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…a dit le Président Mac Mahon en 1875 devant la crue de la Garonne. À présent, nos dirigeants annoncent qu’ils feront le nécessaire. Le nécessaire, non ; une partie du suffisant, mais à nos frais, à nous autres assurés

crue

Michel Crinetz, ancien superviseur financier

Vous pensez qu’il est interdit de construire en zone inondable ? Mais alors, pourquoi, selon l’Institut de l’environnement (IFEN, dissous en 2008), 100 000 bâtiments ont-ils été érigés entre 1999 et 2006 en zone inondable ?

Et couverts par les assureurs ; sans surprime, cela serait anti-commercial. Et puis, quel scandale cela ferait, sur les chaînes d’information en continu, de voir les gens éplorés, qui ont tout perdu, et à qui on aurait opposé en plus un refus d’assurance, du reste obligatoire.

Pourtant, nos dirigeants ont tout promis, tout prévu, tout organisé, tout mis en œuvre ; heu, non, pas tout mis en œuvre. Certes sont prévus les plans de prévention des risques d’inondation (PPRI), les plans d’action pour la prévention des inondations (PAPI), les plans de prévention des risques naturels (PPRN), les plans communaux de sauvegarde (PCS, obligatoires depuis la loi 2004-811), le document d’information communal sur les risques majeurs (Dicrim). C’est compliqué : il faut analyser, expertiser, discuter, négocier, notifier, financer, voter, interdire, après avoir consulté tous les intéressés. C’est très long, du moins quand la procédure est engagée.

Beaucoup de communes n’ont pas fini ; beaucoup même, pourtant directement concernées, n’ont pas commencé. Même des communes inondables, et même très inondées ; et plusieurs fois, faisant à chaque fois l’objet d’un arrêté de catastrophes naturelles. Et donc les victimes sont indemnisées par les assureurs, ainsi forcés d’augmenter leurs tarifs, et par le fonds des catastrophes naturelles, ainsi forcé d’augmenter les taxes sur les primes d’assurances, qui sont passées de 5,5 % en 1982 à 12 % en habitation, et à 6 % en assurance auto.

“Pourtant, nos dirigeants ont tout promis, tout prévu, tout organisé, tout mis en œuvre ; heu, non, pas tout mis en œuvre”

Sur les 32 communes bénéficiant d’un arrêté dans le Var et les Alpes-Maritimes, 14 n’avaient pas de PPRI, de sorte que les assurés paient une franchise. Pourtant Mougins, Valbonne, Roquefort-les-Pins ont bénéficié depuis 1982 de 10 à 17 arrêtés d’indemnisation chacune. Même celles qui s’en sont dotées ne semblent pas avoir pris de réelles mesures de prévention, puisque le coût des sinistres ne cesse d’augmenter à Cannes, Antibes, Nice et Fréjus. Après tout, les travaux apportent de l’activité à la commune, et les logements rapportent des taxes locales.

Certains assureurs commencent à réagir et, par exemple, refusent d’assurer les habitants du rez-de-chaussée ; mais couvrent les habitants des étages ; lesquels ont garé leur voiture au sous-sol ; et meurent noyés quand ils essaient de la sauver des eaux ; ce qui se comprend, car ils en ont besoin pour aller travailler et faire leurs courses.

À la Faute-sur-Mer la bien nommée, les braves gens qui voulaient avoir une villa les pieds dans l’eau ont eu de l’eau par-dessus la tête. Pour le coup, après bien des tergiversations, on a condamné le maire à la prison ; il a fait appel bien sûr, c’est toujours la faute des autres… Et c’est le seul exemple, semble-t-il.

Finalement, c’est comme dans la banque.

“Certains dirigeants prennent des mauvaises décisions, et y gagnent. Mais au moment de payer les conséquences, ce ne sont jamais eux qui paient.”

Certains dirigeants prennent des mauvaises décisions, et y gagnent. Mais au moment de payer les conséquences, ce ne sont jamais eux qui paient. C’est la collectivité des assurés, ou des contribuables, ou maintenant pour les banques, la collectivité des actionnaires, des créanciers obligataires, et des fonds de sauvetage, certes alimentés par une contribution des banques, mais qu’elles répercutent sur leurs clients, par exemple via les frais de tenue de compte. Pas les bonus des dirigeants et des traders. Parfois les traders sont poursuivis ; les dirigeants, jamais.

Mais il reste quand même une différence entre les assurances et les banques. Les banquiers ne pourront pas dire que c’est la faute au réchauffement climatique…

Marie-Thérèse Tarrery, 67 ans, habitante et ancienne élue de La Faute-sur-Mer (Vendée), a fait partie des victimes de la tempête Xynthia, survenue dans la nuit du 27 au 28 février 2010. Elle témoigne dans le documentaire « La France se noie », diffusé mardi 8 mars, à 20h55, sur France 5. (Voir plus bas)

Marie-Thérèse Tarrery, une sinistrée

Marie-Thérèse Tarrery, ex-élue de La Faute-sur-Mer, en Vendée, était parmi les sinistrés de la tempête Xynthia, survenue le 27 février 2010.

TÉLÉ STAR : Il y a six ans, la tempête Xynthia a dévasté une partie de La Faute-sur-Mer , tuant 29 personnes. Que s’est-il passé pour vous ?

Marie-Thérèse TARRERY : J’ai eu la chance d’habiter la partie nord de la zone, qui a été beaucoup moins impactée. J’ai eu 40 centimètres d’eau dans mon jardin, c’est tout. Beaucoup ont perdu des êtres chers, hélas.

À l’époque, étiez-vous consciente de vivre dans une zone à fort risque d’inondation ?

M .-T. T. : Oui, un zonage avait été fait, un plan de prévention des risques inondations (PPRI) était aussi en discussion, depuis sept ou huit ans. Mais personne n’avait conscience qu’une digue pouvait lâcher. Cela dit, peu de gens le savent, des travaux sur cette digue avait commencé quinze jours avant le drame, pour la renforcer justement…

Six cents maisons ont été rachetées par l’État et rasées depuis le drame. D’autres sont restées dans des zones inondables. Étonnant…

M .-T. T. : Dans les zones rouges, zones dangereuses, les habitants ont eu la possibilité de vendre leur maison à l’État 20 % au-dessus du marché et elles ont été rasées. D’autres, comme moi, ont préféré rester. On a eu l’obligation en revanche de créer des zones refuges dans nos maisons, c’est-à-dire une pièce en hauteur où l’on puisse se réfugier en cas de brusque montée des eaux.

À vos frais ?

M .-T. T. : On nous avait promis des subventions de 10 %. Hélas, le tribunal administratif de Nantes a annulé le PPRI l’an dernier. Les travaux que j’ai effectués sont donc pour ma poche. Aujourd’hui, c’est encore un grand foutoir. On attend un autre PPRI qui établira de nouveaux zonages. On n’en finit pas.

Qu’espérez-vous aujourd’hui ?

M . -T. T. : Je n’attends rien. On verra bien. La cour d’appel de Poitiers rendra sa décision sur le procès Xynthia, le 4 avril (M. Marratier , le maire, a été condamné à quatre ans de prison ferme en première instance, pour homicide involontaire et mise en danger de la vie d’autrui, ndlr). Ici, on est 700 habitants : on connaissait tous les personnes décédées… On espère seulement que jamais un tel drame ne se reproduira.

Lien vers la vidéo (lecture avec vlc ou autre lecteur compatible .mkv)

2016 02 29 of

Les autorités et les familles se sont recueillies, ce matin à La Faute-sur-Mer, sur le lieu de mémoire, face au quartier où 29 personnes sont décédées lors de la tempête.

Environ 150 personnes ont participé, ce matin, à La Faute-sur-Mer, à la cérémonie en hommage aux 29 victimes de la tempête Xynthia dans la commune, dans la nuit du 28 au 29 février 2010.

Dépôt de gerbe. Ici pour les familles.

« Le fait que l’hommage se déroule un dimanche ravive des souvenirs très précis,constate une femme qui a perdu sa maman. Certaines images sont figées à jamais. »

Cortège entre le pont et le lieu de souvenir.

Vers 11 h, la petite foule s’est regroupée au pied du pont entre La Faute et L’Aiguillon-sur-Mer, enjambant le Lay. La rivière qui a débordé cette nuit-là pour envahir la « cuvette » et ces centaines de maisons détruites depuis.

Le cortège n’a pas longé la digue mais s’est rendu, par les rues de la ville, au lieu de mémoire.

Dans le défilé, les présidents de la Région, Bruno Retailleau, et du Département, Yves Auvinet ; une partie des parlementaires vendéens, ainsi que des élus. L’ancien maire de La Faute, René Marratier, qui sera fixé le 4 avril sur son jugement, après le procès en appel de la catastrophe, était présent.

Fin de la cérémonie, les proches déposent des fleurs.

« C’est important que l’État et les élus soient là, appuie François Anil, de l’Avif, l’association des victimes. Qu’on ne nous laisse pas seuls. »

2016 02 27 xynthia

Le niveau des mers et des océans s’élève à un rythme inédit depuis vingt-huit siècles. Et ça s’accélère. En raison du changement climatique, leur élévation entre 1900 et 2000 serait d’environ 14 centimètres sous l’effet de la fonte des glaces et des glaciers, selon une étude publiée mardi par l’Académie américaine des sciences (PNAS), qui s’appuie sur une nouvelle approche statistique mise au point à l’université Harvard (Massachusetts). Le siècle dernier «a été extraordinaire comparé aux trois derniers millénaires et la montée des océans s’est même accélérée ces vingt dernières années», estime Robert Kopp, professeur à l’université Rutgers, dans le New Jersey.

Pour tenter de mesurer l’évolution du niveau des océans pendant les trois derniers millénaires, les scientifiques ont compilé de nouvelles données géologiques indicatrices de l’élévation des eaux, comme les marais et les récifs coralliens, et des sites archéologiques. Ils ont également utilisé des relevés sur les marées à 66 endroits du globe au cours des 300 dernières années.

Certes, les océans ont baissé d’environ 8 centimètres entre l’an 1000 et 1400, période marquée par un refroidissement planétaire de 0,2°Celsius. Mais, alors que la température mondiale moyenne est d’un degré de plus qu’à la fin du XIXe siècle, et qu’il est acquis qu’elle augmentera encore d’au moins un degré en dépit de l’accord de Paris en décembre, la hausse du niveau des mers pourrait atteindre, au minimum, entre 24 et 60 centimètres. Mais aussi «très probablement monter de 51 centimètres à 1,3 mètre durant ce siècle si le monde continue à dépendre dans une aussi large mesure des énergies fossiles», alerte le rapport. «La hausse du niveau des mers va continuer à s’accélérer si le réchauffement continue, ce qui est inévitable» , rappelle un des auteurs de l’étude.

A l’heure où 60 % de la population vit près des côtes, plusieurs milliards de personnes pourraient être menacées.

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2016 01 29 of

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

Audition du préfet au sénat (flv)

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