charron en présence du préfet. Il entendait bien rappeler que sa maison avait été « construite en toute légalité avec un permis de construire en règle » et que « les demandes répétées des habitants du quartier pour que soient rehaussées la digue qui a été emportée n’ont jamais été entendues ». AP

Nous avons eu une surcharge du serveur durant cette éprouvante journée du 8 avril.  Nous nous en excusons mais les événements étaient très intenses localement, et le nombre de connexions a mis notre serveur « à plat » pendant une longue période.

La mise à jour du blog sur les informations et la presse sera effectuée le 9 avril au plus tôt.

Ne pas oublier
(Environ 40 minutes de vidéo, 8 films) Passez en mode plein écran en cliquant dans le coin bas/droit de la vidéo
Voir directement sur Youtube
Connexion
Attention

Afin d'éviter tout abus, vous devez maintenant vous enregistrer sur le blog afin de pouvoir faire un commentaire.
Cliquez ici pour vous enregistrer
Cliquez ici pour modifier votre profil
Cliquez ici si vous avez oublié votre mot de passe
Stats
Précisions
Ce site n'est pas le site de l'AVIF, ni d'aucune autre association.
C'est un site qui appartient à une société privée et relate ce qu'il se dit dans la presse, associations, localement ... depuis le 28/02 en laissant la parole à chacun et ceci sans censure ni pression.
Si vous souhaitez accéder au site officiel de l'AVIF, veuillez cliquer ici
Faites un don
Aidez à l'hébergement de ce site sur serveur dédié.
Merci d'avance aux donateurs.

Com. récents
Historique
avril 2010
L M M J V S D
« Mar   Mai »
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  
Téléchargements
Voici les liens des plus longues vidéos concernant la tempête xynthia
N'oubliez pas de faire clic droit enregistrer sous:

Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

Audition du préfet au sénat (flv)

Vous pouvez lire toutes ces vidéos avec VLC
Vidéos
Suite à une mise à jour, certaines vidéos ne sont plus accessibles sur le site, nous y travaillons et rien n'est perdu. Si toutefois vous souhaitez en voir une en particulier envoyer l'adresse de la page concernée à contact@lafautesurmer.net nous la traiterons en priorité. Merci