Archive pour avril 2010

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Nicolas Sarkozy a demandé lundi au gouvernement de s’assurer que les sinistrés de la tempête Xynthia ne seraient pas autorisés à rentrer chez eux si leurs logements sont situés dans des zones dangereuses.

Dans un communiqué, l’Elysée indique que le chef de l’Etat a demandé au Premier ministre, François Fillon, de réunir rapidement les membres du gouvernement concernés par la gestion des suites de la tempête qui a fait 53 morts fin février, en quasi-totalité sur les côtes de Vendée et de Charente-Maritime.

La présidence de la République rappelle que Nicolas Sarkozy, lors de sa dernière visite sur place le 16 mars, avait insisté « sur le fait qu’il ne serait pas possible d’autoriser des personnes à se réinstaller là où elles sont exposées à un risque mortel ».

« La réunion du Premier ministre et des ministres concernés aura pour objet de vérifier la mobilisation effective des services de l’Etat aux côtés des sinistrés et le respect des principes posés par le président de la République », ajoute-t-elle.

Les pouvoirs publics ont publié la semaine passée une carte de « zones noires » jugées d’extrême danger où près de 1.400 logements devront être rasés. Les méthodes utilisées pour délimiter ces secteurs ont été contestées localement, des habitants se disant prêts à attaquer l’Etat en justice pour empêcher la destruction de leur maison.

Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a déclaré dimanche que le principe des zones noires ne serait pas remis en cause tout en reconnaissant que certaines « situations individuelles » pourraient être réexaminées.

Yann Le Guernigou, édité par Gilles Trequesser

Nicolas Sarkozy a demandé au Premier ministre François Fillon de « réunir rapidement les ministres concernés » par les suites de la tempête Xynthia, indique lundi l’Elysée dans un communiqué, alors que Dominique Bussereau et Brice Hortefeux se sont exprimés la veille en faveur d' »aménagements » des zones noires délimitées par l’Etat.

La réunion « aura pour objet de vérifier la mobilisation effective des services de l’Etat aux côtés des sinistrés et le respect des principes posés par le président de la République », précise le communiqué.

Le président s’était rendu sur place le 16 mars « pour manifester le soutien total de l’Etat à l’égard des sinistrés et des familles des victimes, mais aussi pour affirmer que les pouvoirs publics ne laisseraient pas les conditions ayant conduit à ce désastre se réunir à nouveau », rappelle l’Elysée, soulignant que M. Sarkozy « a notamment insisté sur le fait qu’il ne serait pas possible d’autoriser des personnes à se réinstaller là où elles sont exposées à un risque mortel ».

Le président du conseil général de Charente-Maritime Dominique Bussereau, par ailleurs secrétaire d’Etat aux Transports, a laissé entendre ce week-end que des « aménagements » pourraient intervenir concernant les « zones noires » définies par les services de l’Etat. Son collègue de l’Intérieur Brice Hortefeux a lui aussi estimé qu’il « peut exister des situations individuelles précises, ponctuelles, qui nécessitent un examen approfondi », lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

Plus de 1.500 résidences doivent être abandonnées par leurs occupants en Vendée et en Charente-Maritime, après le passage de Xynthia, qui fait 53 morts dans la nuit du 27 au 28 février. AP

La Faute-sur-Mer (Vendée), envoyé spécial
Des centaines d'habitants des Boucholeurs, village à cheval entre  les communes d'Yves et Châtelaillon-Plage touché par les inondations  provoquées par la tempête Xynthia, manifestent le 11 avril pour  s'opposer à la destruction de leurs maisons.

AFP/PIERRE ANDRIEU

Des centaines d’habitants des Boucholeurs, village à cheval entre les communes d’Yves et Châtelaillon-Plage touché par les inondations provoquées par la tempête Xynthia, manifestent le 11 avril pour s’opposer à la destruction de leurs maisons.

Face à la colère des sinistrés, le gouvernement va-t-il revenir sur sa décision de raser les quelque 1 500 maisons classées en zone « d’extrême danger » suite à la tempête Xynthia, qui a fait cinquante-trois morts le 28 février ? Les propos tenus par le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, dimanche 11 avril, le laissent entendre.

« Naturellement, il y a un principe : c’est que dans les “zones noires” (décrétées inhabitables car exposées à un risque majeur d’inondation), il est hors de question que des habitants puissent revenir s’y installer. Mais il peut exister des situations individuelles, précises, ponctuelles qui nécessitent un examen approfondi », a-t-il déclaré, désavouant l’intransigeance du préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot, qui, dans les colonnes du Journal du dimanche, avait affirmé, le jour même, que « la cartographie des zones noires ne changera plus ».

La veille, le président du conseil général de Charente-Maritime et secrétaire d’Etat au transport, Dominique Bussereau, tout en annonçant qu’il abandonnait son idée de lever un impôt exceptionnel pour faire face aux dépenses liées à la tempête, avait souhaité qu’une concertation puisse s’ouvrir entre l’Etat et les communes frappées par la catastrophe.

Car durant tout le week-end, manifestations et réunions de victimes se sont succédé dans la région pour dénoncer la brutalité des décisions annoncées, le 7 avril, par l’Etat. 350 habitants de Fouras (Charente-Maritime) avec leur maire, Sylvie Marcilly (UMP), ont défilé dans les rues de leur village samedi matin. 400 habitants des Boucholeurs (Charente-Maritime) ont fait de même dimanche, en brandissant une banderole « Raser non, endiguer oui ! ».

« NOUS NE SOMMES PAS DU BÉTAIL »

A La Faute-sur-Mer, plus de 500 personnes se sont retrouvées au Pavillon des dunes, à l’initiative de l’Association des victimes des inondations de La Faute (AVIF), nouvellement constituée et appelée à rassembler les victimes des autres communes. C’est là que le préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot avait annoncé les « zones noires » de la commune touchant 674 maisons.

Cette première réunion d’information, qui a pris des allures de thérapie de groupe, a commencé par une minute de silence. Dans l’assistance, Pierre de Lépinay avait, sur la poitrine, accroché à une cordelette un petit carton, avec ces quelques mots pleins de rage: « Avis : nous ne sommes pas du bétail. »

Surtout, chacun a raconté son incompréhension. Dans le quartier des Caves, à L’Aiguillon, certaines maisons ont été dévastées mais ne sont pas dans le périmètre à détruire. « C’est le monde à l’envers », juge Olivier Drouet, dont les enfants « ont peur aujourd’hui de rester ici ». La veille de l’annonce des zones à démolir, il était allé avec ses enfants « dire au revoir à la maison ».

A l’inverse, d’autres maisons, tout près, n’ont pas eu « une goutte d’eau » et sont sur la liste des sites à démolir. C’est le cas d’Emmanuel Bertaud. « C’est bien simple, chez lui, les dégâts, ils sont tellement inexistants qu’il a nettoyé avec une serviette de toilette », raconte son père. Evelyne Gallais, de L’Aiguillon, est encore abasourdie. « Je n’ai rien eu chez moi, rien. Même l’assurance ne s’est pas déplacée, ajoute-t-elle. Elle a versé 1500 euros pour les claustras abîmées. »

Christian Laumonnier, ancien élu de L’Aiguillon, ne comprend toujours pas pourquoi sa maison avec piscine est rayée d’un coup de crayon. Lors de l’annonce, il a même cru à une erreur. Il regrette aussi que le maire, Maurice Milcent, « ne prenne pas position contre l’Etat », comme le maire de Charron (Charente-Maritime), érigé en héros par certains sinistrés, car s’opposant ouvertement à l’Etat.

Ce zonage, tous ici espèrent encore le faire modifier. « On dispose de deux mois pour le contester », leur a indiqué Me Hervé Cassara du cabinet Huglo-Lepage, lors de la réunion. « C’est la bonne nouvelle du jour », témoigne Renaud Pinoit, l’un des fondateurs de l’AVIF.

Pas sûr cependant que tous les sinistrés s’engagent dans cette voie. Pour Thierry Berlemont, sinistré de La Faute, c’est tout vu. « On ne se battra pas pour rester », dit-il. La nuit du 28 février, il s’est retrouvé avec ses enfants sur le toit de sa maison, de l’eau partout autour, « à attendre les secours ». Il attend de pouvoir s’installer ailleurs. En espérant connaître un jour les responsables de tout ça.

« Il y aura sans doute une action judiciaire, promet Renaud Pinoit, car tout le monde veut savoir. » James Gaillard, un habitant de L’Aiguillon-sur-Mer (Vendée) a franchi le pas: il vient de porter plainte contre le maire et la municipalité pour « mise en danger des habitants et des habitations ».

Philippe Ecalle

Les mobile-homes de propriétaires privés sont livrés aux pelles  mécaniques. : Franck Dubray
Les mobile-homes de propriétaires privés sont livrés aux pelles mécaniques. : Franck Dubray
Il pousse une brouette remplie d’objets hétéroclites, sa femme traîne un petit matelas sous le bras. Un peu comme une image de pays en guerre. Ce samedi matin, un couple de retraités tente de récupérer ce qu’il reste dans leur mobile-home au camping municipal de La Faute-sur-Mer. « C’est des bricoles : un carrelet, une poubelle, dit le mari. Je suis trop écoeuré. »Cela fait sept ans que ces Tourangeaux venaient en vacances ici. Le gros du déménagement a été effectué depuis que le préfet a annoncé le 15 mars, la fermeture du camping. Le maire, René Marratier, a été sommé par le représentant de l’État de « faire évacuer, d’ici le 15 avril, l’ensemble des biens présents sur le site.

600 € de fraispar mobile-home

Depuis vendredi, les mobile-homes de propriétaires privés sont livrés aux pelles mécaniques. 230 de ces « habitations » partent à la casse, broyées par les engins de la société de Planète-recyclage, de La Rochelle. « Deux ou trois propriétaires ont retiré leur mobile-home. Les autres les ont laissés. Ils étaient irrécupérables, car ils avaient été inondés le jour de la tempête », souligne Jean-Michel Gaborit, le secrétaire de mairie. « Le préfet nous a demandé de remettre cet espace à l’état naturel. On essaie de faire en sorte que tout soit recyclé afin de protéger l’environnement. » Le tout aux « frais de la commune », comme l’indique l’arrêt préfectoral. « Cela revient à 600 € par mobile-home », précise la mairie de La Faute.

Ce camping de 480 emplacements (3 000 vacanciers l’été), ouvert en 1972 au bord du Lay, occupait illégalement le domaine public maritime. Sa fermeture avait déjà été ordonnée il y a huit ans, suscitant une levée de bouclier contre la décision de la préfecture. Le site a été inondé lors de la tempête Xynthia.

« Les gens commençaient à arriver à Pâques. Il n’y aura plus personne. L’été, c’était plein de monde. Ça fait mal au coeur, parce que c’est des amis qu’on ne reverra peut-être pas », se désolent Yannick, 56 ans, et Louis, 75 ans, deux habitants, venus, ce samedi, jeter un coup d’oeil sur les travaux de démolition. « On est né ici. On a quand même une jolie commune, un micro-climat, la plage, la forêt. Ça a toujours été un lieu populaire. C’est tout le contraire des Sables. »

A l’entrée du site un couple de Fautais termine de charger une remorque. « On est venu aider à déménager un grand-père de 75 ans qui habite la Seine-et-Marne et qui vivait ici pendant six mois de l’année. Il avait acheté un mobile-home, il y a trente ans. Il avait investi beaucoup d’argent, en aménageant notamment une véranda avec un plancher. On a démonté les boiseries de la terrasse, mais on nous a volé une bâche qui avait été mise de côté. »

Pourquoi récupérer les affaires si tardivement ? « Les gens n’ont cru qu’à moitié aux injonctions du préfet. Ils se sentent tellement anéantis qu’ils sont déroutés. »

Pierre BÉGOC.

Alors qu’arrivent les beaux jours, les commerçants des communes touchées s’inquiètent des conséquences économiques du passage de la tempête Xynthia. Reportage à La Faute-sur-Mer.

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Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a déclaré dimanche qu’il serait possible de réexaminer certains cas individuels très précis de maisons vouées à la destruction après la tempête Xynthia.

Au total, 1.393 logements – 798 en Vendée et 595 en Charente-Maritime – situés en zones jugées d' »extrême danger » doivent être détruits dans les régions ravagées fin février.

Depuis cette annonce, de nombreuses manifestations d’habitants se sont organisées sur le littoral pour contester le tracé de ces « zones noires ».

Certains riverains ont promis de poursuivre l’Etat en justice pour empêcher la destruction de leurs maisons.

« Naturellement il y a un principe: c’est que dans les ‘zones noires’, il est hors de question que les habitants puissent revenir s’y installer. C’est le principe de précaution qui est indispensable », a déclaré le ministre de l’Intérieur sur i>Télé.

Cependant, « il peut exister des situations individuelles précises, ponctuelles qui nécessitent un examen approfondi », a-t-il ajouté.

Brice Hortefeux a rappelé que la tempête du 28 février avait fait 53 morts, endommagé près de 6.000 maisons et inondé 542 exploitations agricoles.

Il a également insisté sur l’indemnisation à 100% par l’Etat des propriétaires de maisons situées dans les « zones noires ».

Le maire de Charron, commune de Charente-Maritime parmi les plus touchées par Xynthia, a annoncé vendredi qu’il ne signerait pas les arrêtés d’interdiction d’accéder et d’habiter les 150 à 180 maisons vouées à la destruction dans sa municipalité.

BUSSEREAU « FACILITATEUR »

Interrogé sur l’intervention éventuelle de la force publique pour permettre les destructions, le ministre de l’Intérieur a répondu: « On n’en est pas là ».

Dans le Journal du dimanche, le préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot, explique de son côté que « la cartographie des zones noires ne changera plus ».

Le tracé a été établi en tenant « compte de cette catastrophe et d’autres critères, comme la stagnation des eaux, l’état des digues, la fragilité du cordon dunaire, la formation de cuvettes, l’analyse historique et les prévisions climatiques », souligne-t-il tout en disant comprendre « les réactions de souffrance » des habitants.

Samedi, le président du conseil général de Charente-Maritime Dominique Bussereau a également tenté de rassurer les riverains de la côte vendéenne, annonçant le retrait de son projet de lever un nouvel impôt pour faire face aux dépenses liées à la tempête.

« Je suis solidaire des décisions du gouvernement visant à protéger la population du danger », a expliqué à Reuters le secrétaire d’Etat aux Transports lors d’un entretien téléphonique.

Dominique Bussereau a dit souhaiter qu’un « dialogue soit établi pour voir si on peut améliorer la copie ».

« Mon rôle en tant que membre du gouvernement est d’être solidaire du préfet, et je le suis, mais en tant qu’élu local, je pense pouvoir jouer un rôle de facilitateur. Je suis donc à la disposition de tous », a-t-il assuré.

Laure Bretton, édité par Gérard Bon

Des spécialistes en urbanisme, géographie ou prévention des risques commentent les critères retenus par les services de l’État pour délimiter les zones vouées à la démolition

Les cartographies des « zones noires », présentées en fin de semaine dernière aux élus puis aux habitants de Vendée et de Charente-Maritime, n’en finissent pas de susciter de l’incompréhension.

Réalisées ces quatre dernières semaines par les administrations centrales et locales de l’État – ministère de l’écologie, directions départementales des territoires et de la mer (DDTM) –, elles se basent notamment sur des observations de terrain, des photographies aériennes et satellites, ainsi que l’analyse de plusieurs critères : topographie, hauteur d’eau, prise en compte de l’histoire, zones de protection et puissance de la vague.

S’agissant de la « topographie », cette donnée correspond à l’altitude des terrains, mesurée par des cotes NGF (nivellement général de la France). Ces dernières permettent de déterminer le niveau de « submersibilité » d’une surface, explique Isabelle Berger-Wagon, directrice d’un bureau d’études en urbanisme à La Rochelle (Charente-Maritime).

Cette prise en compte des différences topographiques pourrait en partie expliquer pourquoi certains terrains n’ayant pratiquement pas été inondés après Xynthia sont classés en zone noire. C’est notamment le cas du quartier des Caves, à L’Aiguillon-sur-Mer (Vendée ), dont une partie a été déclarée inhabitable. « Ces terrains sont plus bas que les autres. Ils sont à 2,50 mètres d’altitude, soulignait jeudi Alain Jacobsoone, directeur adjoint de la DDTM de Vendée.

« L’eau pouvait aussi venir du côté des terres, par les marais »

On comprend que, par rapport à Xynthia, l’impact n’a pas été forcément important. Mais dans dix ou trente ans, ces terrains pourraient être concernés par une arrivée d’eau importante. » « Une altitude de 2,50 mètres, c’est effectivement très faible », commente Isabelle Berger-Wagon.

Par ailleurs, lors de la présentation des zones noires, les élus de L’Aiguillon voulaient savoir pourquoi le centre-bourg, inondé en plus grande quantité que les Caves, n’avait pas été classé en zone noire : il leur a été rétorqué que cette inondation était considérée comme ponctuelle et que l’eau était partie très vite.

« Cette réponse me fait penser à la notion d’épandage des crues, commente Isabelle Berger-Wagon. Lors d’une inondation, l’eau s’étale. Mais quand tout est construit autour, elle ne peut plus s’étaler. Pour s’en rendre compte, il faut remplir une assiette d’eau. Quand on pose des sucres dedans, l’eau monte. »

Second critère avancé par le préfet : la hauteur d’eau constatée après Xynthia. « C’est un critère classique, observe Bruno Ledoux, consultant en prévention du risque inondation. On a l’habitude de qualifier le risque ou l’aléa en fonction de paramètres hydrauliques. » Le raisonnement peut se faire à partir d’une hauteur d’eau observée ou sur différents événements pouvant amener de l’eau, qu’elle vienne de la mer ou de la rivière.

Or, les experts ont insisté sur le fait que Xynthia n’était pas la seule référence mais que leurs analyses s’appuyaient sur tout autre phénomène météorologique de même ampleur. « Les services de l’État nous ont indiqué que l’eau pouvait aussi venir du côté des terres, par les marais, et pas seulement directement de la mer », confie une élue de L’Aiguillon-sur-Mer.

Un plan de destruction d’une ampleur inédite

Autre critère, la prise en compte de l’histoire. Les tempêtes de 1871, 1940 et 1941 ont notamment été évoquées. « C’est un critère courant en matière d’analyse du risque », note Bruno Ledoux. Le maire de Charron, Jean-François Faget, affirme que deux autres critères lui ont été présentés lors de son entretien avec le préfet de Charente-Maritime : la puissance de la vague lors de Xynthia et la possibilité ou non de se protéger par des zones ou des niveaux de refuge. D’après Bruno Ledoux, cette liste de critères n’est « pas choquante sur le principe ». « C’est au cas par cas qu’il faudra l’expliciter et être transparent, car l’État le doit à chaque propriétaire », dit-il.

Reste qu’un plan de destruction de plus de 1 000 maisons se révèle inédit par son ampleur. « C’est du jamais-vu, reconnaît le consultant. Mais le gouvernement est plutôt courageux car il serait malvenu d’autoriser les gens à revenir sur place. »

Pour Denis Mercier, maître de conférences en géographie physique à l’université de Nantes, la naissance du concept de zone noire pose toutefois question : « Va-t-on définir de nouvelles zones noires à titre préventif dans d’autres départements de France ou va-t-on attendre une nouvelle catastrophe pour le faire ? »

Son collègue Paul Fattal, directeur de l’Institut de géographie de Nantes, estime qu’il faut poser le problème à l’échelle nationale et pas seulement locale. « C’est à la société dans son ensemble de réfléchir. Sinon, on va continuer d’agir à coups de sparadrap sans vision globale des choses. » Contactés par La Croix, les préfectures et services centraux de l’État n’ont pas souhaité répondre à nos questions sur l’élaboration des zones noires.

En deux mois, 1.510 maisons seront détruites dans les zones sinistrées de Vendée et Charente-Maritime… Mais des recours s’organisent.

Quarante-huit heures après l’annonce par l’Etat des « zones noires » déclarées inhabitables, les sinistrés se mobilisent. En Vendée, plus de 500 personnes se sont réunies à l’appel de l’Association des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer (Avif) pour évoquer les actions à venir, en présence d’un avocat du cabinet de Corinne Lepage. « Une majorité des gens veulent contester le zonage, résume Yannick Lange, l’un des
membres fondateurs. Mais il faut faire vite. On a deux mois pour lancer un recours devant le tribunal administratif après les déclarations du préfet. » Des actions pénales sont également en réflexion.

La grogne montait également en Charente-Maritime. A Fouras, quelque 350 habitants manifestaient hier en scandant « Non aux destructions » ; « Préfet, démission!« . Aujourd’hui, c’est au tour du village des Boucholeurs d’organiser une marche. Et, si rien ne bouge, les associations pourraient toutes appeler à manifester samedi prochain devant la préfecture de La Rochelle. En tout, 1.510 habitations doivent être rasées: 915 en Vendée et 595 en Charente- Maritime. Le gouvernement veut aller vite : des démolitions dans les deux mois, des relogements à l’amiable et une enveloppe de 300 à 400 millions d’euros sur la table. Pas suffisant. Au-delà des questions de zonage, les victimes cherchent des responsables, s’interrogent sur l’entretien des digues, sur les dispositifs d’alerte. Un habitant de L’Aiguillon-sur-Mer a déposé plainte, mardi, contre le maire et la municipalité pour « mise en danger des habitants et des habitations » lors de la tempête. D’autres conflits devraient suivre.

Le Fonds Barnier insuffisant
Benoist Apparu, le secrétaire d’Etat au Logement, avait avancé devant différents interlocuteurs le chiffre de 260 millions d’euros d’indemnisation. Son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, donne une fourchette comprise entre 300 et 400 millions d’euros. Or le fameux Fonds Barnier ne dispose que d’une cagnotte de 150 millions d’euros avec des rentrées annuelles d’environ 50 millions. Même si l’indemnisation est étalée sur plusieurs années, le compte n’y est pas.
Des recours administratifs
Certaines l’ont déjà fait savoir. Ainsi, Thierry Demaegdt, président de l’association Reconstruire Charron, estime qu’en dehors de certaines « rues évidentes » d’autres avaient, selon lui, été classés « arbitrairement en zone noire« . Il annonce des recours contre cette décision « unilatérale, totalitaire et inadmissible » et s’apprête à envoyer une pétition d’un millier de noms à l’Elysée. L’avocate Corinne Lepage, qui défend l’Avif, prévient que les démolitions en deux mois sont totalement irréalistes. Les habitants ont beau jeu de relever que leurs résidences ne sont pas des constructions sauvages et de demander la pertinence des critères retenus.
La difficile fixation du prix
Ce sont les Domaines qui sont chargés d’évaluer le prix des maisons. Les préfets ont d’ores et déjà annoncé qu’il serait celui de la valeur du foncier avant la tempête. Rassurant mais pas suffisant. « A La Faute, explique un spécialiste, la zone avait été considérée comme non constructible depuis 2007. Est-ce que cela signifie que le terrain ne valait plus rien ou, au contraire, qu’il avait une valeur inestimable puisque le nombre de parcelles disponibles se raréfiait ? Les transactions récentes vont être regardées à la loupe. Mais l’évaluation d’un prix, hors marché, n’a jamais été simple. » Les sommes de 150.000 euros, puis de 250.000 euros en moyenne par maison ont été avancées. « Cela ne veut rien dire, explique un assureur. Pour l’instant nous sommes dans le flou le plus total. »
Des poursuites pénales
Les conditions d’attribution des permis de construire, la validité des plans de prévention des risques inondation, le lobbying des promoteurs et des agents immobiliers, les négligences des collectivités locales, les raisons de la non-évacuation des zones le soir du 28 février… sont autant de motifs de poursuites pénales. Une enquête préliminaire, ouverte par le parquet des Sables-d’Olonne, est en cours.

PARIS (AP) — Alors que le préfet de Vendée Jean-Jacques Brot affirme dans le « Journal du dimanche » que la cartographie des « zones noires » établie après le passage dévastateur de la tempête Xynthia « ne bougera pas », le président du conseil général de Charente-Maritime Dominique Bussereau, qui est également secrétaire d’Etat aux Transports, laisse entendre que des modifications pourraient intervenir.

« Je pense qu’il y a de ci de là des aménagements de bon sens que je ferai connaître au chef de l’Etat. Pas du tout pour remettre en cause le travail qui a été fait » mais « pour voir si dans certains cas, il n’y a pas des aménagements humains et intelligents qui peuvent » être réalisés, a-t-il déclaré à France Bleu. « S’il y a des choses qui méritent d’être changées, et que j’en ai la conviction profonde, je l’exprimerai ».

« Il y a peut-être eu certaines maisons qui ont été mises un peu rapidement dans telle ou telle zone. Je crois qu’il faut continuer le dialogue avec les élus », a-t-il observé, en soulignant que son rôle consistait à « mettre de l’humain » dans ce dossier.

Dominique Bussereau a précisé à RTL qu’il souhaitait « que bien sûr, on empêche les gens de mourir », et qu »’ensuite quand on peut tenir compte des situations locales et analyser plus profondément certaines situations, on le fasse ».

« On a fait des tracés vite. Alors, parfois, l’Etat ne va pas assez vite. Là, il est allé très vite. Si dans certains cas, c’est allé trop vite, eh bien il faut le regarder au cas par cas », « il y a peut-être parfois des moments où le rouleau compresseur de l’administration est passé un peu vite », a déclaré le secrétaire d’Etat dont les propos ont été diffusés dimanche matin par la radio.

« Mon rôle de président du conseil général et de membre du gouvernement habitant dans ce département, c’est de faire remonter à Jean-Louis Borloo (ministre de l’Ecologie, du développement durable et de la mer), au Premier ministre, ce que l’on me le dit et qu’on regarde les choses de près ».

Plus de 1.500 résidences doivent être abandonnées par leurs occupants en Vendée et en Charente-Maritime, après le passage de Xynthia fin février. Les services de l’Etat ont présenté jeudi après-midi dans les deux départements les zones où des maisons devront être détruites. Ainsi, 915 logements seront rasés en Vendée et 595 en Charente-Maritime. AP

En Vendée, où plus de 600 maisons doivent être rasées, les sinistrés de la tempête de fin février se sont constitués en association et un habitant a déposé plainte pour mise en danger de la vie d’autrui.

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Zone interdite (mkv)

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