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Patrick GUYOMARD

Il est reproché à la première adjointe au maire d’avoir délivré des permis des construire en zone inondable, et une violation des règles de l’urbanisme.

Le président : « Quel était le cheminement des dossiers d’urbanisme ? »Françoise Babin :« Les dossiers arrivaient en mairie en cinq exemplaires. Quatre autres partaient à la DDE. La commission urbanisme statuait en accord avec le POS et le zonage. »Le président : « Les permis de construire étaient octroyés avec beaucoup de rapidité, parfois sous quinze jours. »Françoise Babin : « Oui, mais je n’explique pas ces délais courts. »Le président : « En tant que présidente de la commission urbanisme, vous dirigiez les séances. »Françoise Babin : « Présidente, un bien grand mot. Pour les dossiers importants, c’est Monsieur Marratier qui s’en occupait. »Le président : « Cédiez-vous votre place lorsque des projets vous concernaient personnellement ? »Françoise Babin : « Je n’ai jamais signé un projet me concernant. Je me contentais de les présenter. »Le président : « Cela ne vous posait pas de problème ? »Françoise Babin : « Si la DDE acceptait, je ne voyais pas où était le problème. »

Le tribunal a ensuite interrogé la prévenue sur sa connaissance des cotes de référence du niveau marin extrême. « Pour Monsieur Marratier, cette cote de 3,90 m était préjudiciable à l’aboutissement des dossiers » lance le président Almy. Elle implique que les maisons soient rehaussées, ce qui aurait une influence sur les prix.Françoise Babin : « J’ai compris en septembre 2009, avec le projet de PPRI, que ces cotes s’inscrivaient uniquement pour les futurs lotissements. Si nous nous étions mis autour d’une table avec les services de l’État pour clarifier tout cela, on n’en serait pas arrivé Là. Et si la DDE avait refusé les permis, on se serait aperçu que quelque chose ne collait pas. »Le président : « Vous auriez pu vous renseigner. Qu’avez -vous compris dans le terme cote de référence ? »Françoise Babin :« Pour moi, 3,90 m c’était la cote de la crue du Lay, pas la hauteur des constructions. »Le président : « C’est à partir de cette cote que l’on établit les scénarios de rupture ou de surverse, qui amènent à un zonage. C’est une évidence. »Françoise Babin : « Ce n’était pas évident pour moi. J’en suis très affectée. » La voix est tremblante.

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Avocate spécialisée sur les affaires liées à l’environnement était l’invité d’Europe Nuit. Corinne Lepage plaide notamment les parties civiles dans ce grand procès de la tempête Xynthia. Au micro d’Emmanuel Faux, elle contredit tout le système de défense de l’ancien maire de la Faute-sur-mer, René Marratier.

L’audience reprend ce mercredi à 14 h. Après René Marratier, c’est au tour de Françoise Babin, ex-première adjointe, d’être interrogée par le tribunal.

À 14 heures, au centre des congrès des Sables-d’Olonne, démarrera l’interrogatoire de Françoise Babin, ancienne première adjointe de René Marratier. La présidente de la commission urbanisme à La Faute-sur-Mer est prévenue des chefs d’homicides involontaires aggravés et de mise en danger.

Patrick GUYOMARD

Les avocats des parties civiles et le procureur ont interrogé René Marratier sur son implication la nuit de la catastrophe.

« Vous n’avez pas eu un comportement adapté suite aux alertes » selon Maître Stéphane Rapin, avocat des parties civiles. Corinne Lepage de poursuivre : « Lors de la tempête de 1999 vous dites avoir couru partout, pourquoi n’avoir rien fait au passage de Xynthia ? Nous étions en alerte rouge, c’est une attitude normale de la part d’un maire d’aller au restaurant, de regarder un film à la télé et d’aller se coucher ? »

« Vous habitez à moins de 200 mètres de la digue. L’idée ne vous vient même pas de jeter un coup d’œil ? » ajoute un autre avocat des parties civiles.

René Marratier : « En 1999 je suis sorti au cœur de la tempête. Pour Xynthia, s’il avait fallu mettre les pieds dans l’eau, je l’aurais fait, même en costume. A 23h30, rien ne pouvait annoncer la catastrophe qui est survenue à 3h du matin. Tout était calme lorsque je me suis couché. À 6 h, il y avait 15 cm d’eau chez moi, j’ai pensé à une surverse de la digue, pas à une rupture de celle-ci, confiant de la solidité, de qualité des travaux sur l’ouvrage. »

Un autre avocat des parties civiles avance : « Vous avez songé à démissionner après la catastrophe ? Histoire de mettre l’État en face de ses responsabilités. Le maire de Charron l’a fait, lui. »

René Marratier : « On n’a pas eu cette opportunité. Ma mission auprès d’une commune KO debout était d’abord de la redresser. »

Le procureur de la république Gilbert Lafaye pèse ses mots en toute fin d’audience : « On vous demandait peu de chose. Vous n’avez pas fait l’effort d’aller à la rencontre de vos administrés. Vous n’avez rien tenté. Si vous aviez sauvé ne serait-ce qu’une vie humaine… Vous n’avez rien mis en œuvre pour y arriver. »

Patrick GUYOMARD

Après plusieurs heures d’un interrogatoire mené par les juges, l’ancien maire de La Faute a été confronté, hier soir, aux questions et analyses percutantes du procureur.

Questionné par les juges, l’ancien maire de La Faute n’a cessé de renvoyer l’ascenseur des responsabilités au niveau de l’État. Les avocats des parties civiles ont ensuite pris le relais des questions, en glissant leurs analyses.

« L’urbanisme a explosé durant vos mandats. Vous aviez pensé un projet de construction massive de pavillons », expose l’avocate Corinne Lepage. « D’accord, sauf que cela aurait dû s’accompagner d’un plan de prévention ! »

Elle pointe la mise en place d’un Plan de sauvegarde uniquement pour un camping « car pour le reste du territoire vous n’auriez pas pu continuer à urbaniser. Vous vous êtes retranché derrière l’absence de plan de prévention du risque inondation » (PPRI).

Un autre avocat ajoute que 32 communes tout au long du Lay (fleuve qui se jette dans l’estuaire de La Faute) ont bénéficié d’un PPRI approuvé avant Xynthia, en 2005, à cause des risques de crue.« La situation est pire à La Faute, car aux crues s’ajoute le risque de submersion marine. Vous n’aviez jamais échangé avec vos collègues de l’association des maires de Vendée ? »Le prévenu reste sans voix.

 » Il était important pour vous de ne pas informer les gens ! « 

En début de soirée, la salle du tribunal a assisté au réveil du procureur de la République Gilbert Lafaye, jusqu’ici plutôt discret. Ses propos ont été percutants. Il est revenu sur l’explosion démographique de La Faute. « Vous étiez le promoteur de votre commune. » « Pas forcément », rétorque René Marratier.Agacement du procureur qui rappelle que « le droit à l’information est une obligation pour vous. Toutes les victimes ont affirmé que si elles avaient été conscientes des risques, elles n’auraient pas acheté ici ! J’imagine que c’est difficile de dire aux gens ne venez pas chez nous car c’est très dangereux. Pour les attirer, il était important pour vous de ne pas les informer. »René Marratier déstabilisé : « Oh non, monsieur le procureur, nous n’étions pas du tout dans cette démarche.»

« Vous aviez une réelle connaissance du risque »

Gilbert Lafaye enfonce le clou « Vous avez mis le frein à main pour retarder le PPRI. Fin 2009, vous avez repoussé l’enquête publique de trois mois, alors que le préfet vous a forcé la main dès 2007 ! Mon opinion est que vous avez tout fait pour faire échouer le PPRI, pour ne pas vous rendre débiteur de vos obligations. Vous aviez une réelle connaissance du risque, à la hauteur de la négation de celui-ci. »

René Marratier se défend : « Mais non, on voulait qu’il aboutisse ce PPRI ! » Coupé en retour par le procureur : « Tous les dossiers démontrent le contraire. Le risque, selon Monsieur Marratier, est un épouvantail à futurs électeurs. »

Le tribunal ne comprend pas la non-réactivité du maire, prévenu dans l’après-midi de la situation météo, par les alertes de la préfecture et du pompier Samuel Veillard.

« Alors que vous avez reçu un appel du pompier Samuel Veillard, dès 15 h 36, qui s’inquiétait des événements météo particuliers à venir, alors que vous recevez sur votre portable des alertes orange puis rouge émanant de la préfecture vous ne réagissez pas »s’étonne le président du tribunal. « Vous ne vous êtes pas informé en mairie, alors que vos services avaient reçu une alerte détaillée. »

René Marratier : « J’ai considéré que c’était une tempête classique, sans risque de submersion. »

Le président : « Pourtant le message de Samuel Veillard était suffisamment inquiétant, puisqu’il envisageait de mettre en place une surveillance physique sur la digue. Ce coup de fil ne vous a pas incité à réagir ? À mettre en alerte vos conseillers municipaux ? »

René Marratier : « Samuel m’a juste dit qu’il serait attentif, en raison des alertes météo. »

Le président veut, ce lundi, mesurer la «culture du risque» telle qu'elle était prise en compte à la mairie de La Faute.

Le procès de la catastrophe Xynthia, du nom de cette tempête qui tua 29 personnes à la Faute-sur-Mer le 28 février 2010, en est à sa quatrième semaine.

L’impression est curieuse: debout derrière la barre surdimensionnée de l’annexe du tribunal des Sables d’Olonnes aménagé dans un centre de congrès, l’ancien maire de La Faute-sur-Mer, René Marratier, semble tout rabougri, en dépit de sa carrure de garagiste dur au mal. C’est dans la posture d’un enfant interrogé par le maître sévère qui aurait repéré le cancre et voudrait que toute la classe fustige à son tour sa désinvolture, que le prévenu tente de répondre aux questions du président.

Le procès de la catastrophe Xynthia, du nom de cette tempête qui tua 29 personnes dans une petite commune vendéenne le 28 février 2010, en est à sa quatrième semaine. Le moment est venu de demander une dernière fois aux quatre prévenus principalement poursuivis pour homicides involontaires – le cinquième, Patrick Maslin, a succombé à un cancer foudroyant – de préciser leurs positions.

Le maître et l’élève, donc. À l’estrade, le président Almy, dont les questions sont longues comme des jours sans pain, de sorte que lorsqu’elles s’achèvent, ponctuées de peu toniques «hein», nul ne sait plus comment elles ont commencé: le magistrat donne l’impression de s’être fait son idée du dossier, et d’attendre des réponses précises dont il connaîtrait souvent, par avance, le contenu. Au micro, M. Marratier: ce taiseux, parce qu’il est bien obligé de parler, s’exprime dans un sabir mi-administratif mi-évasif, et il est bien en peine de contrer la charge implacable et lancinante.

Mesurer la «culture du risque»

Le président veut, ce lundi, mesurer la «culture du risque» telle qu’elle était prise en compte à la mairie de La Faute. Apparemment, cette culture ne faisait guère partie des priorités: à en croire l’accusation, il n’y avait pas d’information de la population digne de ce nom, pas de plan d’urgence à actionner en cas d’inondation et ce, malgré des mises en demeure répétées de la préfecture. L’on semblait davantage intéressé par la lucrative expansion des lotissements, y compris ceux qui se situaient dans la «cuvette» noyée en 2010 par l’Atlantique démonté. Face à ces carences, l’ancien maire oppose la stratégie du petit chose, celui qui ne décolle pas de son «humble niveau». Après avoir fait, comme la semaine dernière, acte de contrition à destination des parties civiles, il déclare: «J’avais sûrement un manquement lié à une mauvais approche, eu égard que, dans nos petites collectivités, il y a des masses de travaux à gérer. Mais j’ai essayé de gérer l’intérêt général des populations pour trouver le bien-être et la sécurité».

Le président rappelle (cela n’en finit pas) que la préfecture n’avait pas été avare de rappels à la loi, enjoignant l’élu et son équipe de mettre sur pied, outre une véritable information de leurs administrés, des plans de prévention et d’évacuation d’urgence. Le prévenu, cramponné à son rôle de corniaud: «Nous n’avons jamais été réellement informés des mesures à prendre. Je n’ai pas la culture et l’intelligence personnelles pour diagnostiquer une telle situation. D’autres maires trouvaient aussi ces dossiers lourds à gérer, cela n’entrait pas dans notre philosophie intellectuelle». Notons que le petit chose, à son «humble niveau», a été quatre fois réélu à la tête de sa commune, et qu’aux dernières élections, il a frôlé le cinquième sacre – il reste d’ailleurs chef de l’opposition au conseil municipal.

Le président pose ses questions, le prévenu livre ses réponses. Au bout d’une heure et demie, le premier demande: «Qu’est-ce que l’État aurait dû faire de plus pour vous sensibiliser aux risques de submersion? Il ne peut pas se substituer à la commune, hein, sur ce point…»

M. Marratier: «Ben… je pense… apporter son aide. Pourquoi laissait-il la maîtrise d’œuvre à une petite commune qui n’avait pas de moyens? Pourquoi ne pas envoyer des courriers: “Messieurs les maires, on en a marre”? À un moment, faut qu’on arrive à la chose, quoi, qu’on arrête de jouer: il faut faire».

Un constat de surplace

En fin d’après-midi, le choc de deux philosophies intellectuelles inconciliables ne peut que conduire à un constat de surplace. Le président Almy vient de relire les déclarations des membres du conseil municipal: aucun ne se souvient de débats sur les risques liés aux éléments – selon plusieurs témoignages, M. Marratier avait de l’exercice du pouvoir une conception assez personnelle qui lui valait le surnom de «roi René».

L’ancien maire proteste et affirme qu’il y a eu des échanges à ce sujet: «ça me paraît très surprenant».

Le président: «Nous restons avec notre mystère. Le tribunal aime bien les choses rationnelles, explicables. Là, on a une espèce de silence, ça provoque mon incompréhension».

Il y a deux semaines, le tribunal s’était déplacé sur les lieux de la catastrophe naturelle. La déambulation à travers le cimetière à ciel ouvert peuplé de saules pleureurs opposait à ce silence de prétoire celui, glaçant, des 29 destinées fracassées.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

Audition du préfet au sénat (flv)

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