Archive pour la catégorie ‘Informations’

Quelques jours seulement après la catastrophe qui a touché les départements de la Charente-Maritime et de la Vendée, la question de la responsabilité de l’Etat et des communes sinistrées était clairement posée par les médias.

La commune de La Faute-sur-Mer où près de 26 personnes sont mortes noyées dans leur habitation sous l’effet de la rupture d’une digue censée les protéger de la tempête, se retrouve au cœur de la polémique.

Deux éléments rapportés par différents organes de presse viennent fonder les critiques formulées à l’encontre de ses élus et de la Préfecture de Vendée.

D’une part, le 19 novembre dernier, le conseil municipal de La Faute-sur-Mer avait décidé à l’unanimité de demander à la Préfecture de retarder la mise en œuvre de l’enquête publique du projet de plan de prévention du risque inondation (PPRi) de l’estuaire qui vise à réduire les zones d’urbanisation et encadrer avec plus de rigueur les possibilités de construction (cf. « Polémique sur des constructions en zone inondable », Le Parisien, 02/02/2010).

D’autre part, un rapport rendu public en octobre 2008 du chef de service de la Direction départementale de l’Equipement (DDE) de Vendée, faisait état des risques de crue et de submersion marines dont la survenance « pourrait avoir un impact très important sur les zones densifiées à l’arrière d’un réseau de digues vieillissant » [4].

Au vu de ces deux griefs et des éléments factuels qui apportent un premier éclairage sur les causes de la catastrophe, il apparaît donc nécessaire de se poser la question du respect par les autorités concernées (préfet et maire) des dispositifs réglementaires de prévention des risques d’inondation :

ceux relatifs aux outils de planification et d’information sur les risques majeurs (I.) ;

celui, plus spécifique, relatif à l’obligation d’entretien et de surveillance des digues de protection maritime (II.).

I. Les outils de planification et d’information en matière de prévention des risques majeurs ont-t-ils été correctement mis en œuvre ?

1.-
D’après les informations disponibles sur le site Internet de la Préfecture de Vendée, le représentant de l’Etat a fait une application anticipée du projet de PPRi prévue en cas d’urgence (C. env. L. 562-2), ce qui a pour effet de le rendre immédiatement opposable à toute personne publique ou privée afin de faire obstacle au développement ou à la poursuite de l’urbanisation dans les zones reconnues à risques.

Ce premier élément appelle d’emblée deux observations :

sans la mise en œuvre de cette procédure d’urgence, le zonage réglementaire du PPRi ne serait pas encore adopté alors que le Plan a été prescrit le 29 novembre 2001 [5] ;

l’absence d’approbation de ce document a dispensé la commune de La Faute-sur-Mer de l’élaboration d’un plan communal de sauvegarde (cf. Loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile, art. 13) qui aurait permis la mise en œuvre d’un dispositif renforcé d’information et d’organisation des secours.

2.-
Pour autant, la commune de La Faute-sur-Mer et la Préfecture de Vendée restaient soumises au régime général – moins contraignant – de la prévention des risques majeurs, outre l’obligation d’agir qui leur incombait au titre de leurs pouvoirs de police générale (respectivement, art. L. 2212-25, L. 2212-4 et L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales).

En effet, dans les communes sur le territoire desquelles a été prescrit ou approuvé un plan de prévention des risques naturels prévisibles, le maire doit désormais informer la population au moins une fois tous les deux ans, par des réunions publiques communales ou tout autre moyen approprié, sur les caractéristiques du ou des risques naturels connus dans la commune, les mesures de prévention et de sauvegarde possibles, les dispositions du plan, les modalités d’alerte, l’organisation des secours, les mesures prises par la commune pour gérer le risque, ainsi que sur les garanties prévues à l’article L. 125-1 du code des assurances (C. env., art. L. 125-2 ; Loi no 2003-699 du 30 juillet 2003, relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages, art. 40).

Cette information est déterminée à partir d’un dossier synthétique (dossier départemental sur les risques majeurs, DDRM) établi par le préfet [6] qui comprend « l’énumération et la description des risques majeurs auxquels chacune [des] communes est exposée, l’énoncé de leurs conséquences prévisibles pour les personnes, les biens et l’environnement, la chronologie des événements et des accidents connus et significatifs de l’existence de ces risques et l’exposé des mesures générales de prévention, de protection et de sauvegarde prévues par les autorités publiques dans le département pour en limiter les effets » (C. env., art. R. 125-11-II).

Un document d’information établi par les communes concernées (dossier d’information communal sur les risques majeurs, DICRIM) reprend les informations ainsi définies par le préfet. « Il indique les mesures de prévention, de protection et de sauvegarde répondant aux risques majeurs susceptibles d’affecter la commune. Ces mesures comprennent, en tant que de besoin, les consignes de sécurité devant être mises en œuvre en cas de réalisation du risque » (C. env., R. 125-11-III).

L’examen du DDRM et du DICRIM de la commune de La Faute-sur-Mer sont donc nécessaires pour apprécier la pertinence des mesures de sécurité qu’ils prévoient et leur bonne application lors de la catastrophe.

3.-
Une autre obligation s’imposait aux autorités locales en vertu de l’article L. 563-3 du code de l’environnement. Dans les zones exposées au risque d’inondation, le maire, avec l’assistance des services de l’État, doit en effet procéder à l’inventaire des repères de crues existant sur le territoire communal et établir les repères correspondant aux crues historiques, aux crues exceptionnelles et aux submersions marines.

Ces repères doivent tenir compte de la configuration des lieux, de la fréquence et de l’ampleur des inondations et de l’importance de la population fréquentant la zone.

Surtout, ils doivent être répartis sur l’ensemble du territoire de la commune et être visibles depuis la voie publique (C. env., art. R. 563-11 à R. 563-15).

La question du respect par les autorités locales de la réglementation relative à l’entretien et à la surveillance des digues de protection s’avère tout aussi déterminante.

II. Un défaut d’entretien et de surveillance de la digue de protection peut-t-il être reproché aux autorités ?

1.-
La loi n°2006-1772 du 30 décembre 2006, sur l’eau et les milieux aquatiques a posé le cadre légal d’un dispositif visant à renforcer la sûreté et la sécurité des ouvrages hydrauliques auxquels se rattachent les digues de protection.

Le décret n° 2007-1735 du 11 décembre 2007 est venu préciser les obligations mises à la charge de leur propriétaire ou exploitant (C. env., art. R. 214-112 et suivants). Ils leur incombent :

de justifier de la réalisation d’une étude de danger par un organisme agréé (C. env., art. R. 214-115) ;

de tenir à jour un dossier qui contient notamment tous les documents relatifs à l’ouvrage, permettant d’avoir une connaissance la plus complète possible de sa configuration exacte, de sa fondation et de son environnement hydrologique (C. env., art. R. 214-122) ;

d’assurer la surveillance et l’entretien de son ouvrage (C. env., art. R. 214-123) ;

de procéder à des vérifications du bon fonctionnement des organes de sécurité et à des visites techniques approfondies, et notamment avant le 31 décembre 2009, à un diagnostic de sûreté de cet ouvrage.

Le contrôle et le suivi de ces obligations incombent sur le fondement du même décret aux services de l’Etat, qui sont ainsi tenus :

d’identifier les différents propriétaires ou exploitants de digues ;

de leur rappeler leurs obligations et les inciter, le cas échéant en les y contraignant, à prendre en charge les travaux d’entretien et de restauration des digues.

La question qui se pose au cas présent est donc de savoir si l’ensemble des règles attachées au fonctionnement de ces ouvrages a été respecté, nonobstant, ainsi que le précise le rapport précité de la DDE, l’existence en 2007 d’un lourd programme de réhabilitation en cours sur la digue de protection qui a rompu lors de la tempête.

2.-
L’hypothèse d’un défaut d’entretien et de surveillance de cet ouvrage ouvre en effet la voie à l’engagement de la responsabilité du propriétaire de la digue et/ou de celui qui en assure la gestion, à savoir la commune de La-Faute-sur-Mer, ainsi que semble le préciser le rapport précité de la DDE.

En dehors de la question de l’engagement de la responsabilité pénale des autorités locales, les habitants des constructions inondées – ou leurs assureurs – pourraient ainsi obtenir réparation de leur préjudice.

Il convient de relever que cet autre terrain d’engagement de la responsabilité administrative de la commune est plus favorable que celui visant à faire sanctionner la délivrance illégale de leur permis de construire, admis avec réserve par le juge administratif.

Ce dernier considère en effet que la délivrance d’un permis de construire en zone inondable n’est pas illégale en soi – et donc fautive -, dès lors qu’existent des digues de protection et que le permis est assorti de prescriptions spéciales comme la construction sur pilotis ou à un niveau refuge à une hauteur suffisante (cf. CE 29 oct. 2008, Min. des transports, de l’équipement, du tourisme et de la mer c/ Cne de Tarascon, n°304393).

L’existence d’un défaut d’entretien et de surveillance de la digue conduirait également à écarter toute exonération au moins totale de la responsabilité de la commune, souvent reconnue par le juge dans ce domaine, qui considère que la victime ne pouvait ignorer le caractère inondable de son terrain (cf. CE, 23 janvier 1991, Cne de Vitrolles, n° 48498 ; CE, 22 août 2007, Ministre de l’Equipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer, n° 260963).

La question de l’exonération de la responsabilité des autorités publiques en raison du caractère de force majeur des inondations doit quant à elle, être appréciée – et relativisée – au regard d’une jurisprudence désormais acquise selon laquelle la déclaration d’un arrêté de catastrophe naturelle n’entraîne pas obligatoirement la qualification d’un événement de force majeure (cf. CE, 2 oct. 1987, Cne de la Bastide Clairence, n° 71122 ; CAA Marseille, 19 fév. 2007, S.A. Jean Spada, n° 04MA00252).

3.-
La carence des autorités publiques, si elle s’avère caractérisée, peut évidemment se voir sanctionner devant par le juge pénal sur le fondement des articles 221-6 et 222-19 du code pénal qui répriment les homicides et blessures involontaires.

Sous l’empire de cette incrimination, un maire a été condamné pour s’être abstenu de procéder à l’évacuation d’un hameau alors qu’il avait pleinement conscience du risque d’avalanche sur ce secteur (Trib. Corr. de Bonneville, 17 juillet 2003, M. Michel C., n° 654/2003).

Cette incrimination a été au contraire rejetée dans une affaire où il a été établi que les mesures de sécurité prises avant et le jour même de l’accident étaient conformes à celles qui sont attendues de la part de responsables normalement prudents et diligents, compte tenu des informations portées à leur connaissance, et qu’aucun manquement à une obligation de sécurité n’était caractérisée (Cass. crim., 29 mars 2000, M. Lakhdari et autres, n° 99-81704).

En guise de conclusion, il convient de relever que l’ensemble des documents ci-dessus énumérés qui permettent d’apprécier les éventuelles responsabilités des autorités publiques concernées (dossiers d’information sur les risques majeurs, rapports et études sur l’entretien et la surveillance des digues, etc.) sont des documents administratifs communicables de plein droit à toute personne en faisant la demande.

Gageons que, suivant cette logique de transparence de l’action administrative, la remise du pré-rapport sur les causes de la catastrophe le 13 mars prochain par le Conseil général de l’environnement et du développement durable et l’Inspection générale de l’administration (communiqué du Conseil des Ministres du 3 mars 2010), soit l’occasion d’une diffusion la plus large possible de ces documents.

Maître Simon WILLIAMSON – Avocat au Barreau de Paris – Docteur en droit

[1] RAISON S., Le classement des digues littorales au titre de la sécurité civile : un exemple de mise en œuvre en Vendée in Xèmes Journées Nationales Génie Côtier – Génie Civil, 14-16 octobre 2008, Sophia Antipolis, http://www.paralia.fr/jngcgc/10_27_raison.pdf ; cf. J-P-D, La Faute-sur-Mer : la DDE avait prévenu des risques ?, Le Moniteur, 02/02/2010.

[2] Cf. Dossier communal d’information à destination des acquéreurs et des locataires de biens immobiliers sur les risques naturels et technologiques, http://modules.vendee.pref.gouv.fr/risquesTechno/fichiers/307_dossierRisque.pdf

[3] Le dossier départemental des risques DDRM de la Vendée est disponible sur le site Internet de la Préfecture à l’adresse suivante : http://www.vendee.pref.gouv.fr/sections/thematiques/securite/securite_civile/risques_naturels_et/dossier_departementa/downloadFile/file/Dossier_departemental_des_risques_majeurs.pdf ?nocache=1204652305.04

[4] RAISON S., Le classement des digues littorales au titre de la sécurité civile : un exemple de mise en œuvre en Vendée in Xèmes Journées Nationales Génie Côtier – Génie Civil, 14-16 octobre 2008, Sophia Antipolis, http://www.paralia.fr/jngcgc/10_27_raison.pdf ; cf. J-P-D, La Faute-sur-Mer : la DDE avait prévenu des risques ?, Le Moniteur, 02/02/2010.

[5] Cf. Dossier communal d’information à destination des acquéreurs et des locataires de biens immobiliers sur les risques naturels et technologiques, http://modules.vendee.pref.gouv.fr/risquesTechno/fichiers/307_dossierRisque.pdf

[6] Le dossier départemental des risques DDRM de la Vendée est disponible sur le site Internet de la Préfecture à l’adresse suivante : http://www.vendee.pref.gouv.fr/sections/thematiques/securite/securite_civile/risques_naturels_et/dossier_departementa/downloadFile/file/Dossier_departemental_des_risques_majeurs.pdf ?nocache=1204652305.04

Le rond point entre l’Aiguillon sur Mer et la Faute sur Mer fermé. L’Hotel du commerce est sous surveillance pour risque d’effondrement!

 L'heure est au nettoyage, une semaine après la tempête. Ici, des  habitants de La Faute-sur-Mer vident leur maison.

  • L’heure est au nettoyage, une semaine après la tempête. Ici, des habitants de La Faute-sur-Mer vident leur maison.

    Marc Roger

Les risques d’inondations étaient connus de tous à La Faute-sur-Mer (Vendée). Mais peu de monde y croyait vraiment. Malgré les alertes répétées des services de l’État.

Les alertes pour prévenir les inondations ont été récurrentes, en Vendée. Dès 2003, tirant les leçons de la tempête de 1999, l’État publiait un rapport sur les risques majeurs. L’administration identifiait neuf communes du littoral soumises « à un risque avéré d’inondation maritime avec enjeu humain ». Le même rapport relevait qu’à des degrés divers, la quasi-totalité des communes du littoral vendéen étaient menacées.

En 2008, c’est un autre document, signé de Stéphane Raison, qui tirait la sonnette d’alarme. Avec une grande précision, le chef des services maritimes de la DDE (Direction départementale de l’Équipement) montrait à quel point les deux communes aujourd’hui sinistrées – La Faute-sur-Mer et L’Aiguillon-sur-Mer – étaient menacées par la crue du Lay et la submersion marine. Il prophétisait « des dégâts majeurs aux biens et aux personnes ». Force est de constater que cet ingénieur des Ponts-et-Chaussées avait vu juste.

L’État a freiné

Sur fond de développement économico-touristique lancé à toute vapeur (la Vendée est le 2e département touristique), les alertes répétées ont-elles été prises suffisamment au sérieux ? « Il y a eu une forme de surdité de la part de certains, admet un élu vendéen préférant qu’on ne cite pas son nom. Mais c’est le cas d’un peu tout le monde, y compris des habitants. » Ce que confirme un adhérent de l’association de propriétaires privés du Havre, à La Faute-sur-Mer, qui, lui aussi, requiert l’anonymat.

Chaque année, certains d’entre eux posent caravanes ou mobile-homes pour profiter des charmes de la presqu’île. Depuis trente ans, ils réclament de pouvoir « obtenir un peu plus de confort, de l’eau et de l’électricité ». En clair, ils rêvaient de pouvoir bâtir des habitations plus durables. Avec le soutien du maire, René Marratier. Mais la préfecture a toujours freiné des quatre fers.

Le 17 septembre 2008, jour de grande marée d’équinoxe, l’association avait même invité des élus à constater « le rôle protecteur de la digue du Lay ». « On pensait que ce n’était pas inondable, tout simplement parce que ça n’avait jamais été inondé », clame un autre ardent militant de cette association de propriétaires.

Autre illustration de cette insouciance généralisée, en novembre, avec l’élaboration du Plan de prévention des risques d’inondation (PPRI), qui a fait couler beaucoup d’encre dans la commune. Agacé par les contraintes de l’État, le conseil municipal demande alors au préfet de surseoir à l’enquête concernant ce plan. Aujourd’hui, dans la commune meurtrie par Xynthia (29 morts), ils ne sont pas nombreux à critiquer le maire ou son adjointe en charge de l’urbanisme, Françoise Babin. Depuis hier, circule une pétition de soutien au maire. Comme si, dans ce « naufrage » collectif, chacun faisait désormais son mea culpa.

Dimanche 7 mars

Documentaire sur la tempête

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Le préfet de Vendée met en cause les maires qui auraient laissé construire sans tenir compte des risques.

Les maires de certaines communes du littoral vendéen ont-ils péché par irresponsabilité  ? La polémique a rebondi ce week-end alors qu’on a découvert qu’une étude de la direction départementale de l’équipement (DDE) avait conclu que des maisons de La Faute-sur-Mer, où l’on a retrouvé la quasi-totalité des 29 morts de Vendée, avaient été construites sur des espaces gagnés sur la mer, « ne tenant pas compte de la mémoire du risque ». Le maire de la commune, René Marratier, est accusé, notamment par le préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot, de ne pas avoir entendu les avertissements des services de l’État. Bien qu’alerté sur le caractère vétuste des digues, il aurait notamment négligé leur remise en état. Pire, selon Europe 1, l’adjointe au maire en charge de l’urbanisme, Françoise Babin, aurait délivré des permis de construire de complaisance à son fils, agent immobilier, pour la construction de deux lotissements situés derrière la digue. Des accusations rejetées par Philippe Babin, qui a affirmé au Journal du dimanche n’avoir travaillé qu’après avoir obtenu des avis favorables de la DDE. Quant au maire, interrogé par Ouest-France, il se défend en rappelant que « La Faute-sur-Mer est en grande partie inondable » et que « le rôle du maire est de développer sa commune ».

En attendant que le prérapport de la mission d’inspection des ministères de l’Équipement et de l’Intérieur, publié en fin de semaine, éclaire la question des responsabilités, le préfet a pris des mesures de précaution. Samedi, il a adressé des lettres aux édiles de La Faute-sur-Mer et de L’Aiguillon-sur-Mer pour interdire toute nouvelle construction et demander la fermeture du camping de La Faute-sur-Mer. Il a également regretté que « l’établissement des deux plans de prévention des risques d’inondation [PPRI] ait été retardé dans les deux communes ».

La maison détruite, chemin du Fort, sur la pointe de L’Aiguillon.

  • La maison détruite, chemin du Fort, sur la pointe de L’Aiguillon.

La préfecture de Vendée insiste pour que les sinistrés fassent évaluer la solidité de leur habitation, après le passage de la tempête Xynthia. La direction des affaires sanitaires et sociales a mis en place une cellule technique pour inspecter les habitations fragilisées. « On visite une quinzaine de maisons par jour », détaille William Danieau, technicien de l’Apave. Ce soir, la préfecture annonçait avoir 43 demandes de visite en attente. La Ddass a prévu de porter l’effectif à quatre personnes à partir d’aujourd’hui. Pour l’Apave, « quand il y a risque immédiat, on doit évacuer la maison tout de suite ».

A La Tranche-sur-Mer, le maire Serge Kubryk a pris un arrêté de mise en sûreté pour treize habitations du secteur Sainte-Anne, avenue des Mouettes : « Les gens sont réceptifs, mais demandent comment ils doivent se protéger. Nous avons questionné l’Etat à ce sujet, nous l’avons relancé, mais nous n’avons pas de réponse pour l’instant. »

Hier, la préfecture annonçait 86 arrêtés de mise en sûreté dans deux lotissements de La Faute-sur-Mer. Elle insiste sur la nécessité de faire évaluer les risques : l’effondrement partiel d’une maison, à L’Aiguillon-sur-Mer, lui donnait un argument de poids.

L’eau de mer a envahi plusieurs lotissements, dont celui où, à La Faute-sur-Mer, vivaient Muriel et Patrice, deux Orléanais installés depuis deux ans à La Faute-sur-Mer.
Ce mardi, les obsèques de Muriel et Patrice Rousseau se dérouleront en l’église St-Paterne. Le couple a péri dans les inondations de La Faute-sur-Mer (Vendée) où il s’était installé depuis peu.

Sur les 59 victimes de Xynthia, 29 ont péri dans la commune de La Faute-sur-Mer (Vendée), pour l’essentiel des résidents domiciliés dans le lotissement de la rue des Voiliers, véritable cuvette où l’océan s’est invité. Et parmi eux, Muriel et Patrice Rousseau, tous deux âgés de 56 ans, des Orléanais oriiginaires de Saint-Cyr-en-Val et Pithiviers et dont les obsèques auront lieu ce mardi après-midi dans la cité johannique.

Lundi, Alexandre, 27 ans, l’un des trois fils de Patrice Rousseau, était encore sous le choc. « Mon père et ma belle-mère avaient décidé de s’installer là bas, voilà un an ou deux. Ils étaient en location dans le fameux “lotissement des Voiliers“ que toutes les télés ont montré submergé (…) Alertés par les infos dès le dimanche matin, nous avons tenté de les contacter. Ma grand-mère paternelle, 86 ans, a téléphoné de nombreuses fois. En vain.

Et la terrible nouvelle tant redoutée finit par tomber : les deux corps, retrouvés à sept ou huit cents mètres du pavillon occupé par le couple d’Orléanais, sont bien ceux de Muriel et Patrice Rousseau.

La colère monte du coté des sinistrés.

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LA ROCHE-SUR-YON, 8 mars 2010 (AFP) – La solidarité battait encore son plein lundi en Vendée, neuf jours après le passage de la tempête Xynthia, avec des offres de logements, des dons mais aussi des aides matérielles pour les sinistrés des deux communes les plus concernées.

Une cellule d’aide a reçu 700 offres de logements dont 190 ont été retenues, aussi bien dans des résidences secondaires mises à disposition par leurs propriétaires qu’auprès de bailleurs sociaux ou encore dans des mobile homes, a indiqué lundi la direction départementale de la cohésion sociale de la Vendée. Sur 63 familles qui ont fait des demandes de relogement, 49 avaient déjà été relogées lundi. Ces logements sont pour la plupart temporaires jusqu’au mois de juin. Les nombreux sinistrés de La Faute-sur-Mer et de l’Aiguillon-sur-Mer ont tenu à rester proches de leurs maisons dévastées, précise-t-on de même source. La Fondation de France et France Télévisions ont collecté en moins d’une semaine par le biais d’un appel aux dons plus de 350.000 euros. « Une commission va se mettre en place cette semaine » pour mettre ces fonds à disposition des familles ou des exploitations les plus en détresse, a expliqué à l’AFP Yann Desdouets, délégué régional Pays de la Loire de la Fondation de France. Lundi, l’association du parc du Puy du Fou a a expliqué qu’elle allait venir collecter « les linges de maison et les habits des sinistrés » qui seront lavés par le pressing du Puy du Fou (capacité de 5.000 costumes de spectacles chaque semaine) avant d’être remis à leurs propriétaires, a indiqué son président, Nicolas de Villiers.

Plusieurs centaines d’hommes venus d’une vingtaine de départements se sont relayés toute la semaine pour prêter main forte à leurs homologues Vendéens.

La formidable mobilisation des Sapeurs-Pompiers de France
La formidable mobilisation des Sapeurs-Pompiers de FranceLa formidable mobilisation des Sapeurs-Pompiers de France

Une semaine après la tragédie vécue par le littoral vendéen, le calme revient progressivement sur les secteurs les plus touchés, notamment les communes de l’Aiguillon et de la Faute-sur-Mer.

Après le pompage des quartiers sinistrés, l’heure est à présent au nettoyage des rues et des habitations.
Un travail fastidieux pour lequel les Sapeurs-Pompiers sont une fois encore sur le pont.

Lundi matin, 200 d’entre eux étaient toujours sur le terrain pour des opérations d’épuisement et d’assèchement des maisons. Munis de mini pompes et d’aspirateurs à eau, ils agissent maison par maison, où il restait encore ce week-end entre 4 et 10 centimètres d’eau. Avec un objectif : le retour à la normale le plus vite possible.

Dans cette mission fastidieuse, les Vendéens sont soutenus depuis le départ par l’Unité de Sécurité Civile de Nogent le Rotrou.
« Spécialisés en sauvetages, déblaiements et inondations, ces hommes ont montré une redoutable efficacité tous ces derniers jours » explique l’officier Isabelle Forestier, responsable communication du SDID, « Pré positionnés dès samedi soir 27 février à Poitiers, ils sont ainsi arrivés sur place parmi les premiers dès 6 heures du matin et n’ont pas ménagé leurs efforts. »

A l’image de leurs collègues vendéens : depuis huit jours, les volontaires du SDIS auront montré un dévouement et un courage forçant l’admiration de tous, ne comptant ni leurs heures, ni leur énergie.

Dimanche 28 février : 500 Sapeurs-Pompiers en action

Tout au long de la semaine dernière, la grande famille des Sapeurs-Pompiers a montré sa réactivité et son sens de l’entraide.

« Au fur et à mesure des jours, nous avons bénéficié de plusieurs colonnes de renfort venues de toute la France » précise le Colonel Montaletang, directeur du SDIS 85 « Une vingtaine de départements est venue nous prêter main forte.  Comme lors de chaque opération de grande ampleur, tout le monde a répondu présent, des plongeurs du Morbihan et de l’Ille et Vilaine aux spécialistes en inondations des Yvelines… »

Venant de l’Ile de France, du Gard, de Bretagne ou du Maine et Loire, plusieurs centaines d’hommes se sont ainsi relayés aux côtés des Vendéens, faisant preuve d’une magnifique solidarité et d’une remarquable efficacité.

« Nous avons appliqué le dispositif de la sécurité civile qui a fait ses preuves lors de grandes catastrophes,  avec très présent chez les hommes, la notion de solidarité. »

Prenant le relais de leurs homologues vendéens épuisés, les Sapeurs-Pompiers venus en renfort ont été placés sous le commandement du Commandant des opérations des secours, qui a la particularité de changer toutes les 12heures.
« A situation exceptionnelle, dispositif exceptionnel : toutes les 12 heures, on change une partie de la chaine de commandement, en raison de la fatigue, physique et nerveuse liée à ce genre d’événement, qui dure depuis déjà huit jours » explique Isabelle Forestier.

Au plus fort de la mobilisation le week-end dernier, pas moins de 500 Sapeurs-Pompiers se trouvaient sur les zones de l’Aiguillon et de la Faute.

Avec naturellement parmi eux, beaucoup de Vendéens.

« Nous n’avons pas fait appel aux casernes du Nord Vendée, mobilisés de leurs côtés sur leurs chantiers de Bouin, de Beauvoir ou de la Barre de Monts. Sans compter qu’il fallait dans le même temps assurer la continuité de l’activité du SDIS et maintenir des effectifs constants dans tout le département, pour répondre aux appels habituels. »

Mis à l’honneur à l’Historial de la Vendée depuis décembre dernier, les Sapeurs-Pompiers ont prouvé -si besoin était – leur dévouement et leur courage.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

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