Dans les prochains jours, vont débuter la démolition des maisons vendues à l’État. / Photo : Archives Marc Ollivier
L’État a durci le ton. Pour preuve, le plan présenté par la ministre de l’Écologie la semaine dernière. Les élus affirment avoir tiré les leçons. Les écologistes craignent que non.
C’est une image forte : une maison grignotée par les pelleteuses pour rendre les dunes à la nature. Entre Brétignolles et Saint-Gilles, le conservatoire du littoral a acquis 68 ha pour les protéger. Depuis Xynthia, l’État jette un regard plus sévère sur l’urbanisation. Et pas seulement sur celui de la côte.
Autour des cours d’eau, c’est désormais la cote centenaire qui prédomine et non plus les crues trentenaires. « Pour un lotissement, on a dû rehausser tous nos bâtiments de 50 cm », raconte un promoteur. Un élu du centre de la Vendée confirme : « La réglementation s’est durcie. L’État ne passe sur rien. »
Cette fermeté, on la retrouve dans le plan présenté la semaine dernière par la ministre de l’Écologie. Nathalie Kosciusko-Morizet a ainsi affirmé « qu’aucune digue ne sera autorisée pour ouvrir l’urbanisation de nouveaux secteurs ». Un autre exemple ? C’est le préfet qui s’oppose aux demandes des cimentiers d’extraire du sable au large de Noirmoutier, faute de pouvoir mesurer précisément l’impact sur les courants, et malgré un… avis favorable de la Dréal (1) !
« Les vieilles habitudes »
Les leçons de Xynthia ont-elles été tirées ? Au premier abord, oui. Mais les écologistes ne sont pas aussi affirmatifs. « On a même plutôt le sentiment que rien n’a été remis en cause sur le littoral, rectifie Yves Le Quellec, président de Vendée nature environnement. Les grands principes d’aménagement, dans un département réputé pour son attractivité touristique, restent exactement les mêmes. »
Sur le terrain, les projets ne manquent pas. C’est le port de Brétignolles, bientôt soumis à l’enquête publique. Ce sont, encore, des lotissements à l’étude à Noirmoutier… « On reprend déjà les vieilles habitudes », affirme l’écologiste. Ce n’est pas le sentiment de Noël Faucher, le maire de Noirmoutier. Lui aussi tempête contre l’État, « incapable de prendre des décisions ». Mais pas pour les mêmes raisons. « L’État préfère les lézards à la sécurité des populations », critique l’élu, agacé du retard pris dans les travaux de consolidation des digues.
Pourtant, il n’a pas l’intention de construire dans les zones dangereuses. « Ce serait de la folie douce. » Mais pas question, non plus, de s’interdire tout développement. « Le Japon n’a pas arrêté de construire parce qu’il est sur une faille sismique. Il faut qu’on s’adapte. »
« L’État ne doit pas empiler les normes pour ouvrir le parapluie administratif », ajoute un promoteur. « Ils sont prêts à bâtir un Fort Boyard autour de l’île », s’étrangle Marie-Thérèse Beauchêne, de l’association Vivre l’île 12/12, quand on lui parle d’urbanisation.
Philippe ECALLE et Jean-Marcel BOUDARD.
10 réponses à to “Urbanisation : ce que Xynthia a changé… ou pas (Ouest France)”
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Kiwi,
Si tu ne peux pas envoyer ton document PDF à Renaud tu n’as plus qu’une solution tu l’imprimes et tu nous l’apportes dimanche
Tu seras qui tu veux, Kiwi : prends plaisir à le lire et fais un lien avec ce blog et tu seras touchée, comme je l’ai été…
kelio
moi je n’avais jamais bloggé ni même jamais songé, et à présent je m’appeçois que c’est un peu une drogue car cette drogue c’est pour certains notre survie où nous pouvons cracher nos douleurs nos colères nos boutades nos affinités Nous somes amis sans jamais nous connaître c’est drôle. mais le sujet est vaste et évolue de jours en jours Jamais aucun personnage n’aura suscité en si peu de temps autant de critiques national il battrait presque les frasques de notre président oui ilfaut lire ce livre peut être pour nous reconnaitre. pOUR TOI KELIO QUI SERAIS JE
DANS TON LIVRE (si il y a une grande gueule je prend le rôle)
J’ai un livre à conseiller aux lecteurs de ce blog. Certes, il n’a rien à voir avec La Faute, mais cela peut être discuté, car il s’agit de correspondances entre des gens qui ne se connaissent pas autour d’une histoire traumatique, et qui finissent par se rencontrer… Je n’en dis pas plus, si ce n’est le titre : « le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates », de Mary Ann Shaffer.
C’est « rafraîchissant » et çà me fait penser à ce blog et à ce qu’il peut provoquer…
Affaire à suivre…
Musette
arrête de nous allécher ou tu dis ou tu dis pas qu’est ce qu’il y a dans ce livre . Dévoiles en un peu pçour que l’on en achète si c’est ce que tu penses et si c’est vraiment intéressant pas assez nous en dire pour qu’on l’achète afin que Ecallé ne perde pas sontemps à parler de nous sans faire des ventes de livres lui qui nous a consacré ce temps.
je ne suis pas arrivée à vous envoyer le document sur les doris, et personne pour me dire pour faire autrement que ce que tu m’as dit
Je ne comprends pas ce besoin des journalistes de faire dans le « choc ». Cet hôtel de l’Aiguillon a été rasé quelques jours après la tempête et on nous sort çà aujourd’hui comme une actualité « brûlante » sensée illustrer ce qu’il serait en train de se produire à La Faute !
Parfois, j’ai vraiment l’impression que l’information, c’est du toc, un pur produit d’esprits orientés uniquement sur l’audience.
Sauf qu’ici, çà se fait sur le dos de 29 victimes.
C’est écoeurant.
vi
détruit très vite !?
j’ai toujours trouvé ça curieux… !?
Moi qui me suis montrée sévère à l’égard de la ligne éditoriale de Ouest France, et qui le reste, je dois dire que le livre de Ph, Ecalle a quelques qualités et son investigation est plutôt salutaire. J’y ai vu, pour la première fois, une allusion à un cimentier dans l’analyse du contexte du désastre de Xynthia qui en dit long sur ce qu’on ne nous dit pas, tout en nous le suggérant …
Cimentier, ciment, maison, urbanisme, etc…
Mais qu’est ce qu’on va chercher ?
Les journalistes mentent un peu trop souvent
ridicule…
la maison présentée est l’hôtel du commerce détruit pour des travaux douteux.