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  • Les parties civiles avaient été les premières à témoigner de cette nuit d'horreur du 27 février 2010 où l'eau a submergé leurs maisons.

    Les parties civiles avaient été les premières à témoigner de cette nuit d’horreur du 27 février 2010 où l’eau a submergé leurs maisons. | Photo AFP.

Philippe ECALLE.

Après Françoise Babin, interrogée ce mardi matin, c’était au tour de Thierry Lataste d’êre entendu, cet après-midi, mais lui en qualité de témoin.

L’actuel directeur de cabinet de François Hollande a été le préfet de la Vendée dans les deux ans qui ont précédé la dramatique tempête Xynthia qui avait endeuillé la commune vendéenne.

L’ex-préfet interrogé sur l’instruction des permis de conduire

Les avocats de la défense l’attendaient au tournant. Ils l’ont interrogé sur le rôle de l’Etat, notamment dans l’instruction des permis de construire.

« C’est l’État qui instruisait les permis de construire, dans le cadre d’une convention qui liait l’État à la commune, avait réaffirmé Françoise Babin. Moi, je me contentais d’apposer ma signature, sans changer ni un mot ni une virgule. »

« C’est le maire qui décide », dit le préfet

S’il n’a pas contesté que c’était bien les services de l’Etat qui instruisait les permis de construire, Thierry Lataste a rappelé que le dernier mot revenait au maire.

« L’État a accepté de prêter ses services aux communes pour instruire les permis de construire, mais c’est le maire qui décide. »

L’Etat pas complètement « blanchi » dans ce drame

Des réponses qui ne parviennent pas à « blanchir » complètement l’Etat dans ce drame qui a coûté la vie à 29 personnes à La Faute-sur-Mer, dans la nuit du 27 au 28 février 2010, dans la petite station balnéaire vendéenne.

Le procès se poursuit mercredi après-midi avec l’audition du sénateur Alain Anziani comme témoin, puis l’interrogatoire des représentants légaux des deux personnes morales poursuivies, les sociétés Les constructions d’aujourd’hui et Techniques d’aujourd’hui, deux sociétés de La Faute-sur-Mer qui étaient gérées par Patrick Maslin, autre prévenu de ce procès, décédé l’an dernier, quelques jours après l’ouverture du procès des Sables-d’Olonne.

« Très affectée », Françoise Babin, agent immobilier et ancienne adjointe à l’urbanisme de La Faute-sur-Mer (Vendée), où 29 personnes ont péri noyées en 2010 lors de la tempête Xynthia, a assuré mardi devant la cour d’appel de Poitiers n’avoir « jamais mélangé » ses deux fonctions.Françoise Babin, agent immobilier et ancienne adjointe à l'urbanisme de La Faute-sur-Mer en Vendée © plavaud - MaxPPP

© plavaud – MaxPPP Françoise Babin, agent immobilier et ancienne adjointe à l’urbanisme de La Faute-sur-Mer en Vendée

« Je voudrais affirmer que je n’ai jamais favorisé ma position d’agent immobilier (…) et je suis très affectée quand j’entends des personnes insinuer ces choses-là », a déclaré à la barre Mme Babin, 71 ans, petit bout de femme à la chevelure courte couleur fauve.

« Je n’ai jamais mélangé mes deux fonctions », a-t-elle asséné, en répondant à une question de la cour lui demandant si elle aurait été « plus réceptive au risque d’inondation » si elle n’avait pas « eu à vendre des terrains ».
Présidente de la commission d’urbanisme de la station balnéaire vendéenne depuis son élection en 1989, elle avait vendu en treize ans 114 terrains lui appartenant sous forme de lotissements, essentiellement dans la cuvette située en contrebas de la digue submergée par la tempête Xynthia, où périrent noyées, dans des maisons de plain-pied qui auraient dû comporter un étage, la majorité des 29 victimes.

« Conflit d’intérêts »

En la condamnant à deux ans de prison ferme, mais aussi 75.000 euros d’amende pour« homicides involontaires » le 12 décembre 2014, le tribunal correctionnel des Sables d’Olonne avait souligné que « ce conflit d’intérêts » était « le coeur de la responsabilité » de Mme Babin.

Il lui est reproché d’avoir en tant qu’élue délivré des permis de construire irréguliers en zone inondable, causant involontairement la mort de quatre membres de la famille Bounaceur et exposant à un risque de mort onze familles.

Quand la commission d’urbanisme de la mairie se réunissait, « à chaque fois qu’il était question des terrains me concernant, je quittais la salle des délibérations, (…) justement pour qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêts », a assuré Françoise Babin, écartant sa responsabilité pour pointer du doigt celle de l’État.
« Les permis de construire étaient instruits par les services de la DDE, ils arrivaient en mairie rédigées par la DDE et moi j’apposais juste ma signature. Je n’ai jamais changé de mot ni de virgule, j’ai signé les permis tels qu’ils m’arrivaient des services de la DDE », a-t-elle lancé.

Questions de compétence

Interrogée sur ses compétences en matière d’urbanisme, cette ancienne employée de banque a insisté sur son absence de formation. Elle avait hérité de terrains achetés par son beau-père, à la mort de celui-ci et de son mari, tous « constructibles » bien avant son arrivée à La Faute-sur-Mer au début des années 1980.

Avec pourtant une expérience professionnelle de vingt ans dans l’immobilier, à laquelle elle consacrait 70% de son temps, et les « 40, 50 permis par an » délivrés par la commission d’urbanisme dont  elle était présidente, Françoise Babin pouvait-elle tout ignorer en matière d’urbanisme ?, s’interroge la cour.

Les permis de construire, « je regardais bien évidemment si les demandes étaient bien complètes », s’il n’y avait « pas d’anomalie par rapport au plan d’occupation des sols », concède-t-elle.
« Mais encore une fois, comme ces permis de construire rédigés par la DDE m’arrivaient positifs, je n’ai jamais pensé que ces permis pouvaient être irréguliers », se défend-elle, interrogeant à son tour la cour avec hargne: « Vous ne pensez vraiment pas que j’aurais pu signer des permis de construire si j’avais pu imaginer une telle catastrophe ».

Poussée à plusieurs reprises à communiquer son patrimoine immobilier, Françoise Babin élude: « Huit taxes foncières différentes ? Ça me paraît beaucoup. (…) Un chiffre d’affaires de l’ordre de cinq millions d’euros ? Oh non, pas du tout, mais aujourd’hui, je n’ai pas le chiffre exact en tête pour le dire ».

« La prise illégale d’intérêts n’a pas été retenue contre ma cliente », finit par s’emporter Christian Charrière-Bournazel, l’un des avocats de l’ancienne adjointe à l’urbanisme et de son fils, Philippe Babin, également rejugé pour « homicides involontaires ».

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L’ancien maire de La Faute-sur-Mer (Vendée), René Marratier, rejugé à Poitiers pour la mort de 29 personnes en février 2010 lors de la tempête Xynthia, a déclaré lundi devant la cour d’appel de Poitiers avoir « toujours pensé œuvrer pour le bien public ».

« J’ai toujours pensé œuvrer pour le bien public, je ne suis pas un homme intéressé, j’aimais ma commune, ses habitants. Mon seul intérêt, c’était de servir l’intérêt général », a assuré M. Marratier, tendu et les traits tirés, au début de son interrogatoire devant la cour d’appel.

Élu local depuis 1983, maire de 1989 à 2014 et toujours conseiller municipal, René Marratier, 63 ans, condamné à quatre ans de prison ferme en première instance, est rejugé au côté de son ancienne adjointe à l’urbanisme, Françoise Babin, et du fils de cette dernière, Philippe Babin, pour « homicides involontaires ».

Il lui est reproché de ne pas avoir informé les habitants de la commune des risques d’inondation dont il avait parfaite connaissance suite à de nombreux rappels de la préfecture selon l’accusation, et pour avoir délivré des permis de construire qui violaient les règles de sécurité.

En première instance, le 12 décembre 2014, le tribunal correctionnel des Sables-d’Olonne avait lourdement condamné les trois prévenus pour « homicides involontaires », après la mort de 29 personnes dans la nuit du 27 au 28 février 2010, décédées dans leurs maisons de plain-pied, qui auraient dû comporter un étage en raison du risque de submersion de la digue censée protéger leurs habitations.

« Si j’avais su être confronté à une telle situation, je ne me serais jamais présenté pour servir l’intérêt général », a lancé M. Marratier, avant d’exprimer à nouveau « (sa) douleur et (sa) compassion » pour les victimes et leurs familles.

« A l’époque, jamais je n’aurais pu imaginer une telle catastrophe », a-t-il martelé à la barre, face aux questions pressantes de l’avocat général, Thierry Phelippeau.

« Évidemment, on est obligé de reconnaître qu’on a une part de responsabilité, j’aurais dû faire mieux, mais, jamais avant Xynthia, je n’aurais pu imaginer une telle situation. J’ai certainement eu des failles, je ne peux que m’en excuser », a admis M. Marratier.

AFP

JUSTICE La cour d’appel de Poitiers a auditionné ce lundi l’ex-maire de La Faute-sur-mer, rejugé pour la mort de 29 personnes sur sa commune en 2010…

Au troisième jour d’audience du procès en appel de la catastrophe Xynthia à La Faute-sur-mer, l’heure est déjà venue d’auditionner René Marratier, ancien maire de la commune entre 1989 et 2014. Personnage central du procès, l’ancien élu, 63 ans, avait été condamné en première instance à quatre ans de prison ferme pour homicides involontaires et mise en danger d’autrui. Quelque 29 personnes avaient péri lors du passage de la tempête la nuit du 28 février 2010, la plupart noyées dans leur maison suite à la submersion de la digue.

« Jamais je n’aurais pu imaginer une telle catastrophe, a répété à plusieurs reprises René Marratier devant la cour d’appel de Poitiers, comme il l’avait fait en première instance. On pensait que le territoire était sécurisé. Jamais je n’aurais imaginé que la digue pouvait être submergée. De mémoire d’anciens, on n’avait jamais connu ça alors que les digues étaient plus basses. »

«La majorité des gens savaient que la zone était inondable»

Il est notamment reproché à l’ancien maire d’avoir laissé s’établir des lotissements sur une zone inondable (classée inconstructible jusqu’en 2003), sans avoir suffisamment informé la population des risques, ni mis en place un plan de prévention et de secours, malgré les demandes du préfet.

« Des plaquettes d’information étaient disponibles en mairie, explique René Marratier. La majorité des gens de La Faute savaient parfaitement que la zone était inondable. Ceux qui construisaient dans le secteur savaient que ça présentait un risque ». Il ajoute avoir « fait confiance » aux services de l’Etat pour l’instruction du permis de construire, n’avoir reçu « aucun coup de téléphone » de la préfecture le soir de la tempête. Celle-ci lui avait toutefois envoyé des fax. « Je ne suis pas un féru d’informatique », s’excuse-t-il.

Des regrets exprimés

« Bien évidemment, j’aurais dû faire mieux, a regretté l’ancien maire. Je me rends compte qu’il y a sûrement eu des failles. Je n’avais pas toute la gestion intellectuelle de ce dossier relativement lourd. Je ne peut que m’excuser de n’avoir pas compris ce qui allait se passer. »

René Marratier a aussi répondu aux critiques des sinistrés lui reprochant son « absence de compassion » après le drame. « Je ne me reconnais pas du tout dans ce qui a été dit. J’étais sûrement chaos debout. J’étais effondré par la situation ». « Il m’arrive encore de pleurer tout seul chez moi », confie-t-il.

Piégé par la brusque montée des eaux lors de la tempête Xynthia en 2010, un rescapé a expliqué lundi à Poitiers ne plus pouvoir « s’approcher de la mer », lors du procès en appel des anciens élus de La Faute-sur-Mer en Vendée pour la mort de 29 personnes

Le 28 février 2010 poussée par la tempête Xynthia la mer envahissait la commune de La Faute-sur-Mer, faisant 29 morts © Philippe Cherel / Maxppp

© Philippe Cherel / Maxppp Le 28 février 2010 poussée par la tempête Xynthia la mer envahissait la commune de La Faute-sur-Mer, faisant 29 morts

« Je n’ai pas pu retourner à La Faute. Je n’arrive toujours pas à m’approcher de la mer », a témoigné Alain Marcos, l’une des 146 personnes qui se sont constituées parties civiles au procès, qui se réveille encore régulièrement vers 03H00 du matin avec la « sensation de (se) noyer ».

À cette heure là, cinq ans plus tôt, dans la nuit du 27 au 28 février 2010, M. Marcos avait été surpris avec sa fille par cette « eau qui commençait à monter énormément ». Il avait dû se réfugier sur le toit de sa résidence secondaire, entendant les « hurlements » de ses voisins, puis était resté « cinq six heures » dans les combles avant d’être sauvé.
Lors des inondations meurtrières sur la Côte d’Azur, début octobre, « je n’ai pas réussi à dormir, à cause d’un sentiment d’angoisse et aussi de culpabilité », a-t-il ajouté.

Ma fille de 12 ans devient dingue quand il y a des tempêtes, du vent, de la pluie. Quand il y a un orage, elle est irraisonnable »,

a également raconté Sandrine Fourgereau, en vacances chez ses parents lors du passage de la tempête Xynthia.
« Cette nuit est toujours marquée dans ma tête. Je ne suis plus la même », a déclaré d’une voix fluette Christiane Guérin, restée plusieurs heures « prisonnière » dans sa cuisine, avant d’être conduite à l’hôpital.

Comme quatre autres parties civiles qui ont témoigné jeudi, tous ont assuré à la barre n’avoir jamais eu d’information de la municipalité sur les risques majeurs d’inondation dans la commune, malgré les multiples alertes en ce sens des services de l’Etat.

Condamné en première instance à quatre ans de prison ferme pour « homicides involontaires », René Marratier, maire de la station balnéaire vendéenne de 1989 à 2014, entend dire lundi après-midi, lors de son interrogatoire par la cour d’appel de Poitiers, qu’il n’avait pas compris ces risques.
Il est rejugé jusqu’au 4 décembre au côté de son ancienne adjointe à l’urbanisme et du fils de cette dernière.

avec AFP

Après plusieurs auditions de parties civiles, ce lundi matin, lors du procès en appel de la tempête Xynthia, à Poitiers, l’ex-maire de la Faute, René Marratier sera entendu.

Il est l’un des personnages central de ce procès. René Marratier, 63 ans, a été maire de la commune de la Faute sur Mer, en Vendée, de 1989 à 2014. Il est aussi celui des trois prévenus, jugés en appel à Poitiers, dans le procès dit de la tempête Xynthia, qui a écopé de la plus grosse peine en première instance, en décembre 2014 : quatre années de prison ferme.

On reproche à cet ancien élu, garagiste de formation, et qui sera entendu à la barre de la cour d’appel de Poitiers ce lundi après-midi, de s’être rendu responsable de 29 homicides involontaires aggravés, dans la nuit du 27 au 28 février 2010, dans la commune de la Faute-sur-Mer, station balnéaire, dont il était l’édile. L’homme est également jugé pour mise en danger de la vie d’autrui.

Un manque de compassion ?

Selon les éléments de l’enquête, il aurait eu connaissance du risque d’inondation et de submersion dont faisait l’objet sa commune et n’aurait mis en place aucun plan ni action de prévention envers ses habitants. Enfin, le 27 février 2010, René Marratier avait été directement informé de l’arrivée imminente de Xynthia sur ses terres, mais n’a pas transmis l’information aux citoyens directement concernés. Vingt-neuf d’entre eux ont perdu la vie.

Sa personnalité complexe, dont on ne sait pas si la naïveté est feinte, sera probablement mise en avant, lors de son audition de ce lundi. Les nombreuses parties civiles, dont certaines ont déjà été entendues jeudi dernier, lui reprochent notamment son manque de compassion à l’égard des victimes. Un reproche récurrent, exercé en première instance, comme cette fois en appel.

Renaud Pinoit, le président de l’Association des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer (Avif), soulignait jeudi dernier que René Marratier n’avait même pas envoyé « un petit mot ou des fleurs lors de l’enterrement », en 2010. À la reprise de l’audience, jeudi, l’ex-maire avait néanmoins exprimé « (ses) pensées, (ses) peines, (sa) compassion pour les victimes, les familles de victimes, et les sinistrés de la tempête Xynthia ».

Un appel en décembre dernier

Quatre parties civiles seront entendues ce lundi matin, dès 10 h, avant de laisser s’avancer l’ex-édile à la barre.

Les auditions de deux autres prévenus dans ce procès, l’ex-adjointe de René Marratier, Françoise Babin, et de son fils, Philippe Babin, agent immobilier et président de l’association syndicale des Marais de la Faute suivront dans la semaine.

Tous les trois, avec René Marratier, ont fait appel de leur jugement, rendu en décembre 2014, après leurs condamnations respectives à de la prison ferme.

Le badge arboré par le comité de soutien. - Le badge arboré par le comité de soutien.

Le badge arboré par le comité de soutien.

Elles étaient venues en nombre, mercredi, pour un rapide petit tour de piste : soixante-dix personnes venues en car et en voiture de La Faute pour soutenir les prévenus étaient vite reparties pour cause d’audience écourtée. Le comité de soutien Demain la Faute, absent hier, s’est fait rappeler à l’ordre par la présidente.« J’ai appris que des personnes étaient venues à l’audience en arborant des badges de soutien, ce n’est pas tolérable. »

le procès Xynthia. à 5min38

La tempête Joachim, qui balaie depuis jeudi soir la Bretagne avec des rafales jusqu'à 130 km/heure, a mobilisé les secours toute la nuit de jeudi à vendredi, sans faire de victimes mais en provoquant dégâts et perturbations, près de 400.000 foyers se retrouvant privés d'électricité.

La tempête Joachim, qui balaie depuis jeudi soir la Bretagne avec des rafales jusqu’à 130 km/heure, a mobilisé les secours toute la nuit de jeudi à vendredi, sans faire de victimes mais en provoquant dégâts et perturbations, près de 400.000 foyers se retrouvant privés d’électricité. – Damien Meyer afp.com

20 Minutes avec agence

Réinventer les tempêtes d’hier pour mieux anticiper les dégâts que provoqueront celles de demain, tel est l’objectif d’une étude bretonne qui a recensé, analysé et même rejoué le scénario de précédentes tempêtes dans l’optique d’en faire émerger des modèles de référence.

Car s’il est aujourd’hui possible d’anticiper de près d’une semaine l’arrivée des tempêtes, il était jusqu’à présent quasiment impossible d’en évaluer l’impact sur l’activité humaine, faute de modèles existants.

Une base de données de tempêtes

Météo-France a donc travaillé avec différents services spécialisés afin de réaliser une base de données de tempêtes ayant frappé la Bretagne, un secteur géographique « très complexe avec un risque de submersion très disparate selon les zones », dixit Franck Baraer, responsable du service études et climatologie de la direction interrégionale Ouest de Météo-France.

Le projet Vimers, lancé en 2011, s’est ainsi appuyé sur une base de 200 tempêtes ayant eu lieu entre 1958 et 2014 pour retenir un échantillon de 25 tempêtes ayant frappé entre 1987 et 2014.

Des tempêtes équivalentes avaient déjà frappé au 20e siècle

« En 1999, quand la tempête Lothar est arrivée sur les écrans des prévisionnistes, les modélisations ne ressemblaient à rien de ce que nous connaissions. Des gens avec 20 ou 30 ans d’expérience disaient qu’ils n’avaient jamais vu ça », se souvient Franck Baraer. Or une tempête équivalente avait déjà frappé la France en 1935, mais était passée, depuis, aux oubliettes.

Même constat en 2010, avec Xynthia. La vigilance tempête, mise en place après 1999, avait certes été activée, mais le risque de submersion marine, mentionné par Météo-France dans son bulletin, n’avait pas attiré l’attention. Dans le seul village de La Faute-sur-mer (Vendée), 29 personnes avaient péri noyées, alors que dans cette même commune, des tempêtes équivalentes avaient déjà frappé au 20e siècle, là encore, sans que ces événements n’aient été enregistrés.

Des modélisations de vagues

Les équipes de Météo-France ont ainsi cherché à rejouer certaines tempêtes passées, et à en générer d’autres, plausibles. Des modélisations de vagues ont même été testées sur certaines parties du littoral breton. Et les résultats sont édifiants. La modélisation a en effet permis de mettre en évidence des surcotes possibles de 2 à 2,5 mètres sur certaines zones littorales de l’est de la Bretagne.

Par comparaison, la surcote à La Faute-sur-Mer lors du passage de Xynthia était de 1,80 m. « Notre rôle de météorologue, c’est de montrer que c’est possible. Il faut que les élus, les gens qui vivent en bord de mer, le sachent », termine Franck Baraer. Ces modélisations de tempêtes dévastatrices sont disponibles dans le rapport Vimers, sur le site de la Dreal Bretagne.

Le flot violent a tout ravagé dans les maisons la nuit du 26 février 2010. - Le flot violent a tout ravagé dans les maisons la nuit du 26 février 2010. - (Photo archives Patrick Lavaud)

Le flot violent a tout ravagé dans les maisons la nuit du 26 février 2010. – (Photo archives Patrick Lavaud)

C’était l’heure de la retraite, ils rêvaient d’un pavillon près de la mer. La nuit de la tempête Xynthia, l’eau les a submergés.

 Un rêve les pieds dans l’eau… la tête aussi !

La nuit de la tempête Xynthia, ce 26 février 2010 où pour la première fois de son histoire la Vendée est placée en vigilance rouge, l’eau est montée très vite. Et très haut.
Dans ces lotissements bâtis à La Faute-sur-Mer sur des terres basses, coincées entre l’estuaire du Lay et la mer, le niveau de l’eau est monté jusqu’à 2,80 m. Il a noyé tous ces jolis pavillons de plain-pied bâtis surtout pour des retraités. Des maisons devenues des pièges pour vingt-neuf personnes : seize femmes, dix hommes et trois enfants.

«  Je l’ai mis derrière la porte pour pas que la marée l’emporte  »

Pendant une heure, la présidente Martinez, rappelle les faits de cette nuit de tempête. Le vent et la marée d’équinoxe conjugués poussent une eau glacée et visqueuse au-dessus du remblai de terre servant de digue.
Il est 3 h du matin quand la digue Est est victime d’une surverse, un passage de l’eau au-dessus de sa crête, en cinq points. Elle durera jusqu’au pic de la marée à 4 h 17.
« Les premiers appels aux secours sont parvenus à 3 h 21 », rappelle la présidente. « A 4 h 13 des personnes appellent et disent que l’eau atteint le plafond. »
Après ce récit technique, la cour prend la réalité en pleine figure, les témoignages terribles des victimes piégées par l’eau. Élisabeth Tabary glace l’assistance. « Cette nuit-là, j’ai perdu mon mari et mon petit-fils de deux ans et demi. Ils (NDLR : ses parents) avaient mis dix ans pour l’avoir. Ils étaient arrivés la veille. Nous étions si contents de le voir, on ne l’avait pas revu depuis Noël.
On a joué avec lui toute la soirée. On n’a pas regardé la télé, on n’a pas vu les infos, on n’a pas su pour l’alerte. Quand il a fallu se coucher, on a décidé de garder le petit avec nous en bas. Nos enfants sont montés à l’étage accessible depuis l’extérieur.
L’eau est montée très vite. Mon mari était sous oxygène, il a rapidement été très mal. On s’est dit des choses très personnelles et je savais que c’était fini pour lui. J’ai crié, mais les enfants n’entendaient pas.
J’avais le petit dans les bras, il m’a dit j’ai froid, j’avais déjà de l’eau jusqu’au ventre. Il s’est affaissé sur moi. Il était violet. C’était fini. Je l’ai laissé derrière une porte pour pas que la marée l’emporte. Quand je me suis réveillée, j’étais aux urgences à La Roche-sur-Yon. »
La même question en boucle. La même réponse aussi quand la cour demande : « Vous saviez que vous étiez en zone inondable ? » « Non, on ne nous a rien dit. En mairie, il n’y avait aucune information. Le notaire ne m’a rien dit quand j’ai acheté le terrain », racontent plusieurs personnes.
Pourtant, certains connaissent le secteur de longue date, son histoire, cette langue marécageuse devenue une ville.« Je me souviens qu’avant il y avait des vaches, là, elles avaient souvent de l’eau jusqu’aux rotules », raconte Gérard Ferchaud, sauvé par le bateau qui était posé sur sa remorque dans son jardin.
« Avant, on allait chercher des têtards à cet endroit-là », se souvient Martine Beauget qui pleure ses beaux-parents.« Vingt ans plus tard, c’était devenu une ville. On a oublié le danger. »
La mer a repris ses droits dans ces lotissements bâtis dans une cuvette correspondant au lit majeur du Lay. Et personne n’a voulu vouloir le danger. « On a fait confiance, mais on ne nous a jamais parlé du risque d’inondation », reconnaît Pierre Métais ancien du bâtiment. « Maintenant, je sais qu’une digue c’est une fausse protection. »
A La Faute, l’État a dépensé 118M€ pour racheter et détruire les maisons les plus exposées. « Moi, j’ai plus de maison », remarque Martine. « J’ai une tombe. »

L’audience reprend lundi à 10 h avec l’audition de quatre parties civiles et l’interrogatoire de l’ancien maire René Marratier.

repères

Salves et passes d’armes

Pour la première fois, hier, défense et parties civiles ont commencé à se «  chercher  » tandis que l’ancien maire, René Marratier, essuyait les premières salves venues des témoignages des victimes appelées à la barre.
C’est l’audition du président de l’AVIF, Renaud Pinoit, qui déclenche les hostilités. Il évoque le jour d’après. Ce qui a fait défaut. Le symbolique, les fleurs, les petits mots pour les proches des victimes, l’absence de minute de silence lors du conseil ; et puis l’essentiel, l’évacuation que le maire n’a pas décidée ni organisée en urgence ; l’absence de salle mise à disposition pour les victimes.
« Savez-vous que c’est le préfet qui a décidé que l’accueil des victimes se ferait à L’Aiguillon ? Savez-vous que la doctrine de Sécurité civile prévoit qu’on n’évacue pas dans ces cas-là ? », rétorque Me Seban l’un des trois défenseurs de René Marratier.
« Vous avez été candidat à des élections politiques M. Pinoit » poursuit l’avocat en provoquant un « oh » outré sur les bancs des parties civiles. « C’est donc que vous pensez qu’il y a des choses à améliorer. »
« Oui, je pense qu’on ne peut pas éviter les inondations bien sûr, mais on aurait pu éviter les morts en informant mieux les gens ils auraient pu se préparer se réfugier dans des maisons à étage. »

Emmanuel Coupaye
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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

Audition du préfet au sénat (flv)

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