Archive pour la catégorie ‘Informations’

Depuis dimanche 28 février, Marie-Agnès Mandin, première adjointe au maire de L’Aiguillon-sur-Mer, se démène auprès des sinistrés de Vendée. Les ultimes recherches de corps devaient cesser jeudi 4 mars dans l’après-midi, alors que le bilan total s’élevait à 53 morts et 7 blessés graves

Une habitante de l’Aiguillon-sur-Mer nettoie sa maison inondée de boue après le passage de la tempête Xynthia (photo Vincent/AP).

Les autres élus lui donnent du « Général en chef ». Une boutade pour garder le moral, alors que depuis bientôt une semaine, la vie de L’Aiguillon-sur-Mer, sa commune, et de sa voisine, La Faute-sur-Mer (Vendée), a été bouleversée par la tempête.

Vingt-neuf morts recensés jeudi 4 mars dans ce secteur, des disparus, des milliers de sinistrés dont certains ont vu la mer engloutir leur maison jusqu’au toit… Quinze ans de vie municipale n’avaient pas préparé Marie-Agnès Mandin à pareille épreuve.

Depuis dimanche 28 février pourtant, cette petite femme énergique, première adjointe au maire (sans étiquette) de L’Aiguillon, se démène pour apporter de l’aide aux habitants éplorés. Elle est devenue en quelques jours un personnage incontournable.

Dix heures, mercredi 3 mars au matin. Dans la salle omnisports de la commune (2 300 habitants), reconvertie en QG de secours, une réunion s’organise près des tapis de sol. Autour de l’élue, le représentant local des banques alimentaires, du Secours catholique, du Secours populaire et de la protection civile.

Marie-Agnès Mandin entre directement dans le vif du sujet : « Quatre jours après la tempête, il y a encore des habitants dans le besoin qui ne sont pas venus ici. Les équipes viennent de rencontrer un couple de personnes âgées, avec une dame gravement malade, qui n’avait pas mangé depuis deux jours. Ils n’avaient pas d’électricité et ne pouvaient pas se déplacer. Il faut absolument aller au-devant des habitants, prévient l’élue, on ne peut pas attendre qu’ils demandent de l’aide. »

Elle poursuit : « À l’heure actuelle, la priorité des pompiers, c’est de chercher les corps. C’est donc à nous de mailler le territoire pour ne laisser personne sans soutien. » Derrière elle, un vaste plan de L’Aiguillon-sur-Mer a été affiché sur les murs de la salle de judo, que les bénévoles de la protection civile, emmitouflés dans leur uniforme orange et bleu, viennent consulter régulièrement.

Pour leur responsable, Philippe Potier, « il faut visiter chaque maison, même dans les quartiers préservés par les eaux ». Lui aussi pense tout particulièrement aux personnes âgées, très nombreuses dans la commune (60 % de la population a plus de 65 ans).

« Ce que j’ai vu cette nuit-là reste ancré dans ma tête »

Marie-Agnès Mandin écoute, s’appuie sur l’expérience des secouristes et des associations caritatives, rompues aux situations d’urgence. Pas question de partir bille en tête, d’agir dans tous les sens. Les rôles sont rapidement distribués et la réunion s’achève sans paroles inutiles, car le temps de chacun est compté.

Depuis dimanche, la première adjointe n’a pas eu une minute de répit. Tout commence dans la nuit de samedi à dimanche, alors qu’elle rentre de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, à 80 kilomètres de là, où elle vient de fêter ses 50 ans avec quelques amis.

À l’arrivée sur la pointe de L’Aiguillon-sur-Mer, plus moyen d’avancer : les routes sont inondées. Il ne lui faut pas longtemps pour comprendre que la tempête, cette fois, est d’une ampleur inédite qui combine des vents très violents à un coefficient de marée particulièrement élevé. À 4 heures du matin, elle est déjà « sur le pont », dans le grand gymnase, à accueillir les premiers rescapés.

« Ce que j’ai vu cette nuit-là reste ancré dans ma tête. Ce sont des choses qu’on ne peut pas oublier », confie Marie-Agnès Mandin. Des hommes, des femmes et leurs enfants, à moitié dévêtus, complètement trempés et hagards, qui, surpris dans leur sommeil, ont plongé pour s’échapper de leur chambre à coucher, défoncé les plafonds, porté leurs proches à bout de bras…

« Au tout début, poursuit l’élue, on n’avait rien, on a récupéré les couvertures du centre de vacances, on est allés chercher des vêtements chauds chez nous… Cinq, dix, puis cinquante personnes… À la fin de la journée, j’avais vu défiler 600 à 700 personnes au poste de secours improvisé ici, pas tous dans des conditions aussi dramatiques que les premiers, bien sûr, mais ça vous marque. »

Alain a échappé de peu à la mort

Contrairement à d’autres élus, à commencer par le maire de L’Aiguillon-sur-mer, Maurice Milcent, dont la maison a été envahie par 1,20 mètre d’eau, Marie-Agnès a été épargnée. Sa résidence principale du moins, car l’entreprise de construction de bateaux de pêche qu’elle dirige avec son mari a été noyée.

« C’est du matériel, c’est tout. Rien par rapport à ce qui est arrivé à d’autres. Je ne vais pas me plaindre pour ça. » Elle n’en parle, d’ailleurs, que parce qu’on lui pose la question. L’élue met un point d’honneur à rester positive et disponible pour les autres.

Portable à l’oreille, elle cherche ce matin-là un chauffeur pour conduire le minibus qui fera la navette entre les mairies des deux communes sinistrées ; à peine a-t-elle terminé qu’elle dégote un camion-frigo auprès d’un industriel de l’agroalimentaire pour stocker l’aide qui afflue vers le gymnase. Sans cesse interpellée, elle répond sans signe apparent d’agacement ou de fatigue.

Dans le hall de la mairie, qu’elle rejoint vers midi, la foule se presse. Une table et deux chaises ont été installées pour délivrer aux habitants des attestations d’assurance. « Vous écrivez votre nom, votre prénom, votre adresse », répète inlassablement l’employé municipal aux personnes qui se présentent, les uns en larmes, les autres perdus, à la recherche d’informations.

Alain et son amie Consuelo sont là, ils errent autour du comptoir d’accueil. « Vous avez besoin de quelque chose ? », s’interrompt Marie-Agnès, qui virevolte entre l’accueil et son petit bureau, au rez-de-chaussée du bâtiment, après avoir avalé un sandwich à la va-vite. Frêle silhouette, visage émacié, Alain a échappé de peu à la mort.

L’hébergement est au cœur des préoccupations de l’adjointe

La nuit de la tempête, il dînait chez des amis à La Faute-sur-Mer quand il a vu la mer monter. Il explique qu’il a juste eu le temps de grimper sur le toit où, entre 3 et 7 heures du matin, il a attendu les secours, dans le froid et la peur, en entendant les cris des victimes. Sa propre maison, à L’Aiguillon, a été inondée, elle est sens dessus dessous depuis quatre jours. Alors il a trouvé refuge chez Consuelo, près de Niort. Aujourd’hui, il est venu pour trouver des solutions.

L’adjointe au maire prend le temps de l’écouter, Alain a dû mal à formuler ses demandes. « Je dois nettoyer ma maison, l’humidité va remonter dans les murs, tout va pourrir… Je suis tout seul, je n’ai pas de famille. » Marie-Agnès tente de le rassurer. « Au poste de secours, il y a des équipes de la protection civile. Ils sont là pour vous aider à nettoyer votre domicile, vous ne serez pas tout seul pour le faire, ne vous inquiétez pas. »

Se pose aussi la question de l’hébergement, car ses amis ne peuvent pas l’accueillir très longtemps. Alain poursuit : « Je ne sais pas trop quoi faire, car je dois suivre très bientôt un traitement de trois mois à l’hôpital de Niort, où je devrai aller toutes les semaines… Or j’ai aussi perdu ma voiture toute neuve dans la catastrophe », explique l’homme, qui souffre d’un cancer. L’élue prend les questions une par une, lui propose « un studio meublé » à L’Aiguillon. « Prenez le temps de réfléchir », lui conseille-t-elle.

L’hébergement est au cœur des préoccupations de l’adjointe. Cet après-midi-là, elle est parvenue à s’isoler pendant deux heures dans son bureau pour rassembler et trier les propositions de relogement qui ont afflué de tout le département, dans un grand élan de solidarité.

« Dans un premier temps, nous avons fait en sorte que les sinistrés quittent le gymnase où ils ont dormi les premières nuits sans confort ni intimité. Ils ont alors été recueillis par des proches ou des volontaires. Toutefois, souligne Marie-Agnès, cette solution n’est pas durable. Il faut déjà penser à l’étape suivante, et avec un peu d’imagination, on trouve ! » Elle compte en particulier sur l’offre touristique, abondante dans ce coin de Vendée : mobile homes, résidences de vacances, maisons de location vides en ce moment…

« Je sais ce que je suis capable de supporter »

De quoi voir venir pour les mois qui arrivent, jusqu’à la saison estivale. « Nous avons eu beaucoup de propositions. L’avantage de ces logements, c’est qu’ils sont meublés. Cela permettra à ceux qui ont tout perdu de se poser », dit-elle. Sur son bureau, la liste des hébergements constitue un épais dossier.

À deux pas de là, sur le parking de la mairie, l’activité est incessante. Ballet de camions de pompiers, de la gendarmerie, voitures officielles d’élus et de ministres en visite, Bruno Le Maire (agriculture), Philippe de Villiers, qui préside le conseil général, le préfet… Marie-Agnès Mandin n’y prête guère attention, même si elle se réjouit des aides débloquées.

Mais le protocole, très peu pour elle. Elle n’ira pas non plus aux premières obsèques des victimes de la tempête, qui se tiennent dans la petite église du P. François Roullière. « Je me protège, concède l’élue. Je sais ce que je suis capable de supporter, je connais mes limites. Or je ne veux pas flancher, je ne peux pas me le permettre. On a besoin de moi », insiste-t-elle, ce que confirme le maire, « soulagé » de pouvoir s’appuyer autant sur sa première adjointe. Les larmes l’ont quand même submergée, la veille, en écoutant le récit d’habitants. « Quelques secondes, mais je me suis repris », tient-elle à préciser.

Il est 20 h 30, la mairie est désormais presque vide. Marie-Agnès est la dernière à partir. Sa journée n’est pas finie car elle ne rentrera pas avant d’aller voir si tout se passe bien à la cantine de l’école, où sont distribués des repas chauds aux sinistrés et aux équipes de la protection civile. La veille, elle dînait avec eux et quelques élus, l’occasion de faire le point et d’aider à ranger. Ce soir, toutefois, elle rentrera dîner chez elle avec son mari et son fils de 18 ans, qui fait partie des pompiers volontaires, mobilisé lui aussi sur le front de la tempête.

Marine LAMOUREUX
Une cérémonie religieuse en hommage aux victimes de Xynthia s'est tenue à Luçon, jeudi 4 mars.
Une cérémonie religieuse en hommage aux victimes de Xynthia s’est tenue à Luçon, jeudi 4 mars./REUTERS/Stephane Mahe

TEMPETE – Une messe solennelle a été prononcée jeudi après-midi en la cathédrale de Luçon…

«J’ai oublié le bonheur, la paix a quitté mon âme». Les paroles prononcées lors de la messe solennelle dédiée aux victimes de la tempête Xynthia, à Luçon, ont raisonné aux oreilles des Vendéens comme un lourd écho à l’épreuve qu’ils traversent depuis samedi dernier, quand les premiers vents ont soufflé sur leur région. Ce jeudi, le dernier bilan fait état de 53 morts en France, dont 29 en Vendée.

Parmi les victimes, beaucoup de personnes âgées, mais aussi une famille, et des enfants, âgés de 2 à 12 ans. Par ailleurs, Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur dénombrait aujourd’hui sept blessés graves et 72 blessés légers.

C’est le Premier ministre François Fillon qui a débuté la cérémonie, en rendant un bref hommage civil aux abords de la cathédrale. Des paroles rythmées par le glas qui a raisonné dans tout le département, alors qu’une procession de bénévoles, de gendarmes et de pompiers entrait dans l’édifice. Deux milliers de Vendéens avaient tenu à se réunir, à la fois dans la cathédrale, pleine à craquer, mais aussi à l’extérieur, où des écrans de retransmission avaient été installés.

«Une cérémonie à la hauteur»

Partout dans le département ont raisonné les sirènes. Le président du conseil général Philippe de Villiers avait demandé une mise en berne des drapeaux sur tous les édifices publics. A Luçon, la majorité des commerces avaient eux choisi de baisser le rideau en signe de deuil.

Contacté à la sortie de la cérémonie, le Maire d’Aiguillon a confié être «sous le coup de l’émotion». «La cérémonie a été à la hauteur de la catastrophe» a-t-il simplement ajouté. «Il n’y a pas de mot à çà, tout ce qui devait être fait a été fait».
Joint ce soir, Dominique Bussereau, président du Conseil Général des Charentes Maritimes, l’autre département le plus meurtri avec douze morts, nous a décrit une population en deuil, traversant une période dépressive. «Dans ces moments, il faut être très attentif, car des actes de désespoir peuvent survenir».

Ingrid Gallou

Cet après-midi, en présence de François Fillon, des centaines de personnes se sont rendues en la cathédrale de Luçon (Vendée) pour y célébrer un hommage au 29 Véndéens morts le week-end dernier, des suites de la tempête…

France Info - François Fillon s’est recueilli auprès des familles  des victimes de la tempête.François Fillon s’est recueilli auprès des familles des victimes de la tempête.
© Franck Perry/AFP

La cathédrale de Luçon n’a pas pu accueillir les 2.000 Vendéens qui s’étaient déplacés pour rendre hommage aux victimes de la tempête Xynthia. Des écrans géants avaient été installés à l’extérieur pour permettre à tous d’assister à la cérémonie. Les obsèques de deux femmes et un homme, morts noyés dans les inondations à La Faute-sur-Mer ont été célébrées durant cette messe.

Une messe pour l’ensemble des 53 victimes se déroulera dimanche, à 18h30, en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

La  localité d'Aiguillon-sur-Mer noyée sous les eaux

La localité d’Aiguillon-sur-Mer noyée sous les eaux

France 2
Le plan digues permettra d’instaurer des procédures plus rigoureuses, a annoncé jeudi Jean-Louis Borloo

Les dégâts provoqués par Xynthia posent des questions sur la solidité des digues et les zones réputées « constructibles ».
« Il faut maintenant identifier les risques et les propriétaires concernés, puis instaurer des procédures plus rigoureuses pour aider les collectivités à appliquer les Plans de prévention des risques », a-t-il ajouté.

M.Borloo a rappelé, dans l’édition de jeudi de La Montagne, qu' »une proposition de réfection prioritaire des digues   existantes sera établie avec un plan de financement sur cinq ans », alors que l’Etat a prévu d’augmenter sa participation. Il évalue à environ un million d’euros par kilomètre le coût des travaux sur les digues appartenant aussi bien à  l’Etat, aux collectivités ou à des propriétaires privés.

Premières explications
Au lendemain du passage meurtrier de Xynthia, et à l’heure du bilan, les spécialistes avancent les premiers éléments d’explication.

Et ce, après avoir étudié « les moyens et le partage du financement » des travaux, a précisé, dans un entretien à La Montagne, le ministre de l’Ecologie après étude des « moyens et le partage du financement » des travaux.

Sur les quelque 10.000 km de digues érigées en France, certaines datent du Moyen-âge. En outre, ces constructions n’offrent jamais une garantie d’étanchéité à 100%.
« A partir du moment où l’on a construit une digue, c’est qu’il y avait la  volonté de protéger une zone naturellement inondable. Elle est fiable tant que la cote de l’eau reste inférieure à celle de l’ouvrage: au-delà, son niveau de protection sera dépassé par l’ampleur d’une crue ou d’une tempête et il faudra gérer la crise. C’est inévitable » explique Patrice Mériaux, ingénieur à l’Unité de recherche ouvrages hydrauliques et hydrologie du Cemagref d’Aix en Provence.

Le Cemagref recense 9.000 km de digues, dont un millier le long du littoral, appartenant à des communes, des syndicats, voire des particuliers. L’Etat lui-même ne gère qu’environ 1.000 km de digues fluviales, essentiellement sur la  Loire. Un vaste recensement, toujours en cours, a été lancé à la suite des grandes inondations du Rhône qui avaient noyé la Camargue en 1993 et 1994.

« C’est un parc très disparate, constitué au fil du temps : souvent, l’ouvrage qui avait été conçu pour protéger des champs abrite, 50 ans plus tard, des populations et il faut relever le niveau d’exigence », remarque Anne-Marie Levraut, chef du service des risques naturels et hydrauliques au ministère de l’Ecologie. Un tiers des digues sont actuellement gérées « par des maîtres d’ouvrage qui  n’ont pas les capacités techniques ni financières de remplir toutes leurs obligations, y compris en zone urbaine », poursuit-elle.

La situation de la Faute-sur-Mer
Selon une étude menée récemment par la Direction départemental de l’équipement (DDE) de Vendée, la commune de la Faute-sur-Mer, durement frappée par la tempête Xynthia, était considérée comme une zone sensible construite « sur de vastes espaces gagnés sur la mer, ne tenant pas compte de la mémoire du risque ».

« La  conjonction de deux phénomènes, de crue dans l’estuaire du Lay et de submersion marine pourrait avoir un impact très important sur les zones densifiées à l’arrière d’un réseau de digues vieillissant » indiquait le document présenté en octobre 2008 aux journées du Génie côtier, à Nice, par Stéphane Raison.

« Plus de 3.000 maisons sont construites derrière ces digues en terre (…) 40.000 personnes fréquentent quotidiennement la commune en été. La rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes », prévenait la DDE.

Selon l’adjoint au maire de la Faute-sur-Mer, Patrick Maslin les digues ne seraient pas directement en cause dans la catastrophe du week-end. « Il n’y a aucun souci avec les digues » et « les digues ont résisté » a déclaré l’élu qui explique que l’eau est venue par une autre brèche.

La question des zones inondables
Xynthia a rallumé le projecteur sur les règles de construction dans les zones inondables. Premier risque naturel en France, l’inondation concerne en effet une commune sur trois à des degrés divers, dont 300 grandes  agglomérations, selon le ministère de l’Ecologie et du Développement durable. En 2008, 16.134 communes, soit 5,1 millions de Français, étaient ainsi concernés dans un pays où les zones inondables s’étendent sur plus de 27.000 km2.

Pourtant ces cinquante dernières années, l’urbanisation des zones inondables s’est accélérée. Dans l’Hérault ou l’Ille-et-Vilaine, les logements construits sur de tels sites ont augmenté de 20% en sept ans. Et selon une étude du Commissariat général au Développement  durable, près de 100.000 logements ont encore été construits dans les zones inondables de 424 grandes communes entre 1999 et 2006, dont 8.000 dans les Alpes-Maritimes, le Var et le Val-de-Marne.

Vers un changement des pratiques ?

Si une partie de la classe politique respecte le temps du deuil, des voix commencent à s’élever pour dénoncer les permis de construire accordés dans les zones côtières.

« Il faut être raisonnable et construire à des distances plus  importantes » de la mer, a ainsi déclaré lundi, le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers. La secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, a souligné pour sa part qu’il fallait « durcir les règles » de construction dans les zones inondables et derrière les digues, en dépit des éventuelles pressions subies.

Le président Nicolas Sarkozy a promis qu’une « réflexion va être engagée sur le plan de l’urbanisme pour qu’une catastrophe de cette nature ne se reproduise plus ». « On ne peut pas transiger avec la sécurité », a-t-il assuré.

En Vendée, « il faut construire plus loin »
Pour le président du Conseil général de Vendée, la catastrophe impose de nouvelles normes de construction. Les décès sont à déplorer essentiellement dans des localités de la Vendée proches de la mer, qui ont été submergées, où les habitants surpris dans leur sommeil ont été noyés. « Sur le moyen terme, il faut construire autrement sur la côte, partout en France. L’Etat impose des normes qui sont respectées par les maires le plus souvent mais qui ne sont pas assez sévères », a dit Philippe de Villiers sur France info. Selon lui, les digues de plus en plus hautes et de plus en plus renforcées, sont anciennes et il n’est pas souhaitable de procéder à une perpétuelle consolidation. « Partout où la terre est au niveau de la mer, il est prudent de construire plus loin », a estimé le président du Conseil général.

Pour le président du MoDem François Bayrou, « ce qui apparaît, c’est que la plupart des victimes ont été piégées dans leur maison par la montée brutale des eaux, ce qui pose au moins deux  questions »: « La première, c’est les autorisations de construire données dans des lotissements situés trop bas par rapport au niveau de risque de la montée de la  mer » et « la deuxième question, c’est la nature et l’entretien des digues, qui datent dit-on du XIXe siècle, et dont l’état peut être mis en question », a-t-il  ajouté.

[ 03/03/10  – 09H43 – AFP  ]

© AFP – Frank Perry

© AFP - Frank Perry

« Pour l’instant je reste là »: comme la plupart de ses voisins, ce propriétaire d’une résidence secondaire de la Faute-sur-Mer, sinistrée par la montée des eaux après la tempête Xynthia, refuse d’abandonner sa maison.

Dans La Faute-sur-mer dévastée, l’eau atteignait mardi encore par endroits près de deux mètres, mais certaines rues ne comptaient plus que 80 cm d’eau. Bottes aux pieds, Pierre et Thérèse Jaulin, de jeune retraités, sont venus constater l’état de leur maison de vacances construite il y a quatre ans et demi dans le lotissement les Doris.

Rien n’avait laissé présager un tel désastre: « Il y avait la digue. Et puis, on avait fait confiance à ceux qui nous ont délivré le permis de construire », explique Pierre.

Cette maison, c’est le placement du couple pour sa retraite. Ici, « le prix du terrain a presque doublé en 5 ans ». Alors, « si on nous dit qu’il faut partir, on partira, mais ça dépendra des conditions », explique Pierre.

Comme la plupart des habitants rencontrés, ils ne se plaignent pas, car autour d’eux, des voisins, des amis, sont morts noyés dans leurs maisons.

« Pour l’instant, je reste là », assure aussi Michel, qui a fait construire il y a 40 ans sa résidence secondaire à proximité de la cuvette où ont poussé les lotissements les plus touchés, L’Orcéa et les Doris.

© AFP – Frank Perry

© AFP - Frank Perry

Dans sa maison envahie dimanche par 1m80 d’eau, pestant contre les polémiques soulevées par les médias sur la résistance de la digue, il reste serein car, pour lui, il s’agissait d’un phénomène exceptionnel et « jamais, on n’aurait imaginé ça ici, c’était imprévisible ».

Joël, lui, est venu constater avec deux amis les dégâts dans sa maison de la rue des Voiliers, construite en 2006 et à peine finie d’aménager. Mais « tout est mort à l’intérieur », dit-il.

« J’avais en projet de mettre en vente ma maison de La Roche-sur-Yon pour venir ici en retraite, mais je vais devoir repousser mes projets », explique-t-il, encore trempé après avoir visité le pavillon. Pour lui, il est cependant hors de question de quitter La Faute-sur-mer. « Moi j’adore », assure-t-il.

Un homme fatigué passe à côté dans un véhicule des pompiers. Lui aussi voudrait voir sa maison mais il ne pourra pas y accéder.

« Il a eu très peur. Il s’est réveillé en pleine nuit. Son lit flottait et il ne lui restait que 40 cm de hauteur dans sa chambre…. Ce qu’il espère, c’est que sa maison tombe: il veut quitter définitivement la région », confie un de ses voisins.

Le long des rues, l’eau qui se retire peu à peu laisse la place à un paysage dévasté où un gros 4X4 chevauche une berline. Les canapés s’alignent le long du trottoir et les voitures sont encastrées dans les porte-fenêtres des salons.

© AFP – Frank Perry

© AFP - Frank Perry

Côté digue du Lay, les lotissements ressemblent à un lac avec des maisons plantées ça et là comme des îlots, marquées de couleurs roses et bleues lors du passage des secours, avec parfois des toitures trouées pour secourir les habitants.

A quelques mètres de là, des pompes aux dimensions impressionnantes, qui enjambent la digue où des bibelots et autres objets personnels se sont échoués, évacuent en continu l’eau des lotissements.

Mais pour beaucoup ici, le phénomène est exceptionnel et « il n’y a aucune raison de quitter les lieux ». « De toute façon, ils vont réhausser la digue », rassure un habitant.

Par Christian GAUVRY

L’AIGUILLON-SUR-MER (Vendée), 4 mars 2010 (AFP) – Les ultimes recherches de corps qui se poursuivent encore à La Faute-sur-mer (Vendée) devraient cesser en jeudi fin de matinée pour renforcer les opérations de nettoyage des rues, ont annoncé les pompiers à l’AFP.

Une centaine de sapeurs-pompiers et 32 véhicules sont arrivés en renfort sur place pour le nettoyage des maisons avec un total de 392 secouristes dont 256 déployés à La Faute-sur-mer sous le commandement de la Sécurité civile, selon la même source. Le niveau de l’eau continue de baisser jeudi matin dans la zone la plus touchée de la commune, une zone inondable située du côté de l’estuaire du Lay, mais deux lotissements étaient encore difficilement accessibles, précise-t-on de même source. Au total 29 corps ont été découverts dans le secteur de la Faute-sur-mer, la commune la plus meurtrie par la tempête Xynthia. Les victimes comprennent trois enfants de 2, 5 et 10 ans ainsi que quinze personnes de plus 75 ans, pour la plupart « des gens nés dans le coin », a précisé à l’AFP Thierry Dran, le procureur aux Sables d’Olonne qui a été saisi dossier. En Charente-Maritime, où l’on déplore 12 victimes, la tempête a aussi emporté deux enfants de 6 et 10 ans au moins cinq retraités, selon les informations obtenues auprès des mairies. Le dernier bilan publié jeudi matin par le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, fait état de 53 morts, 7 blessés graves, 72 blessés moins graves au niveau national. L’identification des corps et la localisation de leur domicile habituel a été « un travail de longue haleine », selon le procureur des Sables d’Olonne.

  • Philippe de Villiers a estimé que les maisons détruites par le  passage de la tempête, « ne devaient pas être reconstruites. »

    Philippe de Villiers a estimé que les maisons détruites par le passage de la tempête, « ne devaient pas être reconstruites. »

    Photo : Thierry Creux

Philippe de Villiers, président (MPF) de la Vendée, a considéré mercredi que les maisons détruites par le passage de la tempête Xynthia à La Faute-sur-Mer « ne doivent pas être reconstruites. » Le président du conseil général s’exprimait dans la commune voisine de L’Aiguillon-sur-Mer, à l’issue d’une mission d’inspection dans le secteur, qui a été le plus durement touché par Xynthia.

Favorable aux digues agricoles ou ostréicoles ancestrales, qui servent avant tout à protéger les terres cultivables, M. de Villiers a vertement critiqué les « digues de l’urbanisation galopante » qui « celles-là sont inutiles car elles servent à protéger des lotissements qui ne devraient pas être construits. »

« Il y a un problème »

« Que la mode se soit installée (…) de construire dans des zones au-dessous du niveau de la mer, dans de véritables cuvettes, là il y a un problème », a-t-il considéré. « La priorité du développement local l’a emporté sur la sécurité du territoire », a-t-il estimé avant d’ajouter que « les maisons détruites ne doivent pas être reconstruites. »

« Est-ce vraiment raisonnable ? «

Le président du conseil général accompagnait un inspecteur de l’Equipement venu constater les dégâts dans la zone sinistrée de La Faute-sur-Mer où deux lotissements construits en-dessous du niveau de la mer ont été inondés dimanche, faisant 29 morts. M. de Villiers a estimé que la distance minimum pour construire des habitations en-dessous du niveau de la mer devrait être de 1 km.

«Je pense qu’il faudra demain tenir compte de ce drame et faire en sorte que tous les élus locaux, municipaux, avant de donner un permis de construire, se posent la question de savoir si c’est vraiment raisonnable », a-t-il souligné.

Video du journal de 20h  de TF1 à voir

http://videos.tf1.fr/jt-20h/en-vendee-des-zones-sinistrees-5757049.html

http://videos.tf1.fr/jt-20h/le-temps-du-recueillement-en-vendee-5757050.html

Le gouvernement va débloquer plus de 26 millions d’euros en faveur des agriculteurs et ostréiculteurs affectés par la tempête Xynthia, dont le bilan officiel est d’au moins 52 morts.

En visite en Vendée, le département le plus touché par la tempête qui a frappé la France le week-end dernier, le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire a assuré mercredi que l’Etat ne laisserait « aucune exploitation sur le bord du chemin ».

Au total, 11.000 hectares de terres agricoles ont été recouverts d’eau de mer.

Lors d’une réunion avec des ostréiculteurs et des agriculteurs à L’Aiguillon-sur-Mer, l’une des deux communes les plus durement frappées, le ministre a annoncé cinq millions d’euros d’aides à la trésorerie en faveur des agriculteurs.

Le Fonds national de garantie des calamités agricoles (FNGCA) sera par ailleurs activé. Créé en 1964, ce fonds permet d’indemniser les dommages non assurables.

S’agissant des ostréiculteurs, Bruno Le Maire a promis un plan de 20 millions d’euros pour les aider à reconstituer leur matériel détruit par la tempête. Ils bénéficieront en outre de 1,5 million d’euros pour faire face aux besoins immédiats de trésorerie (intérêts d’emprunt, cotisations sociales…).

« Je reviendrai sur place d’ici quelques semaines pour m’assurer que ces mesures soient bien mises en place et efficaces », a déclaré le ministre.

SOLIDARITÉ

Bruno Le Maire avait auparavant visité une exploitation agricole inondée à Sainte-Radégonde-des-Noyers, une autre commune de la baie de L’Aiguillon, où des cadavres de moutons noyés jonchaient le sol, recouverts de paille.

Jean-Paul Rault, 38 ans, a ainsi perdu dans la nuit de samedi à dimanche 600 moutons et 50 veaux. Il n’a désormais plus que trois brebis, qui s’ajoutent aux six autres bêtes qu’il fait actuellement exposer au Salon de l’agriculture à Paris.

L’agriculteur a toutefois pu sauver ses 150 bovins, en les abritant chez des voisins. « La solidarité du monde agricole, c’est ça qui m’a remis du baume au coeur », a-t-il confié devant Bruno Le Maire.

« Le problème, aujourd’hui, c’est la présence du sel dans le sol, qui ne permet plus de récolter pendant une dizaine d’années », a expliqué à Reuters Antoine Priouzeau, un agriculteur voisin également sinistré. « Pour libérer le sodium, il va falloir répandre du calcaire pendant des années. »

Bruno Le Maire a dit avoir demandé aux préfets de procéder dans les jours à venir à une évaluation financière des besoins, « département par département, exploitation par exploitation.

Le ministre devait ensuite se rendre en Charente-Maritime voisine, sur l’Île de Ré et à La Rochelle, pour une réunion avec des agriculteurs et des ostréiculteurs locaux.

« L’impact de la tempête a été extrême », souligne Jacques Sourbier, président de la section régionale conchylicole des Pays de la Loire. « La moitié des professionnels de notre région ont été touchés, soit environ 150 exploitations. Certains d’entre eux ont tout perdu: bâtiments, véhicules, bateaux… »

CULTURES MENACÉES

Le conseil régional des Pays de la Loire devait débloquer mercredi un « plan tempête » de 10 millions d’euros. La région devrait également participer à hauteur de plusieurs millions d’euros au cofinancement du programme national de reconstruction des équipements (digues, cordon dunaire…).

Les prairies étant très sensibles à la salinité, la principale source d’alimentation des élevages en Poitou-Charentes et dans les Pays de La Loire pourrait être affectée par les inondations.

Selon l’Institut national de recherche agronomique (Inra), les céréales dans ces régions qui contribuent à un peu plus de 7% de la production nationale de blé tendre pourraient être touchées, même s’il est trop tôt pour faire des estimations.

Les surfaces côtières noyées sont celles qui obtiennent souvent les meilleurs rendements céréaliers dans les deux départements de la Charente-Maritime et de la Vendée.

Le maïs qui doit être semé dans quelques semaines est moins résistant au sel de mer, précise l’Inra. La résistance au sel des plantes est variable. Le blé et l’orge font partie des céréales les plus tolérantes au sel, capables de supporter 7 à 9 grammes par litre. L’eau de la mer en contient 4 à 5 fois plus.

« Tout va dépendre du temps d’immersion, du niveau de salinité du sol une fois la mer retirée et du lessivage qui pourra intervenir avec les pluies dans ces régions qui sont particulièrement pluvieuses », a expliqué à Reuters Nader Katerji, directeur de recherche à l’Inra.

Avec Valérie Parent à Paris, édité par Sophie Louet

Ne pas oublier
(Environ 40 minutes de vidéo, 8 films) Passez en mode plein écran en cliquant dans le coin bas/droit de la vidéo
Voir directement sur Youtube
Connexion
Attention

Afin d'éviter tout abus, vous devez maintenant vous enregistrer sur le blog afin de pouvoir faire un commentaire.
Cliquez ici pour vous enregistrer
Cliquez ici pour modifier votre profil
Cliquez ici si vous avez oublié votre mot de passe
Stats
Précisions
Ce site n'est pas le site de l'AVIF, ni d'aucune autre association.
C'est un site qui appartient à une société privée et relate ce qu'il se dit dans la presse, associations, localement ... depuis le 28/02 en laissant la parole à chacun et ceci sans censure ni pression.
Si vous souhaitez accéder au site officiel de l'AVIF, veuillez cliquer ici
Faites un don
Aidez à l'hébergement de ce site sur serveur dédié.
Merci d'avance aux donateurs.

Com. récents
Historique
mai 2019
L M M J V S D
« Avr    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  
Téléchargements
Voici les liens des plus longues vidéos concernant la tempête xynthia
N'oubliez pas de faire clic droit enregistrer sous:

Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

Audition du préfet au sénat (flv)

Vous pouvez lire toutes ces vidéos avec VLC
Vidéos
Suite à une mise à jour, certaines vidéos ne sont plus accessibles sur le site, nous y travaillons et rien n'est perdu. Si toutefois vous souhaitez en voir une en particulier envoyer l'adresse de la page concernée à contact@lafautesurmer.net nous la traiterons en priorité. Merci