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Les organisateurs du match de gala entre des professionnels et le  Stade brestois attendent plus de 6 000 spectateurs le mardi 18 mai au  stade Henri-Desgrange.

Les organisateurs du match de gala entre des professionnels et le Stade brestois attendent plus de 6 000 spectateurs le mardi 18 mai au stade Henri-Desgrange.

Le mardi 18 mai, le stade Henri-desgrange, à La Roche-sur-Yon, accueillera un match de gala, entre une équipe de professionnels et celle du Stade Brestois, tout nouveau promu en Ligue 1. Le match a été imaginé par Sébastien Pauvert, ancien pro du FC Nantes, gardien de but du club de foot de Fontenay-le-Comte, et Yann Taveneau, qui avait lancé un groupe sur Facebook, avec l’idée de créer un événement. Bruno Perrier, entraîneur du club de La Tranche Côte de lumière, concerné au premier chef par cette initiative, s’est associé à l’initiative.

De nombreux professionnels sont attendus, comme Ramé, Pagis, Leroy, Da Rocha ou encore Savinaud. Une vente aux enchères de maillots de « stars » du ballon rond (Gourcuff, Landreau, etc.) sera également organisée. La recette du match permettra d’accompagner financièrement une soixantaine d’élèves victimes de Xynthia. Les organisateurs attendent de 40 000 à 60 000 €. L’entrée sera fixée à 5 € (tarif unique). Le match sera précédé d’un plateau de débutants. Le coup d’envoi devrait être donné par une ancienne star, le petit ailier de poche qui a fait les beaux jours du FC Nantes.

Date de publication : vendredi 7 mai 2010
La mission commune   d\'information sur la tempête Xynthia présente ses premières  recommandations

La mission commune d\’information sur la tempête Xynthia présente ses premières recommandations

Dans le contexte de l’examen du projet de loi portant engagement national pour l’environnement par l’Assemblée nationale, la mission commune d’information du Sénat sur les conséquences de la tempête Xynthia, que préside M. Bruno Retailleau et dont M. Alain Anziani est le rapporteur, a souhaité faire un point sur ses travaux et présenté ses premières recommandations. Après une nouvelle série d’auditions, elle établira un rapport d’étape d’ici fin mai, avant de produire un document définitif d’ici l’été.

Depuis sa réunion constitutive du 31 mars dernier, la mission a procédé à l’audition de membres du gouvernement, d’élus locaux, de hauts fonctionnaires et d’experts. Elle a effectué, dès les 14 et 15 avril 2010, un déplacement en Charente Maritime et en Vendée pour se rendre compte sur place des dégâts provoqués par cette catastrophe et aller à la rencontre des habitants, des élus locaux et des acteurs économiques, durement éprouvés. Elle s’est rendue mardi 4 mai à Bruxelles pour rencontrer les commissaires européens Michel Barnier et Johannes Hahn, ainsi que les services en charge des questions de protection civile, de prévention et d’indemnisation agricole.

La mission complètera ses travaux dans les prochaines semaines par de nouvelles auditions, des déplacements en Gironde et aux Pays-Bas, avant d’adopter un rapport définitif d’ici l’été.

Des préconisations immédiates

La mission souhaite réaffirmer la position qu’elle a exprimée lors de sa visite sur le terrain en Charente-Maritime et en Vendée les 14 et 15 avril derniers. La mission est favorable au principe selon lequel les terrains exposés à un risque naturel grave avéré doivent être déclarés inconstructibles. Il ne saurait être question de transiger dès lors qu’il existe un danger mortel pour la vie humaine. Pourtant la mission fait le constat d’une très grande confusion dans l’expression publique sur cette question sensible, qui a engendré des réactions vigoureuses d’une partie des populations sinistrées. Aujourd’hui encore il y a un besoin évident de clarification.

La notion de « zones noires » est inappropriée. Il s’agit en réalité de « zones d’acquisition amiable » dans lesquelles l’Etat ouvre un droit pour les propriétaires qui souhaitent vendre leur maison selon une procédure d’acquisition amiable. Le but prioritaire est de permettre une indemnisation rapide dans des conditions favorables pour ceux qui veulent tourner la page le plus vite possible. L’Etat devra veiller d’une part à garantir une juste indemnisation et d’autre part à assurer la rapidité de la procédure.

Les périmètres de ces zones d’acquisition amiable ne doivent pas être considérés comme définitivement figés. Ils pourront faire l’objet d’ajustements lors des deux étapes suivantes :

*

Avant l’enquête publique, des expertises complémentaires préciseront utilement le tracé des zones qui seront soumises à la procédure d’enquête.
*

Ensuite, les périmètres définitifs, où pourra s’exercer le mécanisme d’expropriation pour risque naturel majeur prévu par la loi « Barnier » du 2 février 1995, seront déterminés dans le cadre de la procédure contradictoire de l’enquête publique sur la base d’enquêtes parcellaires afin d’établir le risque mortel effectif.

La mission juge nécessaire de mettre en place une procédure distincte et séparée pour chaque zone. Seules les zones présentant un véritable risque mortel doivent être déclarées inhabitables. La mission approfondira sa réflexion sur les modes de construction permettant de maintenir des habitations dans les zones soumises à un risque d’inondation limité tout en assurant en priorité la protection des vies humaines.

Enfin, la mission estime que les « zones mortelles » ne devront pas être laissées à l’abandon. Elle poursuivra sa réflexion sur la reconversion de ces zones. Elle formulera des propositions destinées à compenser les pertes de fiscalité que subiront les collectivités territoriales.

Des modifications législatives

L’examen du projet de loi portant engagement national pour l’environnement doit permettre de :

*

Modifier le dispositif issu de la loi « Barnier »
1.

le risque de submersion marine doit être pris en compte dans le champ de la procédure d’expropriation de biens exposés à un risque menaçant gravement les vies humaines.
2.

Les règles applicables au Fonds « Barnier » doivent être révisées afin que ce fonds puisse servir à l’indemnisation des sinistrés dont les maisons sont classées en « zone de solidarité ».
3.

Le plafond d’indemnisation de 60.000 euros doit être supprimé.
4.

Au regard des estimations qui lui ont été présentées, la mission constate que la question de la capacité de ce fonds risque d’être posée. Si nécessaire, un abondement devra être envisagé.
*

Relancer les plans de prévention des risques naturels
1.

La mission se prononce pour la mise en place de plans de prévention des risques d’inondation (PPRI) qui soient spécifiques au risque de submersion marine. La submersion marine ne peut être traitée comme un risque classique d’inondation. Elle diffère des autres inondations tant en raison de son effet mécanique soudain et violent que de l’endroit où elle a lieu (un trait côtier soumis à une forte pression foncière). Elle implique un dispositif de prévision beaucoup plus complexe.
2.

La mission juge nécessaire d’accélérer la procédure d’adoption des PPRI et de favoriser leur adoption pour les communes n’en étant pas encore dotées, en fixant un horizon de temps (3 ans).
3.

Elle se prononce pour la définition de grandes règles d’élaboration des PPR afin de créer un cadre clair et homogène sur l’ensemble du territoire.
4.

Le contenu des PPRI devra être renforcé, en prévoyant des règles de constructibilité en fonction de l’ampleur du risque. Il faudra établir un lien systématique entre les PPRI et les PLU
5.

L’aléa de référence pris en compte dans les plans de prévention devra être correctement apprécié en fonction du risque.

Assurer une indemnisation effective et rapide

La mission souhaite que l’Etat indemnise les collectivités territoriales touchées par la tempête Xynthia pour les aider à reconstruire leurs infrastructures en recourant aux deux dispositifs dont il dispose : le fonds de solidarité pour les catastrophes naturelles et le régime de subvention d’équipement pour la réparation des dégâts causés par les calamités publiques.

La mission demande à la Commission européenne de mettre tout en œuvre pour faciliter le versement dans les meilleures conditions d’une aide de l’Union européenne au titre du Fonds de solidarité de l’Union européenne (FSUE). Elle souhaite que soit mobilisé de manière efficace le Fonds national de garantie des calamités agricoles (FNGCA) pour couvrir l’intégralité des dommages non assurables subis par les exploitations agricoles mais également par les conchyliculteurs et pisciculteurs.

Des pistes de réflexion

L’absence de culture du risque empêche d’être efficace dans l’appréhension du phénomène de submersion marine. La mission constate que le manque de coordination entre les différentes composantes de la gestion des risques est la principale cause de défaillance. Prévision, prévention et protection sont traitées comme autant de volets sectoriels, de manière cloisonnée. Face à constat, la mission préconise une approche globale dans la gestion du risque de submersion marine afin de mieux informer et préparer les populations à l’occurrence du risque. La mission déterminera dans la suite de ses travaux les modalités et les instruments adéquats pour promouvoir cette approche globale. D’ores et déjà elle formule plusieurs pistes pour améliorer les trois piliers d’une politique globale de gestion du risque.

Premièrement, la prévision

La mission constate que si la prévision générale de la tempête et de la surcote marine ont été bonnes, en revanche, la prévision des conséquences à terre a été défaillante. La connaissance de la vulnérabilité du littoral est essentielle. Elle repose avant tout sur l’établissement d’une cartographie des risques de submersion marine disponible pour le grand public. Par ailleurs, il faudra mettre au point une nouvelle vigilance, qui intégrera le phénomène « vague-submersion littorale » dans le dispositif de vigilance météorologique. De nombreuses communes ne disposaient pas de plans communaux de sauvegarde (PCS) permettant de prendre des mesures de protection des populations. La mission préconise, dans le cadre d’une approche globale, de parvenir rapidement à l’adoption de ces plans dans les communes soumises à un PPRS. Les secours se sont mobilisés de manière remarquable. Mais certains dysfonctionnements sont apparus dans la phase opérationnelle (défaut de transmissions, réseau de téléphonie mobile hors service). Des solutions techniques doivent être apportées (téléphone satellitaire, mise en place d’un réseau de communications électroniques sécurisées).

Deuxièmement, la prévention

La mission constate que la mise en œuvre des règles d’occupation des sols n’ont pas permis une prise en compte suffisante des risques d’inondation et n’ont pas joué leur rôle de protection des populations. Elle relève dans ce domaine une série de dysfonctionnements qui ont concouru à une forme de dilution de la responsabilité. Pour renforcer l’approche globale du risque dans le droit des sols et de l’urbanisme ; la mission préconise de lier encore plus étroitement les documents d’urbanisme et les PPRS. De même, face à un contrôle de légalité de l’Etat qui s’est révélé souvent lacunaire, faute de moyens, il conviendra de le réorienter sur l’objectif prioritaire de la sécurité des personnes. C’est ainsi que la délivrance des permis de construire dans les zones à risque fera l’objet d’un contrôle de légalité systématique.

Troisièmement, la protection

La mission relève que, lors de la tempête, la submersion et la rupture des digues se sont produites en de multiples points du littoral. A court terme, la mission recommande de procéder à la remise en état et au renforcement des digues fragilisées par la tempête. Elle examinera avec attention les propositions du « plan digue » annoncé par le gouvernement. Celui-ci devra affirmer des principes clairs :

1.

Aucune digue ne devra avoir pour objet de créer une nouvelle urbanisation dans des zones à risques.
2.

Une attention particulière devra être accordée au cordon dunaire qui est un ouvrage naturel de défense contre la mer.
3.

L’aménagement et le rehaussement devront être corrélés au niveau de risque et de protection envisagés.
4.

Le régime de propriété devra être clarifié ; un transfert de propriété publique permettra de clarifier les responsabilités.
5.

Concernant la gouvernance, seule une gestion locale de proximité est de nature à assurer efficacement la surveillance et l’entretien de ces ouvrages.
6.

Le taux de prise en charge de ces travaux par l’Etat ne devra pas être inférieur à 50% et devra être soutenu dans le temps.



L’AVIF organise en mémoire des victimes de Xynthia, un rassemblement

Samedi 15 Mai à 15 Heures

avec marche silencieuse du Pavillon des Dunes jusqu’au Rond Point Fleuri de la Faute-sur-Mer.

Édité le 11 Mai.

L'Etat prendra en charge les frais de déménagement.
L’Etat prendra en charge les frais de déménagement. Crédits photo : AFP

Les offres de rachat de maisons semblent bien accueillies. La contestation s’apaise.

Plus de deux mois après la tempête, le climat semble enfin s’apaiser en Charente-Maritime et en Vendée. Remises au compte-gouttes depuis jeudi, les premières offres de rachat de maisons promises à la destruction ont été accueillies avec soulagement par les 1.500 propriétaires concernés. «Ce moment était attendu avec impatience. Les estimations sont tout à fait correctes : nous sommes rassurés», résume Renaud Pinoit, le porte-parole de l’association de défense des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer.

Pour l’État, la réaction de ces premiers propriétaires avait valeur de test. Le gouvernement s’est fixé pour objectif de racheter 60 % des maisons à l’amiable, tandis que le sort des autres sera réglé dans le cadre d’une procédure d’expropriation.

«Ajustements à la marge»

Pour l’heure, une vingtaine de personnes ont reçu une offre. Douze ont aussitôt fait savoir qu’elles signeraient. «L’évaluation des experts de France Domaine correspond exactement à l’estimation faite par mon agence immobilière», relate par exemple Annie Nicolaizeau, qui vivait avec son mari et sa mère dans une maison avec jardin de La Faute-sur-Mer depuis vingt-huit ans. Le couple, qui raconte avoir frôlé la mort dans la nuit du 27 au 28 février, n’avait pas l’intention de retourner vivre dans le lotissement inondé. Leur maison a été classée en limite de la «zone de solidarité», aussi appelée «zone noire».

Comme promis, l’État a estimé la valeur des maisons au prix du marché avant la tempête. Une indemnité supplémentaire de 10 %, correspondant aux frais de notaire engagés pour acheter un autre bien immobilier, est proposée. Les frais de déménagement sont en outre pris en charge.

La négociation du montant proposé par l’État est impossible, mais «la discussion reste ouverte sur tel ou tel élément objectif qui aurait été omis», précise Gilles Viault, le directeur des finances publiques de la Vendée, qui doit avoir remis toutes les offres de rachat avant le 15 juin. Selon le quotidien Ouest France, qui cite le directeur du service France Domaine, la facture pourrait s’élever à 800 millions d’euros pour l’État, au lieu des 400 annoncés.

Parallèlement, une annonce du préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot, a calmé les esprits. Une mission de terrain, notamment composée d’experts de la Direction départementale des territoires et de la mer, sera installée dans les prochains jours afin «d’examiner au cas par cas les dossiers litigieux». Sans remettre ouvertement en cause le périmètre des zones noires, la préfecture ouvre ainsi la porte à des «ajustements à la marge» comme l’avait annoncé Jean-Louis Borloo en avril, lors d’une visite sur place.

Rassurés, les propriétaires qui contestent la démolition de leur maison ont suspendu leur manifestation. «La mobilisation a payé. Le climat a totalement changé », indique Jean-Claude Pénicaud, membre du collectif des propriétaires résistants des Amourettes, à La Faute-sur-Mer.

Les représentants des propriétaires opposés à la destruction de leurs maisons situées dans les zones noires de Vendée ont appelé vendredi à suspendre les manifestations après les annonces de la préfecture sur des études au cas par cas, a constaté l’AFP.

« On peut envisager désormais de suspendre les manifestations que l’on avait envisagées », a déclaré Jean-Claude Pénicaud, membre du Collectif des propriétaires résistants des Amourettes (COPRA) à La Faute-sur-mer, à l’issue de deux heures de réunion vendredi avec le président du conseil général de la Vendée Philippe de Villiers.

Cette réunion a eu lieu alors que seulement 80 opposants s’étaient mobilisés devant le conseil général de la Vendée avec des banderoles « Blessés par Xynthia, oubliés par la Vendée et achevés par l’Etat, Nous sommes jugés coupables d’aimer nos maisons ».

Depuis l’annonce des zones noires (ou zone de solidarité) le 8 avril, des manifestations organisées dans les deux communes concernées, La Faute-sur-mer et L’Aiguillon-sur-mer, mais aussi à La Roche-sur-Yon, ont rassemblé à chaque fois plusieurs centaines de personnes.

« A notre avis la mobilisation a payé », a considéré M. Pénicaud, « Le climat a totalement changé, il va y avoir une adaptation à la marge des zones de solidarité ».

Des missions de terrain avec des experts doivent étudier au cas par cas les habitations classées en zones noires dont les propriétaires ne souhaitent pas se séparer, a annoncé lundi le préfet de la Vendée Jean-Jacques Brot.

« La fermeté n’empêche pas l’adaptation et la souplesse, il n’y aura pas d’enquête publique avant qu’il y ait une expertise complémentaire », a dit Philippe de Villiers.

Lors de la réunion, a même été évoqué « le financement des travaux d’aménagement » pour adapter ces maisons aux prescriptions de sécurité prévues pour les zones inondables « pour les propriétaires qui souhaitent rester », a affirmé M. Pénicaud.

vendredi 07 mai 2010

Jacky et Annie Nicolaizeau (à droite) ont reçu une offre pour leur  maison de La Faute.

Jacky et Annie Nicolaizeau (à droite) ont reçu une offre pour leur maison de La Faute.

Ouest-France

Le coût d’indemnisation des habitations sinistrées, à la charge de l’État, n’est plus estimé à 400 millions d’euros, mais à 800. Les premières propositions d’acquisition ont été faites hier en Vendée.

Jusqu’à présent, l’État tablait sur une facture de 400 millions d’euros, hors la part des assureurs.Ce chiffre serait nettement sous-estimé. Selon Daniel Dubost, le directeur du service France Domaine, chargé d’évaluer la valeur des maisons sinistrées (au prix d’avant la tempête), on atteindrait en fait les 800 millions. On savait que le fonds Barnier (prévention des risques naturels), ne couvrirait pas toute la dépense. Il recueille en moyenne 150 millions d’euros, issus de prélèvements sur les contrats d’assurance et dispose de 80 millions de fonds propres. La marge s’aggrave. Les ministres ont promis un « abondement exceptionnel ».

Le gouvernement s’est également engagé à faire « sauter » l’actuel plafond de ce fonds, limité à 60 000 € par maison. Un décret est prêt. Les règles du « Barnier » pourraient être modifiées dès cette semaine : la loi Grenelle 2, en discussion à l’Assemblée, doit le permettre. Car ce fonds d’indemnisation n’avait pas intégré le risque de submersion marine.

Hier, les premières offres de l’État ont été faites aux sinistrés de La Faute-sur-Mer. Annie et Jacky Nicolaizeau, qui ne souhaitent pas communiquer ce qui leur a été proposé, se sont dits « satisfaits. Nous allons accepter la proposition à l’amiable », ont-ils déclaré.

« C’était notre résidence principale depuis 1982. Le terrain de 610 m2, nous l’avions acheté 60 000 F. Nous avons construit notre maison de 120 m2 avec trois chambres. Nos enfants, Vincent et Audrey, y ont grandi. »

Et puis Xynthia. 1,35 m d’eau à l’intérieur, la peur de mourir avec Marie-Henriette, 85 ans, la mère d’Annie. « Nous nous voyions mal revivre et dormir dans notre maison. Nous louons un meublé à La Faute. »

Quand ils ont appris que leur maison se situait en zone noire, ce fut d’abord « le soulagement » puis « une nouvelle inquiétude : combien allions-nous être indemnisés ? ». Il y a quinze jours, l’évaluateur des Domaines est passé. « Il a pris le temps d’écouter, de faire le tour de la propriété, voir tous les travaux réalisés. La maison a été évaluée à sa juste valeur. Nous l’avions fait estimer par une agence immobilière. »

Les Domaines ont refusé de fournir le montant des premières propositions. Fin mars, les assureurs avaient évalué une maison avec jardin en Vendée à 250 000 €. Chiffre probablement dépassé aujourd’hui.

Bernard LE SOLLEU et Loïc TISSOT.

AFP
06/05/2010
La mission commune d’information du Sénat sur les conséquences de la tempête Xynthia a déploré une « très grande confusion » sur la question des « zones noires », rebaptisées « zones de solidarité », et jugé qu’une clarification était indispensable. « La mission fait le constat d’une très grande confusion dans l’expression publique sur cette question sensible. (…) Aujourd’hui encore, il y a un besoin évident de clarification », a indiqué la mission, présidée par le sénateur vendéen Bruno Retailleau (NI), dans un texte présentant ses premières recommandations.

« Il y a eu cacophonie dans les mots et sans doute également confusion dans le droit », a estimé le rapporteur de cette mission, le sénateur socialiste Alain Anziani. « Le gouvernement, en voulant aller vite, est allé trop vite », a-t-il estimé. « Cela a abouti à une incohérence terminologique qui perdure », a-t-il ajouté, citant les multiples expressions utilisées par les différents secrétaires d’Etat concernés par ce dossier.

Parmi ses recommandations, qui pourraient être inscrites dans le projet de de loi Grenelle 2 actuellement examiné par les députés, les sénateurs suggèrent que le risque de submersion marine soit pris en compte dans le champ de la procédure d’expropriation de biens exposés à un risque menaçant gravement les vies humaines. Depuis la tempête du 28 février, le gouvernement a multiplié les déclarations ambiguës sur les « zones noires », avec en particulier un flottement sur le caractère définitif ou non des délimitations retenues.

Pour la mission d’information du Sénat, les périmètres de ce qu’il conviendrait d’appeler des « zones d’acquisition amiable », ne doivent pas être considérés comme définitivement figés et doivent pouvoir faire l’objet d’ajustements.

Après la tempête, les sénateurs ont relevé des « carences »dans l’alerte, la protection et la prévention.

Des dizaines d’auditions, des visites sur le terrain. Pour un verdict sans appel : « En France, nous n’avons pas de culture du risque », insiste Bruno Retailleau. Le sénateur vendéen préside la mission parlementaire créée au lendemain de Xynthia. Ce matin, elle livrera ses analyses de la catastrophe et proposera des pistes de réflexion.

Les auditions ont révélé des « carences » dans l’alerte des populations, des « déficiences » dans la prévention des risques. En cause ? « La fragmentation des règles », diagnostique Bruno Retailleau. Un exemple ? Les plans de protection des risques (PPRI) relèvent du droit de l’environnement quand la loi littoral ressort du code de l’urbanisme, source de lenteurs et d’approximations.

Les sénateurs définiront les zones menacées par la submersion marine, dans la Manche et la façade atlantique. Puis les doteront d’un « schéma global » de gestion des risques. Ce dernier traiterait de la prévision (alerte des populations), de la protection (entretien des digues) et de la prévention (règles d’urbanisme). « L’idée, c’est d’en finir avec le morcellement. Et que ce schéma s’oppose au reste. »

Les sénateurs veulent accélérer la mise en place de PPRI spécifiques au risque de submersion marine. Quitte à instaurer « une contrainte dans les délais ». Ces documents fixent des règles pour l’avenir, en définissant les secteurs inconstructibles ou en imposant des aménagements (étage, trappe). Mais quid, alors, des maisons déjà construites dans des zones à risques ? « Le fonds Barnier prévoit un droit de délaissement, où le propriétaire peut négocier la vente de son bien avec l’État. » Ce qui posera la question du financement de ce dispositif, déjà très sollicité par Xynthia.

Jean-Marcel BOUDARD.

L’État a proposé jeudi ses premières estimations de prix pour les maisons situées dans les zones noires de Vendée après le passage de la tempête Xynthia, qu’il veut racheter pour démolition.

« Aujourd’hui les premières estimations sont proposées, les personnes qui ont fait les visites du bien les apportent en mains propres aux propriétaires », a expliqué Thierry Mougin, responsable de France Domaine pour la Vendée. Deux propriétaires ont exprimé leur satisfaction sur le montant de l’offre faite par l’État. « C’est très très bien, notre maison a été estimée à sa juste valeur, on accepte bien sûr », a expliqué Annie Nicolaizeau, qui avec son mari ont été les premiers à recevoir l’estimation des domaines en Vendée à domicile. « Nous allons contacter dès demain notre notaire pour les actes », a précisé l’habitante à l’issue du rendez-vous. Le couple est propriétaire d’une maison inondée par 1m30 d’eau, impasse du Courreau à La Faute-sur-Mer.

Le rendez-vous s’est « très très bien passé, je vais toucher ce que j’escomptais rapidement, tout est comme le gouvernement s’était engagé à faire », a expliqué Michel Dedieu, le deuxième propriétaire à avoir reçu son estimation et dont la maison n’avait reçu que 35 cm d’eau. « Je vais rapidement voir mon notaire, je fais tout de suite tout le nécessaire pour vendre, j’ai tous les papiers en mains », a expliqué l’habitant qui a « connu les bombardements de 1939/1940 » et « ne veut plus vivre dans une zone qui deviendra un gruyère ».

900 maisons à estimer

En tout, cinq premières estimations devaient être annoncées jeudi après-midi en Vendée et d’autres devaient aussi l’être simultanément en Charente-Maritime. Les zones de solidarité ou zones noires, définies après le passage de la tempête Xynthia, permettent aux propriétaires souhaitant quitter à l’amiable leur maison de la céder à l’État, au prix du marché avant la tempête (estimé par France Domaine), avec un bonus de 10 % (permettant de couvrir les frais d’acquisition d’une nouvelle maison) et une indemnité accessoire (déménagement notamment). « Je pense que nous avons terminé les demandes de visites de biens, nous en avons presque 900 à faire en tout, dont presque 200 déjà réalisées, et les rendez-vous sont pris jusqu’au 15 juin », a précisé le responsable.

Les prix de rachat par l’État sont établis après visite du bien et comparatif avec les prix du marché en 2008/2009, soit en tout « pas moins d’une demi-journée » de travail par maison même si « certains dossiers spécifiques peuvent prendre plus de temps », relève Thierry Mougin. Les zones de solidarité ou noires concernent 915 maisons en Vendée, dans les deux communes les plus touchées par le passage de la tempête Xynthia le 28 février, à l’Aiguillon-sur-Mer et La Faute-sur-Mer où 29 morts ont été dénombrés.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

Audition du préfet au sénat (flv)

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