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Condamné par la justice lors du procès qui a suivi la tempête Xynthia, qui a fait 29 morts à La Faute-sur-Mer, il y a dix ans, l’ancien maire René Marratier se présente de nouveau aux élections municipales dans la commune. Mais pour la préfecture de la Vendée, cette candidature est impossible. René Marratier donne une conférence de presse, ce vendredi 22 février.

René Marratier s’exprime en conférence de presse ce vendredi 22 février.
René Marratier s’exprime en conférence de presse ce vendredi 22 février. | OUEST-FRANCE

À La Faute-sur-Mer, René Marratier s’est lancé dans la campagne des municipales il y a deux mois. Autour de cette candidature, un véritable imbroglio judiciaire.

Maire de La Faute de 1989 à 2014, il a été condamné par la cour d’appel de Poitiers pour homicides involontaires et mise en danger de la vie d’autrui, lors du procès qui avait suivi Xynthia. La tempête avait provoqué la mort de 29 personnes dans la commune, dans la nuit du 27 au 28 février 2010. Sa peine : deux ans de prison avec sursis et l’interdiction d’exercer une fonction publique,

Dans l’opposition depuis 2014, aujourd’hui René Marratier brigue le poste de maire avec la liste Unis pour l’avenir. Il mène campagne face à l’actuel premier adjoint, Laurent Huger, affirmant qu’il peut de nouveau exercer la fonction. Mais ce n’est pas l’avis de la préfecture de la Vendée rendu le 27 janvier. Elle indique notamment qu’« une personne condamnée à une interdiction définitive d’exercer une fonction publique ne saurait valablement prétendre à exercer la fonction de maire ».

Même si sa candidature fait grincer des dents, René Marratier ne renonce pas. Il tient une conférence de presse, en présence de son avocat, Jean-Baptiste Chevalier, spécialisé en droit public et droit électoral à la cour de Rennes, ce vendredi 22 février, à La Faute-sur-Mer.

« Il est grand temps de rétablir la vérité »

La conférence de presse a débuté à 9 h 35. René Marratier a pris la parole afin d’expliquer pourquoi il se présente aux élections municipales à La Faute-sur-Mer :

« De fausses rumeurs et de fausses accusations ont été créées pour troubler les esprits, pour jeter sur moi l’opprobre et pour me nuire jusqu’au plus profond de moi-même. C’est de la propagande. C’est ce qui m’a valu de passer les années les plus difficiles de ma vie. Je ne suis devenu pour certains un monstre, un meurtrier. Il est grand temps de rétablir la vérité, que les gens connaissent enfin la réalité des choses, car l’humiliation publique ne peut être tolérée dans notre République. »

René Marratier et Jean-Baptiste Chevalier, son avocat, en conférence de presse. | OUEST-FRANCE

« J’ai été relativement massacré »

Le candidat à la mairie de La Faute-sur-Mer a commencé la lecture d’extraits du jugement de la cour d’appel de Poitiers. René Marratier est déterminé à maintenir sa candidature. « J’ai été relativement massacré. Si les journalistes étaient venus nous rencontrer et avaient scruté les dossiers, je n’aurais pas connu ça. »

« Le mandat de maire est un mandat électif »

René Marratier poursuit en répondant au communiqué de presse de la préfecture de la Vendée : « Même si mon nom n’apparaît pas, il s’adresse bien à moi et uniquement moi. »

Son avocat Jean-Baptiste Chevalier prend le relais : « La préfecture a cru devoir publier un communiqué à quelques semaines du premier tour des municipales […] Il n’y a aucun doute sur le fait que le mandat de maire est un mandat électif […]. » L’avocat continue : « Il ne faut pas confondre peine d’éligibilité qui l’empêcherait d’être élu maire et une interdiction d’exercer une fonction publique. »

« Ce sera aux électeurs de voter et de choisir le maire. S’il y a contestation, ce sera au juge administratif de trancher. Je suis certain qu’il retiendra notre présentation. »

Par ailleurs, Jean-Baptiste Chevalier fustige « l’aide » que le communiqué de la préfecture peut avoir en temps de campagne électorale.

Le candidat et son avocat ont déposé un recours gracieux à la préfecture et un recours hiérarchique au ministère de l’Intérieur. « Pour l’instant, nous n’avons aucune réponse », disent-ils.

René Marratier répond à Corinne Lepage

René Marratier a également tenu à réagir aux propos que Corinne Lepage, avocate des parties civiles dans l’affaire Xynthia, a tenus il y a quelques jours. En effet, elle s’est exprimée au sujet de sa candidature : « C’est tout à fait scandaleux. C’est une insulte à tous ceux qui sont morts dans ce drame. »

L’ex-maire de La Faute répond ce vendredi : « L’humiliation, la falsification de la vérité sont des principes de la morale. Personnellement, j’ai une éthique conforme à la morale. C’est pour ça qu’on a décidé de se présenter. La moralité je l’ai. C’est un devoir citoyen. C’est aussi pour rétablir la vérité. J’ai toujours travaillé de manière honnête. » René Marratier a exprimé « toute sa compassion pour les familles des victimes ».

« Je n’y serais pas allé s’il y avait des contraintes juridiques »

René Marratier poursuit sur sa candidature : « Je suis tête de liste. Si notre liste (Unis pour l’avenir) est choisie, je pense que mes colistiers m’éliront comme maire. Quand on se présente à une élection, c’est pour gagner. Beaucoup de gens nous sollicitaient. Je n’y serais pas allé s’il y avait des contraintes juridiques. »

Jean-Baptiste Chevalier insiste de nouveau sur l’éligibilité du candidat : « René Marratier n’a pas été déclaré inéligible. Le mandat de maire est un mandat électif. Il peut donc l’exercer. À ce stade, on a demandé à la préfecture et au ministère de l’Intérieur de retirer le communiqué pouvant altérer le résultat du scrutin. Ça pourrait avoir des conséquences en cas de contentieux électoral. Peut-être une annulation de l’élection. En 2000, le Conseil d’État a déjà rappelé que l’interdiction d’exercer une fonction publique ne s’appliquait pas à un mandat électif. »

À La Faute-sur-Mer, René Marratier a lancé sa campagne depuis deux mois. Condamné après à la tempête Xynthia, qui avait provoqué la mort de 29 personnes dans la commune, son équipe affirmait qu’il pourrait exercer sa fonction de maire. Ce n’est pas l’avis de la préfecture rendu ce 27 janvier 2020.

René Marratier, maire de La Faute-sur-Mer de 1989 à 2014, a déjà animé deux réunions publiques. Ce lundi 27 janvier, la préfecture annonce qu’il ne pourrait pas exercer sa fonction de maire.
René Marratier, maire de La Faute-sur-Mer de 1989 à 2014, a déjà animé deux réunions publiques. Ce lundi 27 janvier, la préfecture annonce qu’il ne pourrait pas exercer sa fonction de maire. | OUEST-FRANCE

Depuis plusieurs semaines à La Faute-sur-Mer, la question semait le trouble dans les esprits. René Marratier, s’il remportait les élections municipales, pourrait-il exercer sa fonction de maire ? Son équipe martelait que oui. Laurent Hugé, l’autre tête de liste, que non.

L’imbroglio résidait autour de la condamnation de René Marratier, maire de 1989 à 2014, à deux ans de prison avec sursis et à l’interdiction d’exercer une fonction publique, lors du procès qui avait suivi Xynthia. La tempête avait causé la mort de 29 personnes dans la commune.

Ce lundi 27 janvier, la préfecture a donné sa réponse sur cette éligibilité « après consultation des administrations centrales compétentes ». Si elle ne cite jamais le nom de René Marratier, elle indique qu’« une personne condamnée à une interdiction définitive d’exercer une fonction publique ne saurait valablement prétendre à exercer la fonction de maire ou des fonctions d’adjoint au maire qui impliquent d’exercer des missions d’agents de l’État ».

Neuf ans après le passage de la tempête Xynthia qui avait fait 29 morts à La Faute-sur-Mer les 27 et 28 février 2010, René Marratier, maire de La Faute-sur-Mer, au moment de la tempête Xynthia demande la prise en charge par la commune de ses frais d’avocat, pour son pourvoi en cassation. Une somme de 31 200 €.

Délibéré du procès Xynthia aux Sables d' Olonne. René Marratier l' ancien maire de La Faute sur mer au moment de la tempête a été condamné à quatre ans de prison ferme.
Délibéré du procès Xynthia aux Sables d’ Olonne. René Marratier l’ ancien maire de La Faute sur mer au moment de la tempête a été condamné à quatre ans de prison ferme. | OUEST FRANCE

Le dernier conseil municipal de La Faute-sur-Mer a débattu, une nouvelle fois, de la demande de prise en charge d’honoraires d’avocats présentée par l’ancien maire, René Marratier. La facture de 31 200 €, concernant sa défense devant la Cour de cassation, avait été rejetée une première fois par le conseil en septembre 2017. Le demandeur ayant saisi à nouveau le tribunal administratif de Nantes, celui-ci a enjoint au conseil de réexaminer la requête en motivant sa position.

Ce dernier a rejeté la demande pour deux motifs. D’une part, parce que René Marratier n’a pas réglé directement ces honoraires à l’avocat. D’autre part, parce que le montant est manifestement excessif. Lors de la délibération, René Marratier s’est mis en retrait. Pour le vote, les quatre autres élus de l’opposition se sont abstenus.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

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