LA FAUTE-SUR-MER – « Pour l’instant je reste là »: comme la plupart de ses voisins, ce propriétaire d’une résidence secondaire de la Faute-sur-Mer, sinistrée par la montée des eaux après la tempête Xynthia, refuse d’abandonner sa maison.

Une habitante de La Faute-sur-Mer le 2 mars 2010 dans les décombres  de sa maisonAFP/Frank Perry

Une habitante de La Faute-sur-Mer le 2 mars 2010 dans les décombres de sa maison

Dans La Faute-sur-mer dévastée, l’eau atteignait mardi encore par endroits près de deux mètres, mais certaines rues ne comptaient plus que 80 cm d’eau. Bottes aux pieds, Pierre et Thérèse Jaulin, de jeune retraités, sont venus constater l’état de leur maison de vacances construite il y a quatre ans et demi dans le lotissement les Doris.

Rien n’avait laissé présager un tel désastre: « Il y avait la digue. Et puis, on avait fait confiance à ceux qui nous ont délivré le permis de construire« , explique Pierre.

Cette maison, c’est le placement du couple pour sa retraite. Ici, « le prix du terrain a presque doublé en 5 ans« . Alors, « si on nous dit qu’il faut partir, on partira, mais ça dépendra des conditions« , explique Pierre.

Comme la plupart des habitants rencontrés, ils ne se plaignent pas, car autour d’eux, des voisins, des amis, sont morts noyés dans leurs maisons.

« Pour l’instant, je reste là« , assure aussi Michel, qui a fait construire il y a 40 ans sa résidence secondaire à proximité de la cuvette où ont poussé les lotissements les plus touchés, L’Orcéa et les Doris.

Des secouristes dans les rues inondées le 2 mars 2010 à La  Faute-sur-MerAFP/Frank Perry

Des secouristes dans les rues inondées le 2 mars 2010 à La Faute-sur-Mer

Dans sa maison envahie dimanche par 1m80 d’eau, pestant contre les polémiques soulevées par les médias sur la résistance de la digue, il reste serein car, pour lui, il s’agissait d’un phénomène exceptionnel et « jamais, on n’aurait imaginé ça ici, c’était imprévisible« .

Joël, lui, est venu constater avec deux amis les dégâts dans sa maison de la rue des Voiliers, construite en 2006 et à peine finie d’aménager. Mais « tout est mort à l’intérieur« , dit-il.

« J’avais en projet de mettre en vente ma maison de La Roche-sur-Yon pour venir ici en retraite, mais je vais devoir repousser mes projets« , explique-t-il, encore trempé après avoir visité le pavillon. Pour lui, il est cependant hors de question de quitter La Faute-sur-mer. « Moi j’adore« , assure-t-il.

Un homme fatigué passe à côté dans un véhicule des pompiers. Lui aussi voudrait voir sa maison mais il ne pourra pas y accéder.

« Il a eu très peur. Il s’est réveillé en pleine nuit. Son lit flottait et il ne lui restait que 40 cm de hauteur dans sa chambre…. Ce qu’il espère, c’est que sa maison tombe: il veut quitter définitivement la région« , confie un de ses voisins.

Le long des rues, l’eau qui se retire peu à peu laisse la place à un paysage dévasté où un gros 4X4 chevauche une berline. Les canapés s’alignent le long du trottoir et les voitures sont encastrées dans les porte-fenêtres des salons.

Opération de pompage le 2 mars 2010 à La-Faute-sur-MerAFP/Frank Perry

Opération de pompage le 2 mars 2010 à La-Faute-sur-Mer

Côté digue du Lay, les lotissements ressemblent à un lac avec des maisons plantées ça et là comme des îlots, marquées de couleurs roses et bleues lors du passage des secours, avec parfois des toitures trouées pour secourir les habitants.

A quelques mètres de là, des pompes aux dimensions impressionnantes, qui enjambent la digue où des bibelots et autres objets personnels se sont échoués, évacuent en continu l’eau des lotissements.

Mais pour beaucoup ici, le phénomène est exceptionnel et « il n’y a aucune raison de quitter les lieux« . « De toute façon, ils vont réhausser la digue« , rassure un habitant.

La commune de la Faute-sur-Mer en Vendée est l’une des plus mortellement touchées par la tempête Xynthia. Or, alors que le maire assure avoir délivré des permis de construire dans les règles, un rapport de la Direction départementale de l’Equipement datant de 2008 cherchait à « raviver la mémoire du risque -d’inondation-  dans les conscience collective » .

Alors que la commune vendéenne de la Faute-sur-Mer a vu 26 de ses habitants décédés suite au passage de Xynthia, les risques importants d’inondations dans certaines zones étaient connus depuis longtemps. Dans un rapport de la DDE, Stéphane Raison, son auteur, ingénieur des Ponts et Chaussées,  expliquait en 2008 que « la conjonction de deux phénomènes, de crue dans l’estuaire du Lay et de submersion marine, pourrait avoir un impact très important sur les zones densifiées à l’arrière d’un réseau de digues vieillissant« .

Stéphane Raison précise que quelques 3.000 maisons auraient été construites dans les années 80 derrière une digue en terre érigée suite aux tempêtes de 1926 et 1929. Or, cette digue « a été entretenue dans le temps par apport de matériaux divers, sans contrôle de leur qualité ni de leur provenance (…) Cet ouvrage n’a jamais fait l’objet d’un diagnostic approfondi de la part du maître d’ouvrage. la rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes en regard de la carte des aléas« , écrivait-il en 2008.

« La conjonction de ces deux risques ne s’est jamais réalisée »

En dépit de ces recommandations, le maire de la Faute-sur-Mer avait obtenu l’accord de la cour administrative d’appel de Nantes pour la délivrance d’un permis de construire à un camping en bordure de l’estuaire de la rivière le Lay. « S’il a pu être constaté au cours du siècle écoulé, d’une part, l’ouverture de brèches dans le massif de dunes (…) et d’autre part, la rupture, en 1999, d’une autre digue en terre de l’estuaire, il est constant que la conjonction de ces deux risques ne s’est jamais réalisée« , justifiait la juridiction dans un jugement en date de décembre 2003.

« Tout ce qui a été construit l’a été en zone constructible avec l’accord des services de l’Etat« , a tenu à rappeler  René Marratier, maire de La Faute-sur-Mer, lundi,  lors de la venue de Nicolas Sarkozy auprès des sinistrés de la baie de L’Aiguillon



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