Archive pour février 2011

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Tout le monde s’en souvient – et pour cause : la tempête Xynthia, qui a balayé la France dans la nuit du 27 au 28 février 2010, a fait 47 morts. Des personnes surprises par la brusque montée des eaux.
Cette catastrophe nationale avait ému la France entière. Retour sur les lieux, en forme de bilan, un an après.

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Dimanche, La Faute-sur-Mer commémorera le premier anniversaire de Xynthia. Dans cette commune, la terrible tempête a fait 29 victimes (sur un total de 53) dans la nuit du 27 au 28 février 2010. 400maisons y seront prochainement détruites.


Les lotissements des Doris et des Voiliers, les plus frappés par Xynthia, ont des allures de ville fantôme. Portes et fenêtres murées de parpaings. Murs marqués à la peinture fluo en vue d’une prochaine démolition. Même la végétation semble avoir du mal à reprendre le dessus dans ce secteur de la commune qui, il y a un an, baignait dans plus de 2,50m d’eau. Dans un jardin, Jean-Claude, un retraité donne un coup de main à un ancien voisin. «Moi, j’habitais là depuis 40 ans, dit-il, en montrant du doigt une belle maison blanche de 180m² au sol. Elle sera démolie dans quelques jours. J’en suis malade.Ici, on était au paradis avant que ça devienne l’enfer.On vivait à 500m de la plage et à 200m du ponton où on avait nos bateaux».

Une zone noire revue à la baisse

À ses côtés Marcel, lui aussi exproprié. Le soir, il jouait du cor, pour prévenir ses copains que la partie de pétanque allait commencer. Tous deux ont trouvé des pavillons à acheter à quelques kilomètres de là, de l’autre côté du pont, à l’Aiguillon-sur-Mer. «Côté indemnités, on n’a pas à se plaindre. Les propositions étaient honnêtes. Mais le préjudice moral, personne n’en a tenu compte.» Léon Allano, un autre riverain dont la maison, située plus en avant sur la pointe, était vouée à la démolition, raconte pourquoi, lui, ne partira pas. «Le jour de la tempête, l’eau s’est arrêtée à une cinquantaine de mètres de ma porte. Dans mon quartier, on est sur une butte. Contrairement à d’autres, qui se sont empressés de signer un protocole de vente avec les Domaines, on s’est abstenu. On a manifesté. On a lancé des pétitions. Et on a posé des banderoles.» Le combat a payé: le zonage a été revu. Prenant désormais en compte des îlots délimités par la topographie. «Un voisin a accepté de signer. Il s’en mord les doigts aujourd’hui», raconte Léon en montrant une magnifique villa avec piscine construite sur un mamelon. Jamais elle n’a eu les pieds dans l’eau. Et pourtant, dans quelques jours, elle ne sera plus qu’un tas de gravats. «Autour de la mairie, certaines maisons ont eu plus d’1,60m d’eau. Et elles ne sont pas comprises dans la zone de démolition. On n’y comprend rien», poursuit sa femme Huguette.

Responsabilités

Les habitants de la Faute sont calmes. Mais ils ne sont pas résignés. Nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi, alors que le risque de submersion était avéré, et que l’alerte rouge avait été déclenchée par la préfecture, la mairie n’a rien fait pour informer la population des risques encourus. Le maire, à qui l’on pose souvent la question, se contente de dire que les services de l’État ne parlaient pas, cette nuit-là, d’évacuation. Dans le même temps, le maire de Saint-Clément-des-Baleines sur l’île de Ré, et d’autres élus du littoral, qui avaient reçu les mêmes informations, prévenaient leurs administrés, au pas de charge, du danger imminent.

 



Retour dans la «cuvette mortifère» de la ville vendéenne, frappée il y a tout juste un an par le déferlement de vagues de la tempête Xynthia, qui y fit 29 morts.

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SOCIETE – Un an après la mort de 29 habitants, La Faute-sur-Mer se cherche des responsables…

 

Dimanche, une cérémonie est organisée par la mairie et la préfecture à La Faute-sur-Mer (Vendée), en mémoire des 29 personnes noyées il y a un an après la tempête Xynthia. Une autre – avec le même programme – était pourtant prévue de longue date, pour le 6 mars, par l’association des sinistrés… Une anecdote qui en dit long sur le climat délétère qui règne dans la petite station balnéaire, où des lotissements entiers ont été transformés en «quartiers fantômes». Seuls des badauds viennent s’y balader le dimanche, au milieu de maisons murées où la nature a repris ses droits.

Des tags peints devant la mairie

Depuis un an, La Faute se partage donc entre les partisans du maire René Marratier et les autres. Les mots « Urbanisme financier » ont ainsi été peints maladroitement devant la mairie le week-end dernier. Ils ont été recouverts de sable par les agents municipaux, tout comme les tags «Honte» et «Démission» qui les avaient précédés. Un clivage qu’on retrouve au sein de l’Association de victimes des inondations de La Faute-sur-Mer et de ses environs (Avif), dont les 600 familles se déchirent pour d’autres raisons.

«La meilleure amie de ma compagne ne lui parle plus, depuis que celle-ci a décidé de vendre sa maison à l’Etat, raconte Yannick Lange, son président. Un ancien adhérent a aussi jeté des pierres sur notre vice-président, qui était interviewé par France 3… On n’est pas dans la bande de Gaza, mais ça y ressemble!»

C’est dans ce contexte tendu que le plan de prévention des risques inondation se discute entre la mairie et la préfecture. Après dix ans de palabres, il devrait bientôt être soumis à enquête publique.  Le maire a tergiversé pendant des années, et pendant ce temps-là, on a construit en toute légalité sur d’anciens marécages», soupire François Anil, un sinistré. « Lui parlait développement économique, quand nous parlions protection des populations.» Pour ce retraité de 65 ans, la responsabilité du drame est «collective». «La mairie et la préfecture avaient connaissance du danger… On ne peut pas nous faire tout le temps le coup du “Responsables, mais pas coupables”. »

A La Faute-sur-Mer, Guillaume Frouin

De nombreuses familles ont dû quitter leur logement. Ces départs pèsent sur la vie des associations et l’organisation des services.
Pourquoi ? Comment ? Les écoles primaires vont-elles conserver leurs effectifs ?Trente élèves sont attendus à La Faute et 119 à L’Aiguillon en septembre 2011, contre respectivement 35 et 127 aujourd’hui. « Mais cette baisse était déjà effective avant la tempête. Et il n’y aura pas d’effet Xynthia en terme de carte scolaire », précise Bertrand Barilly, inspecteur de la circonscription de Luçon.

À La Faute, deux familles ont retiré leurs enfants sitôt la tempête. Trois ont attendu juin dernier, « pour ne pas ajouter le choc au choc. En revanche, on peut craindre que le ralentissement des commerces ne provoque, plus tard, d’autres départs », explique Mlle Renaud, directrice.

Quel avenir pour la caserne des pompiers ?

La caserne avait été inondée. Une réflexion vient d’être engagée entre le Sdis et les élus pour un éventuel déménagement. Aucun regroupement intercasernes n’est à l’ordre du jour. « Le centre, qui a démontré son utilité incontournable à L’Aiguillon, a vocation à rester sur cette commune » indique le colonel Michel Montaletang, directeur du Sdis. La baisse des effectifs suscite néanmoins des inquiétudes. Deux pompiers sont partis en février, portant l’effectif à 17. « Et en dessous de 15, on peut craindre pour la pérennité du centre », glisse un professionnel. Un appel aux volontaires devrait être lancé dans les semaines à venir.

À L'Aiguillon-sur-Mer, mais surtout à La Faute-sur-Mer, de nombreuses familles ont dû quitter leur logement. Ces départs pèsent sur la vie des communes. L'école a perdu des élèves, les commerces des clients. Et les artisans s'inquiètent de l'avenir incertain.

À L’Aiguillon-sur-Mer, mais surtout à La Faute-sur-Mer, de nombreuses familles ont dû quitter leur logement. Ces départs pèsent sur la vie des communes. L’école a perdu des élèves, les commerces des clients. Et les artisans s’inquiètent de l’avenir incertain.

Qu’en est-il de la vie des associations ?

La situation est très contrastée. Au club des retraités, les effectifs sont passés de 301 l’an dernier à 255 en novembre dernier. « Mais nos activités ne font pas le plein. Pour l’heure, le coeur n’y est plus. Mais ça va revenir ! », confie Michel Machillot, président. À l’Accueil loisirs fautais et aiguillonnais, les adhérents sont passés de 300 à 245. L’association boules en bois, dont une partie des terrains se trouve sur l’ancien camping municipal de La Faute, attend d’être fixée sur son sort. L’Apam, Association des plaisanciers de L’Aiguillon, est plutôt optimiste. « Une douzaine de places se sont libérées dans le port. Nous avons gagné plusieurs adhérents en quelques jours » constate Michel Essirard.

Comment les artisans voient-ils l’avenir ?

Aujourd’hui, la plupart courent de chantier en chantier. Mais la suite s’annonce moins rose. « La Tranche, Saint-Michel et La Faute me suffisaient. Mais bientôt, il va falloir trouver des marchés plus loin », résume Rémi Thibault. Aujourd’hui, environ 60 % de ses commandes en cours sont liées à Xynthia« Après, personne ne sait. La disparition des maisons va faire un grand vide. »

Élisabeth PETIT.

 

En vue de la commémoration prévue pour le 1er anniversaire de la tempête Xynthia en Vendée, le diocèse de Luçon exprime son soutien aux familles des victimes par la prière de l’Eglise et sa présence fraternelle :

Le samedi 26 février à 18h, l’évêque de Luçon, Mgr Alain Castet, célébrera une messe anticipée dans l’église de la Faute-sur-Mer, en mémoire des défunts de la tempête. Cette messe est à l’initiative de la paroisse. La population de la Faute et de l’Aiguillon est bien sûr largement invitée.

Le dimanche matin, 27 février, à 9h30, Mgr Castet s’associera à l’hommage officiel rendu par les autorités constituées du département. A 11h, l’évêque de Luçon invite tous les vendéens qui le souhaitent, et notamment les habitants du Sud-Vendée, si durement éprouvé, à se joindre par la présence ou par la pensée, à la messe dominicale à la cathédrale de Luçon, qui sera dite à l’intention des victimes.

 

Ce plan doit encore être visé par les services de l’État avant de commencer à être mis en oeuvre.

Un an après la tempête Xynthia, qui a causé 29 décès à la Faute-sur-Mer (Vendée), la commune vient d’adopter un plan communal de sauvegarde qui sera peut-être opérationnel fin avril, a-t-on appris jeudi auprès de la mairie. Ce plan, adopté mardi par le conseil municipal de la Faute-sur-Mer, doit encore être visé par les services de l’État avant de commencer à être mis en oeuvre, a-t-on précisé à la mairie, confirmant une information de Ouest-France.

L’une des principales mesures, qui consiste à installer trois sirènes d’alerte sur le territoire de la commune, ne sera pas opérationnelle avant « fin avril-début mai », a-t-on indiqué de même source. Le montant estimé de ce plan communal de sauvegarde est de 157 000 euros, dont 100 000 euros pour les seules sirènes.

Deux haut-parleurs sur véhicule et un téléphone satellitaire devraient également être achetés par la commune, qui va aussi imprimer un document récapitulant les consignes en cas d’alerte. Enfin, un fichier doit être constitué pour pouvoir contacter les résidents par téléphone, e-mail ou SMS. La tempête Xynthia avait touché dans la nuit du 27 au 28 février 2010 la commune, et la plupart des 29 habitants qui sont morts noyés dormaient lorsque la mer est entrée dans leur maison. Dans d’autres communes touchées par la tempête, notamment en Charente-Maritime, des élus avaient tenté le 27 février au soir, au moment où Météo-France avait placé les départements de Vendée et Charente-Maritime en alerte rouge, de mettre en garde tous les secteurs ou personnes vulnérables placés sous leur responsabilité.

Un an après le passage de Xynthia, retour en Vendée. Ici, 29 personnes ont péri sous les eaux. À la veille des destructions de maisons, des sinistrés décrivent un climat délétère. Et se souviennent.

C’est un quartier coquet avec ses pavillons aux façades claires et aux volets bleus. Un coin de bord de mer dont le nom invite à la douceur: «L’Afu des Amourettes». Il suffit de deux minutes pour déchanter et ressentir une atmosphère oppressante. Ici, au coeur de La Faute-sur-Mer en Vendée, il n’y a plus âme qui vive. Un silence de mort rue des Voiliers, allée du Levant ou route de la Pointe-d’Arcay. Le secteur de carte postale est en partie «en zone noire». Tous ses habitants, consentants ou récalcitrants, ont fait leurs valises après le passage dévastateur de la tempête Xynthia il y a un an. À la fin du mois ou début mars, les bulldozers vont débarquer pour le réduire en miettes: 300 maisons de la «cuvette mortifère» à rayer de la carte.

«Pas la force de revenir»

«Ma femme n’a jamais trouvé la force de revenir, souffle Gilles Souchard, le coeur gros en observant la villa de la rue des Trois-Mâts qu’il a dû abandonner. Nous avons vécu ici vingt-deux ans, raconte ce retraité, relogé aujourd’hui à Luçon. Tous nos souvenirs sont liés à cette maison.» Le dernier est le plus funeste. Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, l’ancien agent d’assurances a été réveillé par le bruit de la mer dans la maison. 

«Il était 3h30. Nous nous sommes réfugiés à l’étage. L’eau est montée jusqu’à la quatorzième marche de l’escalier quand la baie vitrée et le garage ont cédé.» Au sec dans sa mezzanine, mais dans le noir, Gilles Souchard a attendu les secours pendant dix heures. «Je ne me plains pas: mes voisins ont passé la nuit dans l’eau.» Et au coin de sa rue, dans une maison de plain-pied, une locataire, seule chez elle, est morte. Elle est sur la liste des 29 victimes de La Faute surprises dans leur sommeil quand le Lay, le fleuve côtier, gonflé par la forte marée, les pluies et le vent violent, a tout englouti.«J’ai repris le dessus. Je tiens le choc, confie Gilles Souchard. Et je pense que j’éprouverai le besoin de revenir pour assister à la destruction de ma maison.»

Quartier «Océanide 2», à quelques centaines de mètres des «Amourettes». Renaud Pinoit n’est pas un sinistré, mais il pose pour la photo devant un pavillon ravagé, comme figé dans le temps. «Un couple d’amis a vécu ici. On en a fait des fêtes dans cette maison…» Ce chef d’entreprise qui joue volontiers les guides dans la cité dévastée, est le porte-parole de l’Association des victimes des inondations (Avif): 1 300 adhérents, plus que d’habitants dans la commune qui compte moins de 700 âmes d’après le dernier recensement. Sa préoccupation du moment: l’organisation de la cérémonie commémorant le premier anniversaire de Xynthia fixée au dimanche 6 mars. Au programme, un lancer de 29 roses blanches dans le Lay.

L’Avif mène d’autres combats. Elle a saisi la justice pour faire la lumière sur les responsabilités. Veille à ce que les sinistrés soient indemnisés. Et dénonce avec force un «système»: celui qui a conduit des élus et des promoteurs à délivrer des permis de construire dans des zones inondables. Dans la ligne de mire de Renaud Pinoit, en priorité, René Marratier, le premier magistrat de La Faute – que CL a tenté de contacter mais qui n’a jamais donné suite aux demandes d’interview -, que Renaud Pinoit a jadis affronté aux municipales.

«Le système Marratier, c’est celui qui lie le maire aux promoteurs, aux artisans, à tous ceux qui ont participé à l’édification des maisons dans les zones dangereuses, accuse le porte-parole de l’Avif. Parce qu’ici tout le monde se tient, le climat aujourd’hui est électrique», admet le représentant des victimes. «Électrique? Plutôt pourri», témoigne Marthe, une habitante qui a perdu une amie la nuit du drame. «Pour que ça s’arrête, il faudrait aussi que vous arrêtiez de parler de Xynthia», s’emporte une commerçante de L’Aiguillon-sur-Mer, la commune voisine, lassée du défilé des journalistes.

Gilles Souchard, lui, n’entend pas oublier. Il témoigne à sa manière. L’ex-propriétaire de la belle maison de la rue des Trois-Mâts, chanteur à ses heures perdues, a pris la plume et la guitare. Depuis quelques jours, une chanson, écrite avec ses amis Serge Maret et Benoît Létard, tourne en boucle sur internet (1). Elle s’intitule «À qui la Faute?»

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Alors que France 3 consacre ce mercredi soir un documentaire à la tempête Xynthia, deux militants de la Faute-sur-Mer et des Boucholeurs tirent le bilan, un an après.

Xynthia, un an après… Alors que Fr3 consacre ce soir son antenne à la catastrophe, que les commémorations se profilent tout au long du week-end, que l’Etat vient d’annoncer son « plan digue » et le système de vigilance contre les risques de submersion marine qui l’accompagne, LEXPRESS.fr a interrogé deux de ceux qui sur le terrain vivent au quotidien les suites du cataclysme de février 2010

Un an après le drame comment qualifier l’ambiance à La Faute et aux Boucholeurs?

Renaud Pinoit: Au lendemain de la catastrophe, il y a eu une énorme solidarité. Depuis, au fil des mois, elle s’est un peu essoufflée. Je dirais qu’il y a toujours une grosse misère alentour, un vrai désarroi. D’après nos décomptes, près de 250 personnes ont toujours recours au Secours Populaire et vivent petitement. Les gens n’aiment pas trop en faire état… sûrement par fierté, mais c’est ainsi. Le pire c’est que même l’antenne du Secours Populaire est menacé, que faute de moyens, elle ne disposera plus d’ici à quelques temps de local!

Michel Le Bozec: Chez nous le front de mer a été conforté et les gens se sentent un peu plus en sécurité. Ils ont été rassuré d’entendre que les habitations en « premier rideau » pourraient continuer à être occupées – à condition d’être en état d’évacuer si l’alerte est donné. On connaîtra dans les prochains jours le dispositif que les maires entendent inscrire aux plans communaux de sauvegarde.

Comment, selon vous, vont se passer les cérémonies de commémoration?

Michel Le Bozec: On est beaucoup sollicité par les médias, notamment avec un direct le 28 février sur FR3. Ce sera l’occasion de rappeler les errements de ces technocrates qui, sans expertise, voulaient nous condamner. Quand ils ne se sont pas transformés en promoteurs immobiliers!

Renaud Pinoit: Outre le coup de projecteur de cette journée avec FR 3, il y aura une commémoration officielle le 27 février sous les auspices de la municipalité mais sans les familles des victimes qui la boycotteront. Elles se retrouveront le 6 mars pour un lancer de roses blanches dans le Lay. L’antagonisme qui les opposent à la municipalité de La Faute demeure fort. Son premier magistrat n’a jamais eu le moindre mot de compassion à l’égard de ceux qui pleurent 29 victimes. C’est inacceptable. D’autant que par ailleurs, son entêtement à vouloir partout reconstruire en interpelle plus d’un

Mais encore?

Renaud Pinoit: S’il le pouvait, le maire construirait certainement en zone noire. L’urbanisation de la commune est une marotte qui ne le quitte pas. D’ailleurs, c’est simple, avant même Xynthia, il n’y avait plus de terrains disponibles à La Faute…On aimerait bien qu’il change de registre mais je doute qu’il s’amende lui qui laisse entendre que le plan communal de sauvegarde ne sert à rien. Bien sûr, à l’occasion du passage de FR3, il se pourrait bien qu’il le signe, mais pour la forme, pour éviter les questions qui fâchent.

Michel Le Bozec: Nous, ce qui nous interpellerait plutôt, ce n’est pas l’attitude des collectivités locales qui ont joué le jeu, s’impliquant dans la mise en place de défenses en mer ou en rehaussant les parapets, mais celle, encore une fois, de l’Etat. On a l’impression qu’il s’est fait une spécialité de mettre les bâtons dans les roues. Par exemple quand il s’agit de traiter un cordon dunaire qui reste relativement fragile.

Justement, du côté du dispositif « digues », voire du système de vigilance sur les risques de submersion marine que vient de dévoiler la ministre de l’environnement, Nathalie Kosciusko Morizet, où êtes vous rendu?

Michel Le Bozec: On parle régulièrement du rehaussement d’une arrière digue, indispensable pour sécuriser le cordon dunaire. Mais en fait les travaux ne vont démarrer avant trois ans! D’ici là, il faut faire quelque chose pour éviter que les marées successives – notamment celles à gros coefficients du mois de mars, si elles se conjuguent avec des vents forts -n’entraînent de nouvelles inondations. On va mettre 8000 mètres cubes de sable pour consolider l’édifice. Est-ce que ce sera suffisant?

Renaud Pinoit: Les choses vont dans le bon sens. Mais pour le moment on est dans le flou, côté système d’alerte. On fait de l’auto-surveillance. Pour les digues, il y a ce qui avait déjà été entrepris avant Xynthia – et qui paradoxalement protège des maisons désormais inhabitées. Et puis ce qui fait défaut comme par exemple vers la Pointe de La Faute: il y a bien une digue mais l’eau peut la contourner!

Renaud Pinoit est porte-parole de l’Association des victimes des inondations de La Faute (Avif) et Michel Le Bozec, président de l’association de sauvegarde des Boucholeurs.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

Audition du préfet au sénat (flv)

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