Une habitante de cette ville ravagée par Xynthia dénonce.

Les sinistrés de la Faute sur Mer

Les sinistrés de la Faute sur Mer
MAXPPP

Annette, une des sinistrées de la commune de la-Faute-sur-Mer, une des villes qui a payé le plus lourd tribut à Xynthia, dénonce l’irresponsabilité du maire de la ville, qui a négligé un rapport de la DDE mettant en cause la solidité de la digue. Elle raconte sur Europe 1:

« Tout ce qui s’est passé était décrit dans ce rapport. La DDE avait souligné des points noirs avec danger de mort dans la digue, et c’est précisément là où la tempête a fait des victimes! »

« Notre maire a dénigré les services de l’Etat en disant que ce n’étaient que des bons  à rien! J’ai alerté la population, mais le maire a dit que j’affolais les gens pour rien! »

« Il y a des enfants, il y a des grands parents qui sont morts. Je crois qu’il n’a pas été à la hauteur de son rôle, qui est avant tout de protéger la population. »

Annette a décidé d’attaquer le maire en justice. Du côté de la mairie, précise Europe 1, on plaide non-coupable. A noter qu’Annette figurait sur une liste battue lors des dernières municipales…

On peut lire ce rapport en PDF ou le résumé sur le site du Moniteur.

Contrairement à son homologue de La-Faute-sur-Mer, le maire de Charron en Charente-Maritime reconnaît ses torts sur France Info: « C’est le drame. On va essayer de trouver des responsables: je me prends des réflexions, c’est normal. Il y a eu forcément des erreurs, des erreurs qui remontent à très longtemps et qui ont continué ensuite et que j’assume complètement. Il y a des moments où je me dis: mais pourquoi j’ai signé des permis de construire dans les zones où les maisons sont plus là. Je ne me sens pas bien, je le reconnais. »

Extrait vidéo du journal de 20h de France 2 du 4 Mars 2010.
Si vous le connaissez n’hésitez pas à laisser un petit commentaire sur cet article, on fera suivre au jour le jour.

Cliquez ici pour voir la video »

Depuis dimanche 28 février, Marie-Agnès Mandin, première adjointe au maire de L’Aiguillon-sur-Mer, se démène auprès des sinistrés de Vendée. Les ultimes recherches de corps devaient cesser jeudi 4 mars dans l’après-midi, alors que le bilan total s’élevait à 53 morts et 7 blessés graves

Une habitante de l’Aiguillon-sur-Mer nettoie sa maison inondée de boue après le passage de la tempête Xynthia (photo Vincent/AP).

Les autres élus lui donnent du « Général en chef ». Une boutade pour garder le moral, alors que depuis bientôt une semaine, la vie de L’Aiguillon-sur-Mer, sa commune, et de sa voisine, La Faute-sur-Mer (Vendée), a été bouleversée par la tempête.

Vingt-neuf morts recensés jeudi 4 mars dans ce secteur, des disparus, des milliers de sinistrés dont certains ont vu la mer engloutir leur maison jusqu’au toit… Quinze ans de vie municipale n’avaient pas préparé Marie-Agnès Mandin à pareille épreuve.

Depuis dimanche 28 février pourtant, cette petite femme énergique, première adjointe au maire (sans étiquette) de L’Aiguillon, se démène pour apporter de l’aide aux habitants éplorés. Elle est devenue en quelques jours un personnage incontournable.

Dix heures, mercredi 3 mars au matin. Dans la salle omnisports de la commune (2 300 habitants), reconvertie en QG de secours, une réunion s’organise près des tapis de sol. Autour de l’élue, le représentant local des banques alimentaires, du Secours catholique, du Secours populaire et de la protection civile.

Marie-Agnès Mandin entre directement dans le vif du sujet : « Quatre jours après la tempête, il y a encore des habitants dans le besoin qui ne sont pas venus ici. Les équipes viennent de rencontrer un couple de personnes âgées, avec une dame gravement malade, qui n’avait pas mangé depuis deux jours. Ils n’avaient pas d’électricité et ne pouvaient pas se déplacer. Il faut absolument aller au-devant des habitants, prévient l’élue, on ne peut pas attendre qu’ils demandent de l’aide. »

Elle poursuit : « À l’heure actuelle, la priorité des pompiers, c’est de chercher les corps. C’est donc à nous de mailler le territoire pour ne laisser personne sans soutien. » Derrière elle, un vaste plan de L’Aiguillon-sur-Mer a été affiché sur les murs de la salle de judo, que les bénévoles de la protection civile, emmitouflés dans leur uniforme orange et bleu, viennent consulter régulièrement.

Pour leur responsable, Philippe Potier, « il faut visiter chaque maison, même dans les quartiers préservés par les eaux ». Lui aussi pense tout particulièrement aux personnes âgées, très nombreuses dans la commune (60 % de la population a plus de 65 ans).

« Ce que j’ai vu cette nuit-là reste ancré dans ma tête »

Marie-Agnès Mandin écoute, s’appuie sur l’expérience des secouristes et des associations caritatives, rompues aux situations d’urgence. Pas question de partir bille en tête, d’agir dans tous les sens. Les rôles sont rapidement distribués et la réunion s’achève sans paroles inutiles, car le temps de chacun est compté.

Depuis dimanche, la première adjointe n’a pas eu une minute de répit. Tout commence dans la nuit de samedi à dimanche, alors qu’elle rentre de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, à 80 kilomètres de là, où elle vient de fêter ses 50 ans avec quelques amis.

À l’arrivée sur la pointe de L’Aiguillon-sur-Mer, plus moyen d’avancer : les routes sont inondées. Il ne lui faut pas longtemps pour comprendre que la tempête, cette fois, est d’une ampleur inédite qui combine des vents très violents à un coefficient de marée particulièrement élevé. À 4 heures du matin, elle est déjà « sur le pont », dans le grand gymnase, à accueillir les premiers rescapés.

« Ce que j’ai vu cette nuit-là reste ancré dans ma tête. Ce sont des choses qu’on ne peut pas oublier », confie Marie-Agnès Mandin. Des hommes, des femmes et leurs enfants, à moitié dévêtus, complètement trempés et hagards, qui, surpris dans leur sommeil, ont plongé pour s’échapper de leur chambre à coucher, défoncé les plafonds, porté leurs proches à bout de bras…

« Au tout début, poursuit l’élue, on n’avait rien, on a récupéré les couvertures du centre de vacances, on est allés chercher des vêtements chauds chez nous… Cinq, dix, puis cinquante personnes… À la fin de la journée, j’avais vu défiler 600 à 700 personnes au poste de secours improvisé ici, pas tous dans des conditions aussi dramatiques que les premiers, bien sûr, mais ça vous marque. »

Alain a échappé de peu à la mort

Contrairement à d’autres élus, à commencer par le maire de L’Aiguillon-sur-mer, Maurice Milcent, dont la maison a été envahie par 1,20 mètre d’eau, Marie-Agnès a été épargnée. Sa résidence principale du moins, car l’entreprise de construction de bateaux de pêche qu’elle dirige avec son mari a été noyée.

« C’est du matériel, c’est tout. Rien par rapport à ce qui est arrivé à d’autres. Je ne vais pas me plaindre pour ça. » Elle n’en parle, d’ailleurs, que parce qu’on lui pose la question. L’élue met un point d’honneur à rester positive et disponible pour les autres.

Portable à l’oreille, elle cherche ce matin-là un chauffeur pour conduire le minibus qui fera la navette entre les mairies des deux communes sinistrées ; à peine a-t-elle terminé qu’elle dégote un camion-frigo auprès d’un industriel de l’agroalimentaire pour stocker l’aide qui afflue vers le gymnase. Sans cesse interpellée, elle répond sans signe apparent d’agacement ou de fatigue.

Dans le hall de la mairie, qu’elle rejoint vers midi, la foule se presse. Une table et deux chaises ont été installées pour délivrer aux habitants des attestations d’assurance. « Vous écrivez votre nom, votre prénom, votre adresse », répète inlassablement l’employé municipal aux personnes qui se présentent, les uns en larmes, les autres perdus, à la recherche d’informations.

Alain et son amie Consuelo sont là, ils errent autour du comptoir d’accueil. « Vous avez besoin de quelque chose ? », s’interrompt Marie-Agnès, qui virevolte entre l’accueil et son petit bureau, au rez-de-chaussée du bâtiment, après avoir avalé un sandwich à la va-vite. Frêle silhouette, visage émacié, Alain a échappé de peu à la mort.

L’hébergement est au cœur des préoccupations de l’adjointe

La nuit de la tempête, il dînait chez des amis à La Faute-sur-Mer quand il a vu la mer monter. Il explique qu’il a juste eu le temps de grimper sur le toit où, entre 3 et 7 heures du matin, il a attendu les secours, dans le froid et la peur, en entendant les cris des victimes. Sa propre maison, à L’Aiguillon, a été inondée, elle est sens dessus dessous depuis quatre jours. Alors il a trouvé refuge chez Consuelo, près de Niort. Aujourd’hui, il est venu pour trouver des solutions.

L’adjointe au maire prend le temps de l’écouter, Alain a dû mal à formuler ses demandes. « Je dois nettoyer ma maison, l’humidité va remonter dans les murs, tout va pourrir… Je suis tout seul, je n’ai pas de famille. » Marie-Agnès tente de le rassurer. « Au poste de secours, il y a des équipes de la protection civile. Ils sont là pour vous aider à nettoyer votre domicile, vous ne serez pas tout seul pour le faire, ne vous inquiétez pas. »

Se pose aussi la question de l’hébergement, car ses amis ne peuvent pas l’accueillir très longtemps. Alain poursuit : « Je ne sais pas trop quoi faire, car je dois suivre très bientôt un traitement de trois mois à l’hôpital de Niort, où je devrai aller toutes les semaines… Or j’ai aussi perdu ma voiture toute neuve dans la catastrophe », explique l’homme, qui souffre d’un cancer. L’élue prend les questions une par une, lui propose « un studio meublé » à L’Aiguillon. « Prenez le temps de réfléchir », lui conseille-t-elle.

L’hébergement est au cœur des préoccupations de l’adjointe. Cet après-midi-là, elle est parvenue à s’isoler pendant deux heures dans son bureau pour rassembler et trier les propositions de relogement qui ont afflué de tout le département, dans un grand élan de solidarité.

« Dans un premier temps, nous avons fait en sorte que les sinistrés quittent le gymnase où ils ont dormi les premières nuits sans confort ni intimité. Ils ont alors été recueillis par des proches ou des volontaires. Toutefois, souligne Marie-Agnès, cette solution n’est pas durable. Il faut déjà penser à l’étape suivante, et avec un peu d’imagination, on trouve ! » Elle compte en particulier sur l’offre touristique, abondante dans ce coin de Vendée : mobile homes, résidences de vacances, maisons de location vides en ce moment…

« Je sais ce que je suis capable de supporter »

De quoi voir venir pour les mois qui arrivent, jusqu’à la saison estivale. « Nous avons eu beaucoup de propositions. L’avantage de ces logements, c’est qu’ils sont meublés. Cela permettra à ceux qui ont tout perdu de se poser », dit-elle. Sur son bureau, la liste des hébergements constitue un épais dossier.

À deux pas de là, sur le parking de la mairie, l’activité est incessante. Ballet de camions de pompiers, de la gendarmerie, voitures officielles d’élus et de ministres en visite, Bruno Le Maire (agriculture), Philippe de Villiers, qui préside le conseil général, le préfet… Marie-Agnès Mandin n’y prête guère attention, même si elle se réjouit des aides débloquées.

Mais le protocole, très peu pour elle. Elle n’ira pas non plus aux premières obsèques des victimes de la tempête, qui se tiennent dans la petite église du P. François Roullière. « Je me protège, concède l’élue. Je sais ce que je suis capable de supporter, je connais mes limites. Or je ne veux pas flancher, je ne peux pas me le permettre. On a besoin de moi », insiste-t-elle, ce que confirme le maire, « soulagé » de pouvoir s’appuyer autant sur sa première adjointe. Les larmes l’ont quand même submergée, la veille, en écoutant le récit d’habitants. « Quelques secondes, mais je me suis repris », tient-elle à préciser.

Il est 20 h 30, la mairie est désormais presque vide. Marie-Agnès est la dernière à partir. Sa journée n’est pas finie car elle ne rentrera pas avant d’aller voir si tout se passe bien à la cantine de l’école, où sont distribués des repas chauds aux sinistrés et aux équipes de la protection civile. La veille, elle dînait avec eux et quelques élus, l’occasion de faire le point et d’aider à ranger. Ce soir, toutefois, elle rentrera dîner chez elle avec son mari et son fils de 18 ans, qui fait partie des pompiers volontaires, mobilisé lui aussi sur le front de la tempête.

Marine LAMOUREUX



Une cérémonie religieuse en hommage aux victimes de Xynthia s'est tenue à Luçon, jeudi 4 mars.
Une cérémonie religieuse en hommage aux victimes de Xynthia s’est tenue à Luçon, jeudi 4 mars./REUTERS/Stephane Mahe

TEMPETE – Une messe solennelle a été prononcée jeudi après-midi en la cathédrale de Luçon…

«J’ai oublié le bonheur, la paix a quitté mon âme». Les paroles prononcées lors de la messe solennelle dédiée aux victimes de la tempête Xynthia, à Luçon, ont raisonné aux oreilles des Vendéens comme un lourd écho à l’épreuve qu’ils traversent depuis samedi dernier, quand les premiers vents ont soufflé sur leur région. Ce jeudi, le dernier bilan fait état de 53 morts en France, dont 29 en Vendée.

Parmi les victimes, beaucoup de personnes âgées, mais aussi une famille, et des enfants, âgés de 2 à 12 ans. Par ailleurs, Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur dénombrait aujourd’hui sept blessés graves et 72 blessés légers.

C’est le Premier ministre François Fillon qui a débuté la cérémonie, en rendant un bref hommage civil aux abords de la cathédrale. Des paroles rythmées par le glas qui a raisonné dans tout le département, alors qu’une procession de bénévoles, de gendarmes et de pompiers entrait dans l’édifice. Deux milliers de Vendéens avaient tenu à se réunir, à la fois dans la cathédrale, pleine à craquer, mais aussi à l’extérieur, où des écrans de retransmission avaient été installés.

«Une cérémonie à la hauteur»

Partout dans le département ont raisonné les sirènes. Le président du conseil général Philippe de Villiers avait demandé une mise en berne des drapeaux sur tous les édifices publics. A Luçon, la majorité des commerces avaient eux choisi de baisser le rideau en signe de deuil.

Contacté à la sortie de la cérémonie, le Maire d’Aiguillon a confié être «sous le coup de l’émotion». «La cérémonie a été à la hauteur de la catastrophe» a-t-il simplement ajouté. «Il n’y a pas de mot à çà, tout ce qui devait être fait a été fait».
Joint ce soir, Dominique Bussereau, président du Conseil Général des Charentes Maritimes, l’autre département le plus meurtri avec douze morts, nous a décrit une population en deuil, traversant une période dépressive. «Dans ces moments, il faut être très attentif, car des actes de désespoir peuvent survenir».

Ingrid Gallou

Cet après-midi, en présence de François Fillon, des centaines de personnes se sont rendues en la cathédrale de Luçon (Vendée) pour y célébrer un hommage au 29 Véndéens morts le week-end dernier, des suites de la tempête…

France Info - François Fillon s’est recueilli auprès des familles  des victimes de la tempête.François Fillon s’est recueilli auprès des familles des victimes de la tempête.
© Franck Perry/AFP

La cathédrale de Luçon n’a pas pu accueillir les 2.000 Vendéens qui s’étaient déplacés pour rendre hommage aux victimes de la tempête Xynthia. Des écrans géants avaient été installés à l’extérieur pour permettre à tous d’assister à la cérémonie. Les obsèques de deux femmes et un homme, morts noyés dans les inondations à La Faute-sur-Mer ont été célébrées durant cette messe.

Une messe pour l’ensemble des 53 victimes se déroulera dimanche, à 18h30, en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

La  localité d'Aiguillon-sur-Mer noyée sous les eaux

La localité d’Aiguillon-sur-Mer noyée sous les eaux

France 2
Le plan digues permettra d’instaurer des procédures plus rigoureuses, a annoncé jeudi Jean-Louis Borloo

Les dégâts provoqués par Xynthia posent des questions sur la solidité des digues et les zones réputées « constructibles ».
« Il faut maintenant identifier les risques et les propriétaires concernés, puis instaurer des procédures plus rigoureuses pour aider les collectivités à appliquer les Plans de prévention des risques », a-t-il ajouté.

M.Borloo a rappelé, dans l’édition de jeudi de La Montagne, qu' »une proposition de réfection prioritaire des digues   existantes sera établie avec un plan de financement sur cinq ans », alors que l’Etat a prévu d’augmenter sa participation. Il évalue à environ un million d’euros par kilomètre le coût des travaux sur les digues appartenant aussi bien à  l’Etat, aux collectivités ou à des propriétaires privés.

Premières explications
Au lendemain du passage meurtrier de Xynthia, et à l’heure du bilan, les spécialistes avancent les premiers éléments d’explication.

Et ce, après avoir étudié « les moyens et le partage du financement » des travaux, a précisé, dans un entretien à La Montagne, le ministre de l’Ecologie après étude des « moyens et le partage du financement » des travaux.

Sur les quelque 10.000 km de digues érigées en France, certaines datent du Moyen-âge. En outre, ces constructions n’offrent jamais une garantie d’étanchéité à 100%.
« A partir du moment où l’on a construit une digue, c’est qu’il y avait la  volonté de protéger une zone naturellement inondable. Elle est fiable tant que la cote de l’eau reste inférieure à celle de l’ouvrage: au-delà, son niveau de protection sera dépassé par l’ampleur d’une crue ou d’une tempête et il faudra gérer la crise. C’est inévitable » explique Patrice Mériaux, ingénieur à l’Unité de recherche ouvrages hydrauliques et hydrologie du Cemagref d’Aix en Provence.

Le Cemagref recense 9.000 km de digues, dont un millier le long du littoral, appartenant à des communes, des syndicats, voire des particuliers. L’Etat lui-même ne gère qu’environ 1.000 km de digues fluviales, essentiellement sur la  Loire. Un vaste recensement, toujours en cours, a été lancé à la suite des grandes inondations du Rhône qui avaient noyé la Camargue en 1993 et 1994.

« C’est un parc très disparate, constitué au fil du temps : souvent, l’ouvrage qui avait été conçu pour protéger des champs abrite, 50 ans plus tard, des populations et il faut relever le niveau d’exigence », remarque Anne-Marie Levraut, chef du service des risques naturels et hydrauliques au ministère de l’Ecologie. Un tiers des digues sont actuellement gérées « par des maîtres d’ouvrage qui  n’ont pas les capacités techniques ni financières de remplir toutes leurs obligations, y compris en zone urbaine », poursuit-elle.

La situation de la Faute-sur-Mer
Selon une étude menée récemment par la Direction départemental de l’équipement (DDE) de Vendée, la commune de la Faute-sur-Mer, durement frappée par la tempête Xynthia, était considérée comme une zone sensible construite « sur de vastes espaces gagnés sur la mer, ne tenant pas compte de la mémoire du risque ».

« La  conjonction de deux phénomènes, de crue dans l’estuaire du Lay et de submersion marine pourrait avoir un impact très important sur les zones densifiées à l’arrière d’un réseau de digues vieillissant » indiquait le document présenté en octobre 2008 aux journées du Génie côtier, à Nice, par Stéphane Raison.

« Plus de 3.000 maisons sont construites derrière ces digues en terre (…) 40.000 personnes fréquentent quotidiennement la commune en été. La rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes », prévenait la DDE.

Selon l’adjoint au maire de la Faute-sur-Mer, Patrick Maslin les digues ne seraient pas directement en cause dans la catastrophe du week-end. « Il n’y a aucun souci avec les digues » et « les digues ont résisté » a déclaré l’élu qui explique que l’eau est venue par une autre brèche.

La question des zones inondables
Xynthia a rallumé le projecteur sur les règles de construction dans les zones inondables. Premier risque naturel en France, l’inondation concerne en effet une commune sur trois à des degrés divers, dont 300 grandes  agglomérations, selon le ministère de l’Ecologie et du Développement durable. En 2008, 16.134 communes, soit 5,1 millions de Français, étaient ainsi concernés dans un pays où les zones inondables s’étendent sur plus de 27.000 km2.

Pourtant ces cinquante dernières années, l’urbanisation des zones inondables s’est accélérée. Dans l’Hérault ou l’Ille-et-Vilaine, les logements construits sur de tels sites ont augmenté de 20% en sept ans. Et selon une étude du Commissariat général au Développement  durable, près de 100.000 logements ont encore été construits dans les zones inondables de 424 grandes communes entre 1999 et 2006, dont 8.000 dans les Alpes-Maritimes, le Var et le Val-de-Marne.

Vers un changement des pratiques ?

Si une partie de la classe politique respecte le temps du deuil, des voix commencent à s’élever pour dénoncer les permis de construire accordés dans les zones côtières.

« Il faut être raisonnable et construire à des distances plus  importantes » de la mer, a ainsi déclaré lundi, le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers. La secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, a souligné pour sa part qu’il fallait « durcir les règles » de construction dans les zones inondables et derrière les digues, en dépit des éventuelles pressions subies.

Le président Nicolas Sarkozy a promis qu’une « réflexion va être engagée sur le plan de l’urbanisme pour qu’une catastrophe de cette nature ne se reproduise plus ». « On ne peut pas transiger avec la sécurité », a-t-il assuré.

En Vendée, « il faut construire plus loin »
Pour le président du Conseil général de Vendée, la catastrophe impose de nouvelles normes de construction. Les décès sont à déplorer essentiellement dans des localités de la Vendée proches de la mer, qui ont été submergées, où les habitants surpris dans leur sommeil ont été noyés. « Sur le moyen terme, il faut construire autrement sur la côte, partout en France. L’Etat impose des normes qui sont respectées par les maires le plus souvent mais qui ne sont pas assez sévères », a dit Philippe de Villiers sur France info. Selon lui, les digues de plus en plus hautes et de plus en plus renforcées, sont anciennes et il n’est pas souhaitable de procéder à une perpétuelle consolidation. « Partout où la terre est au niveau de la mer, il est prudent de construire plus loin », a estimé le président du Conseil général.

Pour le président du MoDem François Bayrou, « ce qui apparaît, c’est que la plupart des victimes ont été piégées dans leur maison par la montée brutale des eaux, ce qui pose au moins deux  questions »: « La première, c’est les autorisations de construire données dans des lotissements situés trop bas par rapport au niveau de risque de la montée de la  mer » et « la deuxième question, c’est la nature et l’entretien des digues, qui datent dit-on du XIXe siècle, et dont l’état peut être mis en question », a-t-il  ajouté.

Lien venant du site officiel de la commune

http://www.vjoncheray.fr/phototheque/photos-cote-ouest-france/vendee/aiguillon-sur-mer/

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