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Les victimes propriétaires de terrains nus revendiquent aussi l’accès à indemnisation de l’État.

Ils portent au fond d’eux-mêmes une colère froide que quelques phrases échangées suffisent à réveiller. Dans la petite salle d’attente du service juridique d’Aytré, ils patientent avant d’être reçus chacun leur tour par l’avocat Raphaël Romi.

« Nous sommes tous là pour les mêmes raisons. Nous possédions des terrains nus rue de la Plage, à Aytré. Après Xynthia, ils sont inconstructibles et invendables, mais l’état refuse de nous indemniser parce qu’il s’agit d’espaces non-bâtis », résume Milko Mathieux, lui-même dans cette situation. « Je continue à rembourser 1 500 euros d’emprunt mensuel pour un terrain dont je ne peux rien faire ».

 

« Nous vivons une injustice »

Avant la fin de la semaine, Milko Mathieux assure qu’il aura déposé en préfecture les statuts de la nouvelle Association de défense des propriétaires de terrains non-bâtis victimes de Xynthia. « On cherchera peut-être un nom plus court mais l’idée est là. Nous vivons une injustice dans le traitement qui nous est fait à l’égard d’autres propriétaires sinistrés. »

Les membres de cette future association, qui remplissaient hier la salle d’attente à Aytré, n’y possédaient effectivement pas de maisons, mais des lopins auxquels s’accrochaient rêves et projets de vie, comme ceux de Philippe Chauvel, 27 ans, et de sa compagne Hélène. « On avait acquis, rue de la Plage, un terrain à bâtir pour 100 000 euros. On trouvait l’endroit super, on s’y voyait ! Fin décembre, nous avions déposé le permis de construire pour notre future maison de 80 mètres carrés. Deux mois après, la tempête passait. »

Philippe et Hélène ont encaissé la déception, s’estimant plus chanceux que d’autres, présents lors de cette folle nuit. « Mais nous pensions que nous serions indemnisés comme tout le monde. Ne voyant rien venir, nous avons écrit, nous nous sommes déplacés… Chacun se renvoyait la patate chaude, la préfecture, les Domaines… Nous n’avons toujours rien obtenu alors que l’emprunt court toujours en plus du loyer. Je suis ouvrier du BTP et sans un soutien familial, je ne m’en sortirais pas », affirme Philippe.

Retraités, Chantal et Gabriel Di Nardo habitent pour leur part une maison à étage à Port-Neuf « Mon mari ne peut plus monter les escaliers, c’est pourquoi nous avions acheté à Aytré pour construire un plain-pied. Nous espérions y être fin 2010 »

Aucune offre

Le couple Di Nardo n’a pas reçu d’offres de rachat pour son terrain resté nu à Aytré, pas plus que Denise Régis-Gianas, une dame âgée vivant à Niort et qui depuis de nombreuses années passait cinq mois par an dans son mobil-home, rue de la Plage. « Ma mère est veuve et n’a qu’une toute petite retraite. Ce terrain, c’était son seul bien, sa garantie au cas où il lui arriverait quelque chose. Or, on lui a dit qu’elle ne toucherait rien », rapporte sa fille.

Hier, Me Raphaël Romi, du cabinet Lysias Partner à Paris, a pris note d’une dizaine de cas similaires. « Ces gens sont démunis juridiquement. Ils ne sont pas expropriés, ils ne peuvent pas contester le zonage dont le tribunal administratif a dit, cet été, qu’il ne s’agissait pas d’une mesure juridique… Il y a là une grande injustice. L’État ne traite pas les citoyens de façon identique, au prétexte que certains n’ont pas eu le temps de bâtir. C’est un cas d’inégalité devant les charges publiques », plaide déjà l’avocat, tout en souhaitant que les actions de l’association qu’il va défendre servent surtout à renouer le dialogue avec les pouvoirs publics. « Nous ne cherchons pas le contentieux à tout prix. Nous voulons juste que l’État reconnaisse une erreur de traitement et que les discussions reprennent. »

La future association de Milko Mathieux a déjà le soutien d’une consœur : Reconstruire Charron. Son vice-président Jean-Paul Bouteiller s’était déplacé, hier, pour l’exprimer. « À Charron, 17 propriétaires de terrains nus sont aux prises avec les problèmes approchants. La ministre Kosciusko-Morizet affirme que nous pourrions être indemnisés si une collectivité prenait en charge un projet paysager. Autant dire qu’il faudra attendre des lunes ».

Réunion de rentrée mardi soir pour le conseil municipal en présence de 12 membres sur 19, certains n’étant pas rentrés de vacances. Deux sujets principaux ont été présentés par le maire et longuement débattus : le projet de plan de prévention des risques inondation (PPRI), dont la consultation se termine, et le projet de parc naturel marin.

Plan de prévention des risques inondation. Pour le maire Maurice Milcent, il comporte certaines avancées mais diverses situations demandent une modification avant l’enquête publique prévue en octobre prochain. En particulier la cote de référence, la prise en compte de la cote des maisons et non la cote des terrains, le classement en zone bleue des maisons situées à + 3, 70 m NGF, le classement en bleu des zones R1, ainsi que le secteur à l’arrière des Glaireaux et de la Zone agricole, l’extension des zones blanches et diverses autres demandes approuvées à l’unanimité par le conseil municipal.

Parc naturel marin. Depuis le 22 août et jusqu’au 22 septembre le projet de parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde aux pertuis charentais et breton (vendéen) est soumis à l’enquête publique. Ce projet a pour objectif de mieux connaître le milieu marin, le protéger et contribuer au développement durable des activités maritimes. Le commissaire enquêteur se tiendra à la disposition du public à la mairie de L’Aiguillon seulement le vendredi 16 septembre après-midi. Malgré plusieurs réunions de présentation et d’informations sur ce projet et les interrogations sur le devenir des activités maritimes locales, le conseil estime à l’unanimité ne pas avoir suffisamment d’éléments pour répondre favorablement à ce projet.

Travaux du port, première phase. La première tranche des travaux du port concerne l’aire de carénage et l’aménagement du bassin de plaisance. Les premiers travaux pourraient commencer fin 2011. Une consultation par voie de marché à procédure adaptée sera lancée avec diffusion dans la presse spécialisée et sur Internet.

Responsables départementaux et locaux du tourisme réunis pour un prébilan de la saison.

 

 

L’heure est au bilan de la saison estivale avec le président de l’office de tourisme, Patrick Maslin, un prébilan ayant été fait quelques jours plus tôt en présence de la délégation de l’Union départemental des offices de tourismes syndicats d’initiatives (Udotsi). La caractéristique principale de la saison est l’irrégularité de la fréquentation. L’avant-saison s’est avérée chargée, favorisée par le beau temps précoce, avec de très gros week-ends d’avril à juin. Le mois de juillet peine de plus en plus à trouver son rythme, surtout lors de la première quinzaine ; il n’a pas été favorisé par une météo médiocre qui s’est installée durablement. Août a été à peu près stable, mais guère plus aidé par le ciel.

Globalement, il en ressort « une saison moyenne avec un taux de fréquentation en baisse de 10 % par rapport à 2009 », 2010 a été trop exceptionnel et atypique pour servir de base de comparaison. Les multiples animations ont vu une bonne affluence des vacanciers. Les sorties nature organisées (réserve de la Pointe d’Arçay, LPO) connaissent un succès toujours croissant.

Le président attend de l’Udotsi « des formations adaptées et davantage d’informations de type administratif, juridique, et social ». Philippe Porté, président de l’Udotsi, en a pris note. Il a aussi informé que l’Udotsi de Vendée est la seconde en France à avoir reçu l’agrément pour procéder au classement des meublés de tourisme.

 


Mardi matin les responsables de l'association L'Avenir Ensemble ont remis en mairie 450 lettres de foyers aiguillonnais opposés au projet de PPRI.

 

450 lettres destinées au préfet de la Vendée ont été émises par les foyers aiguillonnais confirmant le refus du PPRI. Elles ont été remises mardi matin en mairie par le président de l’association Jean-Marie Angotti qui précise à l’attention du préfet.

« J’ai attiré votre attention sur le risque récurrent de nouvelles tempêtes et sur la nécessité d’intervenir rapidement. La protection ne peut être établie que sur le DPM car les maisons bordent celui-ci sur 80 % de sa longueur. La responsabilité de l’État est donc engagée car il doit prendre toutes mesures nécessaires à ce que le DPM soit aménagé et entretenu de sorte que la sécurité des personnes et des biens soit assurée.

Depuis la tempête Xynthia, 18 mois sont passés durant lesquels la population a sagement attendu des travaux de protection ; aujourd’hui l’inquiétude est grande et il est important et urgent de faire le nécessaire. Je vous demande de bien vouloir réexaminer ce dossier de PPRI avant l’enquête publique et surtout d’apporter une réponse assurant notre sécurité. Il serait en outre nécessaire de présenter publiquement ce document. »

La réunion d’information du 18 août dernier organisée par l’association l’Avenir Ensemble contestait plusieurs points du projet du PPRI. La cote des plus hautes eaux à 4,70m NGF, le relèvement excessif du niveau de la mer sur un siècle, des erreurs de zonages, l’éloignement des maisons par rapport au DPM non pris en compte, et la non-réalisation de digues pour la protection des personnes et des biens.

 

Marratier : « Il y a eu un effet de voyeurisme »

La Faute sur Mer retrouve ses touristes malgré les ravages de Xynthia.

Par téléphone : René Marratier, Maire de la Faute sur Mer

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Les digues font toujours débat à La Faute

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

Audition du préfet au sénat (flv)

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