C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre, François Fillon, à l’issue d’une réunion avec les ministres sur les suites de la tempête Xynthia qui a fait 53 morts fin février.

Le Premier ministre François Fillon, la ministre de l’Economie Christine Lagarde, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, réunis à Matignon après la tempête Xynthia (AFP) Le Premier ministre François Fillon, la ministre de l’Economie Christine Lagarde, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, réunis à Matignon après la tempête Xynthia (AFP)

François Fillon réunissait, mardi 13 avril à 11h, les ministres concernés par les suites de la tempête Xynthia alors que plusieurs sinistrés contestent toujours la mise en place par l’Etat de « zones noires » inhabitables.

Le Premier ministre a affirmé à l’issue de la réunion que « les critères mis en oeuvre par l’Etat pour définir les zones » inconstructibles après la tempête Xynthia étaient « objectifs » et n’appelaient « pas de remise en cause dans la phase actuelle ».

Des « délégués à la solidarité » sous l’autorité des préfets devraient également être nommés pour recevoir les sinistrés. Enfin, François Fillon a annoncé qu’il avait demandé aux fédérations d’assureurs de « réduire de trois mois à un mois les délais permettant l’indemnisation » des victimes.

Nicolas Sarkozy avait appelé plus tôt dans la journée le Premier ministre à tenir « rapidement » cette réunion afin de « vérifier la mobilisation effective des services de l’Etat aux côtés des sinistrés et le respect » des principes qu’il avait lui-même arrêtés au lendemain de la catastrophe.

Cette mise au point intervient après un week-end marqué par plusieurs manifestations de sinistrés refusant de quitter leur maison, et par une déclaration du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, semblant ouvrir la voie à un réexamen de certains cas.

Plus de 1.500 logements sont en théorie voués à la destruction en Vendée et Loire-Atlantique dans les « zones noires » définies par les pouvoirs publics, c’est-à-dire celles qui présentent « un danger de mort avéré ».

« Exposées à un risque mortel »

La présidence de la République rappelle dans un communiqué que Nicolas Sarkozy, lors de sa dernière visite sur place le 16 mars, avait insisté « sur le fait qu’il ne serait pas possible d’autoriser des personnes à se réinstaller là où elles sont exposées à un risque mortel ».

« La réunion du Premier ministre et des ministres concernés aura pour objet de vérifier la mobilisation effective des services de l’État aux côtés des sinistrés et le respect des principes posés par le président de la République », ajoute-t-elle.

Les méthodes utilisées pour délimiter les « zones noires » ont été contestées localement, des habitants se disant prêts à attaquer l’Etat en justice pour empêcher la destruction de leur maison.

Brice Hortefeux a déclaré dimanche que le principe des « zones noires » ne serait pas remis en cause tout en reconnaissant que certaines « situations individuelles » pourraient être réexaminées.

Le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, également président du conseil général de Charente-Maritime, avait souhaité l’ouverture d’une concertation.

« Injuste et terriblement arbitraire »

A La Faute-sur-Mer, commune de Vendée où 29 personnes ont péri dans les inondations, la cartographie des « zones noires » est jugée « injuste et terriblement arbitraire », témoigne Hervé Cassara, avocat de l’association des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer (AVIF).

« Les gens ne comprennent pas pourquoi certains d’entre eux se trouvent dans cette zone sans avoir eu une seule goutte d’eau, alors que d’autres qui ont eu 1,50m ne le sont pas », a-t-il dit à Reuters.

« Il faudrait rendre publiques les études sur lesquelles s’est basée cette cartographie, détailler les critères et les soumettre à des contre-expertises. Comme dans tout débat scientifique, il se peut que des experts aient des avis divergents », a-t-il ajouté.

Thierry Demaegdt, président de l’association des sinistrés de Charron (Charente-Maritime), rappelle que les habitants des zones sinistrées ne contestent pas le principe des « zones noires » mais leur découpage.

« Nous remettons en cause la cartographie des ‘zones noires’ mais absolument pas le principe des ‘zones noires' », a-t-il dit à Reuters.

Un découpage des zones déterminé par « des technocrates »

« Ce sont des technocrates qui ont déterminé le découpage des zones, sans concertation, sans venir sur le terrain. Ce découpage qui englobe des maisons qui n’ont pas été inondées doit être revu », estimé Thierry Demaegdt.

Pour Jacques Maire, président des conchyliculteurs du village des Boucholeurs, par ailleurs porte-parole d’une association fondée pour contester les « zones noires », aucune maison ne doit disparaître.

« Avec des aménagements et des travaux, on doit pouvoir tout régler. La zone noire est située 3,5 mètres au-dessus du niveau de la mer, et des maisons n’ont eu que très peu d’eau », dit-il.

Environ 70 maisons sont concernées dans son village.

(Nouvelobs.com avec Reuters)

2 réponses à to “Xynthia : il n’y aura « pas de remise en cause » du zonage (Nouvel Obs)”

  • lafaute says:

    Bravo Madame,
    C’est très bien raisonné !
    Plusieurs personnes sur ce blog, ont de très bonnes idées qui permettraient de « sauver » des centaines de maisons et d’en sécuriser d’autres.
    Qu’attend-t-on pour faire remonter ces commentaires et ces idées en hauts lieux

  • Nicole G says:

    La traitement trop rapide et erroné des zones, pose la question de la sécurité pour ceux qui restent.

    Si les critères utilisés pour définir les zones sont objectifs alors ils sont insuffisants car ils débouchent pour le moment sur un dessin absurde pour toute personne qui connaît les lieux et depuis longtemps.

    L’étude de l’espace allant de La Tranche au sud de la Rochelle (couvrant en gros l’ancien golfe des Pictons) est à étudier de façon approfondie sous différents angles pour aboutir à un DIAGNOSTIC précis de la situation présente (histoire géologique, entretien du drainage, canaux, écluses, des digues, signification du phénomène Xynthia dans les cycles climatiques et éventuellement dans une évolution prévisible selon différentes hypothèses, …). Il y a là objet d’un débat d’experts qui mériterait d’être porté à la connaissance du public. Débat peut-être à porter par la Commission Nationale du Débat Publique (CNDP). Alors seulement LES ZONES A RISQUES POURRAIENT ETRE DEFINIES EN REGARD DES TRAVAUX DE PROTECTION NECESSAIRES ET POSSIBLES.

    Aujourd’hui, la question première pour moi est celle posée par toutes ces maisons manifestement plus exposées que la mienne (par exemple à La Faute en bordure du Lay entre le camping municipal et l’entrée du port de plaisance) que l’on ne propose pas d’évacuer et pour lesquelles on ne propose pas de travaux conséquents pour garantir leur sécurité.

    Une fois le diagnostic posé et les travaux nécessaires envisagés, alors effectivement on peut parler de zones et retomber sur les choix individuels et les procédures. Mais pour le moment le problème de fond n’est pas traité. Et L’ABANDON D’UNE MAISON QUI EST DOULOUREUX POUR CERTAINS DEVIENDRAIT SUPPORTABLE SI JUSTIFIE AU VU D’UN PROJET COLLECTIF GARANTISSANT, AUTANT QUE CELA SE PEUT, UNE NON REPETITION DE CATASTROPHE IDENTIQUE à Xynthia, or pour le moment ce n’est pas le cas.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

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Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

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