Archive pour le 22 septembre 2010

Malgré le recul des zones noires (184 maisons ont été retirées par rapport à la précédente mouture), les « sinistrés » restent inflexibles. Ils demandent à l'État de revoir sa copie. : Franck Dubray

Malgré le recul des zones noires (184 maisons ont été retirées par rapport à la précédente mouture), les « sinistrés » restent inflexibles. Ils demandent à l’État de revoir sa copie. : Franck Dubray

Un pas en avant, deux pas en arrière. Dans le dossier Xynthia, en Vendée, depuis l’annonce des zones noires (synonymes de destruction de maisons), l’État donne le sentiment de ne plus maîtriser le dossier.

Nouvelle illustration, hier. « Je ne sais plus quoi dire aux adhérents de l’association »,soupire Renaud Pinoit, porte-parole de l’Association des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer (Avif). L’origine de cette confusion ? L’annonce du rapport d’expertise de deux hauts fonctionnaires, pourtant beaucoup plus clément que le précédent. Pas moins de 184 maisons sont extraites des zones noires. Curieusement, onze font le chemin inverse. Des allers-retours qui donnent le tournis aux sinistrés alors même que les rachats par l’État ont commencé.

Borloo désamorce

Aux yeux des sinistrés, le compte n’y est toujours pas. Maurice Milcent, maire de L’Aiguillon-sur-Mer, estime qu’aucune des maisons de sa commune « ne doit figurer en zone noire, sauf quelques-unes à la Pointe. » Pour le maire de La Faute-sur-Mer, René Marratier, la commune la plus endeuillée (29 morts), « la moitié des maisons doivent sortir des zones noires ».

Philippe de Villiers, président du conseil général de la Vendée, estime de son côté que le rapport du duo d’experts est hors-jeu « parce qu’il n’y a pas eu de véritables concertations ». Les deux experts ayant oublié notamment de rencontrer les élus du conseil général. « Ce n’est pas en regardant une carte dans un bureau, à Paris, que l’on bâtit des zones noires, ironise le président du conseil général, mais en venant sur le terrain, pour mesurer les risques réels. » Une antienne mille fois répétée, notamment par les sinistrés, après la tempête du 28 février.

À l’époque, pourtant, Philippe de Villiers n’avait pas de mots assez forts pour souligner le courage de l’État. « C’est vrai, argumente-t-il aujourd’hui, j’avais pris le risque de l’impopularité, parce qu’il fallait prendre des décisions rapides. » Hier, en milieu de journée, après un joli tohu-bohu politico-médiatique, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, tentait de désamorcer le tout en annonçant que ce document allait surtout servir« à éclairer le gouvernement dans sa prise de décision ».

Pour le président de la commission sénatoriale, Bruno Retailleau, il est sans doute encore possible de grignoter sur ces fameuses zones, « mais il faut aussi, de toute urgence, se pencher sur les plans de prévention des risques d’inondation et les systèmes d’alerte et d’évacuation ».

Philippe ECALLE.
Ouest-France


Près de sept mois après le passage de la tempête Xynthia, ce sont plus de 190 propriétaires vendéens qui viennent d’apprendre que les promesses de rachat que l’État leur a faites allaient sans doute être remises en cause. Un rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CEGDD), qui dépend du ministère de l’Écologie, préconise, en effet, de revoir à la baisse le nombre de maisons susceptibles d’être expropriées par l’État dans les communes de L’Aiguillon et de La Faute-sur-Mer. Remis la semaine dernière au ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo, comme le rapporte le quotidien Le Figaro dans son édition de mardi, le document redéfinit les « zones de solidarité » – d’abord appelées « zones noires » -, ces secteurs où le risque d’inondation est considéré comme important et dont les habitations font l’objet de rachat par l’État. Redessinées, elles ne comprennent donc plus que 761 habitations, contre 945 initialement concernées par des procédures d’expropriation. À l’inverse, onze maisons de La Faute-sur-Mer, qui n’étaient à l’origine pas menacées de destruction, sont « désormais incluses dans la zone noire ».

Si le ministère rappelle que ce rapport « n’est qu’un des éléments permettant au gouvernement de prendre sa décision », le document n’a rien d’une surprise pour maître Hervé Cassara, l’un des avocats de l’Association des victimes des inondations de La Faute (Avif). « Ce rapport ne fait que prouver justement que les zones noires, définies dans l’urgence par les services de l’État au mois d’avril dernier, avaient été bâclées et qu’il s’agit d’un ovni juridique« , explique-t-il. Contrairement aux zones rouges, définies par un Plan de prévention des risques, et qui ont, comme le nom l’indique, un rôle uniquement préventif, les « zones noires », ou « zones de solidarité », n’ont pas, en effet, d’existence juridique et correspondent en réalité à un simple périmètre d’expropriation. Un périmètre d’autant moins définitif que l’expertise qui a été faite n’est qu’une « expertise externe », qui ne tient pas compte de l’intérieur des maisons, ni du fait qu’elles comportent, par exemple, un étage, précise-t-on au CEGDD.

Lundi soir, dans un courrier adressé au Premier ministre François Fillon et à Jean-Louis Borloo, le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, a jugé « inacceptables » les conclusions de cette expertise. Plus mesuré, le sénateur de Vendée Bruno Retailleau a, quant à lui, souhaité que « les propriétaires des maisons sorties du nouveau périmètre, plus restreint, des zones de solidarité proposées dans ce rapport, conservent le choix soit de confirmer leur vente à l’État soit de revenir en arrière si, au contraire, ils souhaitent conserver leur maison ». Et les revendications risquent d’être nombreuses : entre les expropriés qui ne veulent pas l’être, les propriétaires qui voudraient vendre, ceux qui ont reçu des promesses de vente et qui n’en font plus l’objet et ceux qui sont désormais « expropriables » alors qu’ils ne l’étaient pas, nul doute que l’État devra faire preuve de souplesse pour faire oublier le cafouillage des « zones de solidarité ».

Sept mois après la tempête Xynthia qui a fait 47 morts sur la façade Atlantique, les pouvoirs publics et les élus tâtonnent encore pour réorganiser de manière durable, sûre et équitable les communes sinistrées de La Faute-sur-Mer et l’Aiguillon-sur-Mer.

Dernier épisode, comme une redite, le deuxième rapport d’experts ministériels sur les « zones noires » ou « zones de solidarité » – les endroits trop dangereux pour y laisser des habitations – a suscité l’ire des élus et des associations locales, comme l’avait fait le premier, publié le 7 avril.

Le nouveau rapport préconise de ramener pour la Vendée le nombre de maisons expropriables à 761, soit une baisse de près de 25% par rapport au chiffrage initial d’avril. En revanche, il rajoute en zone noire onze maisons qui ne s’y trouvaient pas et pose le problème de ceux qui ont déjà vendu leur maison à l’Etat au titre du précédent zonage, et qui découvrent qu’ils n’y étaient pas obligés.

En outre, bien que les experts ministériels aient rencontré en juin les maires de la Faute et de l’Aiguillon ainsi que des représentants des associations d’habitants et les équipes préfectorales sur place, il leur est reproché de n’avoir pas intégré dans leur rapport une proposition de Philippe de Villiers.

Ce dernier avait suggéré le 30 avril de créer la catégorie des « maisons à prescriptions » pour les maisons peu ou pas inondées : sous réserve d’aménagement de sécurité, les habitants auraient été autorisés à y demeurer.

M. de Villiers a demandé lundi soir à Jean-Louis Borloo et François Fillon de « revoir leur copie » et à ce que le rapport ne soit pas rendu public. Mardi, un communiqué de M. Borloo a souligné qu’aucune décision ne serait prise sur le seul avis des experts.

« Nous exigeons une concertation immédiate sans délai avec le conseil général, les élus de terrain et les associations concernées pour parvenir à une décision rapide sur une cartographie affinée et resserrée, conforme aux risques réels sur le terrain », a déclaré mardi M. de Villiers lors d’un point de presse avec les maires de L’Aiguillon et La Faute-sur-mer, Maurice Milcent et René Marratier.

Il a redemandé « un examen au cas par cas de la situation de chaque maison » et « la création d’une nouvelle catégorie de maisons : les maisons à prescriptions ».

Pour la Faute, M. Marratier a jugé que le nombre de maisons à détruire sur sa commune pouvait encore être réduit de 50% par rapport aux propositions du 2e rapport et, pour l’Aiguillon, M. Milcent a estimé qu’hormis la « pointe de l’Aiguillon », à évaluer au cas par cas, aucune maison de l’agglomération proprement dite ne devait être placée en zone noire.

Compliquant encore la compréhension des « zonages », les projets de plans de prévention des risques d’inondation (PPRI) des deux communes, qui délimitent les zones qui ne seront plus constructibles et où les maisons seront soumises à des aménagements de sécurité obligatoires (baptisées « zones rouges »), ont été rendus publics fin août.

Pour cette raison, M. de Villiers a en outre exigé « une parfaite cohérence entre le zonage de solidarité et les projets de PPRI. Ces deux documents doivent faire l’objet d’une discussion commune pour éviter toute confusion ».

« J’ai bien l’impression qu’on resigne pour deux mois de tractations », commentait, désabusé, le porte-parole de l’AVIF (Association des victimes de la Faute-sur-mer et de ses environs) Renaud Pinoit, au sortir de la conférence de presse. « On a l’impression qu’on est des pantins », a-t-il ajouté.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

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