L'eau qui envahit les maisons, des habitants pris au piège dans leur sommeil, des familles réfugiées sur les toits. La nuit du 28 février continue de hanter le quotidien des sinistrés de Xynthia.  / Photo : Frédéric Girou.

L’eau qui envahit les maisons, des habitants pris au piège dans leur sommeil, des familles réfugiées sur les toits. La nuit du 28 février continue de hanter le quotidien des sinistrés de Xynthia. / Photo : Frédéric Girou.

Elle continue de hanter le quotidien des sinistrés. Dans la vie de milliers de Vendéens, il y a désormais un avant et un après Xynthia.

« Depuis cette nuit-là, je ne suis plus la même personne. Je panique très vite. C’est idiot, cette nervosité, mais on est passés si près de la mort. » Dans l’histoire de Xynthia, Annie et Jacky Nicolaizeau seront les premiers à avoir vendu leur maison située en zone noire. Ils se sont éloignés, à Angles, pour ne plus vivre dans l’angoisse. « J’ai l’oeil sur le calendrier. Les jours de gros coefficients de marée, confie Annie, j’ai de fortes appréhensions. »

La nuit du 28 février continue de hanter de nombreux sinistrés. De peser dans les gestes de la vie de tous les jours. Il y a un après Xynthia. Pour la plupart, cela se traduit par des sommeils agités. En pointillés. Avec une horloge interne qui se bloque à 3 h, ce moment où l’eau engloutit les maisons. « On se ressasse alors les mêmes images : la maison, l’eau, notre refuge à l’étage »

Aujourd’hui, Michel et Renée Chiron vivent aux Sables, dans une maison située onze mètres au-dessus de la mer. « C’est la première chose que nous avons regardée avant de racheter à La Chaume. » La mer, Michel Chiron la regarde toujours. « J’ai un bateau, mais je n’en ai pas refait depuis. Il va bien falloir que je m’y remette, c’est un défi. »

« La mer, une phobie »

Ce défi, René et Christiane Guérin ne l’ont pas relevé. « On n’ose plus retourner à la mer. C’est une phobie. » Pourtant, ce couple allait à pied à la plage, avec leur famille. Des moments heureux, brisés par Xynthia, qui a emporté sur son passage le matériel de pêche de René. « A La Faute, toute la décoration tournait autour de la mer, avec des poissons, des dauphins, un filet de pêche que nous exposions. Maintenant, nous louons une maison à La Tranche-sur-Mer, rue des Magnolias. Nous nous occupons seulement de fleurs et de papillons »

Les époux Ferchaud, eux, ont trouvé refuge dans leur bateau, installé dans la cour de leur maison, le soir du drame. Ils revenaient de vacances. L’eau a tout emporté, l’armoire s’est retrouvée sur le lit.

Depuis, ils se sont réinstallés dans leur habitation. A part les tuiles, le parpaing, la charpente, tout a été reconstruit à l’identique. 110 000 € de travaux et « l’installation d’une alarme inondation », explique Gérard.

Eric Gallois retrouve lui aussi sa demeure, comme avant, hormis une humidité persistante. Même s’il a passé les premiers jours « à sauver tout ce que je pouvais récupérer », il ne changera pas ses habitudes dans sa maison retrouvée. Tout juste « les choses précieuses passeront du bas en haut du bureau. Je ne vais pas stocker sur pilotis. » Même réaction de Jean Guérineau : tout a repris sa place chez lui, l’échelle est toujours près du faux-grenier. Comme au soir de Xynthia.

Loïc TISSOT.

2 réponses à to “Xynthia : cette nuit qu’il est impossible d’oublier (Ouest France)”

  • jacquotte says:

    impossible d’oublier : trop d’horreur et de peur alors qu’il suffisait d’évacuer.
    tous ces morts sacrifiés sur l’hotel du profit et de l’irresponsabilite. non pas d’oubli possible pour tous ceux qui ont vécu cette terrible nuit.

  • kiwi says:

    non seulement nous ne pouvons oublier xynthia mais c’est surtout la façon dont on nous a traité que nous ne pouvons oublier et qui nous a rendu dépressifs en masse s’en est suivi nos métiers que nous n’avons pas pu exercer de la mêm fçon, nos employés qui ne comprenaient pas que l’on en parle toujours et qui nous trouvaient (encore de ces jours )unpeu lourds avec notre sinistre.
    Tous les uns après les autres avons notre déprime avec plus ou moins de force.
    on ne pourra plus être les mêmes qu’avant. Je ne peux pas encore pardonner que l’on m’ai laissé mourir et je veux savoir la vérité comme beaucoup des sinistrés
    Seul le procès pourra me venger de la connerie humaine et faire en sorte que l’on ne mette pas la vie des autres en danger encore par connerie (excusez les gros mots mais ils sont plus fort pour moi

    Que dire de plus que la tension qui s’est installée la maigreur pour certains le poids pour d’autres nous y avons tous laissés beaucoup

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