Archive pour le 5 août 2011

Dans les zones frappées par la tempête du 27 février 2010, l'État a proposé de racheter des dizaines de maisons. Le chantier de déconstruction est suspendu durant l'été. Ceux qui n'ont pas vendu retrouvent leurs voisins ou des logis vides.

Dans les zones frappées par la tempête du 27 février 2010, l’État a proposé de racheter des dizaines de maisons. Le chantier de déconstruction est suspendu durant l’été. Ceux qui n’ont pas vendu retrouvent leurs voisins ou des logis vides.
Dans les zones frappées par la tempête du 27 février 2010, l’État a proposé de racheter des dizaines de maisons. Cet été, ceux qui n’ont pas vendu retrouvent leurs voisins, ou des logis vides.
Reportage 

« J’ai ouvert l‘enveloppe : 225 000 €. Ça fait une somme pour ma baraque ! » Les yeux brillants, Serge Dupuy avoue avoir hésité. Sa petite maison située en bord de route a été épargnée par le passage de la tempête Xynthia dans la nuit du 27 au 28 février 2010. Mais la pointe de L’Aiguillon-sur-Mer, en Vendée, fait partie des zones les plus sinistrées. Trop dangereux d’y habiter, selon l’État. Tous les habitants de la pointe ont été sommés de partir.

Les « Pointus », comme ils se surnomment, avaient jusqu’au 1er décembre 2010 pour accepter les offres de rachat de l’État, supérieures au prix du marché. À 77 ans, Serge fait partie des « irréductibles » de l’Amicale des résidents de la Pointe de L’Aiguillon (Arpa). Il attend l’expropriation.

« J’ai eu peur de rester »

« Quand je suis revenu en mai, j’ai écouté les bruits des tondeuses à gazon pour savoir qui était revenu », explique-t-il. L’ancien mécanicien passe ses hivers à Sète et les beaux jours en Vendée. Il a deux foyers, comme la plupart des Pointus qui migrent au printemps dans des maisonnettes des années 1960. « Il y en a certains que nous avons vus déménager et d’autres à qui on n’a même pas dit au revoir. »

Une centaine de maisons sont construites sur l’avancée de terre. Plus de la moitié a été vendue. Comme celle de Jean-Michel Caduc. « Je reviens, mais j’évite de passer devant mon chalet condamné. Ça me fait de la peine », confie-t-il. Avec l’argent des assurances et de l’État, il a investi à 5 km. « Si j’avais été chez moi le jour de la tempête, je ne serais plus de ce monde. Il y a eu 1,70 m d’eau dans ma maison. Je ne sais pas nager. J’ai eu peur de rester. »

Des maisons vides, il y en a beaucoup. Rachetées par l’État, elles sont envahies par les herbes folles. Certaines ont été murées pour mettre fin aux pillages. Le Chemin des Sablons a même perdu son nom : aux extrémités de l’étroit passage ne restent qu’un poteau métallique et quelques écrous rouillés. Les pancartes ont été emportées par des résidents venus faire leurs adieux à la Pointe.

En contrebas, dans la zone la plus touchée par la tempête, Michel Gautruche fait le tour du voisinage. « Une vieille dame habitait là. Elle a été sauvée de justesse par son petit-fils. Puis elle a vendu. » Un téléviseur, des meubles et des casseroles traînent sous les débris de la véranda. Quelques bouteilles d’alcool jetées au sol trahissent le passage des squatters. En septembre, la maison sera rasée.

La pointe d’optimisme

Lancé en juin, le chantier de déconstruction est suspendu pour l’été. Trois maisons ont été détruites, en bord de route, « là où tout le monde passe, pour nous décourager », lancent Geneviève et Pierre de l’Épinay, aussi membres de l’ARPA. Seule leur fille Marie-Pierre a vécu les inondations. « On en a vu d’autres. Ça ne nous fait pas peur », affirme Pierre. Rien ne les décourage : les travaux, la procédure d’expropriation, le vide, l’isolement

Sur le remblai, deux touristes s’approchent à vélo. Ils cherchent un restaurant. « Le sable a tout emporté », rétorque Serge à qui ils ont demandé conseil. Les Petits Bouchots et l’Oasis, les deux brasseries où les Pointus se retrouvaient pour les anniversaires n’ont pas eu l’autorisation de rouvrir. « C’est dommage. » Mais la nostalgie du grand-père est de courte durée. « Cette année on fera des pique-niques ! »

 

 

Claire LE NESTOUR.
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