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Plus de quatre ans après le drame, magistrats, journalistes et victimes sont retournés jeudi sur les lieux du drame. Une friche a remplacé les pavillons…

Le retour sur les lieux du drame est forcément douloureux mais peut aider les familles dans leur deuil.

Le retour sur les lieux du drame est forcément douloureux mais peut aider les familles dans leur deuil. © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Devant la pancarte blanche portant les noms de son mari de 60 ans et de son petit-fils de 2 ans morts d’épuisement dans l’eau glacée lors de la tempête Xynthia, Elisabeth Tabary s’est réfugiée dans les bras d’un proche pour masquer sa douleur. « C’est dur, mais j’ai appris à maîtriser. Vous savez, on baigne dedans, c’est dans la continuité… Vous voyez le temps qu’il fait aujourd’hui », lâchait-elle pourtant courageusement peu avant en désignant jeudi après-midi le magnifique ciel bleu, au début de l’audience cruciale du tribunal des Sables-d’Olonne à La Faute-sur-Mer (Vendée), où 29 personnes sont mortes le 28 février 2010. Mais, au pied de la digue qui aurait dû les protéger, dans les anciennes ruelles autrefois bordées de coquets pavillons balnéaires désormais détruits et remplacés par une friche, Elisabeth Tabary a dû faire face, sur un terrain nu, aux bandes de chantier tendues à un mètre du sol par des piquets pour figurer son ancienne maison.

Lourd tribut

Et dans la ruelle, une simple petite pancarte blanche porte les noms de son mari et de son petit-fils, la plus jeune victime de la tempête. Des repères en PVC avec deux coudes ont été positionnés : l’un, jaune, indique la hauteur d’eau estimée et l’autre, rose, la hauteur de plafond de la maison. Les deux sont très proches. Devant une autre maison où sont décédées une mère et sa fille de 81 et 60 ans, les repères jaune et rose sont au même niveau… Une autre femme ne peut contenir ses larmes. Elle est aussitôt réconfortée par un proche.

En guise d’audience, c’est un long cortège avec les magistrats en tête, suivis des parties civiles et des journalistes mélangés, qui s’étire sur plusieurs centaines de mètres. Certains discutent, d’autres observent un silence quasi religieux. Le cortège arrive rue des Voiliers, un des lotissements qui a payé le plus lourd tribut. Devant la maison de la famille Bounaceur, la plus durement touchée, une plaque indique les âges des victimes : 73 ans, 43 ans, 13 ans, 4 ans… La hauteur d’eau estimée est à 10 cm du plafond.

« Ils étaient heureux »

« Je mesure 1,82 m, mon frère était plus petit que moi. Je ne vois pas comment il pouvait s’en sortir », murmure Jean-Loup Rousseau, frère de Patrice Rousseau décédé là avec son épouse Muriel, en montrant la hauteur d’eau dans la maison, bien au-dessus de sa tête. « Et je me pose la question… Si j’avais été là, est-ce que je m’en serais sorti ? » « Moi, je venais souvent chez ma fille et mon gendre et, là, je vois un tas de gravats… Ils habitaient là, ils étaient heureux », lâche, au bord des larmes, Nicole Rossignol, la mère de Muriel Rousseau. « Je savais que ça allait être assez compliqué, mais je voulais venir. » Peu avant le début de l’audience, des fleurs ont été déposées au pied de la stèle, installée au bout de la digue, sur laquelle ont été inscrits les noms des victimes.

« J’ai mis plus d’un an avant de pouvoir passer le pont » entre la commune voisine de L’Aiguillon-sur-Mer et La Faute-sur-Mer, explique Rémi Plaire, qui a perdu sa compagne et trouve « important » ce déplacement. « Ça va aider les gens, ça fera sûrement partie des points qui nous aident à faire le deuil », ajoute-t-il. « Moi, il y a 15 jours, je n’aurais pas pu vous parler. » Depuis son témoignage, cet homme « sent qu’il y a une tension qui est tombée ». « J’ai dormi presque deux nuits complètes, ça fait presque quatre ans et demi que ça ne m’était pas arrivé. Je pense que ça va beaucoup m’aider », confie-t-il. L’audience a duré une heure. Cinq prévenus, dont l’ancien maire de la commune René Marratier, comparaissent, principalement pour homicides involontaires, dans ce procès qui réunit plus de 120 parties civiles. Le procès doit durer jusqu’au 17 octobre, avant le jugement prévu le 12 décembre.

Le tribunal correctionnel des Sables d’Olonne s’est déplacé jeudi après-midi à La Faute-sur-Mer où 29 personnes sont mortes lors de la tempête xynthia le 28 février 2010. Une audience d’une heure le long de la digue qui a été immergée cette nuit là.

Xynthia : les parties civiles de retour à la Faute-sur-Mer  © Mikaël Roparz-Radio France

Les magistrats, les parties civiles sont arrivés en car des Sables d’Olonne peu avant 15h. Pour soutenir les familles des victimes, des secouristes étaient aussi dans le cortège. Le déplacement du tribunal était un moment redouté par les parties civiles. Beaucoup d’entre elles ne sont plus revenues à la Faute-sur-Mer depuis cette nuit du 28 février où tout à basculé.

La fameuse digue de la Faute-sur-Mer. A cet endroit en friche, il y avait des lotissements  © Mikaël Roparz-Radio France

Le cortège a parcouru, à pied, tout le quartier implanté au pied de la digue qui a été immergée il y a près de cinq ans. Une digue qui aurait dû les protéger. Les familles de victimes, les magistrats ont sillonné les anciennes ruelles autrefois bordées de coquets pavillons balnéaires désormais détruits et remplacés par une friche. Pour le tribunal, cette audience en plein air avait pour but de comprendre comment des familles entières ont pu être piégées.

« J’avais ma maison là » dit un ancien habitant de la Faute-sur-Mer. « On était bien. On a jamais pensé qu’il puisse y avoir un danger ici« . A la place de sa maison, il n’y a aujourd’hui que des bandes de chantier tendues à un peu plus d’un mètre du sol par des piquets. La marque jaune indique l’endroit jusqu’où l’eau est montée ce soir là.

La Faute-sur-Mer : des piquets pour symboliser la hauteur d’eau   © Mikaël Roparz-Radio France

Le cortège s’est aussi arrêté rue des des Voiliers, un des lotissements qui a payé le plus lourd tribut. Une famille entière est morte. Dans ce quartier, 7 des 29 victimes ont trouvé la mort. Dans cette maison, la hauteur d’eau était estimée à 10 cm du plafond.

Au total, 472 maisons situées dans cette « cuvette mortifère » de La Faute sur Mer avaient été classées par l’Etat en zone d’extrême danger. L’audience a duré une heure. Elle reprendra lundi aux Sables d’Olonne.

Les parties civiles de retour à la Faute-sur-Mer   © Mikaël Roparz-Radio France

Journée particulière, ce jeudi, au procès Xynthia. L’audience est délocalisée sur les lieux du drame, à la Faute-sur-Mer.

10 jours après l’ouverture du procès, la délocalisation à la Faute-sur-Mer en sera un moment fort. Juges, avocats, victimes et prévenus vont se déplacer ce jeudi après-midi sur les lieux où 29 personnes avaient perdu la vie en février 2010, surpris par la montée des eaux.

Des cars vont transporter dès 14h tous les acteurs du procès du centre des congrès des Sables-d’Olonne vers la Faute-sur-Mer. Le début de l’audience est prévue à 15 h. Pour l’occasion, un important dispositif de sécurité a été mis en place.

S’imprégner de la géographie des lieux

Le tribunal va parcourir le site et fera six haltes, à hauteur de maisons endeuillées. Près de la digue, celles-ci seront indiqués par un panneau. Chacun pourra alors visualiser les hauteurs d’eau, celles qu’il y avait dans les maisons, au niveau des toits, la hauteur des plafonds…

Des mâts, avec des couleurs fluorescentes, matérialiseront ces différents niveaux. La hauteur de la digue, avant la tempête, sera également mentionnée.

Le tribunal se déplace sur les lieux du drame.

Les Sables-d’Olonne (France) – Le tribunal correctionnel des Sables d’Olonne déplace jeudi après-midi son audience à La Faute-sur-Mer, là même où 29 personnes sont mortes lors du passage de la tempête Xynthia en février 2010, un moment fort, redouté par les familles des victimes et les survivants.

« Certains n’y sont jamais revenus« , rappelle Renaud Pinoit, le président de l’association des victimes. « Très peu de personnes sont restées à La Faute. Il y a même des gens qui ne veulent plus habiter sur le littoral parce que, le bruit de l’eau, ça leur fait peur« .

Après une semaine de témoignages poignants, le tribunal et les parties civiles doivent arriver en bus sur les lieux pour 15h00.

La zone sera bouclée par des gendarmes et l’audience s’ouvrira officiellement dans la tristement célèbre « cuvette mortifère » de La Faute-sur-Mer, d’anciens marais inondables où les premiers habitants de la commune, des paysans, faisaient autrefois paître leurs vaches.

Le tribunal entamera son déplacement par la digue Est, celle qui a été submergée la nuit du 28 février 2010 par les effets conjugués d’une surcote du niveau de la mer liée à la tempête et d’une forte marée, qui ont fait déborder l’estuaire du Lay.

Puis il va cheminer de la digue vers la rue des Courlis, la rue des Bécassines, avant d’entrer dans le lotissement des Doris pour enfin terminer par la rue des Voiliers, des noms légers devenus synonymes du drame pour les survivants.

Dans le seul lotissement des Voiliers, sept des 29 victimes ont trouvé la mort.

La plupart des maisons ont été démolies et là où étaient érigés de coquets pavillons de vacances ou des résidence principale, ce ne sont que friches d’où surgissent ici et là les arbres qui avaient été plantés pour agrémenter les jardins.

– Terrains jusque-là réservés aux animaux –

Un choc supplémentaire pour ceux qui y ont vécu ou qui ont perdu ici des membres de leurs familles.

Pour rappeler les faits, un expert géomètre va implanter le long de la digue des panneaux à la hauteur des emplacements des maisons dans lesquelles des personnes sont décédées.

Lors du passage dans l’ancien lotissement des Doris seront aussi indiquées les hauteurs de plafond des maisons implantées sur les lieux ainsi que les hauteurs d’eau maximales atteintes.

De cette manière, les magistrats et les parties civiles pourront comprendre comment plusieurs des victimes ont été noyées, piégées dans leurs logement de plain pied dotés de volets électriques que l’irruption de l’eau a rendu impossibles à rouvrir.

Le long de la digue, qui a fait l’objet de travaux de relèvement depuis 2010, la hauteur réelle qu’elle avait au moment de la tempête sera aussi rappelée par des repères.

Aux origines du drame, le développement touristique de cette modeste petite commune balnéaire au cours des cinquante dernières années: de plus en plus de permis de construire ont été accordés sur des terrains jusque-là réservés aux animaux parce qu’inondables, toujours plus près de la digue, à un niveau de plus en plus bas.

Il s’agissait principalement de résidences secondaires ou de maisons où des retraités avaient investi toutes leurs économies pour finir leurs jours au bord de la mer.

Au total, 522 maisons ont été « déconstruites » par l’État dans la commune depuis le drame. Placées en « zones noires » après la tempête, ces maisons ont été rachetées, pour la plupart à l’amiable, par l’État avant leur déconstruction. D’autres ne l’ont été qu’à l’issue de procédures d’expropriation.

Cinq prévenus, dont l’ancien maire de la commune, René Marratier, comparaissent, principalement pour homicides involontaires, dans ce procès qui réunit plus de 120 parties civiles. Le procès doit durer jusqu’au 17 octobre, avant le jugement prévu le 12 décembre.

Audrey Vairé

Pendant la tempête Xynthia, les frères Dubois ont perdu leurs parents. Ils ont découvert les corps, ensemble. Une épreuve terrible, qui a été très difficile à raconter.

Ce mercredi, au tribunal, les témoignages des dernières parties civiles se sont succédé à la barre. Le témoignage de Daniel Dubois, en début d’après-midi, a été particulièrement émouvant.

Cet homme de 53 ans était très proche de ses parents, avec qui il travaillait. La nuit de la tempête Xynthia, il n’était pas à La Faute-sur-Mer et n’a pas vu les nouvelles au matin.

Après un coup de fil inquiétant, il décide de se rendre sur place. « En arrivant à L’Aiguillon, j’ai aperçu les hélicoptères. Tout de suite, j’ai été très inquiet », explique-t-il, ému.

Il rejoint son frère : « je n’arrive pas à trouver les parents », lui dit ce dernier. Les deux frères prennent une barque et s’en vont vers la résidence de leur parents. « Là-bas, j’ai tout cassé pour pouvoir passer », explique-t-il avant de craquer.

« Je criais ma douleur »

« Ils sont morts comme des rats », s’effondre-t-il. Dans la salle, l’émotion est là. Certaines personnes sortent même du tribunal. Il raconte ensuite comment il les a trouvés, enlacés dans la cuisines, nus. « On les a déposés sur le lit, qui flottait. » Daniel Dubois se demande s’ils ont essayé de s’échapper, ce qu’ils ont vécu… « Je criais ma douleur. » 

Puis, tout s’enchaîne. Il faut reconnaître les corps, annoncer la nouvelle au reste de la famille, reprendre le travail… « Au bout de trois semaines, j’ai craqué, j’en pouvais plus psychologiquement et physiquement. J’ai demandé mon premier arrêt de travail en 30 ans. »

Les obsèques de ses parents ont eu lieu à Luçon. 1000 personnes étaient présentes, ils ont ensuite reçu 500 cartes, dont des mots de Philippe de Villiers, du maire de Luçon, de Nicolas Sarkozy… Mais rien de la part de la mairie de La Faute-sur-Mer…

« Je n’en pouvais plus, j’allais lâcher. Ma fille m’a dit ‘Papa je t’aime, je vais t’aider ». Ophélie et Alain ont raconté, à la barre, cette nuit d’horreur le 27 février 2010

Procès Xynthia : comment un père et une fille se sont mutuellement sauvé la vie
Jeudi, les victimes de Xynthia retourneront sur les lieux du drame à La Faute. Certains n’y sont pas retournés depuis le 24 février 2010.© PHOTO

AFP XAVIER LEOTY

 

« Papa je t’aime, je vais t’aider » : le tribunal correctionnel des Sables-d’Olonne se déplace jeudi à La Faute-sur-Mer, où sont mortes 29 personnes lors de latempête Xynthia, après une semaine de témoignages très émouvants, dont celui d’un père et de sa fille qui se sont sauvés mutuellement la vie.

« Je voulais qu’ils  sorte avant moi, je ne voulais pas le laisser« , murmure Ophélie, 17 ans à l’époque. Ophélie Marcos et son père Alain arrivent le samedi 27 février 2010 à La Faute-sur-Mer pour faire une surprise à leur marraine le lendemain, pour son anniversaire.

Mais à 3 heures, ils se réveillent dans une maison envahie par les eaux, prisonniers. A l’intérieur, la lune éclaire par intermittence les meubles qui flottent comme autant de dangers potentiels sur une eau glacée. Après de nombreuses péripéties, Ophélie va réussir à sortir par une fenêtre tandis que son père est arrêté net par un morceau de cloison qui s’effondre.

Il se dégage mais perd ses repères et tâtonne en vain les parois à la recherche d’une issue. Au bout de trente minutes, il ne lui reste que de quoi passer la bouche au niveau du plafond pour avaler un peu d’air. L’eau glacée lui immobilise peu à peu les membres.

Dehors, Ophélie s’est accrochée à la gouttière. Elle croit son père mort. Ses membres s’engourdissent peu à peu. « Je me disais que j’allais rester accrochée en attendant mon tour », arrive-t-elle à prononcer péniblement à la barre, laissant couler les larmes.

« Je n’en pouvais plus, j’allais lâcher »

Son père prend une dernière fois son souffle, et, à bout de force, trouve enfin la fenêtre. Il rejoint sa fille, épuisée comme lui. Ils échangent des regards désespérés, explique-t-il, la gorge nouée.

Alain Marcos n’arrive toujours pas aujourd’hui à expliquer comment, à ce moment-là, il a trouvé la force d’attraper Ophélie et de la jeter sur le toit. Lui est resté accroché à la gouttière. « Il m’a regardée, il m’a dit ‘Laisse-moi, lâche-moi la main, je n’ai plus la force de monter‘ », sanglote-t-elle.

« Je n’en pouvais plus, j’allais lâcher« , explique Alain. « Ma fille m’a dit ‘Papa je t’aime, je vais t’aider’ et elle m’a tiré, elle m’a hissé sur le toit ».

« Je chantonnais pour ne pas qu’il entende les gens qui crient »

L’eau atteint les premières tuiles du toit. « On avait très froid, il y avait un vent énorme… « , décrit Ophélie. Ils vont enlever quelques tuiles et se réfugier sous les combles, s’enroulant dans la laine de verre pour se réchauffer.

Alain Marcos, en hypothermie, menace de s’endormir. Ophélie lui donne des coups pour le réveiller. Dehors, « il y avait des cris, je chantonnais pour ne pas qu’il entende les gens qui crient« , décrit-elle, effondrée, à la barre. « Elle a chanté des chansons, elle m’a tenu éveillé toute la nuit, elle a été remarquable, elle m’a sauvé la vie », remercie Alain alors que dans la salle tout le monde retient son souffle, captivé par l’émotion de leur récit.

Évacués le matin par les secours, hébétés, il va leur falloir dix minutes pour retrouver enfin la mémoire, se souvenir de leurs noms. « On avait l’impression d’avoir fait la guerre« , explique Ophélie. Autour d’eux tout n’est que souffrance et désespoir. « On essaye de trouver un visage qu’on connaît, un sourire », dit Ophélie. En vain. Ils finiront de surcroît par apprendre que leur marraine n’a pas survécu à cette nuit d’horreur. Aujourd’hui des cauchemars les hantent encore. Des réveils en pleine nuit avec « l’impression de se noyer, qu’on étouffe ».

Les parties civiles vont terminer cette semaine d’intense émotion jeudi parl’audience organisée sur les lieux du drame. Le tribunal va cheminer dans ce qui était auparavant des rues traversant des lotissements, aujourd’hui devenus des friches, le long de la digue submergée cette nuit-là, avec des panneaux indiquant les hauteurs d’eau, la hauteur des maisons mais aussi les lieux où ont été retrouvés les morts.

Le procès de l’ancien maire et de quatre autres prévenus va durer jusqu’au 17 octobre. Jugement attendu le 12 décembre.

Audrey Vairé

Les audiences des parties civiles continuaient ce mardi après-midi avec les témoignages de trois rescapés. Parmi eux, Elisabeth Tabary, qui a perdu son mari et son petit-fils.

Ce mardi après-midi, les témoignages des parties civiles se sont succédé aux Atlantes. Dominique Caillaud, 59 ans, a ouvert le bal, en racontant son histoire. Il a réussi à sauver son beau-père, sa belle-mère, sa femme et ses deux enfants avec un canoé. Pourtant, il ressent tout de même de la culpabilité, car il n’a pas pu secourir ses voisins.

Après lui, Renée Chiron, sa belle-mère a témoigné. « Je parle aussi au nom de mon mari, Michel, qui s’était constitué partie civile mais est décédé entre-temps. » Leur maison à La Faute-sur-Mer, c’était leur fierté. Elle parle des fleurs, des rosiers qu’on pouvait y trouver. « Là-bas, c’était le paradis des fleurs. Aujourd’hui, il n’en reste que quelques photos. »

L’histoire d’Élisabeth Tabary, un moment fort

La semaine du drame, Élisabeth Tabary et son mari gardaient exceptionnellement leur petit-fils, Raphaël.

« Le soir de la tempête, nous n’avions pas allumé la télévision, pour pouvoir se consacrer entièrement à notre petit-fils. » À 3 h 15, cette ancienne infirmière est réveillée par le bruit du téléphone qui a sauté. Elle va dans la cuisine, se rend compte qu’il y a de l’eau. Immédiatement, elle réveille son mari.

« Il a tout de suite compris et m’a dit :  »c’est la digue qui a pété, on va mourir.«  J’ai tout de suite été chercher Raphaël », explique-t-elle. Le couple essaye d’appeler au secours, mais personne ne répond.

Très vite, tout se met à flotter. Elle garde son petit-fils dans un bras et s’accroche à une poignée avec l’autre.

« L’eau arrivait, on ne pouvait pas sortir. Elle arrivait en cascade, c’était invraisemblable. À un moment, mon mari me dit qu’il n’a plus d’oxygène et que c’est fini pour lui. On a eu le temps de se dire au revoir.

Puis, le petit est devenu lourd. Je l’ai vu devenir violet, je l’ai gardé contre moi tant que j’ai pu. Quand c’était terminé, je l’ai coincé derrière la porte, pour que son corps ne parte pas au loin. »

Après cela, elle s’est jetée à l’eau, « pour mourir ». Plus tard, elle se réveille à l’hôpital, sans se souvenir comment elle est arrivée là.

« J’ai réalisé que mon mari était mort, que Raphaël n’était plus là. Je ne voulais pas vivre. Ma vie s’est arrêtée ce jour-là. » Hier, le 22 septembre, Raphaël devait fêter ses sept ans.

Son témoignage, véritable temps fort de la journée, a ému les personnes présentes au tribunal. Demain mercredi, les audiences des parties civiles se poursuivent.

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