Archive pour le 3 octobre 2014

Procès Xynthia : « Je verrais très difficilement qu’un petit maire porte la responsabilité du drame »
Lotissements de la Faute-sur-mer, engloutis par les eau après le passage de la tempête Xynthia, le 28 février 2010.
© AFP/ BERTRAND GUAY
 Article du 15/09/2014

Le procès Xynthia s’ouvre aujourd’hui aux Sables d’Olonne. Le 28 février 2010, la tempête Xynthia s’abat sur les côtes. Les flots montent et débordent les digues. Derrière, des lotissements de la commune de la Faute-sur-mer (Vendée) sont engloutis. 29 personnes, piégées pendant leur sommeil, sont mortes. Plus de 120 parties civiles font face à cinq prévenus, parmi lesquels trois élus de la commune, dont l’ancien maire UMP, René Marratier.

Selon le président du conseil général de la Vendée, le sénateur UMP Bruno Retailleau, « la responsabilité est collective ». « Je sais que toute la chaîne du risque a dysfonctionné » souligne l’auteur, avec le socialiste Alain Anziani, d’un rapport d’information du Sénat sur le drame. Il reconnaît la part de responsabilité des élus. « Quand il y a une forte demande de la population pour aller le plus proche de la mer, il y a des élus qui on pu craquer », affirme Bruno Retailleau, pour qui il serait cependant injuste que l’entière responsabilité du drame aille sur leurs seules « épaules ». Entretien.

Qu’attendez-vous du procès Xynthia qui s’ouvre aujourd’hui ?
J’en attends d’abord que les familles, qui ont eu des morts et dont certaines sont pratiquement anéanties, puissent avoir des explications en termes de responsabilités sur ce qui s’est passé cette nuit noire du 28 février 2010. Il faut tirer toutes les leçons de Xynthia, qui s’est transformée en drame humain, qu’on ne revoit plus de drame comme Xynthia ailleurs en France.

Plusieurs élus sont sur les bancs des prévenus. Leur responsabilité doit-elle être établie ?
Je pense qu’il y a un procès, des juges et la justice doit passer et déterminer les responsabilités des uns et des autres. Le Sénat a été en pointe sur Xynthia. Nous avons eu une mission d’information qui s’est rendue sur le terrain, a réalisé des auditions de délégations japonaises pour savoir leur organisation par rapport à la culture du risque. En 2010, en France, la culture du risque était nulle. La responsabilité était très largement partagée. Je verrais très difficilement qu’un petit maire porte sur ses épaules la responsabilité du drame. C’est au juge de le dire. Je sais que toute la chaîne du risque a dysfonctionné.

Il y avait les prévisions qui ne prévoyaient pas de surcotes en mer. On conseillait aux gens de se calfeutrer. Les messages de vigilance n’étaient pas suffisamment clairs. Les maires ont pu négliger l’alerte en pensant que c’était une énième tempête. Il y a l’urbanisme. Bien sûr, les maisons n’auraient pas dû se trouver là. Mais qu’en est-il du contrôle réalisé par l’Etat et la question des digues qu’on n’a pas entretenues ? La responsabilité est collective.

Mais comment a-t-on pu en arriver à autoriser des constructions dans des zones à risque ?
Quand on n’a pas de culture du risque, on n’a pas de conscience du risque. Et quand il y a une forte demande de la population pour aller le plus proche de la mer, il y a des élus qui on pu craquer. 80% de la population dans le monde s’agrège sur le ruban littoral ou autour des estuaires. Et tous les élus n’avaient pas les outils pour y résister. Le rapport du Sénat a montré que le dysfonctionnement s’était fait à trois niveaux : la prévision, la prévention et la protection.

Ségolène Royal déclare ce matin au Parisien qu’« il faut avoir le courage de dire que 17 millions d’habitants vivent en zone potentiellement inondable ». Aujourd’hui, un nouveau La-Faute-sur-Mer est-il possible ?
On a fait beaucoup de progrès depuis Xynthia. On a désormais un système d’alerte de submersion marine avec Météo France qui permet de mieux prévoir. On peut avoir un message beaucoup plus clair vis-à-vis des maires. Les systèmes d’alerte, les plans communaux de sauvegarde et plans de prévention des risques tendent à se généraliser. Mais on peut avoir des défaillances encore. On a énormément de mal sur le terrain pour renforcer les digues. Le système administratif est d’une telle complexité, tout est fait pour retarder les travaux. Certains en France préfèrent protéger quelques grenouilles que la population. Sur le plan digue, il faut être en mesure de simplifier les procédures. Moins de la moitié des digues seront refaites en 2016 à la fin du plan digue décidé en 2012.

Pour le sénateur socialiste Alain Anziani, la responsabilité dans la mort de 29 personnes en 2010 est « partagée » entre élus et État.

La tempête Xynthia avait fait 29 morts en 2010
La tempête Xynthia avait fait 29 morts en 2010 © Sébastien Salom-Gomis

La responsabilité dans la mort de 29 personnes en 2010 à La Faute-sur-Mer (Vendée) après le passage de Xynthia est « partagée » entre élus et État, a estimé vendredi le sénateur (PS) Alain Anziani, rapporteur d’une mission d’information sur les conséquences de la tempête. Cité par l’ancien maire de La Faute-sur-Mer, René Barratier, qui comparaît devant le tribunal correctionnel des Sables-d’Olonne notamment pour « homicides involontaires », le sénateur socialiste de Gironde a déclaré que lors de la tempête, « rien n’a bien fonctionné ».

« Nous sommes dans une chaîne d’irresponsabilités », a-t-il poursuivi, épinglant des « défaillances » dans les systèmes d’alerte, dans l’information auprès de la population, mais aussi sur « le plan de la prévision météorologique », Météo-France n’ayant pas anticipé la veille du drame « l’effet de la vague au sol ». « Quelle est la responsabilité des élus, de l’administration? Au fond, j’ai envie de dire qu’elle est partagée », a lancé le sénateur. Pour étayer son propos, il a cité en exemple « les permis de construire, délivrés par le maire, mais qui avant cela va demander avis aux services de la préfecture ».

« Éviter de nouveaux drames »

« Chacun peut imaginer que le maire va suivre ces avis, à tort ou à raison. Le technicien, ce n’est pas le maire », a souligné M. Anziani. Le rapport de la mission commune d’information du Sénat sur les conséquences de la tempête Xynthia, qui avait fait au total 53 morts en frappant le 28 février le littoral atlantique, principalement en Vendée et en Charente-Maritime, avait fait des préconisations « pour éviter de nouveaux drames ». Le Sénat avait adopté en mai 2011, soit quatorze mois après la tempête Xynthia, un texte visant à mieux prendre en compte le risque de submersion marine, mais les propositions de loi n’ont toujours pas été examinées par l’Assemblée nationale, a rappelé M. Anziani à la barre.

M. Marratier comparaît depuis le 15 septembre aux côtés de son ancienne adjointe à l’urbanisme, du fils de celle-ci, agent immobilier, et de l’ancien directeur départemental des territoires et de la mer. L’action publique s’est en revanche éteinte à l’encontre d’un cinquième prévenu, décédé mercredi d’un cancer du foie. Un mandataire judiciaire a été désigné vendredi par le tribunal pour représenter les deux entreprises de construction dont il était responsable, également poursuivies en tant que personnes morales. Le procès doit se terminer le 17 octobre.

A partir de 14 h 30, le tribunal entendra l’auteur d’un rapport sur la culture du risque.

Le procès reprend aujourd’hui, à 14 h 30, avec la déposition du sénateur socialiste Alain Anziani. Il est l’auteur d’un rapport, après Xynthia, sur la « culture du risque pour éviter de nouveaux drames ». Il y met en évidence l’insuffisance du contrôle de légalité exercé par l’Etat, le qualifiant de « faible, voire inexistant » et le cas des permis de construire délivrés, « une nébuleuse d’irresponsabilité collective ». Alain Anziani est cité par René Marratier.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

Audition du préfet au sénat (flv)

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