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Vue de débris devant des maisons dévastées par la tempête Xynthia, prise le 27 mars 2010 dans le quartier pavillonnaire de La Faute-sur-Mer.

Vue de débris devant des maisons dévastées par la tempête Xynthia, prise le 27 mars 2010 dans le quartier pavillonnaire de La Faute-sur-Mer. / AFP

Plusieurs centaines de sinistrés de la tempête Xynthia, qui avait 53 morts en 2010, ont symboliquement lancé des « bouteilles à la mer » dimanche dans la rivière qui sépare L’Aiguillon de La Faute-sur-Mer (Vendée), pour réclamer de nouvelles digues contre des submersions marines. Le rassemblement était organisé deux ans presque jour pour jour après les inondations qui avaient notamment fait 29 morts dans la seule commune de La Faute-sur-Mer. Une forte marée conjuguée à des vents violents et une violente dépression avait alors eu raison des digues et submergé des habitations construites en zone inondable.

Les habitants réclament plus de protection

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Depuis, près de 700 maisons inondées ont été rachetées par l’Etat dans les deux communes, qui envisage d’avoir terminé leur démolition d’ici à la fin de l’année et souhaite désormais interdire toute habitation en ces lieux.

« En rasant les maisons, l’Etat a cru avoir terminé son travail, mais il doit encore aider les collectivités locales à réaliser des travaux pour protéger les maisons restantes », a dit à la presse Jean-Marie Angotti, président de l’association « L’avenir ensemble », qui regroupe 350 familles de sinistrés.

Des travaux de rénovation ont déjà été effectués en partie sur les digues mais la construction de nouvelles protections se heurte à des obstacles administratifs, selon lui.

« Le 15 décembre, lors de la tempête Joachim, des amorces de brèches sont apparues dans les digues », affirme Jean-Marie Angotti, qui a déjà écrit à tous les candidats à l’élection présidentielle.

Les six kilomètres de digues réclamés par l’association coûteraient trois millions d’euros, alors que la valeur des 3.000 maisons protégées est d’au moins 300 millions d’euros, selon l’association.

L’année dernière, le gouvernement avait présenté une liste de 60 mesures de prévention des risques d’inondation. Il s’était notamment engagé à réaliser 1.200 km de travaux de renforcement d’ouvrages entre 2011 et 2016, pour un budget d’environ 500 millions d’euros.

L’Aiguillon et La Faute/mer veulent des digues

Par Laurent Quembre

Les habitants de la Faute-/mer et de l'Aiguillon ont lancé des bouteilles à la mer en guise de SOS

Les habitants de la Faute-/mer et de l’Aiguillon ont lancé des bouteilles à la mer en guise de SOS

F3 PdL/ Vincent Raynal

300 habitants des deux communes de Vendée ont manifesté ce dimanche pour demander qu’on les protège

A l’initiative de l’association  »l’avenir ensemble », les habitants de La Faute-sur-mer et de l’Aiguillon-sur-mer, en Vendée, ont manifesté ce dimanche pour réclamer la construction de digues de protection contre les risques d’inondation et de submersion. Deux ans après les conséquences dramatiques de la tempête Xynthia.

Le 28 février 2010, 29 personnes avaient péri dans ce secteur vendéen, prises au piège par de soudaines inondations. Plusieurs zones d’habitation avaient été submergées après l’effondrement des digues du littoral.Ce souvenir terrible est encore dans toutes les têtes à La Faute et à L’Aiguillon, et les habitants ont une crainte : que cela puisse se produire de nouveau. Ils ne se sentent pas suffisamment protégés.
Ce dimanche, ils ont jeté des bouteilles à la mer, symbole de « la détresse qu’ils ressentent ». Dans chacune de ces bouteilles a été placé un texte, le même qui a été envoyé aux candidats à la présidentielle, mais aussi à ceux qui se présenteront aux législatives en Vendée.Les habitants ont le sentiment de ne toujours pas être en sécurité, et que les travaux qu’ils attendent ne viendront pas avant longtemps. Ils l’ont exprimé sur des banderolles où l’on pouvait lire : « Population en danger : on l’a vécu et on y est encore« , et aussi « Population oubliée : on ne parle plus de nous, la mémoire est courte mais les traces restent« .

         « Rien n’a été fait »


Le Président de l’association « l’avenir ensemble », Jean-Marie Angotti, interrogé par TV Vendée mercredi 22 février, explique qu’à part des travaux ponctuels engagés dans l’urgence par le maire de l’Aiguillon six mois après la tempête, « rien n’a été fait pour la protection.  S’il y avait une nouvelle tempête comme Xynthia, l’agglomération serait en danger », estime-t-il.

L’inquiètude est grande chez les habitants des deux communes endeuillées par Xynthia.
Dans un long article, le journal « Ouest France » fait le bilan des protections qui existent aujourd’hui dans ce secteur, et en conclut que La Faute et l’Aiguillon restent vulnérables.
Et qu’il reste beaucoup à faire pour sécuriser les populations.

L’Association « L’avenir ensemble » a rencontré le nouveau Préfet de Vendée la semaine dernière. Elle compte sur ce rassemblement ce dimanche pour se faire entendre et bousculer les lourdeurs administratives dans ce dossier des digues vendéennes.

En février 2010, les côtes de Vendée et de Charente-Maritime étaient ravagées. Les travaux n’ont pas avancé. Pour protester, certains habitants ont manifesté à l’Aiguillon et la Faute-sur-Mer.

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La tension était encore vive vendredi sur la question des digues de L’Aiguillon-sur-Mer, une des deux communes de Vendée les plus touchées par la tempête Xynthia, lors d’une visite des présidents de région, de département et du préfet.

Le président de la région Pays-de-la-Loire Jacques Auxiette (PS), celui du département de Vendée Bruno Retailleau (DVD) et le préfet de Vendée Bernard Schmeltz, en visite commune sur un chantier de digue à la Pointe de l’Aiguillon, ont vu leur convoi bloqué au retour par un barrage d’engins mis en travers de la route par des agriculteurs.

« Si on vous reçoit comme ça, c’est parce qu’on a l’impression que depuis deux ans ça n’avance pas », a expliqué Jean-Luc Robineau, au nom de la trentaine d’agriculteurs qui tenaient le barrage.

Lors de la tempête Xynthia, qui a tué à La Faute-sur-Mer 29 personnes le 28 février 2010, des milliers d’hectares de terres agricoles avaient été envahis par l’eau salée et des éleveurs avaient vu l’intégralité de leurs bêtes noyées.

Selon M. Robineau, « on va inonder de nouveau », même hors tempête. Les agriculteurs demandent, en plus des consolidations de digues déjà réalisées à hauteur de 20 millions d’euros depuis le drame, des surélévations.

Mais ces dernières, qui entrent dans le cadre de législations administratives complexes (les Plans d’actions de prévention des inondations), nécessitent des délais beaucoup plus longs, source précisément de leur colère.

M. Robineau a aussi souhaité au nom de ses collègues que la surface importante libérée par les destructions de maisons sur les deux communes – l’Etat vient de racheter sa 700e maison selon le préfet – « ne reste pas en friche ». « Ca nous embêterait que ce soit le Conservatoire du littoral qui prenne tout ça », a-t-il ajouté.

Un peu plus tôt sur la digue, les trois décideurs à l’échelon local avaient été interpellés par une habitante de la Pointe de l’Aiguillon, dont la maison est dans le périmètre des « zones noires » décidées après le drame, qui implique sa destruction. « Ici 60 personnes souhaitent rester, il n’y a pas de risque mortel », a expliqué Marie-Christine Baffoux-Kays, dont l’espoir était ravivé par le récent réaménagement des zones noires de Charente-Maritime, également victime de Xynthia.

Une demande aussitôt douchée par le préfet qui a rappelé qu’il « y avait eu des aménagements des zones noires aussi en Vendée, avec la sortie de 244 maisons du périmètre, mais cela s’est fait en 2011 il y a six mois, avant la Charente-Maritime ». « Il ne faudrait pas avoir cette impression, simplement du fait d’un effet d’affichage avec des dates d’aménagement de zones différentes: il n’y a pas deux poids, deux mesures », a-t-il ajouté.

Lors d’une conférence de presse, Bruno Retailleau a regretté qu’il y ait « au niveau parisien, une idéologie selon laquelle une digue contrevient à l’aspect naturel des choses », raison, entre autres, selon lui d’une partie de la complexité administrative et des délais pour rehausser les digues. De son côté, Jacques Auxiette a souligné la nécessité de donner, après ce drame, des perspectives économiques aux deux communes.

Surveillance des digues à La Faute-sur-Mer, lors de la tempête Hergen, en décembre dernier. Deux ans après Xynthia, le plan digues tarde à se concrétiser. Archive Franck Dubray

Surveillance des digues à La Faute-sur-Mer, lors de la tempête Hergen, en décembre dernier. Deux ans après Xynthia, le plan digues tarde à se concrétiser.© Archive Franck Dubray
Deux ans après la tempête meurtrière, les deux communes paraissent mal protégées. Malgré les travaux d’urgence, beaucoup reste à faire pour sécuriser les populations. Une manifestation a lieu ce dimanche.

À La Faute-sur-Mer

Pour Serge Claveau, élu de La Faute, le temps passe et les chantiers de protection de la presqu’île se font attendre. « Même si ça se décante un peu, on se dit que ça n’avance pas assez vite. » Ce qui freine ? Les financements et la lourdeur de l’administration, « qui demande beaucoup de paperasserie », constate l’élu fautais.

Pourtant, dit-il, « même si c’est encore insuffisant, la commune est mieux protégée qu’avant la tempête ». « On aurait eu ça avant  Xynthiapoursuit-il, on aurait eu de l’eau, mais pas les mêmes conséquences. »

Pour le maire aussi, René Marratier, la commune est plus sûre. « Toute la digue Est, du côté du Lay, a été rehaussée et confortée, à une hauteur de 5,10 m. » Renaud Pinoit est plus critique. Pour le président de l’association des victimes des inondations de La Faute (Avif), « la structure de la digue n’est pas satisfaisante, il subsiste des fissures importantes. »

Autre point faible, l’extrémité sud de La Faute, la pointe d’Arçay. « Là, on a beaucoup d’eau qui est rentrée », se souvient Serge Claveau. La commune veut édifier ici une digue de 5,10 m pour « ceinturer » complètement La Faute. Mais l’État regimbe à l’idée de créer cette digue à l’endroit souhaité par la commune, préférant la décaler un peu. Des tergiversations qui retardent encore un peu la réalisation de ce « mur » de protection de quelques centaines de mètres.

Point faible aussi à la Belle-Henriette, au nord de la commune. Une deuxième digue doit voir le jour, sur le domaine public maritime. Ce qui signifie que la balle est dans le camp de l’État. Enfin, dernier point faible, les moyens d’évacuer l’eau. L’après-Xynthia a cédé la place à plus de modestie. Plus personne n’écarte l’hypothèse de « marées » majuscules. « Les protections, c’est nécessaire, analyse Serge Claveau, mais si l’eau rentre, il faut qu’elle puisse s’évacuer le plus vite possible. »

À L’Aiguillon-sur-Mer

Et si c’était le véritable maillon faible de l’estuaire ? On le murmure à La Faute, ça se dit à L’Aiguillon. Pourtant, depuis la tempête, la commune n’a pas ménagé ses efforts. En allant parfois très -trop ?- vite en besogne. Elle a pris sur ses deniers pour financer, en urgence, une digue entre le restaurant la Pergola et le plan d’eau. « Mais là, on a toujours entre 3 et 4 000 maisons qui sont en péril dans cette zone », s’agace Jean-Marie Angotti, le président de l’association L’Avenir ensemble. Sur ses deniers personnels toujours, L’Aiguillon a construit une autre digue, entre ce même restaurant et la Petite jetée, en direction de la Pointe. Au total, près de 250 000 € engloutis.

Mais le compte n’y est pas. Maurice Milcent a calculé qu’il faudrait investir 43 millions d’euros pour protéger sa commune. Le projet le plus lourd ? La digue du Génie. Décalotté par la tempête, l’ouvrage, qui date de 1880, « a peut-être fait son temps », estime Maurice Milcent. Deux options selon lui : soit une réhabilitation de l’existant, soit une réfection intégrale, « qui ne coûterait pas plus cher », a calculé le maire. Coût de cette seconde option : environ 15 millions d’euros.

Enfin, il y a la dune, à la Pointe, arasée par la tempête, remodelée après, mais qu’il faut renforcer. « Car protéger la Pointe, c’est protéger le bourg », analyse encore Maurice Milcent. « C’est même une protection pour tout l’arrière-pays », ajoute Denis Clemenceau, conseiller municipal de L’Aiguillon. De nombreux travaux qui butent sur les financements. « On a entraîné les communes dans un véritable labyrinthe administratif », s’énerve Jean-Marie Angotti.

Lequel craint que les travaux ne se fassent pas « avant 5 à 10 ans, à cause de la lourdeur administrative, qui impose de nombreuses études avant de commencer les travaux ». « Depuis Xynthia, poursuit-il, la population a attendu sagement des travaux de protection. Aujourd’hui, l’inquiétude est grande et il est important et urgent de faire le nécessaire. »Les habitants de L’Aiguillon comptent le faire savoir. Ils manifesteront ce dimanche, à partir de 15 h.

 

Nicolas Sarkozy s’est déclaré mardi disposé à introduire de la « souplesse » dans la règle d’interdiction de construction et de relogement dans les zones inondables de la façade Atlantique touchée par la tempête Xynthia en 2010.

Lors d’un déplacement de campagne à Chatelaillon, le candidat de l’UMP à la présidentielle a brièvement recoiffé sa casquette de chef d’Etat pour répondre aux critiques des élus et de la population, opposées aux « zones noires » où l’Etat doit racheter les maisons jugées dangereuses avant de les détruire. « Il faut être raisonnable. Là où l’eau est passée, elle peut revenir.

C’est votre vie qui est en cause », a-t-il plaidé en s’adressant brièvement à une petite foule d’habitants et de partisans. « Cela ne veut pas dire qu’on ne doit pas faire preuve de souplesse pour un certain nombre de situations », a toutefois modulé le président candidat, « je pense notamment à des maisons qui ne seront plus re-habitées mais dont on peut par exemple faire des commerces ».

Quelques minutes plus tôt, Nicolas Sarkozy avait défendu les « zones noires » devant une petite maison du village, posée face à la mer, où deux personnes âgées avaient trouvé la mort en février 2010, victimes de la tempête Xynthia, qui a fait au total 53 victimes sur l’ensemble du littoral vendéen et charentais.

Nicolas Sarkozy était venu en Charente-Maritime en mars 2010, peu après la tempête Xynthia. Il revient demain aux Boucholeurs.

Nicolas Sarkozy était venu en Charente-Maritime en mars 2010, peu après la tempête Xynthia. Il revient demain aux Boucholeurs.Photo archives Phil Messelet

Le candidat de l’UMP à la présidentielle Nicolas Sarkozy effectuera ce mardi en Charente-Maritime une visite qui le conduira chez Alstom près de La Rochelle, une entreprise qu’il se vante régulièrement d’avoir sauvée en 2004, a annoncé ce lundi son état-major de campagne.

Le président candidat est attendu à 11h20 à Aytré dans l’une des usines du constructeur ferroviaire, où il s’était déjà rendu en 2004 en tant que ministre de l’Economie puis en février 2008 comme chef de l’Etat, à l’occasion du lancement de l’AGV, le nouveau train à grande vitesse d’Alstom.

Le déplacement chez Alstom est un des grands classiques de Nicolas Sarkozy, ministre, candidat ou président, qui ne manque pas une occasion de s’afficher en « sauveur » du groupe. En 2004, alors titulaire du portefeuille de Bercy, il avait imposé l’entrée de l’Etat français au capital du groupe français, alors menacé de démantèlement, malgré l’intransigeance du commissaire européen au marché intérieur Mario Monti, aujourd’hui chef du gouvernement italien.

Lors de sa campagne victorieuse de 2007, le candidat Sarkozy avait fait le détour par l’usine Alstom du Creusot, avant de se rendre à Aytré en 2008 puis à Ornans (Doubs) en 2009 avec sa casquette de président. Ces déplacements sont à chaque fois l’occasion de défendre son credo en faveur de la « France des usines » et illustrer le « produire en France », dont il a fait un de ses leitmotiv et un slogan de sa course à un deuxième mandat.

Selon son état-major, le président sortant doit visiter les lignes d’asssemblage du TGV, rencontrer à huis clos les représentants du personnel et s’adresser au salariés. Nicolas Sarkozy, qui s’est présenté dimanche en candidat « du peuple » contre les « élites », achèvera sa visite par un déjeuner à la cantine.

Dans l’après-midi, il se rendra sur la côte Atlantique pour une visite du village des Boucholeurs, sinistré lors de la tempête Xynthia qui a fait 53 morts en février 2010. En visitant les sites détruits de Charente-Maritime, Nicolas Sarkozy avait promis, contre l’avis d’une partie des élus et des habitants, d’interdire la construction des habitations en zone inondable.

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