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Audition de Monsieur FERCHAUT, partie civile.

Cette nuit là, je me couche et un à moment j’entends comme une pluie forte, de plus en plus fort, je décide de me lever et là il y avait 10 cm d’eau. je réveille ma femme immédiatement, nous prenons nos papiers, le chien. J’ouvre la fenêtre de la chambre et je constate déjà un mètre d’eau. J’ai compris qu’il fallait qu’on trouve un point haut sinon on était mort tout de suite. Quand j’arrive vers la véranda, il y avait déjà 1m20 d’eau, les baies vitrées éclatent. Une vitrine tombe entre ma femme et moi, elle perd le chien. Je décide d’aller vers le bateau mais j’ai perdu les clés, la batterie et mon téléphone. Nous nous sommes réfugiés dans le bateau. Nous avions froid, je savais que nous risquions de tomber en hypothermie donc on bougeait beaucoup. J’ai décidé de m’enquérir des voisins, je criais pour les prévenir. L’eau montait toujours on ne savait toujours pas d’où ça venait. L’eau allait passer par dessus les toits. J’ai entendu des cris, des « au secours ». Vers 8H30 ma femme voit passer un camion, je prends ma corne de brume et je souffle, un pompier arrive, je suis monté dans le camion mais on a dû être remis à l’eau, Il y avait 1m70, 1m80 d’eau.

Une voiture nous a emmenés au PC de l’Aiguillon, il y avait des gens blessés. J’ai signé un papier pour déclarer que j’étais rescapé. J’ai pas pris de vêtements car il n’y en avait pas assez pour tout le monde, je suis resté avec mon pyjama mouillé. J’ai aidé a distribué la nourriture, les couvertures.

J’ai croisé René MARRATIER qui m’a interpelé en ces termes: « T’as été inondé? »

Je n’ai pas compris cette question, mon pyjama était mouillé, j’étais frigorifié.

Trois jours plus tard je suis revenu dans ma maison, le sol se dérobait sous mes pieds, je n’ai pas insisté. J’ai seulement récupéré mes lunettes, je ne voyais plus rien depuis trois jours.

En tant que président de lotissement je me suis renseigné, j’ai fait le point avec eux car je n’avais aucune nouvelle de la Mairie. J’ai mangé à la cantine de l’Aiguillon pendant un mois je n’ai jamais vu aucun élu de la Faute sur Mer. Quand j’ai déblayé la maison là encore on était seuls. Il n’y avait pas un seul élu.

Je ne comprends pas, j’ai été maire lors de la tempête de 1999 avec mon deuxième adjoint j’ai passé la nuit à prévenir les habitants, j’avais mis en place un PC à la Mairie. La première chose lors de ce genre d’évènement c’est de faire le point pour savoir qui est là, qui ne l’est pas. En tant qu’ancien Maire je suis outré. Lorsque j’étais maire, cela m’est déjà arrivé et j’ai prévenu les habitants de ma commune avec ma voiture personnelle toute la nuit. Là RIEN A ETE FAIT, C’EST FAUX CE QU’ON VOUS DIT. Quand on est maire depuis 1989 on fait tout pour aider sa population, on a rien vu de tout cela.

Le président: vous avez un fort sentiment d’indignation?

Oui je suis outré!

Le président: vous nous avez dit que contrairement aux élus Fautais ceux de l’Aiguillon on fait leur travail?

Ils étaient plus présents.

La population de la Faute est composée en grande partie de parisiens qui ont des résidences secondaires à la Faute, et ces gens apprécient MARRATIER car il ne les embête pas, si ils veulent construire il n’ont pas besoin d’autorisation, or cela leur plaisait. Il est laxiste dans la délivrance des autorisations et des permis de construire.

Nous, c’est à dire ceux qui résident à titre principal à La Faute, nous sommes des pestiférés.

Le président: Y avait-il une communication de la mairie sur les risques?

Non jamais, aucune communication. On ne veut pas parler de ce qui fâche. On minimise les problèmes de la digue.

Le président: à la place de René MARRATIER, à partir des années 2000 qu’auriez vous fait?

Les services de l’Etat sont là pour aider, en tant que maire je n’ai jamais eu aucune difficulté pour obtenir de l’aide.

Le Président: vous vous sentez en sécurité chez vous?

J’ai fait des travaux et j’ai acheté une alarme pour me prévenir en cas d’inondation. J’ai fait une pièce de suivie ça m’ a couté 20 000 euros, or certaines personnes n’en ont pas les moyens.

Assesseur: En 1999, vous avez été maire lors de la tempête? Qu’avez vous fait?

J’ai tourné avec mon adjoint toute la nuit même au plus fort de la tempête. Le vent était d’ailleurs beaucoup plus fort que lors de Xynthia. Quand on est Maire on doit prendre tous les risques pour la population. J’avais un adjoint à la mairie au téléphone toute la nuit. Le PC a été maintenu pendant 48h avec les pompiers à la Mairie.

Assesseur: vous avez parlé de minimisation du risque?

Oui

Assesseur: Qu’est ce qu’il y a derrière ça? Ça cache quoi?

On veut pas faire peur à la population, on minimise donc les risques.

Assesseur: Si on veut pas affoler la population c’est qu’il y a un risque très grave?

Oui

Assesseur: Vous pensez qu’il a pas d’autres finalités?

Silence

Me SAINTAMAN: vous avez obtenu en 2003 un permis de construire sans difficulté, avez vous eu une information de la Mairie?

Non aucune information

Me SAINTAMAN: Si vous n’aviez pas eu le bateau?

Si il n’y avait pas eu le bateau je serais monté sur le toit

Me SAINTAMAN: Vos anciennes fonctions de maire vous ont-elles permis de réagir plus rapidement que ne l’aurait fait une personne lambda?

Oui ça m’a surement un peu aidé.

Me ROSENTHAL: j’ai posé hier une question a René MARRATIER pour savoir s’il avait bien passé commande de deux zodiacs? Et je me demandais si des personnes les avait vus la nuit de la tempête et si vous en aviez eu connaissance?

Non rien du tout

Me SEBAN: ils ont été achetés après la tempête!

Me ROSENTHAL: et bien j’ai eu l’information, il faut prouver ce que vous affirmez, apporter l’acte de franchisation.

Me RAPIN: en tant qu’ancien maire avoir peu de moyens est ce que ça implique d’être plus vigilant?

Oui bien sûr, vous compensez le manque de moyens en prenant des risques. Quand on est maire il faut prendre tous les risques, il faut faire le travail, on est élu pour ça!

Le ministère public: vous avez pensé quoi de la construction des Voiliers et des Doris?

A l’époque avant ces lotissements il y avait des vaches qui avaient de l’eau jusqu’aux rotules. Donc il devait y avoir de l’eau dans les sous-sols.

Audition de Madame GAUTHIER épouse FERCHAUT partie civile

Je suis un peu sourde donc je n’ai entendu aucun bruit. Quand mon mari m’a réveillée et qu’il m’a dit que l’on était inondés, j’ai cru qu’il se trompait et j’ai dit non c’est le lave vaisselle. Il m’a dit non on est inondé et j’ai effectivement vu l’eau.

Dans le bateau on a fait notre possible pour nous réchauffer. Les pompiers sont arrivés dans un premier temps ils nous ont dit qu’il fallait attendre et ensuite on s’est remis à l’eau. Lorsque l’on a été évacué, nous avons été transportés dans un gymnase, j’étais frigorifiée dans cette salle de sport. J’ai changé mes vêtements car ils étaient mouillés. C’était dur de ne pas savoir pour les autres. On s’en est sorti mais c’est très difficile. On arrive à en parler.

Je suis en colère. Pourquoi personne n’est venu nous prévenir ce soir la?

C’est inadmissible, a chaque fois que je passais devant les travaux de lotissements et de maison et que je voyais le pompage de l’eau et je me disais comment est-ce possible de construire sur ce terrain!

Le Président: avez vous eu des informations sur les risques?

NON, merci à l’AVIF qui était la seule à nous aider.

Me DENIS : Si votre mari n’avait pas été là, vous seriez où?

Si mon mari n’était pas là je serais morte.

Audition de Monsieur André ROSSIGNOL partie civile

Je suis pêcheur et cette nuit la je pratiquais la pêche à la civelle. Quand le vent est favorable on pêche beaucoup plus. Il était minuit quand je suis parti de chez moi et je m’étais aperçu que le temps était mauvais. J’ai dit à ma famille qu’on allait être inondés, j’avais ce pressentiment.

Je suis parti en mer et ma femme m’appelle, inquiète. Elle était seule chez nous. En rentrant chez moi – ce qui n’a pas été facile, c’était un combat – en rentrant, j’appelle les pompiers et je leur dis qu’il y a des risques d’inondations, personne ne réagit.

L’eau s’est engouffrée dans la maison et on a tout perdu. On s’est réfugiés avec ma femme et notre fille à l’étage dans une chambre. On a entendu des cris venant de chez la voisine. Les secours ne sont pas venus avant 6H du matin et on a été évacué à 9H30 vers l’Aiguillon.

Pourquoi la caserne des pompiers n’était pas opérationnelle? Les premiers secours ont eu lieu au petit jour seulement.

Après la tempête ma maison est dévastée avec de la vase partout et j’aurais aimé voir quelqu’un de la commune. Le jour où j’ai nettoyé ma maison personne ne nous a aidé. La moindre des choses c’était de venir nous voir.

J’ai mis du temps à me constituer partie civile, Xynthia a chamboulé ma vie. J’ai le sentiment de ne pas être chez moi à l’heure actuelle.

Le Président: étiez-vous conscient du risque?

Non je n’étais pas méfiant sur l’état de la digue en revanche je ne comprenais pas pourquoi des habitations se construisaient aussi bas.

Assesseur: votre maison avait un étage est ce que c’est parce que vous aviez une connaissance du risque?

Oui je savais que des inondations étaient possibles.

Le président: à quelle hauteur l’eau est elle arrivée chez vous?

1m37

Maitre SEBAN: avant de sortir en mer vous regardez la météo?

Non on peut travailler en tout temps, lorsque l’on pêche la civelle.

Me SEBAN vous avez appelé les secours et personne n’a réagi?

Oui absolument

Suspension d’audience

Déposition de Mme Rosaline ROSSIGNOL, partie civile :  

Le Président : Vous connaissiez votre voisine qui est décédée ?

La partie civile : Oui, j’ai eu beaucoup de peine. Ce soir là, mon mari était parti à la pêche à la civelle sur son bateau. Je ne dormais pas. Vers 2h, je me suis inquiétée, il est rentré peu après. En rentrant, il m’a raconté qu’il avait vu l’eau au niveau de la digue. Il disait que l’on allait inonder. Nous avons monté nos affaires et des vêtements chauds, des papiers. A ce moment, on a vu l’eau monter d’un mètre entre la baie vitrée et le volet roulant, nous avons couru à l ‘étage et la porte d’entrée a explosé. A l’étage on était en sécurité, on surveillait depuis la fenêtre, on a vu l’eau monter, monter. Nous étions très très inquiets. On savait que la marée serait haute vers 4h30, que l’eau monterait jusque là. On entendait les gens crier depuis les toits. Mon mari nous a calmé et rassuré avec ma fille. L’eau a commencé à descendre. Puis, l’eau a cessé de descendre. On était piégés. On s’est demandé pourquoi personne ne brisait la digue pour que l’eau s’échappe. Les premiers secours sont passés vers 6h30, des pompiers ou des marins. Nous, on pouvait attendre, on était en sécurité. On a attendu 9h30 du matin. On avait encore de l’eau jusqu’à la taille. On nous a emmené à la salle de l’Aiguillon sur mer, et mon mari a organisé notre hébergement chez des neveux. Des amis nous ont prêté leur appartement pour 15 jours, puis une location pendant 2 ans, le temps de faire construire notre nouvelle maison.

Le Président : Aviez-vous déjà connu ce genre d’inondation ?

La partie civile : Non, seulement une tempête. On savait quand même qu’on était dans une zone à risque, car on voyait parfois l’eau monter au bord de la digue. Mais on pensait à une inondation de 40 cm. Ce qui nous a choqués, c’est la construction des lotissements près de chez nous, alors que ces terrains étaient sans cesse inondés, les vaches avaient souvent le ventre dans l’eau. Ça nous semblait très imprudent de construire sur ces terrains. L’inondation était évidente sur ces terrains. Je vous souligne le fait que la Mairie n’a rien fait pour nous. Elle ne nous a pas soutenu. Aucune aide, aucun renseignement. Ce sont des bénévoles qui nous ont aidé à vider nos maisons et à trouver des solutions. C’est le bouche à oreille qui nous a sauvés. Certains biens étaient disponibles dans les entrepôts de la municipalité, mais ce n’était pas donné de bon cœur, et les biens étaient souvent réservés… Je me réveille toutes les nuits depuis, on ne vit plus pareil, pourtant on a eu de la chance, nous sommes vivants. Maintenant on habite vers la pointe de l’Aiguillon, on a fait construire sur un terrain surélevé avec un étage avec vu sur le Lay. On a pas peur, mais le traumatisme reste. On habitait à 200m de la digue. Entre le niveau marin et le sommet de la digue, parfois il y avait peu de différence, parfois l’eau n’arrivait pas loin de la crête. Cela nous semblait curieux. La digue ne nous semblait pas assez haute. Je ne fais pas l’objet d’un suivi médical.

 

Déposition d’Aurélie Rossignol, partie civile :

La partie civile : Quand je suis rentrée de chez mes amis ce soir là, je suis passée par les lotissements, il y avait déjà de l’eau, comme sur la route. Je n’étais pas très inquiète mais quand je suis rentrée vers 3h du matin, papa m’a alertée, je suis restée paralysée à l’étage. Aujourd’hui, dès qu’il y a du vent ou des grandes tempêtes, j’ai peur. Je n’avais pas peur de vivre à la Faute sur mer. On avait envisagé une inondation, mais quelque chose comme 10 cm d’eau. J’habite à l’Aiguillon maintenant mais ce n’est pas chez moi, je ne me sens plus chez moi. On a perdu la maison de mes parents, celle qu’ils ont construite, c’est très très dur de l’avoir perdue.

Le Président : Quelle question vous taraude ?

La partie civile : Je ressens de l’incompréhension à propos de cette nuit là. Pourquoi on n’a pas été prévenus ? Pourquoi on n’a pas eu d’information ?

 

Déposition d’Eveline Deregnaucourt, partie civile  :

La partie civile est très émue. Elle habite aujourd’hui loin, elle voulait habiter en hauteur, elle habite à 16m NGF 69.

La partie civile : Ce jour, je ne devais pas être là, j’avais une signature avec le notaire le samedi matin, car je suis agent immobilier. On a une maison secondaire là-bas. En fin d’après-midi, le ciel était noir, j’ai foncé pour rentrer à la maison. On avait le souvenir de 1999, où on avait perdu 2 tuiles, mon mari a dit, c’est pas grave la tempête, donc on reste à la Faute sur mer. On est allé se coucher et le courant a sauté. J’ai tenté de faire du feu dans la cheminée. L’eau est rentrée dans la maison par l’aération de la cheminée. J’ai réveillé mon mari qui était hagard à cause de ses médicaments. On a écopé l’eau, mais il disait qu’il n’y avait pas d’eau dehors. J’ai réveillé mon fils qui est handicapé, il s’est moqué de nous en disant que l’eau ne venait pas d’ici. L’eau sortait des toilettes et de partout. L’eau était salée, on a eu peur car on a compris que ce n’était pas la pluie mais la mer. Et d’un coup, une vague s’est engouffrée dans le terrain, on a tenté de partir par le garage. Ils ont soulevé la porte du garage mais on ne pouvait plus sortir on était bloqué là. On est monté par l’échelle sous le toit, où on avait fait un grenier. Avec la peur et la panique, je n’arrivais pas à monter. Mon mari était gelé. Il a réussi à me faire monter, on était dans le noir. Mon mari a récupéré une bâche et du polystyrène pour tenter de se réchauffer. On a failli mourir de froid. Mon mari savait que l’eau ne monterait pas plus après 4h du matin. On a entendu les pompiers, un petit jeune nous a secouru en barque. Je suis tombée, mais c’est secondaire. Ce soir là, il n’y avait pas un bruit. J’entendais les voisins, j’ai hurlé pour que l’on nous aide, on s’est soutenu. On nous a amené à la salle de l’Aiguillon. On ne nous a pas donné de couvertures, rien. Les secours étaient dépassés. Si on nous avait prévenu, on ne serait pas restés, on serait rentrés à la Roche sur Yon.

L’eau est montée à 1m70. Si on n’avait pas eu ce faux grenier, on serait morts.

Le Président : Avez vous été sensibilisés du risque de la Faute sur mer ?

Le partie civile : Non, alors que je suis agent immobilier. On ne savait pas que l’on risquait quoi que ce soit. J’en veux, je ne sais pas à qui, mais j’en veux à quelqu’un. Mon mari avait vu l’alerte rouge pour le vent, alors on pensait que ce serait comme en 1999. Que du vent. Si je n’avais pas vécu 1999, on serait morts, je n’aurais pas eu l’idée d’aller faire du feu comme en 99. Je pense qu’il y a des fautes qui ont été commises car on ne savait rien. Les municipalités doivent prendre leurs responsabilités. Sinon les morts vont continuer. On a parqué les gens sur des terrains qui avaient les pieds dans l’eau, les gens devaient mettre des pompes de relevage. Nous avions de la chance d’être un peu plus haut. On a été traités comme des chiens, on s’est battus. On nous a caché. Des pestiférés. On avait même plus le droit à la messe. J’ai fait une pétition : 6 000 signatures. Je n’avais pas le droit de faire de prospection pour ma pétition sur le marché. On se cachait. Les sinistrés ont été cachés. C’est inimaginable. Le Maire passait et soufflait : pffff. Il faut cacher les sinistrés, Monsieur le Président, ça ne fait pas commerce. Avant, il fallait 500m2 pour une maison, mais avec le nouveau maire, 300m2 ça suffisait. C’est une question de développement. J’ai ma propre agence immobilière, en général je fais 35000€, là seulement 2 000€. Un désastre. De quoi j’avais l’air devant mes clients…

Le Président : Comment vous interprétez l’urbanisation exponentielle à la Faute sur mer ?

La partie civile : Par le fric.

Le Président : Vous avez parlé d’un évènement devant le Tribunal administratif de Nantes ? Expliquez nous.

La partie civile : Un lotissement avait une petite allée vers chez nous, j’ai attaqué le lotissement De Françoise Babin pour défaut, car elle était présente au premier vote du conseil municipal de son lotissement. Je suis devenue la pestiférée. Cela créait un afflux de circulation automobile du coup devant chez nous. J’ai eu connaissance du document en le demandant à la Préfecture, par ce que je me doutais qu’ils avaient manigancé. Lors de la délibération du 23 mai 1996, Françoise Babin a voté pour son propre lotissement. J’ai oublié de notifier mon recours devant le Tribunal administratif au Maire alors mon recours a été déclaré irrecevable. A ce moment là, on a décidé d’aller vivre principalement de la Roche sur Yon.

Le Président : Avez-vous eu des liens avec les rédacteurs de l’écho fautais ?

La partie civile : Non. J’avais plus la foi en la Faute sur mer. Ils avaient la chance d’être un groupe. J’ai cessé de me battre, je me suis installée à la Roche sur Yon. Je voulais avoir la paix. Je me réveille toutes les nuits. Je n’ai eu aucune aide psychologique. Le 11 mars, on a été chercher une attestation à la Mairie, et on a découvert qu’il y avait des cellules psychologiques à la Mairie. J’ai deux fléaux dans ma vie : je suis une enfant battue, ça m’a aidé à me battre et Xynthia qui me fait m’effondrer.

Le Président : Vous devez aller voir un psychologue pour vous faire aider Madame.

Le partie civile : Si j’avais su, je serais partie de la Faute sur mer. J’avais deux petits bébés, et mon mari était marin, donc souvent absent. Je ne serais pas restée.

Le Procureur : Que pensez-vous du fait d’être un agent immobilier et un membre de la commission de l’urbanise  à la fois ?

La partie civile : Tout le monde en parlait dans la commune. Moi, on a pas voulu de moi comme agent immobilier à la Faute sur mer.

Procureur : Et pour la déontologie d’agent ?

La partie civile : Je ne pense pas que dans d’autres villes on puisse avoir autant de casquettes que Françoise Babin. On a vu fleurir des lotissements.

Maître ROCHERON–OURY : Pour l’infraction de prise illégale d’intérêts, il y a eu un non-lieu. Je voulais le préciser.

 

Déposition de Mme Bernadette LE ROY, partie civile :

La partie civile : Nous sommes arrivés à la Faute sur mer en 1999, pour notre retraite on s’y est installé. On a connu la tempête de 1999, il n’y avait pas eu de dégât. Assez vite, je suis allée à la Mairie pour avoir des informations sur ce qu’il s’y passait. J’avais envie de m’y investir, je suis entrée dans l’association l’écho fautais. La nuit du drame, on s’est couchés. Je me suis levé vers 2h du matin pour lire. J’ai vu l’eau arriver derrière la baie. J’ai réveillé mon mari, car l’eau arrivait du coté du Lay, alors qu’il n’y avait pas de pluie et pas de vent. J’ai ouvert la porte du garage et l’eau a commencé à entrer. C’est monté très vite, je suis montée à l’étage mais avant j’ai pris mes papiers car on partait en Thaïlande le surlendemain. On a entendu la sonnette de la porte, on avait de l’eau jusqu’à la taille. On pensait qu’il s’agissait des pompiers. Quant il a tenté d’ouvrir, la serrure était submergée alors mon mari n’a pas pu ouvrir. Les voisins voulaient entrer pour ne pas se noyer, la dame a sauté par dessus le mur avec l’aide de son mari, j’ai pris en charge cette personne et je l’ai séchée. Elle appelait son mari. Il faisait noir, j’avais allumé des bougies (depuis 1999, j’en avais). L’eau montait, jusqu’à 1m92. Je faisais la navette entre cette dame et le bureau pour voir le village et les voisins. On a entendu dans la maison : « j’en peux plus », l’homme était sous l’eau et mon mari lui a hurlé d’avancer mais lui replongeait dans l’eau encore et encore, et disait qu’il n’en pouvait plus. Mon mari a pris son pantalon pour que le Monsieur s’y accroche, il a fini par s’y accrocher et moi je l’ai aidé, je l’ai séché, il était congelé. J’avais peur qu’il décède, il s’était cassé le poignet. Je l’ai frotté pour qu’il se réchauffe. J’étais occupé avec ces deux personnes, et je voyais la maison qui se vidait. Dès qu’il a fait jour, mon mari est monté sur le toit et il demandait aux voisins s’ils étaient vivants. Les pompiers sont passés, ils nous ont demandé si on était en danger, on a dit que non, ils sont revenus plus tard. C’est une barque de marin qui nous a secourus. J’ai vu une amie qui m’a proposé de nous héberger, on est resté un mois et après pendant 6-7 mois, on est allé au village de vacances de la SNCF de la Faute sur mer. C’est à l’Aiguillon que l’on a reçu de l’aide. Ce qu’il fallait faire, comment précéder, pas par la Mairie de la Faute sur mer. On ne savait pas que l’on pouvait être aidé, c’est un médecin qui m’a dit que l’on était des sinistrés que l’on allait être aidé. A la Faute sur mer, on nous a dirigé vers l’Aiguillon. On ne savait pas que l’on pouvait être aidé. Je ne voulais pas rentrer à la maison. Ça été un choc d’y retourner. On pensait garder la maison à ce moment là. On pensait tout refaire, repartir à 0. Un architecte est venu, ça m’a donné de la force, il fallait avancer. Et un jour, surprise, on nous a dit que l’on ne pouvait pas rester là, que l’on devait quitter la maison. S’étais comme une deuxième petite mort. Si on avait su tout cela, on ne se serait pas installé là. On n’avait pas d’informations, on n’avait pas peur donc. Et si je n’avais pas été membre de l’écho fautais, je n’aurais rien su. J’entendais aux réunions qu’il y avait des problèmes de digue mais je n’y connaissais rien. Parfois des vélomoteurs y passaient alors que s’était interdit.

Le Président : Quand l’eau est entrée, avez vous réaliser que l’eau était celle du Lay ?

La partie civile : Très vite car on est loin de la mer. Depuis la maison on ne voyait pas la digue, car il y avait des arbres, mais elle était très prêt. On a pas regardé dehors ce soir là, car on aidait les gens qui était venu. Mon mari a sauvé la vie de ce monsieur. En 10 ans, on n’a jamais été prévenu des risques et on a jamais été accueilli pas la municipalité.

 

Déposition de M. Michel Le Roy, partie civile :

La partie civile : J’ai essayé de sauver cet homme, car il avait aidé sa femme à passer par dessus le mur. Je suis descendu dans l’eau mais je faisais attention à ne pas me cogner contre les meubles qui flottaient dans la maison. Je ne pouvais pas aller le chercher, car il y avait trop de meubles. J’ai lancé mon pantalon pour l’aider. C’est un sauvetage anodin. Son bras était cassé. C’est ma femme qui m’a réveillé cette nuit là. Je me lève hagard, j’ai mis des morceaux de bois sous les meubles par réflexe. L’eau est montée à 1m90 en 30 minutes, je pense. C’est redescendu tout doucement. Nous nous sommes réfugiés à l’étage, ma femme tentait de réchauffer les gens qui étaient là. Je guettais les alentours. Lors du sauvetage, les marins ont tapé avec le bateau dans le portail, pour arriver à la fenêtre de l’étage. On est allé au camping des flots bleus puis à l’Aiguillon. Je voudrais ajouter que lorsque l’on est arrivé dans notre nouvelle commune, on a reçu un mot du Maire pour les vœux, les nouveaux arrivant étaient invités à le rencontrer, il nous a parlé de sa commune. J’ai alors réalisé qu’en 99, on avait pas eu cet accueil là à la Faute sur mer.

Le Président : Quelle aide auriez-vous aimé avoir ?

La partie civile : Que l’on vienne nous voir durant les 6 mois où on était relogés au village SNCF, le directeur l’a ouvert exprès pour les sinistrés. La Mairie de la Faute sur mer, je ne la connais pas. Un jour, j’ai eu un geste violent, car un jour, on nous avait coupé l’électricité. J’ai demandé à rencontrer un élu pour poser la question de cette coupure d’électricité, elle m’a dit être seule dans la Mairie, et j’ai menacé de prendre la chaise et de casser la vitre. Alors là, directement j’ai eu quelqu’un. On m’a dit que des « officiels » étaient venus dans ma maison, qu’ils avaient peur qu’elle s’écroule, qu’ils avaient donc tout coupé. Je suppose qu’ils sont entrés sans autorisation.

Le Président : Etiez-vous sensible aux problèmes maritimes ?

La partie civile : Non, je n’y connais rien, rien ne m’a alerté. Rien ne m’a fait me douter qu’il existait un risque. Mais j’avais le sentiment que la digue en 10 ans s’était affaissée.

L’Assesseur : Y avait-il du courant ?

La partie civile : Non, il n’y avait pas de courant, mais le Monsieur n’arrivait pas à se hisser à cause de la fatigue et des meubles qui flottaient.

 

Déposition de M. FOURGEREAU, partie civile, locataire du lotissement Les Voiliers:

La partie civile : J’ai loué cette maison de plain pied pour notre retraite. On ne savait pas que c’était inondable. Cette nuit là, on était 6 dans la maison, ma femme, ma fille, mon beau-fils, ma petite fille de 6 ans et mon petit fils de 3 ans. On savait qu’une tempête arrivait, on n’avait pas peur. On est allé au resautant. Les enfants avaient peur ce soir là. Ma fille nous a appelé, pour nous prévenir que l’alerte était rouge. Pour rassurer les enfants, la voisine leur a dit, n’ayez pas peur, Monsieur le Maire est dans le restaurant. Alors on savait que l’on pouvait être tranquilles. On est rentré, et on a vu l’alerte rouge à la télévision. On a rangé le jardin et on s’est couchés. Ma fille vers 2h30 est venue me réveiller. Dans la Salle de bain, on a ouvert la fenêtre, mais il n’y avait rien. On s’est couchés. Une heure plus tard, ma fille revient et me dit qu’elle entend un glouglou. J’ai ouvert la même fenêtre, on était entouré d’eau. On s’est habillés. Je ne savais pas d’où venait l’eau. On savait qu’il fallait sortir de la maison. On allait être bloqués. Mais à cet instant la porte du garage a explosé. Entre temps, ma femme a réussi à ouvrir le volet. J’ai pris la décision que l’on quitte la maison pour ne pas s’y faire piéger. On s’est couverts un peu, j’ai pris mon chéquier, je ne sais pas pourquoi. Ma femme pensait s’être cassé l’épaule, mais il fallait sauter dans l’eau et nager. On était ballotés de droit à gauche. On a vu une caravane passer dans l’eau. Un film catastrophe. On voulait partir par la petite allée mais on ne pouvait pas y arriver, on s’est réfugiés derrière la maison du voisin. On avait presque plus pied. Si on était restés là, on serait mort, car on arrivait plus à tenir. On est resté 4 h dans l’eau, alors on a décidé de frapper chez les voisins, on a mis les deux petits sur un canapé qui flottait dans leur salon, et ma femme qui avait l’épaule cassée. Ma fille, mon beau fils et moi on est resté dans l’eau, on était tous dans cette maison, on est resté là, chez les voisins. Avec mon gendre, on a réussi à sortir les deux filles des voisins qui étaient coincées dans la chambre d’à coté. Elles sont montées sur la table de la cuisine. Une fille avait son portable sec, elle a téléphoné aux secours. Moi j’ai perdu connaissance à cause du froid, car je suis resté 2h30 dans l’eau jusqu’au cou. Je ne me souviens de rien. Je me suis réveillé dans une voiture de pompier. Vers 10h j’étais à la cantine de l’Aiguillon. Avant je ne me souviens de rien. Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas été hospitalisé. Quand j’ai retrouvé ma fille on s’est sauté dans les bras. Ma femme a été transférée à la Roche sur Yon. On ne connaissait personne à la Faute sur mer alors j’ai supplié un voisin de nous héberger, la maison d’à coté était en vente et le propriétaire nous l’a prêtée gratuitement. Ensuite, on a déménagé. Si on ne m’avait pas secouru par zodiac à 6h30 du matin, je ne serais pas là pour vous le raconter. J’étais en train de mourir lorsque j’ai perdu connaissance, ils me pensaient mort. On a habité que 10 mois à la Faute sur mer avant Xynthia. On n’a jamais été prévenu des risques. Je voyais bien que la digue était un peu vieille. Je ne me suis pas inquiété, car je suis retraité, ce n’est pas mon rôle de m’en inquiéter.

Maître DENIS : Est ce que c’est grâce à l’appel de la fille du voisin que vous êtes en vie ?

La partie civile : Oui, exactement, et grâce au canapé du voisin.

Le Procureur : M. Goulier, votre bailleur était un employé municipal mais il ne vous a pas alerté sur les risques lors de la signature du bail ?

La partie civile : Non, il a dit qu’il ne le savait pas non plus. D’ailleurs, ses parents occupaient la maison d’à coté, il n’aurait surement pas couru ce risque s’il savait.

 

Déposition de Madame Michelle FOURGEREAU, partie civile :

La partie civile : Vers 2h45, notre fille nous a réveillé, il y avait de l’eau, j’ai glissé et je suis tombée sur le dos. On a vu que la maison était entourée d’eau. Mon mari nous a dit de sortir pour ne pas rester coincés ici. Lorsque j’ai ouvert la fenêtre et le volet, je me suis cassée l’épaule. Puis, la porte d’entrée à cédé, une vague de meubles a surgi. On a enjambé la fenêtre. On avait peur de perdre les enfants. On était tous dans l’eau, je n’avais pas pied, et je ne sais pas nager. Je me suis écorchée. On arrivait pas à rester groupé, il y avait des vagues, et l’eau était glacée. Ma fille m’a dit que nous allions mourir, j’ai dit oui. On était épuisés. Je me suis accrochée à la parabole, les voisins nous ont ouvert, les objets flottaient. Les enfants et moi nous sommes montés sur le canapé. J’avais peur qu’ils ne tiennent pas longtemps dans l’eau glacée. Les enfants avaient froid, ma fille les réveillait, ils ne devaient pas s’endormir. Mon mari était rouge, tétanisé au fond de la pièce, seul sa tête sortait de l’eau. On a cru qu’il était mort. On a entendu des voix, on a crié et on est tous monté sur le zodiac, mon mari était raide, inconscient, il semblait mort. Les pompiers ont tenté de le réchauffer. On a été transportés dans un restaurant et mon mari était dans la voiture des pompiers avec le chauffage. On avait froid. On a bu du chocolat. Des pompiers nous ont conduit à la cantine de l’Aiguillon, personne ne parlait, on s’est assis et on nous a donné des couvertures. On a su que mon mari allait mieux. Une femme pompier m’a conduite à l’hôpital de Luçon, j’avais une fracture de l’épaule et on m’a transférée à l’hôpital de la Roche Sur Yon. Il y avait tous les rescapés. A coté de moi, la femme racontait la mort de son petit fils décédé dans ses bras. Le dimanche, on m’a opéré puis de nouveau le lendemain. Je n’ai pas dormi pendant 8 jours, je ne faisais que vomir. Personne ne pouvait venir me voir car on avait plus de voiture, mon mari est venu une fois, j’étais heureuse de le voir. Je suis sortie de l’hôpital le vendredi. C’était une nuit d’horreur. Il y a un avant et un après Xynthia. Maintenant je suis une femme angoissée. L’hiver me fait peur, les grandes marées aussi.

Le Président : Qu’attendez-vous du procès ? `

La partie civile : Les familles ont besoin de savoir pourquoi des membres de leur famille sont morts. Pourquoi nous n’avons pas été prévenus. Nous, on a de la chance, mais j’ai eu peur de perdre mes enfants et mon mari.

Maître DENIS : Madame, est ce que vous comprenez pourquoi René Marratier était au restaurant ce soir là ?

La partie civile : Oui, parce que nous y étions aussi, et on avait pas peur. Il ne devait y avoir que du vent, mais avec le recul, on se demande ce qu’il faisait là. Du coup, on ne s’est pas inquiétés.

Maître DENIS : Qu’est ce qu’un Maire dans une commune pour vous ?

La partie civile : Celui qui doit nous protéger, il aurait dû nous prévenir.

 

Déposition de Madame Sandrine FOURGEREAU (leur fille), partie civile :

La partie civile : Cette nuit là, nous étions en vacances chez mes parents. Ma fille avait peur alors on la taquinait. Et on l’a rassurée : ce n‘est que du vent, et Véronique lui a dit ne t’inquiète pas le Maire est là tout va bien. Ma sœur nous a téléphoné, elle s’inquiétait aussi. J’étais un peu angoissée car j’avais peur pour mes enfants, j’avais une lampe frontale. On s’est levés vers 2h30, il n’y avait pas un bruit dehors. Vers 3h45, un glouglou m’a réveillé, j’ai pensé que les toilettes débordaient. Mais non, j’ai vu par la fenêtre qu’il y avait 1m20 d’eau autour de la maison. J’ai mis les enfants sur la table, je leur cherchais des vêtements, ils hurlaient car l’eau montait. J’avais peur, j’ai regardé maman pour qu’elle me rassure, et elle m’a dit que nous allions mourir. Je ne sais pas bien nager, alors j’ai confié ma fille à mon père, je lui ai demandé de ne pas la lâcher. J’avais tellement peur que je n’avais plus de salive. Heureusement j’avais ma lampe frontale pour que l’on ait un peu de lumière. On a décidé d’entrer dans la maison des voisins tout en surveillant que l’eau ne montait pas, pour ne pas être piégés. Mon mari allait voir autour s’il y avait un endroit sécurisé. On a vidé la maison des voisins de leurs meubles, sauf le canapé, il y avait les enfants et maman dessus. J’ai tenté de m’y mettre aussi, mais il a coulé. On a claqué les enfants pour qu’ils ne s’endorment pas. Je leurs faisais faire des mouvements, moi j’étais dans l’eau et je tenais le canapé. On a bu de la niaule pour se réchauffer, j’ai même pensé à en donner à mes enfants. J’ai arraché les rideaux pour réchauffer les enfants. L’eau est descendue un peu. Papa ne me répondait plus, il ne bougeait plus. Nous, on ne cessait de bouger, car s’était bouger ou mourir. Quand les secours sont arrivés, on a sorti le canapé de la maison et on est monté sur le Zodiac, les gens frictionnaient papa. On avait froid très très froid. Les enfants n’ont jamais crié. Quand on était dans le camion de pompier, j’essayais de faire rire mon fils et maman criait « Gérard ne me laisse pas et si tu m’entends bouge juste un doigt », et il a bougé. Nous avons été au restaurant, on était gelé, je n’arrivais même pas à tenir une bougie entre mes mains. J’ai retrouvé mon père dans les toilettes, mais il ne savait même pas où il était. On s’est occupé des enfants. Je voulais avoir des nouvelles de maman, j’ai su qu’elle était à l’hôpital. On a été hébergé par un voisin, on voulait à tout prix sortir de cette cantine.

Il fallait trouver à manger et à boire, à pied avec les enfants pendant 3-4 jours. C’était horrible. On est rentré à paris. Papa ne cessait de pleurer et la famille est arrivée, je ne voulais pas laisser papa seul et on est passé voir maman à l’hôpital. Je les appelais après ça 10 à 20 fois par jour, je me sentais coupable de les laisser là. Mais je voulais que les enfants reprennent leur vie. Pendant un an les enfants ont dormi dans notre chambre. Ma fille a vu des médecins, car elle ne nous croit plus, puisqu’elle s’inquiétait ce soir là et que nous on avait dédramatisé. Ma fille n’a pas peur de l’eau mais elle devient hystérique en cas d’orage et de tempête.

L’Assesseur : Quand vous étiez à la Faute sur mer, aviez-vous un sentiment d’insécurité ?

La partie civile : Non, ca représentait les vacances.

 

Déposition de Jean-Marc DE CONYNCK, sa maman est décédée durant Xynthia :

La partie civile : Je ne me constitue pas partie civile. Je n’y étais pas, j’avais regardé la météo, je m’inquiétais pour elle. Je l’ai appelée, elle m’a dit de ne pas nous inquiéter, elle avait déjà vécu des tempêtes et elle avait un étage.

Apres cela, nous n’avions pas de nouvelle de maman, j’ai appelé Mme Marratier. Elle ne nous a pas rappelés, j’ai décidé d’aller sur place à l’Aiguillon, les pompiers nous ont dit qu’elle n’apparaissait pas comme étant disparue. Une heure plus tard, ils nous ont dit qu’ils avaient un corps qui ressemblait à son signalement. Nous avons dû reconnaître le corps à la morgue. J’ai voulu allez chez elle pour comprendre. On nous l’a interdit. On a attendu, puis on a avancé jusqu’à la maison, mais il y avait de l’eau. Les pompiers nous ont empêchés d’entrer mais je voulais y aller. Je suis entré dans la maison, j’avais de l’eau au ventre. J’ai ouvert les volets. J’ai vu que les volets étaient fermés de l’intérieur. Je ne comprends pas pourquoi elle n’a pas été sauvée.

Je suis resté sur place une semaine, il faisait froid. J’en veux à René Marratier et son encadrement, car un jour je voulais manger chaud, car j’avais froid depuis des jours. Je suis allé au restaurant, et on m’a refusé l’accès car il était réservé. J’ai lavé la maison, géré les papiers et l’enterrement. Je suis rentré à Toulouse. Puis j’avais rendez-vous avec les experts. J’ai été cambriolé surement pendant que j’étais là à l’étage avec l’expert. On avait cambriolé la chambre de mes parents.

Pour le principe de la catastrophe, je connais la Faute sur mer depuis longtemps, et j’ai souvenir que lors des petites crues, je marchais dans l’eau. A coté de chez mes parents, il y avait un champ avec des vaches qui avaient le ventre dans l’eau. Et lorsqu’ils ont construit le lotissement à coté, j’ai trouvé cela grave : faire de la merde sur de la merde. Surtout que c’est mon métier, je suis ferré pour savoir qu’un jour ou l’autre il va y avoir des problèmes. Depuis que je vais à la Faute sur mer, il y a eu des améliorations, surtout pour le tourisme, mais je remarque que l’argent a gagné contre la sécurité. Ici, on fait le procès d’un homme mais en fait, il faudrait faire celui de tous les élus depuis des années. De tous ceux qui ont profité un peu de leur poste. Ma mère n’a jamais été sensibilisée aux risques de la Faute sur mer. On avait remarqué que le Lay était envasé et ensablé. Il aurait suffit de peu pour le sécuriser en le nettoyant, parce que la sa capacité est très réduite. On vit dans une époque de pognon et d’assistanat. On est dans une époque d’argent. Xynthia m’a couté ma maman, j’ai perdu 10 kg et j’ai fait un AVC.

Le Président : Votre père a eu un rôle à la Faute sur mer ?

La partie civile : Il a fait un mandat auprès de René Marratier. Ça angoissait mon père ces constructions, et les digues aussi, il disait qu’elles seraient bientôt à l’ordre du jour. Moi-même j’ai constaté que les digues se dégradaient. Que le Lay s’envasait.

Je voudrais dire que je suis déçu de l’enterrement de ma maman où il n’était pas alors qu’il connaissait mes parents. Mais cette erreur est collégiale. Une dame a dit qu’il y avait des clans dans une forteresse, c’est surement un peu vrai. C’est bizarre qu’un adjoint soit agent immobilier, par exemple.

Mon oncle et ma tante : la famille Choumant ont été sinistrés mais ils ont survécu grâce à leurs combles.

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