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De Christian GAUVRY (AFP)

LA FAUTE-SUR-MER, Vendée — Il y a une semaine, le dimanche 28 février, la tempête Xynthia a fauché sur son passage la vie de 29 personnes à La Faute-sur-Mer, petite station balnéaire du sud-Vendée, un coin de paradis devenu en quelques minutes un enfer pour les habitants surpris dans leur sommeil.

Le 28 février à 01h00, les premiers appels parviennent aux pompiers de Vendée: rien de spectaculaire, des arbres couchés par le vent qui commence à s’abattre. Dans la commune de La Faute-sur-Mer, les habitants dorment encore pour la plupart, malgré l’alerte rouge déclenchée par Météo France.

« Des tempêtes, l’hiver, c’est pas exceptionnel, on a l’habitude ici », explique un habitant.

03h23: un jeune pompier est appelé d’urgence. Le temps d’arriver au centre de secours, il ne peut plus y accéder: l’eau est déjà présente partout.

03h30: les premiers coups de fils angoissés d’habitants inondés parviennent aux pompiers, « et là, on prend conscience qu’il se passe quelque chose de grave », explique un responsable.

« J’ai entendu un bruit d’eau, comme un bruit de tuyauterie qui avait pété, il n’y avait plus de lumière, j’avais de l’eau jusqu’aux chevilles », raconte Jean-Claude, 65 ans, qui loue une petite maison et dort seul ce soir-là, car sa femme a été hospitalisée vendredi.

Deux minutes plus tard « le frigo est passé devant moi en flottant », raconte le rescapé qui ne sait pas nager et va échapper à la mort en brisant un volet, puis en parvenant par miracle à se hisser sur son camping-car où va commencer la longue attente dans la nuit noire, le froid et le vent.

Dans toutes les maisons de La Faute-sur-Mer, l’eau monte. Vite.

Certains témoins racontent avoir vu une vague s’engouffer dans les lotissements par le sud, puis une autre d’un mètre passer par-dessus la digue à l’est, le long de l’estuaire du Lay.

En une demi-heure, le niveau de l’eau a atteint 2,50 mètres dans certaines habitations, piégeant les occupants dans leur sommeil. Certains se réveillent alors que leur lit flotte sur plus de 1,50 m d’eau.

Ceux qui se sont réveillés essaient de se mettre à l’abri. Dehors, les cris des survivants qui cherchent leurs proches dans la pénombre et appellent au secours se perdent dans le vent qui atteint les 120 km/h.

« A 04h00, on s’inquiétait sérieusement, j’ai cru qu’on allait y passer », explique Valérie qui avec son mari Thibault et leurs quatre enfants se sont réfugiés au premier étage de la maison familiale.

C’est une longue attente qui commence dans des lotissements devenus des lacs. Marcel Wagner et son épouse se réfugient dans « un nid douillet », le grenier au-dessus du garage.

Jusqu’au lever du jour, l’eau, le froid et l’épuisement vont continuer à faire des victimes, principalement des personnes âgées, tandis que les secours tentent de sauver un maximum de vies.

Au lever du jour, l’ampleur des dégâts se révèle aux survivants. Les pieds en sang à force de les frapper pour ne pas qu’ils gèlent, Jean-Claude voit passer devant lui un corps flottant sur le ventre. Plus loin, deux personnes à bout de force s’accrochent à des palettes de parpaings.

Jean-Claude voit alors arriver un canot de pompiers. Les opérations d’évacuation battent leur plein.

Dans la matinée commence le long décompte macabre devant une nuée de journalistes. Trois morts à 09h00, huit à 14h00 et le bilan va continuer à s’alourdir au fil de la journée devant des habitants incrédules.

Six jours plus tard, une marche silencieuse rend hommage aux victimes de la catastrophe dans le petit village: 29 selon un bilan toujours provisoire.

Dimanche, une semaine après le drame, les cloches de l’église de La Faute-sur-Mer vont de nouveau sonner. L’eau n’est plus là, la boue l’a remplacée et avec elle vient le temps du nettoyage, mais pas le temps de l’oubli pour les habitants que la catastrophe a marqué pour longtemps.

Une semaine tout juste après la tempête qui a ravagé la Vendée et la Charente Maritime, une marche était organisée samedi, de l’Aiguillon-sur-mer à La Faute-sur-mer, les deux communes les plus touchée par Xynthia. Rien que dans la petite ville de la Faute-sur-mer, il y a eu 29 des 53 morts de cette tempête… Ecoutez le reportage de Nicolas Bauby, correspondant RTL dans le grand Ouest.

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le 06 mars 2010 à 17h23, mis à jour le 06 mars 2010 à 17:34
350 personnes ont participé samedi au cortège entre l’Aiguillon et la Faute « pour ceux qui ont disparu, mais pour ceux qui restent aussi et qui ont tout perdu ». Pour empêcher badauds et pilleurs ou même qui gênent les secours, les autorités ont déployé des renforts ce week-end. Pour entrer, il faut un laisser-passer.
Marche silencieuse à l'Aiguillon-sur-Mer 6 jours après la tempête, le 6 mars 2010
Marche silencieuse à l’Aiguillon-sur-Mer 6 jours après la tempête, le 6 mars 2010 © TF1-LCI

Une marche silencieuse a réuni samedi après-midi environ 350 personnes de L’Aiguillon-sur-Mer à La Faute-sur-Mer, deux communes de Vendée où 29 victimes ont été dénombrées après le passage de la tempête Xynthia le week-end dernier, a constaté l’AFP. « C’est une marche pour ceux qui ont disparu, mais pour ceux qui restent aussi et qui ont tout perdu« , a expliqué à l’AFP Olivier Magny, un commerçant en tête du cortège.

Dans les deux communes, la solidarité bat son plein depuis six jours, à l’image de cette marche initiée par Mélanie Vimont, 17 ans et demi, apprentie fleuriste à L’Aiguillon-sur-Mer. Relayée par les commerçants et le bouche à oreille, elle a réuni de nombreux habitants solidaires qui ont marché de la mairie de L’Aiguillon-sur-Mer à celle de La Faute-sur-Mer où deux gerbes ont été déposées pour « tous les sinistrés« . Une minute de silence a été respectée et un mot de soutien d’un touriste du sud de la France, venu en vacances dans les communes touchées et ému par les images diffusées par les télévisions, a été lu, déclarant : « nous pensons très fort aux sinistrés, aux victimes, aux enfants« .

Des barrages contre les curieux et voleurs

Non loin des maisons éventrées par les flots, les autorités ont déployé des renforts ce week-end dans les zones sinistrées de Charente-Maritime et Vendée pour faire barrage aux badauds et aux pilleurs attirés par le spectacle de désolation laissé par la tempête. A l’entrée de Charron, il faut montrer patte blanche. « Ils bloquent l’accès du village, j’ai dû me justifier« , raconte à l’AFP Carl Rivalin, un sinistré de Charron qui a sauvé sa famille en s’échappant par les combles. Dès le lendemain, « des gens prenaient des photos« , se souvient-il, « ils n’avaient pas autre chose à faire alors qu’il y avait encore des gens à secourir !« . « On a constaté depuis dimanche des gens, des voitures de l’extérieur, qui sont venus, qui ont pris des photos. Le spectacle était beau ? Un peu de respect !« , lance, furieux, le maire de Charron, Jean-François Faget. Et même « cela gêne les secours », a affirmé sur LCI le maire adjoint de l’Aiguillon-sur-Mer.

Les autorités redoutent une recrudescence de ce voyeurisme avec le week-end, à la faveur du beau temps annoncé. « Tout le monde va vouloir venir voir. Cette curiosité est vraiment malsaine« , s’insurge le capitaine Gildas Kerdonkuff, porte-parole des secours et de la cellule de crise de Charente-Maritime. « Des gens enjambent nos tuyaux, on a des camions qui reculent dans tous les sens, il faut nous laisser travailler« , implore-t-il.

« Aucun piéton ne peut passer, sauf s’il a un laisser-passer« 

Les opérations de pompage et de nettoyage se multiplient sur les zones sinistrées tandis que les travaux sur les digues s’accélèrent en vue des grandes marées de la fin mars. Quelque 330 gendarmes et 80 policiers ont été déployés dans les jours qui ont suivi le passage de la tempête pour « sécuriser les sites et canaliser les foules« , selon la préfecture. Et 120 hommes devaient renforcer les effectifs ce week-end, selon la gendarmerie Poitou-Charentes. « On est encore dans une période de deuil, les sinistrés retournent dans leur maisons, les gens sont encore très marqués, il n’y a pas de voyeurisme à faire, c’est tout à fait déplacé« , déclare à l’AFP le secrétaire général de la préfecture, Julien Charles.

Dans toutes les communes du littoral lourdement frappées par Xynthia, les maires ont été en outre mobilisés pour restreindre la circulation et faciliter le travail des sauveteurs. « Aucun piéton ne peut passer, sauf s’il a un laisser-passer« , confirme Jacques Garel, adjoint au maire d’Aytré actuellement chargé de la sécurité. Dans cette commune de 9.000 habitants jouxtant La Rochelle, des barrages filtrants ont été mis en place dès le début. « Dimanche, nous avons voulu aller voir les dégâts de la tempête et il était impossible de s’approcher du quartier de la plage, l’accès était déjà fermé et contrôlé par les gendarmes« , se rappelle Pascal Franjat, habitant d’Aytré.

Avec la crainte de devenir le lieu privilégié des promenades dominicales, les rondes de nuit ont été multipliées et un hélicoptère de la gendarmerie surveille même avec un projecteur le quartier le plus sinistré. L’objectif est aussi d’empêcher les tentations des pilleurs potentiels. Pour l’heure, ce n’est pas la « razzia« , selon le capitaine Kerdoncuff. Les demeures inhabitées, une fois vérifiées par les secouristes, sont refermées le mieux possible. Mais si le pillage en Charente-Maritime est « plus de l’ordre de la rumeur que du fait avéré« , à l’exception de quelques petits vols, les maisons ouvertes aux quatre vents pourraient donner des idées. « Ne créons pas de psychose« , implore M. Charles, « on n’est pas à La Nouvelle-Orléans« .

Les armées poursuivent leur engagement dans l’opération « XYNTHIA »
A compter du 05 mars et jusqu’au 12 mars 2010, des moyens militaires lourds du génie seront mis en œuvre après l’accord donné par le cabinet du ministre de la Défense et ordonné par le Centre de Planification et de Conduite des Opérations (CPCO). Ainsi quatre moyens polyvalents du génie (MPG), douze camions-benne et un engin du génie rapide de protection (EGRAP) provenant du 6° régiment du Génie et de l’école du Génie d’Angers (49) seront déployés. Ils auront été transportés sur les lieux par des porte-engin blindés en provenance du 517° régiment du Train de Châteauroux (36) et du 516° régiment du Train de Toul (54).
Ces moyens avec leurs équipages seront dédiés aux missions de dégagement et de
déblaiement des voiries, et, de consolidation et de réfection des digues sur les communes de Faute-sur-Mer et l’Aiguillon-sur-Mer, selon les reconnaissances déjà effectuées par un détachement de liaison du 6° régiment du Génie actuellement déployé. Les priorités seront étudiées en étroite coordination avec le délégué militaire départemental et l’autorité préfectorale de Vendée.
C’est suite à une demande de concours du préfet de zone de défense et de sécurité Ouest transmise à l’officier général de la zone de défense Ouest (OGZD), en fonction à Rennes, qu’ont été étudiées les capacités disponibles et la faisabilité de l’action sur un court délais. L’état-major interarmées de la zone de défense Ouest, localisé à Rennes, est le coordinateur de cette opération et se trouve en prise directe avec le DMD 85.
Cette nouvelle mission en Vendée s’effectue après l’engagement le 01 mars d’une section du 6° régiment du génie avec trois zodiacs, puis le 02 mars l’acheminement d’un groupe électrogène de 1, 8T par un hélicoptère de manœuvre de l’armée de l’air de la BA de Cazaux (33) sur un ilot du chenal de La Raque.

Pour les uns, les édiles, incapables de résister à la pression financière, « sont les premiers responsables ». Pour les autres, « tous, élus comme particuliers, s’accommodaient du danger » à vivre si près de l’eau.

« Tout le monde veut vivre en bordure de mer, le littoral est saturé. Il représente 4% du territoire français pour 10% de la population ; durant la saison estivale elle est parfois multipliée par cinq. Il a bien fallu les mettre quelque part, tous ces gens. Nous sommes tous responsables! » Louis Guédon, le maire des Sables-d’Olonne, ne décolère pas. Ce député de Vendée, dont la commune a été lourdement touchée par la tempête – il estime à 3,5 millions d’euros le coût de la catastrophe -, regrette que l’on ait trop vite désigné des coupables au lendemain du passage dévastateur de Xynthia. « Que l’on incrimine l’urbanisation à outrance des zones littorales dans les années 1970, oui. Mais il est trop facile de clouer au pilori les élus locaux« , s’emporte l’édile.

Les ravages causés par la tempête du week-end dernier ont jeté une lumière crue sur l’urbanisation à tout prix du littoral. « Il y a vingt ans, on construisait là où il ne fallait pas sans se soucier de mettre en place de véritables défenses contre la mer. Aujourd’hui, nous en payons les conséquences« , soupire Benoît Gros, président du CPNS (Comité pour la protection de la nature et des sites) de Vendée. « Les pouvoirs publics de l’époque ont joué avec la sécurité des gens, même s’il y a un risque d’inondation une fois tous les cent ans, ce risque n’est pas à prendre à la légère, il s’agit d’un vrai débat de société », poursuit le défenseur de la nature. Pour cet écologiste, il n’est pas question de trouver des excuses aux élus locaux. « Les maires sont les premiers responsables, ils délivrent les permis de construire et, entre la pression foncière et la pression écologiste, ils cèdent bien souvent à la première. »

Parfois, les conflits se sont réglés devant la justice

Serge Kubryk, maire de La Tranche-sur-Mer, l’une des trois communes vendéennes les plus touchées par Xynthia, reconnaît que les édiles « doivent faire face à des pressions et que, parfois, il est difficile de résister« . Sur sa commune, Bouygues et Vinci se sont montrés pressants à plusieurs reprises pour des projets de complexes hôteliers. Le maire assure avoir toujours résisté en s’abritant derrière le POS (plan d’occupation des sols). « Notre POS interdit les constructions de plus d’un étage et sur les dunes », précise Serge Kubryk. « Nous ne faisons qu’appliquer un règlement, poursuit Louis Guédon. Or, dans les commissions qui établissent les POS, sont impliquées la DDE (Direction départementale de l’équipement), la préfecture, les associations environnementales. Nous ne sommes pas les seuls à déterminer quels sont les terrains constructibles ou non », tient à souligner le maire des Sables-d’Olonne. « Les maires servent de boucs émissaires, insiste Serge Kubryk. Tout ce qui a été construit depuis la loi littoral l’a été avec l’accord des services de l’Etat« , assure-t-il.

L’ancien préfet de Vendée, Thierry Lataste, connu pour être soucieux de l’environnement, a empêché pas mal de dérives. Parfois, les conflits se sont réglés devant la justice. Maire de La Faute-sur-Mer, la commune la plus touchée par la catastrophe (29 morts), René Marratier (qui n’a pas souhaité répondre à nos questions) a obtenu gain de cause devant la cour administrative d’appel de Nantes contre la préfecture de Vendée pour le permis de construire d’un camping en bordure d’un estuaire. Le terrain de camping a été inondé par la tempête, heureusement déserté en cette période hivernale. La DDE de Vendée indique d’autre part qu’un rapport rendu public en 2008 avait pointé du doigt les risques de submersion pour 3.000 maisons de La Faute-sur-Mer bâties derrière les digues, des digues âgées de quatre-vingts ans, mal entretenues. Une mise en garde à laquelle la mairie de Faute est restée sourde.

« Les maires n’ont pas fauté, ils sont plutôt de bonne foi dans cette affaire, assure Marc Coutereel, directeur du Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement (CAUE) de Vendée, organisme qui conseille les communes dans l’élaboration de leur plan local d’urbanisation (PLU). La règle est de construire 4 m au-dessus du niveau de la mer (une cote fondée sur les crues centenales). Les élus de L’Aiguillon-sur-Mer et de La Faute-sur-Mer ont autorisé des constructions à 3,90 m au-dessus de ce niveau. C’est un peu limite, il est vrai. »

Et l’architecte d’admettre que « tout le monde savait que l’on flirtait avec un risque, mais que personne n’avait envisagé une telle catastrophe« . « Les gens qui ont acheté leur maison l’ont fait en connaissance de cause, souffle un notaire vendéen. Ils savaient que leurs pavillons étaient situés à la limite de la zone submersible, ce qui explique les prix plus bas. Mais, tout comme les élus locaux, ils pensaient risquer d’avoir les pieds dans l’eau une fois tous les dix ans. Tous, élus, particuliers, semblaient s’en accommoder. »

René Marratier.Le maire de La Faute-sur-Mer,dont la maison aussi a été inondée.

  • René Marratier.Le maire de La Faute-sur-Mer,dont la maison aussi a été inondée.

    Ouest-France

Entretien

Certains vous mettent en cause dans ce drame…

Beaucoup de choses se disent en ce moment, et c’est parfois très excessif et déplacé. C’est une catastrophe naturelle que personne ne pouvait prévoir. Une conjonction de plusieurs événements météorologiques, le vent, la marée et une dépression inhabituelle.

Vous vous sentez soutenu ?

Plutôt. Je suis sensible à la motion adoptée par la commune de Saint-Michel-en-l’Herm, qui soutient notre commune et celle de L’Aiguillon-sur-Mer. J’ai reçu également beaucoup de messages d’encouragement de la part de parlementaires et de conseillers généraux, mais aussi d’associations de maires ou du président de Région. Beaucoup d’élus sont venus sur place également nous soutenir. Et puis, je crois que la majorité de la population est également derrière nous.

Une habitante de La Faute-sur-Mer vous accuse d’avoir négligé les risques d’inondation. Vous avez été imprudent ?

Je connais cette habitante. Je pense que sa réaction est un peu maladroite. On sait depuis longtemps qu’il existe des risques. Des travaux d’enrochement de la digue avaient d’ailleurs commencé depuis plusieurs semaines.

Est-ce que vous craignez des plaintes ?

On verra ce qui se passera… Peut-être que le plus dur est à venir. Ce que je sais, c’est que tout s’est fait dans la transparence. Les gens de La Faute ont fait des demandes de permis de construire, les instructions ont été réalisées avec les services de l’État et tout le monde savait que le lotissement était situé dans une zone inondable. Les gens connaissent la cartographie. C’est comme à à l’Île de Ré, à L’Aiguillon-sur-Mer ou ailleurs sur le littoral.

Avec le recul, est-ce que vous vous dites qu’il aurait été préférable de ne pas construire sur la zone sinistrée ?

Mais où est-ce qu’il aurait fallu construire ? La commune de La Faute-sur-Mer est en grande partie inondable. C’est le cas de beaucoup de communes, en Vendée, mais aussi un peu partout sur le littoral. Le rôle d’un maire, c’est de développer sa commune. C’est ce que nous avons fait, tout en prenant nos précautions.

Source

Ecouter le journal:

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Par Europe1.fr avec François Coulon

Publié le 05 Mars 2010 à 23h02

Mis à jour le 06 Mars 2010 à 00h43

EXCLU – A La Faute-sur-Mer, la 1ere adjointe au maire aurait favorisé des permis de construire.

D’après des informations obtenues par Europe 1, des soupçons de prises illégales d’intérêt pèsent sur la première adjointe au maire de La Faute-sur-Mer.

Il est susceptible d’être reproché à Françoise Babin la délivrance de permis de construire au profit de son fils Philippe, agent immobilier dans la station balnéaire durement touché par la tempête Xynthia. Un délit puni de 5 ans d’emprisonnement et de 75.000 d’euros d’amende.

Concrètement, ce sont deux lotissements construits derrière la digue de La Faute-sur-Mer qui sont visés. Ils ont tous deux été entièrement inondés par la tempête Xynthia. Le premier est le village des Doris, un lotissement construit en 1999, issu d’une association foncière dans laquelle la première adjointe avait des parts. Le deuxième lotissement concerné se nomme les Babins.

Des suspicions qui interviennent alors que les permis de construire accordés dans des zones côtières sont au cœur de la polémique depuis le drame de la tempête Xynthia. Une étude menée par la DDE de Vendée en 2008 considère la commune de la Faute-sur-Mer comme une zone sensible construite « sur de vastes espaces gagnés sur la mer, ne tenant pas compte de la mémoire du risque ».

Dans son rapport, le direction s’inquiétait déjà des risques encourus en cas de forte tempête: « Plus de 3 000 maisons sont construites derrière ces digues en terre (…) 40 000 personnes fréquentent quotidiennement la commune en été. La rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes ».


(Mise à jour, réponse de Philippe BABIN sur le site d’Europe un)

par Babin à 07:23 le 06/03/2010

DEMENTI

Les accusations portées par le journaliste sont fausses et n’ont aucun fondement.Tous les permis de construire que j’ai obtenu ont été délivré par le Maire après avis favorable des différents services de l’Etat.Je journaliste s’est laissé abusé par Mme ANIL qui est une opposante au Maire.Il devrait vérifier ses informations avant d’affirmer cela

Philippe BABIN

05/03/2010 – 22:37

D’après des informations obtenues par Europe 1, des soupçons de prises illégales d’intérêt pèsent sur la première adjointe du maire de La Faute-sur-mer. Il est susceptible d’être reproché à Françoise Babin la délivrance de permis de construire au profit de son fils Philippe, agent immobilier dans la station balnéaire touchée par la tempête Xynthia.

LA DIGUE…

Mémoire d’autrefois ….

Les documents historiques indiquent que  la Pointe d’Arçay est apparue au XVIIe siècle.

Cet article a été réalisé avec le livre de Pierre Roy «si l’Aiguillon m’était conté», documentation Internet, et témoignages divers. Les photos sont de la collection et la propriété de Marc Bernard

Elle s’étend aujourd’hui sur plus de 9 kms de long et près d’1 km de large et progresse d’environ 20 mètres par an.

Les récits, les photos, attestent de la violence des tempêtes au début du siècle dernier mettant en péril la population et dévastant ce territoire nouvellement conquis sur la mer.

Vers 1906 ou 1908, au lieu dit La Belle Henriette, l’océan envahit les terres et rejoint les eaux du Lay. Cette première brèche fût comblée en matériaux de fortune.

En 1912, après que la route fût à nouveau coupée au lieudit « les mouettes », le Conseil général de la Vendée, dont le Président est le conseiller général du canton, décide de « cuirasser » les dunes fragilisées. Hélas, travaux inappropriés ou insuffisants, les tempêtes détruisent les travaux réalisés dans l’année.

Le 21 mars 1928 les secteurs de la Vieille Prise et de la Jeune Prise sont envahis par les flots qui entrent par le Platin et submergent plus de 120 hectares. La route de la Tranche est coupée, le village de La Faute redevient une île.Au cours de la tempête du 2 au 8 novembre 1930, de fortes attaques démolissent la digue sur plus de 800m. (photo2). Une partie de la digue, renforcée par des pieux à vis, située au bout de la rue de la Bergerie et du chemin des douaniers, a résistée. Tous ces travaux de renforcement coûtent très chers au département. Le Conseil Général de l’époque décide de faire supporter la charge de ces travaux aux riverains qui refusent. Un conflit important naît alors entre le département et les administrés. La création d’un syndicat « de défense de la côte » verra alors le jour et deviendra l’interlocuteur du Conseil général.

Désormais le financement des travaux sera réparti entre le syndicat et l’administration.

En 1931 24 communes adhèrent à ce grand syndicat devenu aujourd’hui le Syndicat de la Vallée du Lay. Entre les ingénieurs et les autochtones de ces terribles années, les méthodes de protection s’opposent. Les uns prônent la construction d’une digue ancrée dans le sable, les autres, plus modestes, s’inspirent des anciens moyens de défense par la pose de brise-lames au pied des dunes menacées. Les galets ramassés et amoncelés sont remplacés par des gabions, (cages de fer galvanisé formant un coffre de 1 à 3 m 2 , rempli de galets). La connaissance des tempêtes, la mémoire collective, les prévisions météorologiques de l’époque…et quelques discussions contradictoires aussi, sans doute, décident de la pose de ces brise-lames , …lesquels pouvaient être déplacés entre deux marées!…

Pendant 25 ans le syndicat appliquera cette méthode relativement peu onéreuse et qui s’avèrera efficace. …mais peu esthétiques (voir les photos) Que sont devenus ces brise-lames ?…les cartes postales nous montrent qu’un bras de mer s’est installé et longe la digue, le courant y est fort dangereux pour les baigneurs. Une passerelle a été construite pour accéder à « la grande mer ».

Aujourd’hui, le sable à englouti la dune cassée, les brise-lames, la passerelle a disparue…, plus besoin de descendre les escaliers pour aller à la plage. Les soirs d’été il fait bon flâner sur la digue aménagée en promenade éclairée par des réverbères, jusqu’à la lagune de la Belle Henriette, formée par l’ensablement de la plage en 1971. Une faune riche et diversifiée s’y est installée, cygnes, cols verts, bernaches ou autres bécasses N’oubliez pas votre appareil photos ou votre caméra, … les couchers du soleil, le ballet et les cris des oiseaux vous laisseront des souvenirs inoubliables.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

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