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Le président Sarkozy, ici aux côtés de Chantal Jouanno, secrétaire  d'Etat à l'Ecologie, est revenu en Vendée, 15 jours après le passage de  la tempête Xynthia.

Le président Sarkozy, ici aux côtés de Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, est revenu en Vendée, 15 jours après le passage de la tempête Xynthia.

Photo : Franck Dubray

Photo : Marc Roger

Photo : Philippe Chérel

Lors de son déplacement en Vendée, le chef de l’État a annoncé des mesures importantes en faveur des victimes de la tempête Xynthia, dans la nuit du 28 février au 1er mars. « Les dégâts matériels sont considérables. Mille maisons ont été sinistrées en Vendée, 767 personnes ont dû être évacuées, 192 exploitations agricoles ont été inondées. La profession ostréicole a également payé un lourd tribut. Aujourd’hui, 75 kilomètres de digues sont à reconstruire. »

Pas seulement un catastrophe climatique

Le président Sarkozy l’affirme : « La catastrophe du 28 février n’est pas seulement le produit d’évènements climatiques. Elle est aussi le résultat d’une cascade de décisions litigieuses ou contraires au bon sens, de négligences, de prescriptions non respectées, d’expertises négligées. » Mais pour l’heure, la priorité absolue est « la solidarité nationale. L’heure est à l’indemnisation des victimes et à la réparation des dégâts. »

Efficacité optimale demandée aux assureurs

L’Etat déballe ainsi une série de mesures, allant au-delà de la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, votée dès le 2 mars. « D’ores et déjà, les sinistres de moins de 2 000 euros seront indemnisés, sans expertise, dans les délais les plus rapides, inférieurs à un mois. Je tiens à assurer de ma détermination absolue à obtenir des compagnies d’assurances une célérité et une efficacité optimales. » Nicolas Sarkozy appelle les banques à faciliter l’étalement des échéances de prêts immobiliers « pour que les victimes ne soient pas confrontés à des difficultés supplémentaires de trésorerie. »

Pas de taxe d’habitation et de taxe foncière pour les personnes privées de maisons

Les entreprises touchées par la tempête ont également le soutien de Gérard Rameix, médiateur national des crédits. « A titre exceptionnel, les personnes ayant perdu leur maison dans les zones les plus touchées peuvent faite appel au représentant local du médiateur du crédit, en lien avec Yann Boaretto, le  »monsieur assurances », pour les aider en cas de difficultés éventuelles avec leurs banques. »

Pour les particuliers, le président de la République annonce que « les cotisations de l’année 2010 de taxe d’habitation et de taxe foncière sur les propriétés bâties seront remises en totalité, sur demande du contribuable, lorsque les locaux ont été détruits ou ont subi des dégâts tels, qu’après expertise, ils sont voués à démolition. »

Un mot enfin sur le relogement provisoire des victimes de Xynthia : le chef de l’État affirme que « le groupement des entreprises mutuelles d’assurances a accepté de financer le relogement provisoire pendant six mois de personnes évacuées. »

mardi 16 mars 2010

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, vient de finir son discours au conseil général de Vendée. Le chef de l’État réaffirme les propos tenus en Charente-Maritime en matinée. « Au-delà de l’urgence, il faut que nous nous interrogions sur la question de l’urbanisation des zones à risques. »

Et d’exposer très clairement : « Dans les zones les plus exposées, nous n’avons pas le droit de laisser nos concitoyens se réinstaller comme si de rien n’était. Ce serait irresponsable. D’aileurs, l’idée même de revenir habiter sur les lieux de la catastrophe est impensable pour beaucoup de personnes sinistrées. Comment imaginer reconstruire où il y a eu des morts, où la mort peut de nouveau frapper ? »

Interdire des permis de construire

A La Faute-sur-Mer, où le passage de la tempête Xynthia a provoqué 29 morts, de nombreux lotissements sont concernés par les propos de Nicolas Sarkozy. « Je demande au préfet et aux maires concernés de prendre sans délai les mesures destinées à éviter la réoccupation à des fins d’habitation des sites qui ont été dévastés par la mer. Il en va de la sécurité des personnes. Chacun doit le comprendre. Dans ces zones, il est indispensable que toutes les reconstructions et les aménagements soumis à permis de construire soient désormais interdits. »

Sarkozy prévient les assureurs

Nicolas Sarkozy a un mot d’ordre pour les assureurs des personnes ayant perdu leurs biens dans les inondations. « La solidarité nationale trouvera à s’appliquer, le cas échéant, dans le cadre de procédures d’acquisition amiable ou au travers de mesures d’expropriation pour utilité publique. Mais les assureurs devront aussi prendre leur part à cette charge, en acceptant d’indemniser les sinistrés même lorsqu’ils reconstruiront hors du site où se trouvait leur maison. »

Xynthia certains ne pourront rentrer chez eux dit Sarkozy

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« Nous ne laisserons pas se réinstaller des gens dans des maisons situées dans des lieux où il y a un risque mortel », a déclaré le chef de l’État
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France Info - Un groupe de maisons inondées à La-Faute-sur-Mer, en  Vendée.

Un groupe de maisons inondées à La-Faute-sur-Mer, en Vendée.
© REUTERS / Regis Duvignau

France Info – 12:46

Le président de la République s’est de nouveau rendu en Charente-Maritime et en Vendée, les deux départements les plus touchés par la tempête Xynthia. A La Rochelle, il a annoncé que certains habitants ne pourraient pas retourner vivre dans leur maison : « Là où il y a un risque mortel ». Il assure que les dispositifs d’assurance seront modifiés en conséquence.

Depuis La Rochelle, première étape de son second déplacement dans les départements les plus touchés par la tempête Xynthia du 28 février, Nicolas Sarkozy a annoncé de premières “mesures concrètes” après la catastrophe qui a fait 53 morts, dont 41 en Vendée et en Charente-Maritime.

Les habitants des littoraux vendéen et charentais dont les maisons ont été inondées lors de la tempête Xynthia ne pourront pas réintégrer leur habitation si “un risque mortel” est avéré, a déclaré le chef de l’Etat.

“Nous ne laisserons pas se réinstaller des gens dans des maisons situées dans des lieux où il y a un risque mortel, a-t-il déclaré à l’issue d’une table ronde à la préfecture de La Rochelle avec des élus et des assureurs, notamment.

“C’est un choix lourd, mais nous l’assumons, il n’y aura pas de retour pour un certain nombre de personnes”, a souligné Nicolas Sarkozy.

Le président de la République a évoqué la nécessaire modification de certains dispositifs d’assurance “pour indemniser des personnes qui ne retrouveront pas leurs maisons car elles sont en zone trop dangereuse”.

Nicolas Sarkozy était ensuite attendue à Charron, une commune sinistrée de Charente-Maritime, puis à La Roche-sur-Yon où il prononcera un discours.

mardi 16 mars 2010
Parmi les sujets que doit aborder le président de la République,  l'état des digues en France. Ici celle de la commune de La Faute, après  le passage de la tempête.

Parmi les sujets que doit aborder le président de la République, l’état des digues en France. Ici celle de la commune de La Faute, après le passage de la tempête.

Philippe Chérel

Le chef de l’État doit y tenir un discours, aujourd’hui, après une visite en Charente-Maritime. Au programme, le plan digue et l’avenir des communes sinistrées.

Visite officielle

Il avait promis qu’il reviendrait faire le point avant l’été. Nicolas Sarkozy est déjà de retour, aujourd’hui, sur les lieux du sinistre, juste entre les deux tours des élections régionales. Il sera accompagné de quatre ministres : Jean-Louis Borloo (Écologie), Brice Hortefeux (Intérieur), Bruno Le Maire (Agriculture), Dominique Bussereau (Transports), et la secrétaire d’État à l’Écologie, Chantal Jouanno.

Tous seront reçus à la préfecture de La Rochelle, puis à Charron, commune sinistrée de Charente-Maritime. Ensuite direction la Vendée pour une rencontre avec les ostréiculteurs de Bouin. Au conseil général de Vendée, Nicolas Sarkozy devrait remercier tous ceux qui se sont mobilisés pour aider les victimes, mais surtout aborder le plan digue et l’urbanisation des zones côtières

Des digues en question

Les inondations causées par Xynthia ont relancé le débat sur l’état et l’efficacité des digues. On compte environ 8 000 km de digues en France, pour la plupart du XIXe siècle. Pour un tiers d’entre elles, les propriétaires sont peu ou pas identifiés, et leur état laisse à désirer.

Depuis 2007, toutes les digues de plus d’un mètre de hauteur (environ 5 600 km) sont considérées comme des « ouvrages de danger » censés protéger la population. Elles doivent donc être entretenues et « faire l’objet d’une étude tous les dix ans ». C’est ce que le ministère de l’Écologie a été chargé de vérifier.

Des constructions en danger

Fallait-il construire autant à La Faute-sur-Mer, commune de Vendée cruellement touchée par le drame (29 morts) ? Très rapidement, Philippe de Villiers, président du conseil général, a mis en cause les promoteurs qui « ont bétonné la côte », souhaitant que les zones sinistrées « ne soient plus jamais habitées ».

Les habitants vont-ils pouvoir retourner habiter chez eux ? La question n’est pour l’instant pas tranchée. 329 habitations sont jugées inhabitables à La Faute, 209 à L’Aiguillon et 25 à La Tranche. En France, une commune sur trois est concernée, à des degrés divers, par un risque d’inondation. 100 000 logements ont été construits dans des zones inondables, entre 1999 et 2006.

Des plans de prévention

Après la catastrophe de Vaison-la-Romaine, en 1992, des plans de prévention des risques d’inondations (PPRI) ont été mis en place sous le contrôle des services de l’État. Leur couverture géographique et leur niveau d’exigence sont variables, mais ils permettent de classer en zone rouge, et donc non constructible, certains secteurs. La Faute-sur-Mer n’en est toujours pas dotée. En 2009, le conseil municipal avait demandé au préfet de surseoir à l’enquête concernant son nouveau plan.

Philippe LEMOINE.

7h10
Pour en parler : Thierry Berlemont, habitant de La-Faute-sur-Mer (Vendée). Sa maison a été submergée par 2m40 d’eau. Lui et sa famille ont été sauvés in extremis.

Ecoutez l’interview de Jean-Jacques Bourdin

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Des piles de matelas sur les trottoirs, des montagnes de meubles dans les jardins : deux semaines après la tempête Xynthia, qui a fait 53 morts en France et dévasté des centaines de maisons dimanche 28 février, le soleil n’a pas fini de sécher les côtes ravagées de Charente-Maritime et de Vendée. Mais pendant que les milliers de maisons inondées sont vidées et récurées, chacun sait que le débat sur l’urbanisation intensive de ce littoral à risque ne fait que commencer.

Muni des résultats de l’enquête commandée pour déterminer les causes de la catastrophe, le président de la République, Nicolas Sarkozy, doit se rendre dans ces deux départements, mardi 16 mars, pour préparer « les décisions destinées à améliorer leur protection contre les aléas naturels dans les années à venir ».

Les maires ont été sévèrement mis en cause, au lendemain du drame, pour avoir développé leur commune dans des zones inondables. Le préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot, entré en fonction deux semaines seulement avant la tempête, a eu des mots très durs contre des municipalités accusées d’avoir ignoré les mises en garde répétées des services de l’Etat.

Alors que l’Assemblée nationale comme le Sénat envisagent de former des commissions d’enquête, les élus locaux refusent de porter seuls le chapeau. « C’est toute une chaîne de responsabilités qui est en cause. L’Etat, les municipalités, les promoteurs, les propriétaires, les assureurs : tout le monde connaissait les risques », résume le maire de La Tranche-sur-Mer, Serge Kubryk, qui prépare une communauté de communes avec La Faute-sur-Mer et L’Aiguillon-sur-Mer, les deux villages les plus durement touchés de Vendée.

Si les municipalités ont à tout le moins manqué de prudence, les critiques virulentes de la préfecture masquent aussi un réveil bien tardif des services de l’Etat. Pour sa défense, la préfecture de Vendée brandit aujourd’hui le plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) élaboré par sa direction départementale de l’équipement (DDE), dont les communes auraient retardé l’application. La Faute-sur-Mer, où 29 habitants ont péri noyés, y apparaît presque entièrement en rouge, couleur synonyme d’interdiction de construire en raison d’un risque majeur. L’Aiguillon-sur-Mer, de l’autre côté de l’estuaire du Lay, affiche une bonne quantité de bleu foncé – risque important – et deux vastes zones rouges, dont la pointe de l’Aiguillon, superbe décor sauvage aujourd’hui dévasté où 250 maisons ont été construites, pour la plupart en toute illégalité, depuis les années 1950.

Problème : ce document n’a été élaboré qu’en 2008, alors que l’urbanisation était déjà largement achevée. « Jusque-là, nous avions pour référence un PPRI daté de 2002, d’après lequel L’Aiguillon ne compte aucune zone rouge et où les lotissements de La Faute sont en bleu clair », témoigne le maire de L’Aiguillon, Maurice Milcent, en étalant la carte sur son bureau. C’est d’ailleurs toujours ce document qui fait foi, le nouveau PPRI n’ayant pas encore été soumis à l’enquête publique, en raison notamment de l’opposition du maire de La Faute, René Marratier.

« En toute légalité »

« On peut se demander quel était le sens d’inscrire en zone rouge des parcelles déjà entièrement couvertes de lotissements », observe Joël Sarlot, vice-président du conseil général de Vendée et président du Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement. D’autant plus, ajoute M. Kubryk, que toutes les constructions ont été menées avec la bénédiction des services de l’Etat : « Non seulement, la DDE ne s’est pas opposée aux permis de construire, mais dans de petites communes comme La Faute-sur-Mer, c’est la DDE elle-même qui instruit directement ces permis. L’Etat connaissait donc parfaitement la situation. »

Il savait, ainsi, que les lotissements de la « cuvette » de La Faute-sur-Mer étaient bâtis à 3,70 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer, quand le dossier départemental des risques majeurs établi par la préfecture stipule un niveau minimum de 4 mètres.

« Le vrai drame, c’est que l’essentiel des constructions ont été faites en toute légalité, analyse un responsable régional du littoral. C’est une succession d’erreurs collectives, face à une demande d’urbanisation colossale et à d’énormes intérêts économiques. » Une situation moins facile à résoudre que la recherche d’un coupable.

Grégoire Allix

La Faute-sur-Mer et l'Aiguillon sont les deux communes de Vendée  les plus touchées par la tempête Xynthia.

Photo AFP/FRANK PERRY

Rendre à la nature les quartiers inondés par la tempête Xynthia : l’hypothèse est sérieusement envisagée, alors que le préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot, a interdit toute construction à La Faute-sur-Mer et Aiguillon-sur-Mer, où 174 édifices font l’objet d’arrêtés de péril. D’après nos informations, le Conservatoire du littoral a déjà été approché pour prendre part à une mise au vert qui s’annonce coûteuse et conflictuelle.

Le secrétaire d’Etat au logement a souligné, mercredi 10 mars, que la reconstruction de maisons ne sera pas autorisée « dès lors qu’il y a mise en danger de la vie de personnes ». Selon Benoist Apparu, l’Etat interviendra « en rachetant la maison, de gré à gré ou même, s’il le faut, par expropriation ».

« Dans les quinze jours qui viennent, nous allons faire un microzonage, délimiter les zones sur lesquelles on ne veut pas de reconstruction », a précisé M. Apparu, estimant qu’il ne fallait pas prendre de risque dans « la cuvette de La Faute-sur-Mer ». « Cet épicentre de la tragédie doit être restitué à sa vocation naturelle de marais », a ajouté le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers.

Le « microzonage » risque de prendre une ampleur problématique. Le plan de prévention des risques d’inondation (PPRI), élaboré par la préfecture de Vendée en 2008 et en discussion depuis, devrait être désormais rapidement mis en oeuvre. Or ce plan place en zone rouge, inconstructible, la majeure partie de La Faute-sur-Mer et 250 maisons de la pointe de L’Aiguillon. A Charron, en Charente-Maritime, où n’existe aucun PPRI, « je ne serais pas surpris que la préfecture inscrive en rouge tout ce qui a été inondé, soit environ 200 maisons », indique le maire, Jean-François Faget.

« Aider les gens à se reloger »

Une fois en zone rouge, les maisons se voient interdites de permis de construire et d’autorisations de travaux. En clair, celles qui ont été fragilisées par la tempête devront être abandonnées, celles qui sont encore habitables sont condamnées à se délabrer à petit feu, au risque de former des poches d’insalubrité. « Mieux vaut tout raser d’un coup et aider les gens à se reloger », estime le maire de la Tranche-sur-Mer, Serge Kubryk.

Pas si simple. A La Faute-sur-Mer comme à la pointe de l’Aiguillon, des habitants ont créé des associations pour s’opposer à l’expropriation. Même pour ceux qui sont prêts à partir, se pose la question de l’indemnisation. « Celle-ci couvre le prix de la maison mais pas la valeur du terrain. Cela ne suffira pas pour faire construire ailleurs sur la commune », observe le maire de Charron.

Grégoire Allix

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

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