Archive pour avril 2011

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Comment éviter la répétition de tels drames ? Une proposition de loi sera examinée, le 3 mai, au Sénat.

La France, pays de terriens, avait jusqu’à présent sous-estimé les risques de submersion marine. Un an après la tempête Xynthia, ses 47 morts (dont 29 en Vendée), ses milliards de dégâts, le Sénat s’apprête à voter une proposition de loi conjointe signée Bruno Retailleau, le Vendéen (non-inscrit), et Alain Anziani, le Girondin (socialiste). Objectif principal : intégrer les menaces littorales (submersion et érosion) dans le dispositif existant de gestion des risques.

« On ne doit plus transiger avec la carte des risques. Elle doit s’imposer aux documents d’urbanisme », explique Bruno Retailleau. Les plans locaux d’urbanisme (PLU) devront être conformes aux plans de prévention des risques (les PPRI). Les maires disposeront d’un an pour y satisfaire. Plus question d’accorder des permis de construire dans des zones dangereuses.

Jusqu’alors, des « permis tacites » étaient accordés dans ces zones à risques, dès lors que l’État ne s’y était pas opposé après un délai de deux mois. Il pourra suspendre tout permis si le plan d’urbanisme n’est pas conforme au plan des risques. Et il pourra se substituer à la commune qui refuserait de modifier son PLU dans le délai prévu. Côté digues, l’État, si nécessaire, pourra agir si les propriétaires sont défaillants. Le contrôle des ouvrages deviendra obligatoire.

Second grand objectif : sensibiliser les populations. Les communes concernées devront adopter des plans communaux de sauvegarde, mener des exercices d’évacuation. Une journée de prévention des risques sera instaurée.

 

 

Le préfet de la Vendée, Jean-Jacques Brot, a présenté hier son schéma départemental de coopération intercommunale, à la commission chargée de l’étudier cette année.

Il prévoit notamment de conserver les 29 communautés de communes existantes dans le département et d’y rattacher des communes encore « orphelines » de toute intercommunalité.

Il propose ainsi de rattacher Cugand et La Bruffière à la communauté de communes Terres de Montaigu.

Dans le sud du Département, le rattachement de La Faute-sur-Mer, La Tranche-sur-Mer, L’Aiguillon-sur-Mer et Chasnais à l’intercommunalité du Pays né de la mer.

Nalliers rejoindrait le pays de L’Hermenault et Puyravault la communauté des Isles du Marais poitevin.

Et Jean-Jacques Brot propose enfin de ne rattacher l’île d’Yeu à aucune intercommunalité.

XYNTHIA – Détournement des gravats des chantiers de deconstruction : le Préfet de la Vendée a porté plainte.
Au-delà de ces infractions, le Préfet tient à souligner qu’il ne s’agit pas de matériaux banals.
Par respect pour les victimes, pour leurs familles et pour les personnes sinistrées, ces gravats devaient être traités loin du lieu de la tragédie du 28 février 2010.

Le Préfet de la Vendée a porté plainte, ce jour, suite à l’utilisation abusive de matériaux de déconstruction de maisons sinistrées à la Faute sur Mer.

Au-delà de ces infractions, le Préfet tient à souligner qu’il ne s’agit pas de matériaux banals.

Par respect pour les victimes, pour leurs familles et pour les personnes sinistrées, ces gravats devaient être traités loin du lieu de la tragédie du 28 février 2010 et sans réutilisation à proximité, à Triaize en l’occurrence.

Dès qu’il a eu connaissance de ces agissements, le Préfet de la Vendée a aussitôt adressé des courriers de protestation respectivement à : l’Association Syndicale de la Vallée du Lay (ASVL), au transporteur SITA et à l’entreprise Genier Deforge chargée des chantiers de déconstruction.

Il a été demandé à l’entreprise Genier Deforge de dénoncer immédiatement le contrat avec son transporteur, la société SITA.

La société SITA a reconnu sa responsabilité dans cette affaire et s’est engagée à retirer l’ensemble des matériaux.

Les matériaux seront donc bien traités conformément aux termes du contrat initial. Genier Deforge a dénoncé son contrat avec SITA et lui a demandé de retirer l’ensemble de ses bennes du chantier. Un nouveau prestataire a été contacté.

Le contrat est en cours de préparation et de signature et prendra effet à compter du 26 avril 2011.

Les gravats du chantier de déconstruction de La Faute prenaient la direction de Triaize, pour remblayer des chemins.« Du vol », indique-t-on à la préfecture.  / Archives.

Les gravats du chantier de déconstruction de La Faute prenaient la direction de Triaize, pour remblayer des chemins.« Du vol », indique-t-on à la préfecture. / Archives.
A La Faute-sur-Mer, les gravats des maisons détruites devaient être triés et valorisés.Une partie a servi à remblayer des chemins à Triaize. Avant que le préfet tape du poing.

C’est un ouvrier qui s’est étonné mardi dernier. Il trouvait que les rotations des camions étaient très rapides pour aller du chantier à la plateforme de valorisation des gravats. Discrètement, l’entreprise qui a décroché le contrat de déconstruction des maisons sinistrées de La Faute-sur-Mer entreprend de suivre les poids lourds afin de voir où ils déversent leur cargaison.

Et là, ô surprise, les gravats sont dispersés sur des chemins de Triaize. Sans avoir été triés, comme le stipule pourtant le contrat passé avec l’État. « On a retrouvé des brosses à dent ou des morceaux de plastique, grogne le maire, Alain Jarry, qui a fait constater la situation par huissier. Triaize n’est pas une décharge ! »

La préfecture le confirme. « Ces matériaux n’avaient rien à faire ici », commente Sébastien Cauwel, directeur de cabinet du préfet de la Vendée, Jean-Jacques Brot. Le prestataire, en l’occurrence Sita (du groupe Suez), « devait emmener ça sur une plateforme de traitement et de valorisation ». Avant une utilisation qui restait à définir.

Xynthia avait abîmé les chemins

Pourquoi ce déchargement ici ? Par qui ? Et qui en a demandé le transfert ? « L’association foncière de Triaize qui voulait remblayer les chemins », répond sans hésiter Yves Priouzeau, président de l’association de la Vallée du Lay, laquelle a participé au transfert. « On a juste transporté la cargaison, rien d’autre », minimise Yves Priouzeau.

Guy Vexiau, président de l’association foncière en question, ne nie pas. Mais proteste de la pureté de ses intentions. « C’était pour améliorer les chemins à moindre coût, admet-il, un peu penaud, car Xynthia les avait beaucoup abîmés. »

Devant la médiocre qualité de ce matériau, il aurait demandé lui-même à l’entreprise de reprendre illico presto sa marchandise. Une version un peu romancée de l’affaire ? Le préfet, lui, n’a pas apprécié. Alerté par ce détournement de matériaux, « qui appartiennent à l’État »,il a sommé les principaux concernés de restituer fissa la précieuse marchandise. Dès hier, Sita avait ramassé sa cargaison « égarée ».

Le préfet n’en est pas resté là : il a également demandé à Genier Desforge de dénoncer le contrat qui la liait à Sita. Selon nos informations, l’entreprise a pris toutes ses dispositions. Le préfet se réservait, hier encore, la possibilité de déposer plainte contre les responsables. Hier, Genier Desforge était en quête d’un nouveau prestataire pour évacuer, dans les règles de l’art cette fois, ces déchets. En espérant que les camions ne se « tromperont » pas de route.

Philippe ECALLE.

 

  • L’intégration de La Faute, de l’Aiguillon et de La Tranche porterait à dix le nombre de communes formant la communauté de communes du Pays né de la Mer. Ici, Luçon.

    L’intégration de La Faute, de l’Aiguillon et de La Tranche porterait à dix le nombre de communes formant la communauté de communes du Pays né de la Mer. Ici, Luçon.

Après plusieurs mois de statu quo, les maires de La Tranche, L’Aiguillon et La Faute-sur-Mer viennent de franchir un pas décisif vers l’intercommunalité. Pressés mercredi par le préfet de prendre position, conformément à la loi de réforme territoriale adoptée en décembre 2010, les élus ont fait part, mercredi, dans une lettre commune de leur souhait d’intégrer la communauté de communes du Pays né de la mer. Cette dernière réunit 17 000 habitants de sept communes.

Mardi, le schéma départemental de coopération intercommunale sera présenté à la commission chargée de l’étudier. La réforme prévoit son adoption d’ici au 31 décembre.

 

A La Faute-sur-Mer, les gravats des maisons détruites devaient être triés et valorisés. Ces derniers jours, une partie a été détournée pour remblayer les chemins de Triaize. Sauf que rien n’autorisait ces matériaux a venir « engraisser » les chemins de la petite commune. Circonstance aggravante, ces gravats n’avaient pas été triés. « On a trouvé des brosses à dents, des bouts de plastiques, s’agace le maire de la commune, Alain Jarry. Triaize n’est pas une décharge ! » Alerté, le préfet, Jean-Jacques Brot, a sommé ceux qui avaient détourné ces gravats de les ramener vers la plateforme de tri et de valorisation. Il a également demandé à l’entreprise en charge de la démolition, Genier Deforges, de dénoncer le contrat qui le liait à son prestataire. Le préfet se réserve enfin le droit de déposer plainte.

 

La mise en examen du maire de La Faute-sur-mer fait couler beaucoup d’encre. L’Association des victimes des inondations de La Faute-sur-mer (Avif) a annoncé ce lundi avoir porté plainte contre X, après des tags injurieux qui l’ont visée ce week-end. Ils font suite à la mise en examen de René Marratier, jeudi, dans le cadre de l’enquête sur la tempête Xynthia.

«Avif = pleurnichards = la honte» ou «Fautais défendez votre honneur, défendez votre maire» ont ainsi été peints sur les maisons de certains de ses membres. Le préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot, est également visé.

«Ce n’est pas l’Avif qui a procédé à la mise en examen, c’est le juge d’instruction», a réagi Yannick Lange, président de l’Avif, dans un communiqué. «Même si nous approuvons cette décision, considérant qu’il faut passer par là pour cette recherche de vérité, afin que cela ne se reproduise plus», a-t-il ajouté.

G. F. à Nantes

 

L’AVIF rappelle que depuis le début elle ne souhaite pas la vengeance, pour preuve, elle a déposé une plainte contre X.
L’AVIF et ses adhérents sont une fois de plus des victimes :
1) Victimes de Xynthia et de l’absence de décision ou de prises de décisions qui auraient pu limiter cette catastrophe
2) Victimes des décisions de l’Etat
3) Victimes de proches ou de personnes entendues en garde à vue ou mises en examen.

L’AVIF depuis le début veut connaître la vérité sur ce qui s’est passé. Si nous avons engagé cette procédure, c’est parce que nous avons confiance en la justice. Ce n’est pas l’AVIF qui a procédé à la mise en examen, c’est le juge d’instruction, même si nous approuvons cette décision, considérant qu’il faut passer par là pour cette recherche de vérité, afin que cela ne se reproduise plus.
Sur les problèmes juridiques, Maître Corinne LEPAGE, avocate de l’AVIF s’est déjà exprimée.

Suite aux tags de ce week-end, mettant l’AVIF en cause, l’AVIF va faire une main courante cet après-midi

Le Président
Yannick LANGE

 

Graffitis, insultes… Des partisans de l’élu s’en prennent aux représentants des associations de victimes. Ambiance.

René Marratier a été mis en examen pour "homicide involontaire" et "mise en danger de la vie d'autrui"

René Marratier a été mis en examen pour « homicide involontaire » et « mise en danger de la vie d’autrui » SIPA

Règlement de comptes à La Faute-sur-Mer où des « agissements parfaitement affligeants et consternants » ont eu lieu ce week-end, selon le préfet de Vendée. Des graffitis injurieux contre une association de défense des victimes de la tempête Xynthia ont été découverts samedi sur le mur du cimetière communal, suite à la mise en examen jeudi de René Marratier, le maire de la commune. Il est poursuivi pour « homicide involontaire » et « mise en danger de la vie d’autrui » dans le cadre de l’enquête sur les circonstances du drame qui a fait 29 morts en février 2010. D’autres inscriptions mettant en cause les membres de l’Association des victimes de La Faute-sur-Mer (Avif) – qualifiés de « pleurnichards » et « pourris » – ont été tracées en ville. Le président de l’Avif, François Anil, dont la maison a été maculée, va porter plainte.

Cracher dessus

Pire. Une fille de victime, Gisèle Arnaud, qui a perdu son père lors de la tempête, a été carrément prise à partie et insultée samedi en se rendant au cimetière. « Je suis tombée sur un couple de retraités, la femme m’a agressée en disant : « Toi j’attendais de te choper » et elle m’a craché dessus. Elle a aussi dit : « Il faut arrêter vos conneries, c’est une honte ce que vous faites au maire ». » Atmosphère, atmosphère !

Après la mise en examen du maire de La Faute-sur-Mer, où 29 personnes périrent lors de la tempête, la tension est montée en Vendée

Sa commune du littoral vendéen avait payé le plus lourd tribut à la tempête. Jeudi 14 avril, le maire de La Faute-sur-Mer, René Marratier, a été mis en examen pour « homicide involontaire » et « mise en danger de la vie d’autrui ». Les deux autres chefs d’accusation, « absence volontaire de combattre un sinistre » et « prise illégale d’intérêt », n’ont pas été retenus.

« Nous n’en sommes qu’au début de l’information judiciaire, indique Thierry Dran, procureur des Sables-d’Olonne (Vendée). Plusieurs mois d’enquête sont encore nécessaires pour une catastrophe de cette ampleur. » Et d’autres mises en examen pourraient suivre, dans cette délicate recherche des responsabilités du drame.

Il est reproché à l’édile de ne pas avoir suffisamment anticipé sur la catastrophe ni pris les mesures nécessaires pour alerter sa population.

« Il était au courant du risque d’inondation, lance Renaud Pinoît, porte-parole de l’Association des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer et ses environs (Avif), à l’origine de la plainte. On ne demandait pas de sirène ou un ordre d’évacuation, mais simplement de faire passer le message aux habitants. Les gens seraient partis ou auraient été vigilants. »
Pour les victimes, le maire n’est pas le seul responsable

« Une lettre circulaire du préfet de Vendée conseillait aux gens de rester chez eux, rétorque Me Olivier Metzner, l’avocat du maire. Et ce sont ceux qui sont restés dans leurs maisons qui sont morts. » Il incrimine par ailleurs les services de l’État chargés de la prévention des risques et Météo France.

« L’alerte rouge conseillait de protéger les toits et les cheminées, poursuit-il. Pas les personnes. » Le préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot, s’est défendu en assurant que son courrier précisait de « prendre ses précautions face à une possible inondation et de surveiller les eaux ».

Autre grief retenu contre René Marratier, la délivrance de permis de construire dans les zones ravagées par Xynthia, en particulier dans deux lotissements, Les Doris et Les Voiliers, désormais en cours de démolition.

« Il a tout fait dans les règles », commente son avocat, indiquant que les permis de construire avaient été validés par l’État. « Il pouvait refuser de signer ces permis de construire, commente de son côté le porte-parole des victimes. Mais il n’a pas su résister à la pression de la population. La commune est passée de 500 à 5 000 maisons en trente ans. C’est beaucoup. »

Maire de la commune voisine de La Tranche-sur-Mer, Serge Kubryk regarde cette mise en examen avec circonspection : « Le maire a évidemment une part de responsabilité, mais c’est loin d’être le seul. »
« Le bilan de la catastrophe n’est pas le fruit du hasard »

Dans ces petites communes littorales, qui ne disposent pas de moyens humains importants, les dossiers de permis de construire sont instruits par les services de l’État, rappelle-t-il, ajoutant que le préfet dispose d’un recours de trente jours pour faire annuler un permis de construire.

Outre l’État, « les promoteurs, les assureurs et les acquéreurs de ces maisons ont aussi leur part de responsabilité, remarque-t-il. Mais c’est plus facile de désigner le maire comme bouc émissaire. »

Le porte-parole de l’Avif reconnaît que René Marratier ne doit pas être le seul inquiété. « Je pense qu’il y aura d’autres mises en examen, notamment du côté de la préfecture », indique-t-il. Selon trois chercheurs de l’université Montpellier 3, qui ont étudié les origines de la catastrophe (1), la totalité des décès de La Faute-sur-Mer ont eu lieu dans des maisons construites à partir des années 1980, dont onze dans des maisons construites entre 2000 et 2010.

« Le bilan de la catastrophe n’est pas le fruit du hasard, constatent-ils, mais l’aboutissement d’un processus de construction du risque qui a autorisé l’installation de populations vulnérables dans des habitations inadaptées au risque inondation et exposées à la submersion marine. »

En attendant que la justice dénoue l’écheveau des responsabilités, la tension est montée d’un cran à La Faute-sur-Mer entre défenseurs et détracteurs du maire. Des graffitis d’insultes contre l’association de victimes et le préfet ont été découverts le week-end du 16-17 avril sur le mur du cimetière où sont enterrées une grande partie des victimes de la tempête.

FLORENCE PAGNEUX, à Nantes

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

Audition du préfet au sénat (flv)

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