F. Babin : « Ça fait six ans que je pense à ce qui s'est passé » - F. Babin : « Ça fait six ans que je pense à ce qui s'est passé »

F. Babin : « Ça fait six ans que je pense à ce qui s’est passé »

A la Faute-sur-Mer, la famille Babin est au carrefour d’intérêts croisés, jonglant entre l’agence l’immobilière, l’urbanisme à la mairie et la gestion de la digue.

La famille Babin, mère et fils, c’est un duo vendéen à la Simenon. Il aurait pu le croquer dans ses romans, le décrire ancré dans son pays, âpre au gain, hissé au fil des ans au rang des notables incontournables, nourri par ses deux mamelles, l’immobilier et l’urbanisme.

Le beau-père Babin avait eu le nez fin en achetant des mauvaises terres, ces marais ensablés pourtant constructibles devenus le terreau des lotissements qui agrandirent La Faute, transformée en station balnéaire populaire.

«  Je n’ai pas lu cet article du code de l’urbanisme  »

Sa belle-fille, Françoise Babin prend sa suite avec son mari dans l’agence immobilière puis avec son fils, développant l’affaire, créant une société chargée de réaliser des lotissements. Et puis elle entre au conseil municipal et devient adjointe à l’urbanisme en 1989.
Une passerelle presque naturelle de compétences. Pas tant que ça, assurait-elle hier devant la cour pour se dédouaner par avance. « En vingt-cinq ans à l’urbanisme je n’ai suivi que trois formations. J’aurais aimé en faire plus. Je me suis formée sur le tas. Je pense très sincèrement qu’il aurait mieux valu que je ne sois pas adjointe. »
Le problème, c’est qu’à La Faute, Françoise Babin, c’est un carrefour, un point de passage obligé où se croisent ses intérêts. Elle met en place des opérations immobilières pour son compte personnel… et délivre des permis de construire en mairie. En tout bien tout honneur. La justice n’a rien trouvé à y redire. Elle a cherché, elle n’a pas déniché de conflit d’intérêt au sens pénal. Mais quand même, la justice s’y intéresse encore, se demandant comment concilier cette schizophrénie au regard des règles de sécurité ?
L’avocat général Phelippeau et la présidente Martinez se font mordants à tour de rôle. « Vous ne pensez pas que vous auriez été plus réceptive aux questions liées au risque d’inondations si vous n’aviez pas eu un intérêt financier dans ces opérations ? » La septuagénaire se cabre. « Ça n’a aucun rapport, je n’ai jamais mélangé les deux fonctions. Je suis très affectée qu’on puisse l’affirmer. Je n’ai jamais favorisé ma position d’agent immobilier. »
En treize ans, depuis son élection, elle avait vendu 114 terrains, essentiellement situés dans la «  cuvette de la mort  ».
Les permis de construire, ceux des autres, pas les siens, elle les signait les yeux fermés, comme le maire. « Nous, on n’instruisait pas, c’était le rôle de la DDE. Les permis nous revenaient avec avis favorable on appliquait. » Une «  élue tampon  », une «  adjointe robot de la signature  » qui ne convainc ni la cour ni l’avocat général.
Ils s’étonnent qu’au moment charnière, cette année 2004 où de nouvelles règles d’urbanisme entrent en vigueur elle ne cherche pas à comprendre. Le plancher des maisons doit être bâti 20 cm au-dessus de la cote de référence de 3,90 m stipule l’article 2 des permis. « Le code de l’urbanisme, c’est gros comme ça », se défend Françoise Babin. « Je n’ai pas lu cet article. C’était à la DDE de nous expliquer tout ça. Les 20 cm en plus je pensais que c’était par rapport à la hauteur du terrain pas de la cote. »
Ces maisons de plain-pied non rehaussées sont devenues des pièges mortels. La digue ne les a pas protégées non plus.
Philippe Babin l’agent immobilier présidait l’association des propriétaires de la digue. Un ouvrage de protection dont on lui reproche une surveillance trop légère alors qu’il connaissait ses faiblesses.
Clair, précis, tenace à la barre, Philippe Babin se défend et n’esquive pas. Il estime avoir tenu son rôle. « Pour moi, le soir de la tempête, il était clair que le maître de digue devait surveiller la digue c’était son rôle. » Un point pas aussi clair que ça entre les deux hommes.
Le classement de la digue par l’État en 2005 imposait en cas de tempête de mettre en œuvre une surveillance renforcée avec deux personnes équipées avec gilet de sauvetage et talkie-walkie. Pour quoi faire, semble dire le président Babin : « Si deux personnes étaient restées sur la digue cette nuit-là, elles seraient mortes. Et on me le reprocherait aussi. »

Emmanuel Coupaye

Une réponse à to “Les deux mamelles des Babin (lanouvellerepublique.fr)”

  • Fauxfautais99 says:

    Enfin un journaliste qui n’est pas un simple « robot » se contentant de retranscrire les litanies des prévenus et se permet un peu d’analyse.
    Je reste sur ma faim quand à la dernière stupidité énoncée pour sa défense par Philippe Babin. Qui peut penser, et l’avocat général l’a relevé, que des hommes surveillant la digue seraient restés jusqu’à avoir de l’eau jusqu’au genoux sur cette digue? Leur rôle aurait été justement de partir donner l’alerte en voyant l’eau arriver près du sommet alors que la marée n’est pas pleine.

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