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Après la tempête Xynthia de février 2010, une partie de la Pointe de l’Aiguillon sur Mer, en Vendée, avait été classée zone de solidarité, les propriétaires locaux doivent être expulsés. Certains ont accepté l’indemnisation proposée par l’Etat, d’autres en contestent la motivation et le montant.

Les propriétaires de la Pointe de L'Aiguillon-sur-Mer ne veulent pas partir © Olivier Quentin - France 3 Pays de la Loire

© Olivier Quentin – France 3 Pays de la Loire Les propriétaires de la Pointe de L’Aiguillon-sur-Mer ne veulent pas partir

Ils sont encore une quarantaine à espérer conserver leur maison de vacances sur la Pointe de l’Aiguillon sur Mer. Ils ont fait appel de la Déclaration d’Utilité Publique décidant leur expulsion mais ils n’ont toujours pas de réponse. D’autre part, ce jeudi 21 janvier, ils doivent savoir si le tribunal de La Roche sur Yon leur accorde de meilleures indemnisations.

Un bien équivalent dans un lieu similaire

Car ils se battent sur deux fronts à la fois. D’abord empêcher la destruction de leur maison et ensuite, s’ils échouent, avoir de meilleures compensations financières.  » La loi nous accorde une indemnisation qui doit nous permettre de racheter un bien équivalent dans un lieu similaire » explique Marie-Christine Kays. Cette résidente de la Pointe a pris la tête de l’association qui défend la quarantaine de propriétaires concernés. « Ce qu’on me propose ne me permettra pas de racheter une maison aussi grande sur une parcelle aussi proche de la plage. »

indemnité de dépossession

Un juge des expropriations s’était déplacé à plusieurs reprises l’été dernier pour une estimation des maisons. Le tribunal de La Roche sur Yon doit rendre sa décision jeudi 21 janvier. Mais les propriétaires craignent que la Justice ne joue sur les mots. Il ne serait plus question de permettre de racheter un bien équivalent mais d’indemniser pour dépossession d’un bien. La somme accordée est alors inférieure. Reste que les « pointus » comme on appelle les résidents de cette zone, espèrent encore faire annuler la décision d’expulsion.

Les expulsés de la Pointe de l’Aiguillon attendent la décision de Justice

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La Faute-sur-Mer après les inondations.
La Faute-sur-Mer après les inondations. (Crédits : Reuters)
Les catastrophes naturelles donnent lieu à des rapports de commissions d’enquêtes, montrant la complexité des causes. Malheureusement, peu de leçons sont tirées ce des rapports. Par Thierry Libaert. Professeur des Universités en sciences de la communication et Christophe Roux-Dufort, Professeur titulaire en gestion de crise, faculté des Sciences de l’Administration de l’Université Laval

Le procès en appel pour juger de la responsabilité des responsables des conséquences dramatiques de la tempête Xynthia s’est terminé mercredi 2 décembre à Poitiers. Le jugement a été mis en délibéré et doit être rendu le 4 avril 2016. La tempête qui s’était déroulée en février 2010 avait entraîné 35 morts dont 29 sur la commune de La Faute-sur-Mer. Le maire de cette commune avait été condamné en décembre 2014 en première instance à quatre années d’emprisonnement ferme.

 Des responsabilités diffuses

Les éléments apportés par le procès, tout comme la commission d’enquête conduite par le Sénat et publiée le 10 juin 2010, ont révélé que les responsabilités étaient beaucoup plus diffuses que celles présentées immédiatement après la catastrophe. Sans éluder la lourde part du maire de la commune de La Faute-sur-Mer, les débats, tout comme le rapport de la commission d’enquête, ont mis en avant une chaîne de responsabilité, un enchevêtrement d’acteurs et d’enjeux, en somme une absence totale de prévention et de contrôle. Invité à s’exprimer durant le procès le 25 novembre, le sénateur Alain Anziani qui fut le rapporteur de la commission d’enquête, a évoqué une « chaine de défaillances » et une « nébuleuse d’irresponsabilités ». Qu’il s’agisse de l’inégal entretien des digues, de l’absence de prévention du risque de submersion marine, d’une alerte météorologique défaillante, d’une mosaïque administrative dans les plans d’occupation des sols, tout était en place pour que la catastrophe éclate.

 Les rapports d’enquête relativisent la responsabilité individuelle

Tout ceci apporte sans conteste une perspective nouvelle sur cette crise grave qui avait durant une longue semaine captée l’attention de la plupart des commentateurs politiques et économiques, ainsi que celle de nombreux médias. Mais en fait, ce que nous révèle ce procès ainsi que le rapport de la commission d’enquête sont-ils réellement nouveaux?

Professeur en gestion et communication de crise, nous avons étudié l’intégralité des rapports de commissions d’enquête sur une quinzaine de grandes crises, des crises anciennes comme celle du Titanic en 1912, la catastrophe du crash de l’Airbus au Mont Saint-Odile en 1992, celle de l’explosion de l’usine AZF en 2001 près de Toulouse, l’explosion de la plate-forme Deep Water dans le golfe du Mexique en 2010, l’affaire du Médiator et bien d’autres. Certaines crises pouvaient donner lieu à plusieurs travaux de commissions d’enquête, au total 19 rapports furent analysés. Nous avons retenu des crises de différente nature ; industrielles, de santé publique, liées à des phénomènes naturels, à des problématiques de transport.

L’étude de ces rapports permet d’obtenir un certain recul par rapport à ce que nous apprend le déroulement du procès des responsables des conséquences dramatiques de la tempête Xynthia.

L’élément essentiel, celui qui est dominant dans l’ensemble des crises ayant fait l’objet d’un rapport d’enquête, est que la place consacrée à la responsabilité individuelle est toujours très faible. Alors que le fonctionnement médiatique tend à la recherche immédiate d’un responsable, souvent présenté comme le bouc émissaire idéal, les rapports indiquent toujours une dilution des responsabilités et une incapacité des processus à prévenir la crise.

Série de dysfonctionnements

Quelle que soit la crise étudiée, le scénario de la crise est toujours le même ; elle est la résultante d’une série de dysfonctionnements larvés pour lesquels la faute d’un responsable n’est que l’acte déclencheur qui aurait eu toutes les chances d’intervenir tôt ou tard. Ces rapports nous laissent par ailleurs souvent sur notre faim tant nous persistons à nous demander comment de tels dysfonctionnements ont pu s’accumuler sans que personne n’ait pu rien y faire. Il est ainsi toujours plus aisé d’attribuer des signes préalables à un événement dont on connaît le résultat final. Elles se construisent donc sur des biais de reconstruction et leur cohérence tient souvent dans le talent des investigateurs à rendre compte que tout était déjà là, prêt à survenir. L’impression persiste alors que la crise ne relève jamais du hasard, qu’on aurait pu, aurait dû la voir venir. Ces reconstructions sous-entendent trop souvent la coupable ignorance de ceux qui savaient ou qui auraient pu savoir et qui n’ont rien fait ou dit.

La complexité des causes

Ceci introduit un décalage entre la perception ultra simplificatrice de la dynamique de crise et sa représentation médiatique, portant sur une causalité simple passant par la recherche du bouc émissaire, et la complexité des facteurs causaux recensés à chaque fois dans les rapports des commissions d’enquête.

Plutôt qu’une responsabilité unique, les procès et rapports nous indiquent que nous avons affaire à un patchwork mal cousu de causes distinctes évoluant dans des domaines non reliés : absence de contrôle administratif, règles juridiques complexes et éparses, responsabilités diluées, émergence de conditions externes défavorables qui se superposent sur une complexité technique.

Et tout ceci s’opère sans que l’ensemble ne soit piloté et que personne ne soit en mesure de reconstituer l’ensemble des éléments souvent fort épars du puzzle de la crise.

 Des investigations à l’utilité… négligeable

Le deuxième élément que nous livrent les investigations post crises, et malheureusement le plus dramatique, est que leur utilité est négligeable. L’un des maîtres mots en gestion de crise est celui de la résilience, c’est-à-dire la capacité d’une organisation à revenir à la situation antérieure après un événement particulièrement grave. Il est nécessaire de dépasser cette vision dans une perspective plus constructive qui est simplement d’empêcher le renouvellement d’une crise semblable.

Comme l’indiquait quelque peu désabusé, le sénateur Louis Nègre, président d’une commission d’enquête en 2012 sur les inondations du Var, les rapports se suivent, se ressemblent souvent et finissent dans des placards, toujours. Et il est vrai que sur ce sujet des inondations, le nombre de rapports est assez hallucinant pour un résultat assez ridicule, surtout si on le replace dans une perspective historique où le volontarisme affiché au lendemain de la crise est balayé par les nouvelles actualités dans les semaines qui suivent. La citation d’Aldous Huxley, est dans le domaine de l’analyse des crises d’une cruelle actualité « La plus grande leçon de l’histoire est que les humains ne tirent pas les leçons de l’histoire. »

Thierry Libaert. Professeur des Universités en sciences de la communication, collaborateur scientifique à l’université catholique de Louvain.

Christophe Roux-Dufort
Professeur titulaire en gestion de crise. Faculté des Sciences de l’Administration de l’Université Laval

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

Audition du préfet au sénat (flv)

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