Archive pour avril 2010

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Ils l’ont promis et il ne restait plus que la date à fixer. Désormais, c’est fait! Zidane, Blanc, Deschamps et leurs compagnons de France 98, champions du monde de football, rechausseront les crampons pour un match de bienfaisance en faveur des sinistrés de Xynthia. Ce sera le 8 août prochain au stade de la Beaujoire, à Nantes, a t-on appris ce jeudi auprès de l’association France 98.

Le 1er mars dernier, en allant à Alger en compagnie de Zidane pour un match de futsal avec les anciens internationaux algériens, l’ancien capitaine des Bleus (aujourd’hui entraîneur de l’OM) nous confiait son désir d’organiser ce match dont les bénéfices iront aux sinistrés de la tempête Xynthia qui a durement frappé une partie de l’ouest du pays, notamment la Charente-maritime et la Vendée.

«Ces régions ont connu des drames, on a envie de faire quelque chose pour toutes ces familles qui ont souffert. Elles ont perdu des êtres chers. Ca se fera à la fin du championnat de France. Ca serait bien que cela se fasse à Nantes où nous étions nombreux de l’équipe de France à y évoluer à nos débuts. Nantes ce serait bien…», nous confiait Deschamps.

Un souhait appuyé par l’ex-intendant des Bleus, Henri Emile, aujourd’hui président de l’association France 98. «On attendra la fin de la coupe du monde en Afrique du Sud, parce qu’il y aura probablement d’autres joueurs qui veulent y participer», indiquait pour sa part Henri Emile. «Pour ce match, l’équipe de France 98 sera sans doute au complet et affrontera soit une sélection européenne», a précisé au Parisien.fr l’association. Fin février, la tempête Xynthia a provoqué d’énormes dégâts et a fait au moins 53 victimes.

Comme il avait déjà été question il ya quelques semaines, l’association France 98, fondée par les footballeurs champions du monde en 1998, va participer prochainement à un match de bienfaisance à Nantes au profit des sinistrés de la tempête Xynthia. Le FC Nantes, la ville de Nantes, France 98 ainsi que la Ligue Atlantique de football l’ont conjointement annoncé, jeudi. Le match aura lieu au Stade de la Beaujoire. La date, ainsi que les modalités précises de cette rencontre, seront quant à elles précisées le mercredi 7 avril lors d’une conférence de presse.

La tempête Xynthia a fait 53 morts les 27 et 28 février dans l’ouest de la France.

NANTES – Une enquête préliminaire de gendarmerie a été ouverte pour déterminer si d’éventuelles fautes ont pu provoquer les décès causés par la tempête Xynthia, a dit jeudi le procureur des Sables-d’Olonne (Vendée).

Les décisions ayant abouti à l’aménagement de zones inondables sont critiquées depuis le drame qui s’est déroulé dans la nuit du 27 au 28 février. En Vendée, dans le village de La Faute-sur-Mer, 29 des 53 décès par noyade ont été recensés.

« Nous n’en sommes pas à chercher des responsabilités mais à comprendre comment tout cela s’est passé« , a dit à Reuters le procureur des Sables-d’Olonne, Thierry Dran. Il a précisé que les gendarmes procéderont à un travail de constatations techniques et d’auditions qui devrait prendre plusieurs mois.

Il n’y a pas de plaintes pour l’instant mais La Faute-sur-Mer, une des deux communes les plus sinistrées, a engagé l’avocat pénaliste Olivier Metzner, un des meilleurs spécialistes du barreau de Paris en matière correctionnelle.

Des documents montrant que les élus locaux vendéens avaient fait pression pour obtenir des constructions en zone inondable ont été publiés dans la presse. Ainsi, le député UMP Dominique Caillaud avait écrit le 8 octobre 2001 au préfet de Vendée pour lui demander de revoir sa décision de fermer le camping de La Faute-sur-Mer, situé près de l’emplacement où la tempête Xynthia a fait des morts, en contestant tout risque d’inondation.

« Il semblerait qu’aucun incident de ce type ne se soit jamais produit et que ce risque soit nul« , écrivait-il dans ce courrier publié par Le Canard enchaîné mercredi.

Les zones noires n’ont pas encore été dévoilées

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La tempête a balayé les lotissements la nuit du 27 février, laissant au petit matin 29 victimes. Notre envoyée spéciale à La Faute-sur-Mer, Doan Bui, s’est procuré les procès-verbaux qui montrent que, des élus locaux aux services de l’Etat, tous ont fermé les yeux sur le danger de construire si près de la mer, en zone inondable.

La Faute-sur-Mer après le passage de la tempête Xynthia  (AFP)
La Faute-sur-Mer après le passage de la tempête Xynthia (AFP)

Sur toutes les maisons, une croix à la peinture rouge tracée à la hâte. Comme une balafre, comme un signe de sang apposé par le Dieu vengeur de l’Exode. A La Faute-sur-Mer, dans les lotissements des Doris et des Voiliers, l’eau meurtrière n’a épargné aucune maison. C’était il y a un mois, mais les stigmates sont encore là, blessures béantes et incongrues dans ce paysage de pins, plages et congés payés.
Dans les jardins, tout n’a pas encore été déblayé. On trouve des frigos avec des tickets de caisse du Super U aimantés sur leur porte, des congélateurs éventrés vomissant des cartons de surgelés Findus, un pot de Nutella, un lit bébé… Les sinistrés continuent à nettoyer, ranger, argumenter face aux experts des assurances. Dans ce quartier, grand comme un mouchoir de poche, on compte une centaine de pavillons au plus. Mais c’est là qu’on a dénombré le plus de morts. 29 au total. Cette nuit funeste, la mort a joué à pile ou face entre voisins et voisines. Certains ont vu « la dame de la maison qui fait le coin », une sexagénaire qui vivait seule, taper désespérément sur sa fenêtre double vitrage pour échapper à la noyade. En vain. A quelques mètres de là, un couple de retraités est resté prisonnier de ses volets électriques. Sans courant, impossible de les remonter. Un peu plus loin, le fracas de la vague a sorti du sommeil une famille avec trois enfants. Le père s’est extirpé in extremis de la maison avec sa petite fille ; derrière eux sa femme et ses deux fils ont péri noyés. Ils venaient juste d’acquérir ce pavillon de vacances. René, cantonnier retraité, de Nancy, n’en revient pas de sa chance. Il n’était pas à La Faute ce week-end-là. Il ramasse aujourd’hui quelques objets dans les décombres de sa maison achetée au début des années 2000. « C’était notre rêve, une maison à la mer. On est beaucoup à être arrivés en même temps. Les gens se connaissaient, s’ entraidaient. La tempête a tout balayé. »

Cuvette collée à la digue

A La Faute, pourtant, on n’a même pas eu le temps de pleurer les morts. Dès le lendemain, la polémique a été lancée. A qui la faute ? Des boucs émissaires, vite ! C’est Philippe de Villiers, président du conseil général de Vendée, qui a dégainé le premier. Ajustant dans son viseur les maires, accusés d’avoir accordé trop de permis de construire, et les promoteurs, qui « ont fait du fric ». Ah ! si seulement le conseil général, déplorait-il, « avait une compétence juridique » pour l’urbanisation du littoral ! Belle envolée.

Seulement voilà : interdire l’installation de ces lotissements dans cette « cuvette » était possible et le conseil général a eu l’occasion de faire entendre sa voix. Mais il ne l’a pas fait. En témoignent les documents exclusifs que nous avons pu nous procurer. Situés en bord de mer, les lotissements des Doris et des Voiliers ont été soumis en 1999 et en 2002 à la commission des sites, qui rassemble des élus locaux, des représentants des services de l’Etat et, à tout seigneur tout honneur, des représentants du conseil général. C’est en l’occurrence le premier vice-président du conseil de l’époque, peu soupçonnable d’anti-villiérisme, qui siégeait. Les PV sont accablants (voir encadré). Et les votes en faveur des constructions écrasants. A tous les échelons, on a fermé les yeux. « Philippe de Villiers a toujours défendu le tourisme et l’urbanisation horizontale, bref, tous ces petits pavillons près de la côte. Résultat, on a très peu de barres, mais vu la demande il y a un cruel manque de place. Alors on va chercher des terres à tout prix », dit Sylviane Bulteau, conseillère régionale PS. Philippe de Villiers n’a pas été le seul à lancer des écrans de fumée. Nicolas Sarkozy, venu mi-mars en Vendée, a fustigé justement une « cascade de décisions litigieuses ». Oubliant juste qu’il préconisait voilà à peine un an un assouplissement de la législation pour que les terrains inondables deviennent constructibles !

Pourquoi tant de cécité ? Pourquoi donc a-t-on construit dans cette cuvette ces maisons de pêcheurs, collées à la digue et à la rivière du Lay, sans pilotis ni étages pour affronter une crue ? A La Faute, tout le monde savait les zones inondables. « Avant, il y avait là des vaches, elles avaient toujours les pieds dans l’eau. Ils ont remblayé pour faire les maisons », se rappelle Renaud, un habitant. Pourtant, l’attrait de la petite maison près de la mer a été le plus fort. Les permis de construire ont été accordés. Dans les règles.

La direction départementale de l’équipement (DDE) avait donné un avis favorable. Et le préfet d’alors n’avait pas annulé les permis, en formulant un recours en justice, comme il en a le pouvoir. « La pression des élus locaux pour construire est forte. Souvent, les représentants de l’Etat qui parlent de sécurité passent pour des enquiquineurs. Des gens de la ville qui ne connaissent rien, contrairement à ceux du cru », explique-t-on à la préfecture de la Vendée. Et puis les préfets passent – le dernier en date est arrivé une semaine avant le drame. Les élus locaux, eux, restent. René Marratier, maire de La Faute, a été réélu aux dernières municipales à plus de 60% pour un quatrième mandat. Entre La Faute et la préfecture, les batailles ont été homériques. Le plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) préconisé en 2001 a fait l’objet de six ans d’âpres négociations. Sans avancer d’un pouce. En 2007, le nouveau préfet perd patience et décide d’imposer l’application du PPRI. Il est trop tard pour les Doris et les Voiliers, déjà construits. « Depuis, tous les permis de construire dans les zones rouges sont interdits. Pour les permis des Doris et des Voiliers, il n’y avait pas le cadre juridique pour les rejeter », dit Béatrice Lagarde, la sous préfète des Sables-d’Olonne, arrivée il y a un an. En septembre 2009, une réunion consacrée au durcissement du PPRI et à l’extension des zones interdites à toute construction a donné lieu a une passe d’armes. Le ton est monté. René Marratier, l’édile de La Faute, a clamé que « les digues ne casseraient jamais ». La sous-préfète est sortie de ses gonds : « Je souhaite pour vous qu’il n’y ait jamais de morts. »

Pourquoi René Marratier aurait-il douté ? Pourquoi accorder foi aux expertises alors que tout le monde était derrière lui ? Y compris la justice. Quand la préfecture a imposé la fermeture du camping municipal, en pleine zone inondable, toute la commune a manifesté. 1 000 personnes, dont des conseillers généraux venus apporter leur soutien. Attaquée devant le tribunal administratif, la préfecture a perdu. Le camping est resté ouvert. La nuit du 27 février, il a été balayé par les eaux. Heureusement, il était vide.

En pleine saison, c’est par centaines qu’il aurait fallu compter les morts. Des études, il y en a eu. Ainsi que des mises en garde, timides et isolées. Mais trop tard, là encore. En témoignent les deux enquêtes publiques que nous avons pu nous procurer. L’enquête publique sur les Doris a été diligentée en… 2006, soit sept ans après l’attribution des permis de construire. Elle conclut par un avis favorable, car il faut remplir la »dent creuse inesthétique » que constitue le bout de terrain encore vierge de pavillons. Le commissaire enquêteur suggère cependant de prévoir des étages aux constructions pour mettre les personnes et les installations électriques à l’abri, des recommandations bien dérisoires puisque le lotissement était déjà construit à 90%… Combien de vies sauvées, si ces étages avaient été prévus dès le début ?

La justice remontera-t-elle la chaîne des responsabilités ? Services de l’Etat, conseil général, préfecture : difficile de porter l’estocade quand les uns et les autres se renvoient la balle, comme dans une partie de flipper. Pour l’instant, Philippe Babin, patron de l’Agence de la Plage à La Faute-sur-Mer, joue le rôle du méchant promoteur. « D’où viennent ces gens qui ont détruit nos dunes ? », fustigeait au premier jour Philippe de Villiers.

Réponse : de pas très loin. Philippe Babin est fautais depuis trois générations. Sa mère est ajointe au maire et responsable de l’urbanisme. Il fait un bouc émissaire parfait. La famille Babin possédait des terrains dans la cuvette. Aux Voiliers, la Sarl Babin a construit 35 lotissements. Pour lesquels les permis de construire ont été accordés sans trop de problèmes, on s’en doute. « On a tout fait dans le respect des lois », se défend aujourd’hui Philippe Babin. Ce qui, stricto sensu, est vrai. Même si l’argument est inaudible… « Evidemment qu’il y a eu des collusions d’intérêts. Mais dans de si petites communes, il y en a beaucoup de ce genre », remarque un connaisseur de la région.

L’autre homme sur le gril, c’est René Marratier, le maire enfermé dans un silence buté depuis les événements. « On ne le croise même plus dans la rue », constate un habitant.

La meilleure défense, c’est l’attaque ? Dès les premiers jours, une pétition de soutien en sa faveur a circulé. Elle était sur le comptoir de tous les commerces sauf à la pharmacie, dont la propriétaire est une des rares « opposantes », ce qui lui a fait perdre des clients. Mercredi dernier, le conseil municipal s’est tenu dans une ambiance à couper au couteau. Le maire a annoncé que, pour se protéger des recours éventuels, il allait demander à Olivier Metzner, ténor du barreau parisien, conseil de Philippe de Villepin dans l’affaire Clear stream, d’assurer sa défense. Pourtant, si une enquête préliminaire est en cours au parquet des Sables-d’Olonne, «procédure usuelle en cas de décès », dit le procureur, il n’y a pour l’heure aucune plainte déposée. « C’est préventif, nous explique Olivier Metzner. Dans une catastrophe naturelle comme celle-là, comme on ne peut attaquer ni le vent ni la mer, on se dirige vers la cible la plus aisée : l’élu local. » L’écoeurement gagne André Rossignol. Ce marin pêcheur, Fautais depuis des générations, a tout perdu le soir où Xynthia a dévasté les côtes. Il lâche : « On va monter une association de victimes, parce qu’on se dit que, parti comme c’est, c’est bientôt nous les sinistrés qu’on va accuser… »

Exclusif : des commissions bien indulgentes

La  Faute-sur-Mer doculent exclusif 1

Ils sont tous là. Dans la commission des sites, chargée de donner son aval pour la construction de lotissements en bord de mer, siègent des représentants du conseil général, des élus locaux, des services de l’Etat (direction de l’environnement, direction de l’équipement, entre autres), des associations écolos, le tout sous la présidence du secrétaire général de la préfecture de Vendée. « C’est un théâtre d’ombres. Le conseil général soutient les élus locaux. Les pressions pour construire sont telles qu’en général les écolos sont les seuls à voter contre, et encore… », dit un connaisseur du dossier. De fait, l’Adeve, l’une des associations écolos membres de la commission, a été carrément radiée de la fédération nationale, France Nature Environnement, et ce pour cause de positions trop proches des lobbies agricoles, une première. En 1999, la commission se prononce sur le lotissement des Doris n’y a pas l’ombre d’un débat. Le chef de l’urbanisme propose un avis favorable, car la « digue permet de masquer les vues à partir rive gauche de la rivière ». Traduisez : puisque le lotissement ne gâche pas le paysage et que l’esthétique est sauvée, allons-y gaiement ! Les Doris sont approuvés à 10 voix pour, 1 contre. Les constructions peuvent commencer. En 2002, la commission est saisie du lotissement les Voiliers, contigu aux Doris. Un échange surréaliste où les présents dissertent de la solidité de la digue « roulable sur 20 mètres », de la classification en zone humide ou herbacée. Herbacée, répond le maire. Une seule voix écolo s’interroge sur « les problèmes de sécurité », vu que le projet se situe à « une altitude de 2 ou 3 mètres ».

L’objection n’est pas retenue. Les Voiliers sont approuvés à 10 voix pour, 2 contre, 2 abstentions. Vient en juillet 2005 l’étape de la commission de sécurité pour les Voiliers. Tous les services de l’Etat sont représentés, il s’agit d’obtenir l’avis de la DDE pour le permis de construire. « Les risques d’inondation interdisent l’implantation du lotissement », prévient une association, qui pointe « la difficulté d’évacuation des eaux du fait de la vase », qui aurait des conséquences « catastrophiques en cas de crue ». 8 pour, 4 contre : la DDE donne un avis favorable.

Exclusif : une enquête trop tardive

La  Faute-sur-Mer document exclusif 2

Une enquête publique a été diligentée sur les deux lotissements. Il s’agissait de vérifier la conformité à la loi sur l’eau, qui s’intéresse entre autres aux problèmes d’évacuation des eaux. Pour les Voiliers, l’enquête a lieu en mars 2005. Le commissaire enquêteur donne un avis favorable car, malgré « un niveau de risques d’inondation réels », « le lotissement, une fois habité, viendra relier deux autres lotissements et comblera de fait une dent creuse, inesthétique ». Il suggère cependant que « des mises en garde soient faites aux propriétaires quant à l’emplacement des installations électriques privatives (prises en hauteur, [ …] pas de planchers électriques chauffants) ». Plus étrangement, l’enquête pour le lotissement plus ancien des Doris n’a eu lieu qu’en juin 2006, soit sept ans après les autorisations de construire ! Le commissaire constate d’ailleurs que « le lotissement est déjà réalisé à 90% ». Vigilant, il a appelé de son propre chef la direction des affaires maritimes – qui « estime le dossier recevable » – et la DDE, au sujet du PPRI (le plan de prévention des risques d’inondation). Pas de veto.

Soulignant le « parfait état des digues », il conclut donc que, « vis-à-vis des inondations, le lotissement est sécurisé ». Le commissaire suggère cependant que « les constructions restantes soient rehaussées d’un étage ( …) afin que les habitants puissent s’y réfugier en cas de crue catastrophique ». Aux Doris et aux Voiliers, il n’y a quasiment pas de maisons à étage. En 2006, Thierry Berlemont, habitant des Doris, avait demandé un permis d’agrandissement, pour construire une chambre et un étage en plus. La demande a été refusée. Motif : l’étage aurait nui à l’esthétique de l’ensemble. Thierry Berlemont a sauvé ses filles et son épouse in extremis en la portant sur son dos : elle ne sait pas nager.

Doan Bui


ouest-france

Thierry Dran, procureur des Sables-d’Olonne, a affirmé qu’il n’avait été saisi d’aucune plainte à ce jour. Le parquet vendéen a ouvert une enquête préliminaire depuis le premier jour de la catastrophe, qui a tué 29 personnes à La Faute-sur-Mer. Il explique : « C’est une enquête classique de constatation. Parler d’homicides involontaires serait déjà se placer dans le cadre des responsabilités. On ne se pose même pas la question. On n’en est pas là. » Dans un premier temps, il a fallu identifier les victimes. La section de recherche d’Angers et la brigade de recherche des Sables poursuivent depuis leurs investigations « Je leur ai dit d’enquêter sur les faits… » Il s’agit d’une part de reconstituer le film de la catastrophe et d’autre part de vérifier tous les aspects du dossier sur le plan administratif. Entre autres, la validité des permis de construire.

À L'Aiguillon-sur-Mer, une maison en partie détruite par la  tempête.

À L’Aiguillon-sur-Mer, une maison en partie détruite par la tempête.

Marc Ollivier

Après la tempête qui a tué vingt-neuf personnes dans le département, les services de l’État ont défini les secteurs où l’on ne pourra pas reconstruire. La liste va tomber d’un jour à l’autre.

À L’Aiguillon-sur-Mer et à La Faute-sur-Mer, les habitants guettent avec inquiétude la publication des zones qui seront déclarées non constructibles après le passage de Xynthia. « Tout le monde se pose des questions », confie Xavier Machuron-Mandard, l’un des fondateurs de l’Avif, association de sinistrés.Hier, la préfecture étudiait la meilleure manière de leur annoncer les décisions de l’État. Maurice Milcent, maire de L’Aiguillon, souhaite, lui, la tenue « d’une réunion publique ». « Les gens ont les nerfs à vif, poursuit Serge Claveau, un élu de La Faute. Ça devient très pesant. Et on ne se voit pas leur annoncer des décisions que nous n’avons pas prises. »

« Plusieurs centaines d’habitations à détruire »

Les élus craignent un nouveau traumatisme dans la population. La semaine dernière, ils ont demandé « un renfort psychologique ». Car les maisons situées dans les secteurs déclarés inhabitables seront vouées à la démolition.

Pour définir ces zones, les services de l’État se sont appuyés sur les dégâts provoqués par la tempête. Ils ont pris en compte le lieu d’habitation des personnes décédées, la hauteur d’eau constatée le 28 février, leur proximité avec le Lay et la mer. « Plusieurs centaines d’habitations seront détruites », a reconnu le préfet, Jean-Jacques Brot. La pointe de L’Aiguillon et ses deux cents bungalows et maisons endommagées sur le domaine maritime devrait être rendue à la nature. En tout, 592 logements ont fait l’objet d’un arrêté de péril.

Des périmètres protégés ont également été établis. On pourra y habiter à condition de respecter des plans d’évacuation (trappes sous les toits) ou des aménagements spécifiques (un étage). Une fois les zones dévoilées, les sinistrés pourront entamer une négociation amiable avec l’État. La valeur moyenne d’une maison est ici de 200 000 à 300 000 €.

Certains assureurs ne remboursent que les reconstructions sur place. Pour mieux indemniser les sinistrés, l’État envisage de faire jouer le fonds Barnier et espère un coup de pouce des assureurs. « On veut pouvoir apporter des réponses claires sur les indemnisations », affirme la préfecture. Ce qui reporte « à la semaine prochaine » l’information sur les zones inhabitables.
Jean-Marcel BOUDARD et Renaud GARNIER.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

Audition du préfet au sénat (flv)

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