Archive pour novembre 2014

Les stratégies du procès de la Faute-sur-Mer étaient claires : incompétence d’un petit élu et absence de l’État pour les uns, recherche d’intérêts personnels et mauvaise image du principal accusé pour les autres. Les propos tenus pendant et autour de ce procès ont suivi ces lignes, aboutissant à une issue sans surprise. Décryptage au travers d’une revue de presse et bilan pour la gestion locale des risques.

Seul contre tous

La stratégie de défense de M. Marratier voulait placer le débat à l’échelle nationale et critiquer la gestion française des risques. La faute ne reviendrait pas au petit maire ayant peu de moyens et trop d’obligations, mais bien à l’Etat et à ses limites. Certes, les maires ont de grandes difficultés à remplir leur rôle, pourtant essentiel dans la gestion locale des risques. Le maire est le premier maillon responsable alors même que le soutien de l’État est largement dénoncé. C’est aussi le mythe connu du petit face au grand, de David contre Goliath.

  1. Marratier était ainsi inclus parmi l’ensemble des élus de communes similaires. Le groupe est plus difficile à attaquer que l’individu, mais M. Marratier s’en est rapidement trouvé exclu. M. Ferchaud, victime de Xynthia et lui-même ancien maire, a énuméré devant le tribunal énumérant ses actions lors de la tempête de 1999. Seule la plaidoirie de la défense rappellera le cadre national du débat et fustigera l’irresponsabilité de l’Etat. Une réaction du président d’une association de maires y fera écho, avec la volonté de mettre le groupe en avant.

Avant et pendant tout le procès, M. Marratier fut l’accusé le plus médiatisé et l’opinion générale a été contre lui. Sa gêne à la barre, le récit de ces emportements contre certains administrés devenus victimes, son refus d’une minute de silence lors du premier conseil municipal post-Xynthia ont été relayés et ont mis à mal l’humble figure d’un petit maire dépassé. Les soupçons de conflit d’intérêts de la famille Babin ont aussi influencé l’atmosphère du procès. M. Marratier s’est ainsi retrouvé accusé pour ses actes et isolé par son image.

Les nouveaux « héros » du grand récit de la catastrophe

La catastrophe de 2010 peut désormais se vivre comme un grand récit communicationnel. La protection de la population est la grande cause mobilisatrice ; les victimes sont malheureusement nombreuses ; la figure du principal accusé très médiatisé ; les héros sont apparus.

Le couple Anil passe du statut d’ « emmerdeurs » à celui de « lanceurs d’alerte » . Mme Anil et M. Marratier se sont combattus, mutuellement accusés d’incompétence. Désormais, les événements ont fait pencher la balance. Les actions et paroles de l’ancien maire face à ces habitants déterminés se retournent contre lui. M. Pinoit a ainsi dépassé son statut de simple opposant politique pour devenir le président de l’association des victimes de la Faute-sur-Mer. Il est le premier à avoir déposé devant le tribunal, fustigeant notamment le maire sur des décisions très symboliques d’aide à la population et de devoir de mémoire. C’est aussi le porte-parole des victimes, se présentant régulièrement devant les médias pendant les pauses du procès.

Une prise de conscience des risques ? Si seulement …

 Une première inconnue concerne le jugement et les peines qui seront données. Les réquisitions sont lourdes et la jurisprudence pèsera fortement sur l’engagement futur des maires, de plus en plus attaqués sur leur gestion locale des risques. Ainsi, en plein procès Xynthia et suite aux inondations meurtrières de Lamalou-les-bains, le maire M. Tailland a communiqué sur ses propres actions et limites tandis qu’une polémique grandissait sur les défaillances communales. Sans oublier que l’État n’a été jugé qu’à la marge sur ses responsabilités, ce qui a pu déteindre sur la qualité des débats et sur le réquisitoire du procureur.

Enfin, ce procès pourrait être bien plus utile qu’aux seules familles de victimes. Il le sera s’il fait prendre conscience des défauts de préparation aux risques des élus et des citoyens ; s’il relance les efforts d’appropriation et de réalisation pratique des plans et mesures de gestion des risques par tous les acteurs ; s’il inculque à la population la nécessité de s’informer sur les risques locaux lors de son installation ; s’il fait comprendre que le risque 0 est impossible et que les services étatiques ne peuvent pas tout prendre en charge ; s’il permet à chacun d’entendre l’importance de se préparer à son échelle, ce qui est encore loin d’être le cas.

Charlie Duplan & Laurent VIbert

2014 11 22 litoralis

2014 11 22 PPRL

2014 11 13 cm

2014 11 04 cm

La Faute 001

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

Audition du préfet au sénat (flv)

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