
Freddy Vinet : « Il faut agir sur les vulnérabilités humaines ».
Freddy Vinet, originaire de la Vendée, est agrégé de géographie, professeur à l’université de Montpellier et chercheur au laboratoire Gestion des territoires et des risques (Gester). Ses travaux portent sur la prévention du risque inondation.
Depuis le 28 février, vous vous êtes déplacé trois fois dans les communes sinistrées par la tempête Xynthia. Qu’y avez-vous observé ?
J’ai relevé l’extrême vulnérabilité du bâti. Sur les 29 victimes de La Faute-sur-Mer, 24 ont péri dans des maisons de plain-pied qui ne disposaient d’aucun refuge à l’étage. D’où mon idée qu’ il faut davantage agir sur cette vulnérabilité quand il y a danger de submersion.
Ne s’est-on pas trop concentré sur les digues, en croyant qu’elles étaient incassables ?
Je ne dis pas qu’il ne faut pas s’occuper des digues. Mais en France, on a trop vu la protection des personnes par ce seul angle. En oubliant que le destin d’une digue, je le dis de manière provocante à dessein, est de casser. Ce faisant, on a oublié d’agir sur les vulnérabilités humaines : le manque de conscience du risque ou un bâti exposé, surtout lorsqu’il est occupé par des personnes âgées.
L’État a tiré un trait sur une carte et défini « des zones noires », puis « de solidarité », où les maisons devaient être rasées. Que pensez-vous de la méthode ?
Je ne mets pas en cause l’idée de délocalisation de maisons. Mais ces reconstructions, il faut les préparer. Or l’État, c’est pour le moins une maladresse, a agi à la serpe là où il fallait faire dans la dentelle. Car sur place, les situations par rapport au risque sont très hétérogènes. Du fait d’une microtopographie, il y a des maisons qui, à 50 m de distance, ont eu 1,50 m d’eau et d’autres pas. J’observe que l’État, depuis, corrige sa première approche.
Xynthia a-t-elle fait progresser la conscience du risque de submersion marine ? Et met-elle la France à l’abri de drames semblables ?
Les scientifiques connaissaient ce risque. Mais il y a un gouffre entre les connaissances scientifiques et la représentation mentale de cette réalité qui peut occasionner d’immenses dégâts. Ne nous méprenons pas, il y aura d’autres Xynthia, c’est probable. Car en France, bien des secteurs sont menacés : l’estuaire de la Gironde, l’île de Noirmoutier, plusieurs endroits du littoral méditerranéen…
Comment prévenir, alors ?
Pour prévenir, il ne faut pas s’arrêter à la seule question de la digue. Car une digue protège d’événements moyens, mais pas d’inondations gravissimes. Il faut améliorer les plans de secours, renforcer les habitations, construire des zones refuges…
Avec l’appétit croissant pour le littoral, comment mettre les maires à l’abri de la pression immobilière ?
L’État doit jouer son rôle de protection, de régulation, à travers les Plans de prévention des risques d’inondation (PPRI). Parce qu’on voit bien que la démocratie locale a des limites lorsqu’il s’agit de protéger les personnes dans des circonstances extrêmes.
Recueilli par Gaspard NORRITO.
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Bonjour Malouna,
Tu as raison et tu évoques ici un des points noirs de PPRI.
Mais si nous devons être obligé d’exécuter, il faudra faire preuve d’imagination.
Je pense déjà à un système mécanique. Mais la facture sera beaucoup plus lourde que de simples abris de sauvegarde .Les conséquences de ce PPRI ne font que commencer!
Et La maison de retraite de l’Aiguillon qui a bien baigné,ils vont certainement faire un étage par chambre ou une grande piece commune sur pilotis !
Et les pompiers qui ont bien ramassé en première ligne, j’espère qu’il vont bénéficier d’un étage flottant avec véhicules en phibis !
Je n’ai pas lu le PPRI de l’Aiguillon, mais ils se trouvent tous les deux en zone bleu ,beaucoup se pose des questions, j’ose espérer pour eux qu’ils vont bénéficier d’aménagements adapter !
Allez , bon courage Malouna et bien cordialement.
Tout le monde parle d’étage, de pièce de survie en hauteur, mais est-ce que vous pensez à toutes les personnes agées qui vivent dans nos deux communes (il me semble qu’il y en a pas mal!)et qui ne peuvent pas grimper un escalier. Qu’en faites vous? vous les expatriez?
Soyons sérieux, vous évoquez le niveau trop bas des constructions et certainement l’absence d’alerte. Si vous creusé le sujet vous allez comprendre que cette responsabilité rencontre un dividende bien grand de responsables, et en dehors de la Commune, et que les étages interdits sont une petite partie des problèmes récurrents de nombreuses années !
Bonjour , Freddy Vinet est léger sur sa conclusion « Protéger des personnes dans des circonstances extrèmes « ….
Si le PLU n’avais pas interdit les étages pour faire « joli » il y aurait eu moins de mort n’est-ce pas !
Et là le Maire et son conseil sont bien les responsables ! ! !