Chaos de boue. Dans les rues de L’Aiguillon-sur-Mer et de La Faute-sur-Mer, les habitants semblent encore sonnés par l’ampleur de la catastrophe qui vient de les frapper. Mauricette Van Parys, 68 ans, a ainsi passé la nuit de samedi à dimanche sur le toit de sa voiture, dans le garage de sa maison de La Faute. C’est son mari de 72 ans qui l’y a hissée : Mauricette, handicapée, a une prothèse à la jambe gauche. « C’était terrible… On a eu de l’eau jusqu’au bassin, puis très vite jusqu’au cou », raconte cette nourrice à la retraite, couverture sur les épaules, qui a trouvé refuge depuis au centre d’hébergement d’urgence improvisé dans le gymnase de L’Aiguillon. A l’intérieur du bâtiment, des tentes ont été montées, des tables avec de la nourriture et du café chaud ont été alignées, et un tas de vêtements attend ceux qui ont tout perdu. « Hormis mon slip et mon pantalon, je n’ai plus rien à moi », soupire un employé du Super U voisin.

Dans l’autre partie du gymnase, quelque quatre-vingts lits de camp ont été installés. Stéphane et Michel, deux amis de 39 et 57 ans, s’y reposent après avoir vécu douze heures d’enfer dans leur résidence secondaire de La Faute-sur-Mer. De 4 h à 16 h 30, ils sont en effet restés dans l’eau, en tentant d’appeler en vain des pompiers submergés d’appels. « Les bulletins météo ne laissaient rien présager », souffle le premier, qui travaille dans une mutuelle à Orléans (Loiret).

Dans sa longue robe noire, Alain Castet écoute les témoignages des uns et des autres. L’évêque de Vendée, où le catholicisme est encore très présent, est venu offrir son « soutien spirituel » aux sinistrés de la baie de l’Aiguillon. « Pour beaucoup, cette région est synonyme de calme et de vacances », rappelle Mgr Castet, qui fait organiser des messes quotidiennes depuis dimanche soir. « Le contraste avec la force des éléments était d’autant plus violent. Preuve de cette « force des éléments », rapportée par tous les témoins, des voiliers et des cabanes de pêcheurs trônent sur le bas-côté de la route de la Pointe de l’Aiguillon, à 300 m à l’intérieur des terres. Des routes entières sont défoncées, des caravanes sont renversées. « C’est l’apocalypse », résume une habitante.

Dans le hameau des Caves, toujours sur la Pointe de l’Aiguillon, les portes des maisons ont été enfoncées par la force de la marée haute et la vase est omniprésente. Un homme contemple son pavillon dévasté. « Même si je le remets en état, qui va vouloir m’acheter une maison dont tout le monde sait désormais qu’elle est en zone inondable ? », s’interroge-t-il. W

à L’Aiguillon-sur-Mer,

Guillaume Frouin

Retraités à La Faute-sur-Mer, Gérard et Michèle Fourgereau ont tout perdu dans la tempête de samedi. Leur maison n’est plus qu’un immense fatras baignant encore dans 50 cm d’eau .

ANNE-CÉCILE JUILLET | 03.03.2010, 07h00

Gérard Fourgereau veut tenir bon, ne pas craquer. « Ma femme, mes enfants et mes petits-enfants sont en vie, c’est l’essentiel. » Le superflu, il le balaie d’un revers de main. En avril dernier, ce tout jeune retraité de 60 ans a quitté Bezons (Val-d’Oise) avec Michèle, son épouse, pour La Faute-sur-Mer. Ils venaient ici depuis toujours en vacances et y ont emmené leurs quatre filles chaque été.

L’une d’elles, Sandrine, restée dans le Val-d’Oise, était venue passer le week-end dernier avec Vincent, son mari, et leurs deux enfants, Pauline et Maxence, 6 et 3 ans. De la maison de Gérard et Michelle, louée rue des Voiliers, non loin du port, il ne reste qu’un immense fatras baignant encore dans 50 cm d’eau, des meubles enchevêtrés et des petits objets flottant à la surface.

L’océan en furie est monté ici jusqu’à 1,60 m. Les traces à hauteur des fenêtres en témoignent. Dans sa course, il a tout fait valser contre les murs, le réfrigérateur devant la porte d’entrée, le canapé suspendu au-dessus d’un petit meuble. L’un d’eux est venu violemment heurter Michèle : « Je l’ai rattrapée au dernier moment, sinon elle restait coincée dessous », soupire Gérard. Résultat, une clavicule cassée et une nuit entière passée dans le froid à lutter contre l’épuisement à attendre les secours, venus au petit matin dimanche. Tandis qu’hier Michèle subissait sa seconde opération à l’hôpital de La Roche-sur-Yon, Gérard, cuissardes aux jambes, retournait pour la première fois dans sa maison, avec son gendre.

Ils croisent deux plongeurs et les rassurent : tout le monde s’en est sorti vivant. « Prends les chéquiers, là, dans le buffet ! » lance Gérard à son gendre, en filant dans ce qu’il reste de sa chambre. Le plus important : retrouver les sacs de son épouse et de sa fille, les papiers de tout le monde, même mouillés, ses médicaments pour le coeur et quelques affaires de ses petits-enfants, habillés grâce aux dons du Secours populaire. « Ça, c’est le plus urgent, dit-il, après on verra pour les assurances. » Vincent, lui, s’inquiète : son monospace, assuré au tiers, sera-t-il remboursé ? Demain, sa mère viendra d’Argenteuil pour le récupérer, avec femme et enfants. Sandrine prévoit déjà d’envoyer ses petits chez un pédopsychiatre et n’exclut pas de consulter elle aussi. « C’est la première fois aujourd’hui qu’on prend le temps de se poser, explique cette employée dans un groupe scolaire. Je me rends compte que la petite porte un vrai traumatisme, elle dit ne plus vouloir venir, elle a été tellement choquée de ces trois heures dans l’eau glacée… » En rentrant à L’Aiguillon, où des amis lui ont trouvé un toit provisoire, Gérard dépose les sacs-poubelle et en sort des photos, miraculeusement intactes : « C’est pour ma femme, elle sera tellement contente de les revoir, en rentrant ! » En attendant, ce soir, il dormira une nuit de plus sans elle : « J’aime pas ça… Parce que, vous comprenez, avec Michèle, cela fait quarante et un ans qu’on passe toutes nos nuits ensemble. » Là, en imaginant qu’il a failli perdre ce qu’il a de plus cher au monde, pour la première fois, de grosses larmes pointent au coin de ses yeux.

Elle a failli y rester. De l’eau jusqu’aux épaules, coincée entre ses meubles bringuebalés par la montée des eaux. En revenant hier dans sa maison, dans le quartier de la Pointe, à L’Aiguillon-sur-Mer (Vendée), Evelyne Deluze hésite entre les rires, quand elle n’arrive pas à enfiler ses bottes, et les larmes, quand elle retrouve son voisin sain et sauf. Dans la pénombre de sa petite maison, elle a vu venir sa fin et celle de sa mère, 92 ans. «J’ai été réveillée par un glouglou. Bizarre, je n’avais pas mis en route ma machine à laver. Pas de courant… Avec ma torche, je découvre l’eau. Partout. Et ça rentrait… Je remontais les bouquins quand j’ai entendu un potin d’enfer. D’abord, j’ai cru que le tonnerre avait fracassé mon Velux. En fait, c’est la baie vitrée qui avait explosé. Elle était pourtant derrière le volet roulant baissé, et c’est du double vitrage !» Son salon est rempli de boue et de verre cassé. «A 3 heures moins le quart, j’ai appelé les pompiers. Ils n’ont jamais pu venir. Je faisais des signes aux hélicos.» De son portable, elle téléphone en claquant des dents à sa fille, à une dizaine de kilomètres. «Je lui ai dit : « Je vous adore tous, adieu… » A travers la baie vitrée, je voyais arriver la vague.»

Juste un duvet. Le matelas du lit médicalisé de sa mère dérive. Trempée, elle grelotte. Dans cette maison de plain-pied, impossible de trouver à tâtons des vêtements secs. Juste un duvet, en haut d’une armoire. Les gendarmes finiront par venir les chercher, dimanche à 11 heures. En hypothermie, la vieille dame sera alors admise à l’hôpital. Dehors, sa voiture a été déplacée de cent mètres, coincée contre une haie. «Je l’avais depuis un mois.» Dans l’herbe du jardin dévasté, un mètre ruban : «Il était dans ma chambre, de l’autre côté de la maison.» La baie vitrée est fracassée. Le lavabo de la salle de bain est plein de vase. Seuls les cadres aux murs sont intacts. Elle retrouve son sac, les papiers sont trempés. Il sera vite temps de penser aux assurances : «Il y a un «formulaire catastrophe» à la mairie.» Fatalisme ? «J’ai toujours dit que ça arriverait», lâche Evelyne.

Ici, tout est en zone inondable. Comme le lotissement de l’Ostrea à La Faute-sur-Mer, commune voisine de L’Aiguillon-sur-Mer. C’est dans ces deux villes qu’on a relevé le plus de morts (27). La Faute est en partie située sur une presqu’île, bordée par la mer d’un côté et l’estuaire du Lay de l’autre. Un réseau de digues avait été construit après les grandes tempêtes de 1926 et 1929, le long de l’estuaire, pour protéger la presqu’île. «C’est vrai que c’est une zone à risque. D’ailleurs, pour tout achat, toute location, on prévient que le site est inscrit au PPRI, le Plan de prévention des risques inondation. Bien sûr, il y a des jours de pluie interminables, parfois des arbres qui tombent, mais on n’a jamais eu de sinistre», dit-on à l’Agence de la plage qui loue des villas à la saison dans le lotissement. En ce «pays gagné sur la mer», les digues ont pourtant montré leurs limites. Celles de L’Aiguillon, caillasses et enrochements, comme celles de La Faute, terre et vase. L’assaut de l’Atlantique n’a, semble-t-il, été ni uniforme ni logique. «Nos digues les plus basses, qu’on était justement en train de restaurer, ont bien tenu», note Jean-Michel Gaborit, secrétaire de mairie à La Faute.

«Etage». A L’Aiguillon, le maire, Maurice Milcent, indique que si les digues se sont en partie rompues, «ça n’est pas le problème». «On a eu une surcote d’un mètre d’eau d’un seul coup. Même sans problème de digue, on aurait eu le même effet…» Négligence urbanistique, pour plier devant la demande immobilière ? «On nous oblige à faire des maisons d’un seul niveau, type pêcheur. Si on nous laissait ajouter un étage…» glisse l’édile. A La Faute, on botte en touche : «La mairie est trop petite, nous n’instruisons pas les permis de construire, laissés à la direction de l’Equipement. Quant au plan de risque inondation – qui n’est pas encore approuvé -, il couvre toute la commune.» Bénévole dans le gymnase où sont hébergés les sinistrés, un homme explique : «La zone est connue comme à problème depuis Napoléon. Le lotissement s’est rempli avec des retraités venus des villes. M’étonnerait pas que certains attaquent en justice…»

  • Les plongeurs des sapeurs-pompiers ont continué à rechercher,  hier, les corps des disparus à La Faute-sur-Mer.

    Les plongeurs des sapeurs-pompiers ont continué à rechercher, hier, les corps des disparus à La Faute-sur-Mer.

    Joël Le Gall

On dénombre désormais vingt-huit morts à La Faute-sur-Mer, souvent des personnes âgées.

Ils s’appelaient Berthe et Jean Grimaud, ils avaient 86 ans, leurs petits enfants les appelaient Papou et Mamou. Comme 28 personnes, ils ont trouvé la mort à La Faute-sur-Mer…

Situé le long de la digue censée contenir l’eau du Lay, le lotissement du Doris concentre plus de la moitié des victimes. Toutes dans le même périmètre, autour de la rue des Voiliers. Jadis, ici, c’était la campagne. « Je venais ici quand j’étais enfant. ll y avait des vignes, des fermes… », se souvient Bernard Réaud, entraîneur de chevaux de course, aujourd’hui à la retraite. Les constructions sont apparues au début des années 1970. Pour l’essentiel des petites maisons de plain-pied.

Le drame d’une famille de médecins

« 80 % des victimes sont des retraités », selon Alain Barraud, adjoint au maire. Des couples, mais aussi plusieurs personnes vivant seules, hommes et femmes, âgées le plus souvent de plus de 70 ans. Une partie habitait là à l’année, quelques-unes étaient venues passer un peu de temps dans leur résidence secondaire. Elles se sont fait surprendre pendant leur sommeil et ne sont pas parvenues à s’enfuir. Un couple a également perdu son bébé, mort noyé.

Un couple de médecins de Fontenay-le-Comte séjournait pour les vacances scolaires en famille dans une de ces petites villas. Comme d’autres rescapés, le père a réussi à percer le plafond puis le toit pour tenter de sauver les siens. Sa fille et lui ont pu échapper à la noyade, mais son épouse, son fils de 4 ans et sa mère sont morts noyés. Leur fils de 13 ans est toujours porté disparu…

D’abord rassemblées dans une chapelle ardente, les dépouilles des victimes ont commencé à être remises aux familles ainsi qu’aux entreprises de pompes funèbres. Quelques-unes sont aussi exposées dans la salle paroissiale où parents et amis viennent se recueillir. Les premières cérémonies d’obsèques auront lieu aujourd’hui, à La Faute. Les inhumations ont dû être différées de quelques jours : toujours sous les eaux, le cimetière de la commune est impraticable.

Marc MAHUZIER.
Une femme est évacuée par les secours à La-Faute-sur-mer, en  Vendée.
Une femme est évacuée par les secours à La-Faute-sur-mer, en Vendée. Crédits photo : AFP

A L’Aiguillon-sur-Mer et La Faute-sur-Mer, l’eau est montée très rapidement après la rupture de la digue, qui a cédé sous les coups d’une mer en furie.

Si la Vendée a été touchée de plein fouet par la tempête qui a malmené les ports et privé 120 000 foyers d’électricité, une brusque montée des eaux a provoqué une véritable tragédie à L’Aiguillon-sur-Mer et à La Faute-sur-Mer, deux communes côtières du sud du département où, officiellement, quinze personnes ont péri noyées après la rupture d’une digue qui protégeait les maisons de la mer. Mais ce bilan ne serait malheureusement que provisoire et, dimanche soir, on évoquait déjà le nombre de 29 morts…

Dans ces deux stations balnéaires de la baie de l’Aiguillon séparées entre elles par un bras de mer et situées face à l’île de Ré, les maisons traditionnelles sont basses et, en pleine nuit, leurs habitants ont été surpris dans leur sommeil par l’eau glaciale qui est parfois montée jusqu’au plafond, ne leur laissant aucune chance. Des enfants et des personnes âgées figurent au nombre des victimes. Ceux qui ont pu échapper aux flots se sont réfugiés sur leur toit en attendant, vêtus parfois d’un simple pyjama ou d’une robe de chambre, d’être secourus plusieurs heures après par des hélicoptères et des sauveteurs venus sur des embarcations. «J’ai vu arriver 1,20 mètre d’eau en deux heures», expliquait dimanche un habitant de La Faute-sur-Mer, qui mettait en cause une digue voisine sur laquelle des travaux avaient été effectués quinze jours auparavant.

Selon René Marratier, le maire de La Faute-sur-Mer, la digue qui a rompu faisait l’objet d’une surveil­lance étroite et était en bon état mais elle n’a pas résisté à l’effet conjugué des vents déchaînés, d’une mer en furie et d’un fort coefficient de marée. Ensuite, l’eau est montée très rapidement, parfois de plus de 1,50 mètre.

Dimanche après-midi, alors que les deux villages coupés du monde pleuraient leurs morts, les sauveteurs évacuaient les 75 pensionnaires de la maison de retraite et préparaient gymnases et écoles dans les communes environnantes afin d’accueillir pour la nuit plusieurs centaines de personnes.

Avec la Vendée, la Charente-Maritime a été également particulièrement touchée. « Le premier bilan est pire que celui de la tempête Klaus, en 2009, sur le front des inondations » précisait hier la directrice de cabinet du préfet de Charente-Maritime. Dans l’île de Ré, les témoignages sont identiques à ceux recueillis en Vendée : « Nous avons passé la nuit sur le toit de la maison, explique une habitante à La Noue, près de Saint-Martin-de-Ré. L’eau est montée très vite à plus de 1,10 mètre. Notre maison est foutue. Nous sommes passés avec nos deux enfants de 5 et 13 ans sur le toit de nos voisins grâce à une échelle. Ils nous ont entendus et nous ont recueillis chez eux pour la nuit. » Mêmes scènes drama­tiques dans l’île voisine d’Oléron, où des bateaux d’ostréiculteurs ont été purement et simplement emportés par la montée des eaux.

Un nouveau corps a été retrouvé ce mardi en Vendée, ce qui porte le bilan, toujours provisoire, de la tempête Xynthia à 52 morts et 7 disparus. Un arrêté de catastrophe naturelle a été publié ce mardi aussi au Journal officiel.

Un nouveau corps a été retrouvé ce mardi matin à La Faute-sur-Mer (Vendée), a annoncé le préfet du département, Jean-Jacques Brot. Le préfet n’a pas donné de détails sur les circonstances de la découverte, mais le corps est bien celui d’une des quatre personnes qui étaient encore portées disparues en Vendée, a-t-il indiqué à la mi-journée.

Cette nouvelle victime porte le bilan – toujours provisoire – de la tempête et des inondations de ce week-end en France à 52 morts et 7 disparus.

L’arrêté de catastrophe naturelle, qui permet d’obtenir une indemnisation des dégâts causés par les inondations – à la différence des assurances multirisques classiques qui ne couvrent que les dégâts causés par le vent et la pluie -, a bien été publié ce mardi matin au Journal Officiel. Les sinistrés de quatre départements (Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vendée et Vienne) peuvent donc dès maintenant déposer leur dossier de demande d’indemnisation auprès de leur assureur.

Un décret de catastrophe naturelle sera aussi publié « dans les délais les plus rapides » pour la Loire-Atlantique où les dégâts sont nombreux, a annoncé mardi François Fillon à l’Association des maires de ce département.

latribune.fr

Le bilan de la tempête Xynthia qui a frappé la France dimanche s’est encore encore aggravé. Un nouveau corps a été retrouvé mardi matin à La Faute-sur-Mer, en Vendée, ce qui porte à au moins 52 le nombre de victimes, selon les chiffres de la Sécurité civile. Face à la désolation provoquée par la conjonction exceptionnelle entre une tempête, de fortes marées et le passage d’une dépression ce week-end, Nicolas Sarkozy a annoncé une aide d’urgence de trois millions d’euros lundi lors de sa visite sur les lieux.

La Vendée, où la Sécurité civile comptait 33 morts lundi, est le département le plus endeuillé par les intempéries devant la Charente-Maritime et ses11 victimes. La cérémonie prévue jeudi à 15 heures à la cathédrale de la Luçon (Vendée) sera aussi la messe d’obsèques pour plusieurs victimes de l’inondation. Le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, a appelé à une minute de silence à l’heure où débutera l’office religieux. Par ailleurs, dimanche à Notre-Dame de Paris une messe sera dite pour les victimes de la tempête.

Mardi, les secouristes craignent désormais que le pompage des eaux n’entraîne la découverte de nouveaux corps dans les zones qui seront asséchées. En milieu de matinée, le préfet de Vendée avait indiqué que 268 sauveteurs étaient toujours déployés sur la zone de la Faute-sur-Mer, avec en plus 45 plongeurs et 188 gendarmes ainsi que deux hélicoptères.

Leur travail risque d’être compliqué par des marées exceptionnellement fortes. Le vent ne devrait pas heureusement avoir la même puissance que dans la nuit de samedi à dimanche. La préfecture de Vendée a néanmoins ordonné un renforcement des digues pour tenter de limiter les dégâts.

Les experts doivent estimer les dégâts

En vertu d’un arrêté interministériel, les communes des départements de Charente-Maritime, de Vendée, des Deux-Sèvres et de la Vienne, sont placées en état de catastrophe naturelle à compter de ce mardi. Des communes de Loire-Atlantique devraient l’être d’ici peu. Les experts sont mobilisés pour estimer les dégâts dans les milliers de maisons affectées par les intempéries de dimanche. Les exploitations des producteurs de moules et d’huîtres seront également examinées.

L’électricité est rétablie petit à petit. Mais mardi soir, près de 22.000 foyers étaient encore privés d’électricité. Seuls 13.000 foyers devraient être encore dans le noir mardi vers 21H00, selon ERDF, qui prévoit un retour à la normale au plus tard mercredi. Et 50.000 lignes France Télécom de téléphone fixe ou d’internet restaient coupées. Il faudra deux à trois semaines aux équipes de France Télécom pour réparer les lignes arrachées, notamment par des chutes d’arbres. Les services de téléphonie mobile sont rétablis pour la grande majorité des clients.

Les 26 et 27 décembre 1999, deux tempêtes exceptionnelles, avec des rafales à 200 km/h, avaient fait 92 morts et des dégâts estimés en dizaines de milliards de francs.

 

LA FAUTE-SUR-MER – « Pour l’instant je reste là »: comme la plupart de ses voisins, ce propriétaire d’une résidence secondaire de la Faute-sur-Mer, sinistrée par la montée des eaux après la tempête Xynthia, refuse d’abandonner sa maison.

Une habitante de La Faute-sur-Mer le 2 mars 2010 dans les décombres  de sa maisonAFP/Frank Perry

Une habitante de La Faute-sur-Mer le 2 mars 2010 dans les décombres de sa maison

Dans La Faute-sur-mer dévastée, l’eau atteignait mardi encore par endroits près de deux mètres, mais certaines rues ne comptaient plus que 80 cm d’eau. Bottes aux pieds, Pierre et Thérèse Jaulin, de jeune retraités, sont venus constater l’état de leur maison de vacances construite il y a quatre ans et demi dans le lotissement les Doris.

Rien n’avait laissé présager un tel désastre: « Il y avait la digue. Et puis, on avait fait confiance à ceux qui nous ont délivré le permis de construire« , explique Pierre.

Cette maison, c’est le placement du couple pour sa retraite. Ici, « le prix du terrain a presque doublé en 5 ans« . Alors, « si on nous dit qu’il faut partir, on partira, mais ça dépendra des conditions« , explique Pierre.

Comme la plupart des habitants rencontrés, ils ne se plaignent pas, car autour d’eux, des voisins, des amis, sont morts noyés dans leurs maisons.

« Pour l’instant, je reste là« , assure aussi Michel, qui a fait construire il y a 40 ans sa résidence secondaire à proximité de la cuvette où ont poussé les lotissements les plus touchés, L’Orcéa et les Doris.

Des secouristes dans les rues inondées le 2 mars 2010 à La  Faute-sur-MerAFP/Frank Perry

Des secouristes dans les rues inondées le 2 mars 2010 à La Faute-sur-Mer

Dans sa maison envahie dimanche par 1m80 d’eau, pestant contre les polémiques soulevées par les médias sur la résistance de la digue, il reste serein car, pour lui, il s’agissait d’un phénomène exceptionnel et « jamais, on n’aurait imaginé ça ici, c’était imprévisible« .

Joël, lui, est venu constater avec deux amis les dégâts dans sa maison de la rue des Voiliers, construite en 2006 et à peine finie d’aménager. Mais « tout est mort à l’intérieur« , dit-il.

« J’avais en projet de mettre en vente ma maison de La Roche-sur-Yon pour venir ici en retraite, mais je vais devoir repousser mes projets« , explique-t-il, encore trempé après avoir visité le pavillon. Pour lui, il est cependant hors de question de quitter La Faute-sur-mer. « Moi j’adore« , assure-t-il.

Un homme fatigué passe à côté dans un véhicule des pompiers. Lui aussi voudrait voir sa maison mais il ne pourra pas y accéder.

« Il a eu très peur. Il s’est réveillé en pleine nuit. Son lit flottait et il ne lui restait que 40 cm de hauteur dans sa chambre…. Ce qu’il espère, c’est que sa maison tombe: il veut quitter définitivement la région« , confie un de ses voisins.

Le long des rues, l’eau qui se retire peu à peu laisse la place à un paysage dévasté où un gros 4X4 chevauche une berline. Les canapés s’alignent le long du trottoir et les voitures sont encastrées dans les porte-fenêtres des salons.

Opération de pompage le 2 mars 2010 à La-Faute-sur-MerAFP/Frank Perry

Opération de pompage le 2 mars 2010 à La-Faute-sur-Mer

Côté digue du Lay, les lotissements ressemblent à un lac avec des maisons plantées ça et là comme des îlots, marquées de couleurs roses et bleues lors du passage des secours, avec parfois des toitures trouées pour secourir les habitants.

A quelques mètres de là, des pompes aux dimensions impressionnantes, qui enjambent la digue où des bibelots et autres objets personnels se sont échoués, évacuent en continu l’eau des lotissements.

Mais pour beaucoup ici, le phénomène est exceptionnel et « il n’y a aucune raison de quitter les lieux« . « De toute façon, ils vont réhausser la digue« , rassure un habitant.

La commune de la Faute-sur-Mer en Vendée est l’une des plus mortellement touchées par la tempête Xynthia. Or, alors que le maire assure avoir délivré des permis de construire dans les règles, un rapport de la Direction départementale de l’Equipement datant de 2008 cherchait à « raviver la mémoire du risque -d’inondation-  dans les conscience collective » .

Alors que la commune vendéenne de la Faute-sur-Mer a vu 26 de ses habitants décédés suite au passage de Xynthia, les risques importants d’inondations dans certaines zones étaient connus depuis longtemps. Dans un rapport de la DDE, Stéphane Raison, son auteur, ingénieur des Ponts et Chaussées,  expliquait en 2008 que « la conjonction de deux phénomènes, de crue dans l’estuaire du Lay et de submersion marine, pourrait avoir un impact très important sur les zones densifiées à l’arrière d’un réseau de digues vieillissant« .

Stéphane Raison précise que quelques 3.000 maisons auraient été construites dans les années 80 derrière une digue en terre érigée suite aux tempêtes de 1926 et 1929. Or, cette digue « a été entretenue dans le temps par apport de matériaux divers, sans contrôle de leur qualité ni de leur provenance (…) Cet ouvrage n’a jamais fait l’objet d’un diagnostic approfondi de la part du maître d’ouvrage. la rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes en regard de la carte des aléas« , écrivait-il en 2008.

« La conjonction de ces deux risques ne s’est jamais réalisée »

En dépit de ces recommandations, le maire de la Faute-sur-Mer avait obtenu l’accord de la cour administrative d’appel de Nantes pour la délivrance d’un permis de construire à un camping en bordure de l’estuaire de la rivière le Lay. « S’il a pu être constaté au cours du siècle écoulé, d’une part, l’ouverture de brèches dans le massif de dunes (…) et d’autre part, la rupture, en 1999, d’une autre digue en terre de l’estuaire, il est constant que la conjonction de ces deux risques ne s’est jamais réalisée« , justifiait la juridiction dans un jugement en date de décembre 2003.

« Tout ce qui a été construit l’a été en zone constructible avec l’accord des services de l’Etat« , a tenu à rappeler  René Marratier, maire de La Faute-sur-Mer, lundi,  lors de la venue de Nicolas Sarkozy auprès des sinistrés de la baie de L’Aiguillon



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