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Graffitis, insultes… Des partisans de l’élu s’en prennent aux représentants des associations de victimes. Ambiance.

René Marratier a été mis en examen pour "homicide involontaire" et "mise en danger de la vie d'autrui"

René Marratier a été mis en examen pour « homicide involontaire » et « mise en danger de la vie d’autrui » SIPA

Règlement de comptes à La Faute-sur-Mer où des « agissements parfaitement affligeants et consternants » ont eu lieu ce week-end, selon le préfet de Vendée. Des graffitis injurieux contre une association de défense des victimes de la tempête Xynthia ont été découverts samedi sur le mur du cimetière communal, suite à la mise en examen jeudi de René Marratier, le maire de la commune. Il est poursuivi pour « homicide involontaire » et « mise en danger de la vie d’autrui » dans le cadre de l’enquête sur les circonstances du drame qui a fait 29 morts en février 2010. D’autres inscriptions mettant en cause les membres de l’Association des victimes de La Faute-sur-Mer (Avif) – qualifiés de « pleurnichards » et « pourris » – ont été tracées en ville. Le président de l’Avif, François Anil, dont la maison a été maculée, va porter plainte.

Cracher dessus

Pire. Une fille de victime, Gisèle Arnaud, qui a perdu son père lors de la tempête, a été carrément prise à partie et insultée samedi en se rendant au cimetière. « Je suis tombée sur un couple de retraités, la femme m’a agressée en disant : « Toi j’attendais de te choper » et elle m’a craché dessus. Elle a aussi dit : « Il faut arrêter vos conneries, c’est une honte ce que vous faites au maire ». » Atmosphère, atmosphère !

Après la mise en examen du maire de La Faute-sur-Mer, où 29 personnes périrent lors de la tempête, la tension est montée en Vendée

Sa commune du littoral vendéen avait payé le plus lourd tribut à la tempête. Jeudi 14 avril, le maire de La Faute-sur-Mer, René Marratier, a été mis en examen pour « homicide involontaire » et « mise en danger de la vie d’autrui ». Les deux autres chefs d’accusation, « absence volontaire de combattre un sinistre » et « prise illégale d’intérêt », n’ont pas été retenus.

« Nous n’en sommes qu’au début de l’information judiciaire, indique Thierry Dran, procureur des Sables-d’Olonne (Vendée). Plusieurs mois d’enquête sont encore nécessaires pour une catastrophe de cette ampleur. » Et d’autres mises en examen pourraient suivre, dans cette délicate recherche des responsabilités du drame.

Il est reproché à l’édile de ne pas avoir suffisamment anticipé sur la catastrophe ni pris les mesures nécessaires pour alerter sa population.

« Il était au courant du risque d’inondation, lance Renaud Pinoît, porte-parole de l’Association des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer et ses environs (Avif), à l’origine de la plainte. On ne demandait pas de sirène ou un ordre d’évacuation, mais simplement de faire passer le message aux habitants. Les gens seraient partis ou auraient été vigilants. »
Pour les victimes, le maire n’est pas le seul responsable

« Une lettre circulaire du préfet de Vendée conseillait aux gens de rester chez eux, rétorque Me Olivier Metzner, l’avocat du maire. Et ce sont ceux qui sont restés dans leurs maisons qui sont morts. » Il incrimine par ailleurs les services de l’État chargés de la prévention des risques et Météo France.

« L’alerte rouge conseillait de protéger les toits et les cheminées, poursuit-il. Pas les personnes. » Le préfet de Vendée, Jean-Jacques Brot, s’est défendu en assurant que son courrier précisait de « prendre ses précautions face à une possible inondation et de surveiller les eaux ».

Autre grief retenu contre René Marratier, la délivrance de permis de construire dans les zones ravagées par Xynthia, en particulier dans deux lotissements, Les Doris et Les Voiliers, désormais en cours de démolition.

« Il a tout fait dans les règles », commente son avocat, indiquant que les permis de construire avaient été validés par l’État. « Il pouvait refuser de signer ces permis de construire, commente de son côté le porte-parole des victimes. Mais il n’a pas su résister à la pression de la population. La commune est passée de 500 à 5 000 maisons en trente ans. C’est beaucoup. »

Maire de la commune voisine de La Tranche-sur-Mer, Serge Kubryk regarde cette mise en examen avec circonspection : « Le maire a évidemment une part de responsabilité, mais c’est loin d’être le seul. »
« Le bilan de la catastrophe n’est pas le fruit du hasard »

Dans ces petites communes littorales, qui ne disposent pas de moyens humains importants, les dossiers de permis de construire sont instruits par les services de l’État, rappelle-t-il, ajoutant que le préfet dispose d’un recours de trente jours pour faire annuler un permis de construire.

Outre l’État, « les promoteurs, les assureurs et les acquéreurs de ces maisons ont aussi leur part de responsabilité, remarque-t-il. Mais c’est plus facile de désigner le maire comme bouc émissaire. »

Le porte-parole de l’Avif reconnaît que René Marratier ne doit pas être le seul inquiété. « Je pense qu’il y aura d’autres mises en examen, notamment du côté de la préfecture », indique-t-il. Selon trois chercheurs de l’université Montpellier 3, qui ont étudié les origines de la catastrophe (1), la totalité des décès de La Faute-sur-Mer ont eu lieu dans des maisons construites à partir des années 1980, dont onze dans des maisons construites entre 2000 et 2010.

« Le bilan de la catastrophe n’est pas le fruit du hasard, constatent-ils, mais l’aboutissement d’un processus de construction du risque qui a autorisé l’installation de populations vulnérables dans des habitations inadaptées au risque inondation et exposées à la submersion marine. »

En attendant que la justice dénoue l’écheveau des responsabilités, la tension est montée d’un cran à La Faute-sur-Mer entre défenseurs et détracteurs du maire. Des graffitis d’insultes contre l’association de victimes et le préfet ont été découverts le week-end du 16-17 avril sur le mur du cimetière où sont enterrées une grande partie des victimes de la tempête.

FLORENCE PAGNEUX, à Nantes

Réaction de Jean Jacques Brot préfet de Vendée

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Ambiance délétère à la Faute sur Mer suite à la mise en examen du maire.

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LES SABLES D’OLONNE (Vendée) — Des graffitis d’insultes contre une association de défense des victimes de la tempête Xynthia et le préfet de Vendée ont été dessinés à la Faute-sur-Mer, après la mise en examen du maire de la commune jeudi, a-t-on appris samedi de sources concordantes.

Le maire de la Faute-sur-Mer, René Marratier, a été mis en examen jeudi pour « homicide involontaire » et « mise en danger de la vie d’autrui » dans le cadre de l’enquête sur le drame de la tempête Xynthia, qui avait fait 29 morts dans la commune en 2010. Son avocat, Me Olivier Metzner, avait contre-attaqué en déclarant que « ceux qui sont restés à leur domicile comme le conseillait le préfet sont décédés ».

Mme Gisèle Arnaud, qui a perdu son père lors de la tempête, a par ailleurs été prise à partie, insultée et s’est fait cracher dessus samedi en allant au cimetière prendre soin de la tombe de son père avec sa fille de 12 ans. « Je suis tombée sur un couple de retraités, la femme m’a agressée en disant: +toi j’attendais de te choper+ et elle m’a craché dessus. Elle a aussi dit: + il faut arrêter vos conneries, c’est une honte ce que vous faites au maire+ », a raconté Mme Arnaud à l’AFP.

Sur le mur du cimetière où sont majoritairement enterrées les 29 victimes noyées dans leur maison le 28 février 2010 lors de la tempête Xynthia, deux graffitis ont été tracés, sans doute dans la nuit de vendredi à samedi: « Fautais défendez votre honneur, défendez votre maire » et « Brot (nom du préfet Jean-Jacques Brot, ndlr) 1er coupable que la justice s’applique! ».

Deux autres graffitis « Avif = pleurnichards = la honte » et « Avif = des pourris » ont été tracés sur des maisons, dont celle du président de l’Avif (Association des victimes de la Faute-sur-mer) François Anil, qui entend porter plainte, a-t-il indiqué à l’AFP.

Les photos des graffitis ont été mises en ligne par l’Avif. Le préfet de Vendée Jean-Jacques Brot a demandé que la préfecture porte plainte car l’un des bâtiments tagués appartient à l’Etat, a-t-il affirmé à l’AFP.

« Je trouve ces agissements parfaitement affligeants et consternants », a déclaré M. Brot qui a souligné avoir porté plainte en janvier contre des graffitis sur des bâtiments publics qui, à l’époque, visaient le maire. Il a également demandé à la municipalité de procéder en urgence à l’effacement des graffitis.

Une information judiciaire a été ouverte aux Sables d’Olonne fin 2010 pour « homicide involontaire », « mise en danger de la vie d’autrui », « abstention de combattre un sinistre » et « prise illégale d’intérêt » après la tempête.

M. Marratier, 58 ans, maire depuis 1989, a passé 30 heures en garde à vue entre mercredi et jeudi avant sa mise en examen qui est la première du dossier. Avant lui, la première adjointe en charge de l’urbanisme, Françoise Babin, et le maire-adjoint, membre de la commission locale « urbanisme » et responsable d’une entreprise de construction immobilière, Patrick Maslin, ont déjà été placés en garde à vue, puis relâchés.

 

Ce matin, les gendarmes ont de nouveau constaté une série de tags, entachant les murs de La Faute. Si en février dernier, les messages appelaient à la démission du maire, René Marratier, cette fois, la victime principale des auteurs des dégradations est l’association des victimes des inondations de La Faute (Avif). « C’est stupide », résume François Anil, dont le mur de sa propriété a été recouvert de tags. Par principe, même s’il ne s’estime pas « surpris » de ce genre de violence, il va déposer plainte.

Le préfet Jean-Jacques Brot a également été visé dans l’un des deux messages inscrits sur le mur du cimetière de la commune. « Ce sont des faits affligeants. J’ai demandé au sous-préfet de permanence de déposer plainte pour l’un des tags porté sur le mur d’une maison appartenant à l’Etat. C’est une dégradation de bien public. Maintenant, je considère que les auteurs de ces actes ne défendent pas ainsi la cause qu’ils croient porter. Ceux qui jettent ainsi de l’huile sur le feu seraient bien avisés de revenir à la sérénité. Pour ma part, je le répète, j’ai dit ce que j’avais à dire à la justice. Elle fait maintenant son travail ».

Cette série de tags intervient après une semaine marquée par la garde à vue de deux élus du conseil municipal fautais ainsi que la mise en examen du maire René Marratier, pour homicide involontaire et mise en danger d’autrui. Quatorze mois après le drame de Xynthia, qui a pris la vie de 29 Fautais, l’ambiance est toujours aussi vive et délétère dans la petite commune vendéenne.

 

Le préfet de Vendée réfute les accusations de l’avocat du maire de la Faute-sur-Mer. Jeudi 14 avril, après la mise en examen de René Marratier pour homicide involontaire et mise en danger de la vie d’autrui, Me Olivier Metzner avait estimé que les responsabilités dans la catastrophe étaient plutôt à chercher du côté des services de l’Etat.

La veille des inondations qui ont fait 29 morts à la Faute-sur-Mer le 28 février 2010, le préfet de Vendée Jean-Jacques Brot avait envoyé au maire de la station balnéaire vendéenne un bulletin météo de vigilance rouge.

L’alerte prévenait d’un risque de « fortes vagues déferlant sur le littoral » et « d’une élévation temporaire du niveau de la mer pouvant submerger certaines parties du littoral »La circulaire préfectorale donnait notamment comme consigne aux habitants de rester confinés chez eux.

Un texte taxé de négligence par Me Olivier Metzner, l’avocat du maire de la Faute René Marratier : « Quelques heures avant le drame », la circulaire mentionnait « un risque de submersion des rivages, en aucun cas des maisons.Le préfet a conseillé à chacun de rester chez soi. Ceux qui sont restés à leur domicile (…) sont décédés », a affirmé l’avocat.

« Il revenait aux maires d’adapter le bulletin d’alerte à la réalité locale »

Contacté ce vendredi par Radio France Loire Océan, le préfet de Vendée a rejeté ces accusations.

« Je regrette que l’avocat du maire de la Faute-sur-mer n’ait pas lu la page 2 de ce bulletin, parce qu’il aurait vu qu’il ne s’agit pas simplement d’appliquer la doctrine de confinement », a-t-il déclaré.

« Il y a bien marqué : « Restez chez vous dans la mesure du possible », mais il y a aussi marqué : « Pour protéger votre intégrité et votre environnement proche, si vous êtes riverains d’un estuaire, prenez vos précautions face à de possibles inondations et surveillez la montée des eaux ». Ce n’est pas tout à fait la même chose que de rester uniquement confiné », a souligné Jean-Jacques Brot.

Pour le préfet de Vendée, il « revenait à chacun des maires d’adapter ce bulletin d’alerte à la réalité locale ». Jean-Jacques Brot se dit « serein » quant aux suites judiciaires des événements.

 

AVIF = DES POURRIS sur une maison privée.

 

Edition : Ajout d’une autre photo d’un tag à 12h36

Deux autres Tags à notre connaissance ont été faits sur le mur du cimetiere, mais déjà recouvert par de la peinture

« Fautais défendez votre honneur, défendez votre maire »

Le 2 eme est illisible

Edition 2 , les tags sur le mur du cimetière

Le Préfet de Vendée a accordé une interview exclusive à Mélanie Domange de France Bleu Loire Océan.
Après les propos de Maître Metzner, l’avocat de René Marratier, maire de La Faute sur Mer, le préfet Jean Jacques Brot a tenu à rappeler que, selon lui, toutes les consignes de sécurité et d’alertes étaient connues de tous avant la tempête.

Jeudi, Maître Meztner déclarait que le maire de La Faute sur Mer, avait été mis en examen pour « cacher d’autres responsabilités… » Notamment celle du Préfet qui aurait envoyé une lettre à René Marratier le 27 février 2010, la veille de la tempête, en donnant comme consigne aux habitants de rester chez eux.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

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