Archive pour le 29 septembre 2014

Renaud Pinoit, président de l’association des victimes de La Faute, et Antonin Lévy, l’un des avocats de l’ancien maire, s’expriment.

« Ça fait quatre ans et demi qu’on attend ce pardon, que les victimes ne sont pas reconnues. Pour nous, ce pardon, ça ne change rien. On ne le retiendra pas », déclare Renaud Pinoit, président de l’association des victimes de La Faute.

Pour Antonin Lévy, l’un des avocats de René Marratier, « il est simplement venu dire qu’il ne se reconnaissait pas dans le portrait qui avait été fait de lui. Ce n’est pas celui de l’homme que je connais depuis quatre ans. »

L’ancien maire de La Faute-sur-Mer a présenté ses excuses aux parties civiles pour sa responsabilité dans le drame et son apparent manque de compassion.

René Marratier à La Faute-sur-Mer, le 25 septembre 2014.
René Marratier à La Faute-sur-Mer, le 25 septembre 2014. © AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD

« Je n’ai sûrement pas eu les mots qu’il fallait », a reconnu lundi l’ancien maire de La Faute-sur-Mer (Vendée), René Marratier, devant le tribunal correctionnel des Sables-d’Olonne, au dixième jour du procès de la catastrophe. « Je me sentais responsable de ne pas avoir compris ce qui allait se passer cette nuit-là. Je m’en excuse », a-t-il déclaré à la barre d’une voix tremblante. Il a souhaité intervenir après les auditions des victimes qui ont, pour certaines, pointé du doigt son inaction et son manque de compassion lorsqu’elles sont venues témoigner les jours précédents.

« Je ne me suis pas reconnu dans l’homme qu’on vous a décrit. Je ne pense pas être cet homme-là et pourtant c’est comme ça que les parties civiles me voient. C’est dur, très dur à entendre », a-t-il expliqué, visiblement ému et s’aidant de notes posées devant lui, au dixième jour d’audience d’un procès qui cherche à établir les responsabilités du drame qui a fait 29 morts le 28 février 2010 à La Faute-sur-Mer. « Je m’interroge sur ce que j’ai pu faire, dire, ne pas dire, pour blesser chacune et chacun d’entre vous. Certains disent que c’est trop tard, mais je veux quand même vous dire qu’au lendemain de la catastrophe, j’étais K.-O. debout devant l’ampleur du drame qui vous frappe », a-t-il assuré.

Silence

« Je me faisais, et me fais, tant de reproches que je n’ai pas pu aller sûrement vers beaucoup d’entre vous. Je reste persuadé que cette catastrophe m’a fait me replier dans le silence. J’ai alors cru qu’il fallait que je me consacre à la reconstruction de La Faute-sur-Mer, tout remettre en marche », a expliqué l’ancien maire, aujourd’hui conseiller municipal de sa commune. René Marratier a alors conclu : « Je veux bien vous demander pardon », non seulement pour cet apparent manque de compassion envers les victimes, mais aussi pour n’avoir pas pris conscience du risque qui menaçait la commune la nuit de la tempête.

Cinq personnes physiques, dont René Marratier, comparaissent, principalement pour homicides involontaires, ainsi que deux entreprises de construction en tant que personnes morales, lors de ce procès auquel participent plus de 120 parties civiles. Le procès doit se terminer le 17 octobre. Le jugement sera rendu le 12 décembre.

Au début de l’audience cet après-midi, l’ancien maire de La Faute-sur-Mer a souhaité faire une déclaration. Il s’est adressé au tribunal et aux victimes.

« M. Le Président, je souhaite dire quelques mots après les premiers jours d’audience consacrés aux victimes. Je ne me suis pas reconnu dans l’homme décrit. Je ne pense pas être cet homme-là. Pourtant, c’est comme cela que les parties civiles me voient. C’est dur, très dur à entendre. Depuis le début de ce procès, je m’interroge sur ce que j’ai pu faire, dire, ne pas dire pour blesser et choquer chacun et chacune d’entre vous.

Certains diront que c’est trop tard mais je veux quand même vous dire qu’au lendemain de la catastrophe, j’étais KO debout devant l’ampleur du drame. Je n’ai peut-être pas eu les mots qu’il fallait. Je m’en excuse. »

« Je me fais tant de reproches »

« Je me sentais responsable de ne pas avoir, sûrement, cette nuit-là, compris ce qui allait se passer. Je m’en excuse. Je ressentais aussi de la colère à mon égard, relayée par les regards, les plaintes, les interviews, le blog.

Je me faisais et me fais tant de reproches que je n’ai pas pu, sûrement, aller vers beaucoup d’entre vous. Je reste persuadé que cette catastrophe m’a fait me replier dans le silence. J’ai alors cru qu’il fallait que je me consacre à la reconstruction de La Faute-sur-Mer. C’est ce que j’ai voulu faire je pense. En y consacrant toute mon énergie, les services de la Ville aussi, malgré ce que vous avez ressenti. Je remercie les adjoints, les employés communaux, les associations, les gars et les filles de la commune qui ont œuvré 7 jours sur 7.

Mais j’ai sûrement eu tort. Il y avait sûrement dans la profondeur, de la douleur et de la souffrance, le temps du deuil et de la compassion. Je m’en rends compte aujourd’hui fortement. Pour cela, je veux vous demander pardon. »

L’audience reprend à 14 h avec la déposition de l’ancien préfet de Vendée, Thierry Lataste.

Le procès reprend ce lundi, à partir de 14 h, au centre de congrès des Atlantes des Sables-d’Olonne. Pour cette troisième semaine, de nombreux témoins seront appelés à la barre, pour mieux cerner le rôle de l’État avant le 28 février 2010. À commencer cet après-midi, par Thierry Lataste, ancien préfet de Vendée, cité par les parties civiles. Avant la tempête Xynthia, il s’était heurté à la résistance d’élus locaux lors de l’élaboration du Plan de prévention des risques d’inondation (PPRI). Mardi, à 14 h, le tribunal entendra le directeur d’enquête. Mercredi, à partir de 9 h, des agents de l’État se succéderont à la barre, dont Stéphane Raison, ancien chef de service à la DDE de 2005 à 2008. Au début des années 2000, il avait pointé du doigt la fragilité de la digue Est de La Faute-sur-Mer, identifiant la commune comme « la plus dangereuse du département ». Jeudi 2 octobre, le tribunal devrait entendre des pompiers. Vendredi 3 octobre, la semaine s’achèvera par la déposition du sénateur socialiste Alain Anziani, auteur d’un rapport sur la culture du risque, cité par l’ancien maire de La Faute, René Marratier.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

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