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La  localité d'Aiguillon-sur-Mer noyée sous les eaux

La localité d’Aiguillon-sur-Mer noyée sous les eaux

France 2
Le plan digues permettra d’instaurer des procédures plus rigoureuses, a annoncé jeudi Jean-Louis Borloo

Les dégâts provoqués par Xynthia posent des questions sur la solidité des digues et les zones réputées « constructibles ».
« Il faut maintenant identifier les risques et les propriétaires concernés, puis instaurer des procédures plus rigoureuses pour aider les collectivités à appliquer les Plans de prévention des risques », a-t-il ajouté.

M.Borloo a rappelé, dans l’édition de jeudi de La Montagne, qu' »une proposition de réfection prioritaire des digues   existantes sera établie avec un plan de financement sur cinq ans », alors que l’Etat a prévu d’augmenter sa participation. Il évalue à environ un million d’euros par kilomètre le coût des travaux sur les digues appartenant aussi bien à  l’Etat, aux collectivités ou à des propriétaires privés.

Premières explications
Au lendemain du passage meurtrier de Xynthia, et à l’heure du bilan, les spécialistes avancent les premiers éléments d’explication.

Et ce, après avoir étudié « les moyens et le partage du financement » des travaux, a précisé, dans un entretien à La Montagne, le ministre de l’Ecologie après étude des « moyens et le partage du financement » des travaux.

Sur les quelque 10.000 km de digues érigées en France, certaines datent du Moyen-âge. En outre, ces constructions n’offrent jamais une garantie d’étanchéité à 100%.
« A partir du moment où l’on a construit une digue, c’est qu’il y avait la  volonté de protéger une zone naturellement inondable. Elle est fiable tant que la cote de l’eau reste inférieure à celle de l’ouvrage: au-delà, son niveau de protection sera dépassé par l’ampleur d’une crue ou d’une tempête et il faudra gérer la crise. C’est inévitable » explique Patrice Mériaux, ingénieur à l’Unité de recherche ouvrages hydrauliques et hydrologie du Cemagref d’Aix en Provence.

Le Cemagref recense 9.000 km de digues, dont un millier le long du littoral, appartenant à des communes, des syndicats, voire des particuliers. L’Etat lui-même ne gère qu’environ 1.000 km de digues fluviales, essentiellement sur la  Loire. Un vaste recensement, toujours en cours, a été lancé à la suite des grandes inondations du Rhône qui avaient noyé la Camargue en 1993 et 1994.

« C’est un parc très disparate, constitué au fil du temps : souvent, l’ouvrage qui avait été conçu pour protéger des champs abrite, 50 ans plus tard, des populations et il faut relever le niveau d’exigence », remarque Anne-Marie Levraut, chef du service des risques naturels et hydrauliques au ministère de l’Ecologie. Un tiers des digues sont actuellement gérées « par des maîtres d’ouvrage qui  n’ont pas les capacités techniques ni financières de remplir toutes leurs obligations, y compris en zone urbaine », poursuit-elle.

La situation de la Faute-sur-Mer
Selon une étude menée récemment par la Direction départemental de l’équipement (DDE) de Vendée, la commune de la Faute-sur-Mer, durement frappée par la tempête Xynthia, était considérée comme une zone sensible construite « sur de vastes espaces gagnés sur la mer, ne tenant pas compte de la mémoire du risque ».

« La  conjonction de deux phénomènes, de crue dans l’estuaire du Lay et de submersion marine pourrait avoir un impact très important sur les zones densifiées à l’arrière d’un réseau de digues vieillissant » indiquait le document présenté en octobre 2008 aux journées du Génie côtier, à Nice, par Stéphane Raison.

« Plus de 3.000 maisons sont construites derrière ces digues en terre (…) 40.000 personnes fréquentent quotidiennement la commune en été. La rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes », prévenait la DDE.

Selon l’adjoint au maire de la Faute-sur-Mer, Patrick Maslin les digues ne seraient pas directement en cause dans la catastrophe du week-end. « Il n’y a aucun souci avec les digues » et « les digues ont résisté » a déclaré l’élu qui explique que l’eau est venue par une autre brèche.

La question des zones inondables
Xynthia a rallumé le projecteur sur les règles de construction dans les zones inondables. Premier risque naturel en France, l’inondation concerne en effet une commune sur trois à des degrés divers, dont 300 grandes  agglomérations, selon le ministère de l’Ecologie et du Développement durable. En 2008, 16.134 communes, soit 5,1 millions de Français, étaient ainsi concernés dans un pays où les zones inondables s’étendent sur plus de 27.000 km2.

Pourtant ces cinquante dernières années, l’urbanisation des zones inondables s’est accélérée. Dans l’Hérault ou l’Ille-et-Vilaine, les logements construits sur de tels sites ont augmenté de 20% en sept ans. Et selon une étude du Commissariat général au Développement  durable, près de 100.000 logements ont encore été construits dans les zones inondables de 424 grandes communes entre 1999 et 2006, dont 8.000 dans les Alpes-Maritimes, le Var et le Val-de-Marne.

Vers un changement des pratiques ?

Si une partie de la classe politique respecte le temps du deuil, des voix commencent à s’élever pour dénoncer les permis de construire accordés dans les zones côtières.

« Il faut être raisonnable et construire à des distances plus  importantes » de la mer, a ainsi déclaré lundi, le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers. La secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, a souligné pour sa part qu’il fallait « durcir les règles » de construction dans les zones inondables et derrière les digues, en dépit des éventuelles pressions subies.

Le président Nicolas Sarkozy a promis qu’une « réflexion va être engagée sur le plan de l’urbanisme pour qu’une catastrophe de cette nature ne se reproduise plus ». « On ne peut pas transiger avec la sécurité », a-t-il assuré.

En Vendée, « il faut construire plus loin »
Pour le président du Conseil général de Vendée, la catastrophe impose de nouvelles normes de construction. Les décès sont à déplorer essentiellement dans des localités de la Vendée proches de la mer, qui ont été submergées, où les habitants surpris dans leur sommeil ont été noyés. « Sur le moyen terme, il faut construire autrement sur la côte, partout en France. L’Etat impose des normes qui sont respectées par les maires le plus souvent mais qui ne sont pas assez sévères », a dit Philippe de Villiers sur France info. Selon lui, les digues de plus en plus hautes et de plus en plus renforcées, sont anciennes et il n’est pas souhaitable de procéder à une perpétuelle consolidation. « Partout où la terre est au niveau de la mer, il est prudent de construire plus loin », a estimé le président du Conseil général.

Pour le président du MoDem François Bayrou, « ce qui apparaît, c’est que la plupart des victimes ont été piégées dans leur maison par la montée brutale des eaux, ce qui pose au moins deux  questions »: « La première, c’est les autorisations de construire données dans des lotissements situés trop bas par rapport au niveau de risque de la montée de la  mer » et « la deuxième question, c’est la nature et l’entretien des digues, qui datent dit-on du XIXe siècle, et dont l’état peut être mis en question », a-t-il  ajouté.

Inondation en Vendée après la tempête Xynthia le 28 février 2010

Pour Brice Hortefeux, après le passage de la tempête Xynthia, « il faut procéder par étapes : aujourd’hui, c’est le temps du recueillement et de la solidarité« . Et il tente de désamorcer la polémique : « Ce qui s’est produit notamment en Vendée, c’est une conjonction extraordinairement rare, pour ne pas dire exceptionnelle de grande marée, de dépression, de la tempête elle-même et le fait que cela s’est produit la nuit« . Au niveau local, ce sont les élus, comme Ségolène Royal, ou le président du conseil général de Charente-Maritime, Dominique Bussereau, qui se refusent à parler de dysfonctionnements. Reste que la polémique est bel et bien lancée, et qu’elle vise notamment les maires des communes touchées.

Des constructions derrière les digues

Première question : y a-t-il eu laxisme au niveau des constructions dans les zones côtières ? Une étude menée récemment par la DDE de Vendée considérait ainsi la commune de la Faute-sur-Mer, durement frappée par la tempête, comme une zone sensible construite « sur de vastes espaces gagnés sur la mer, ne tenant pas compte de la mémoire du risque« . Et elle mettait en garde : « la conjonction de deux phénomènes, de crue dans l’estuaire du Lay et de submersion marine pourrait avoir un impact très important sur les zones densifiées à l’arrière d’un réseau de digues vieillissant« . Le réseau de digues avait été construit après les grandes tempêtes de 1926 et 1929, le long de l’estuaire du Lay, pour protéger la presqu’île. Or, notait l’étude, « plus de 3000 maisons sont construites derrière ces digues en terre (…) 40.000 personnes fréquentent quotidiennement la commune en été. La rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes« .

Les digues ne seraient toutefois pas directement en cause dans la catastrophe du week-end, se défendent les élus. « Il n’y a aucun souci avec les digues » et « les digues ont résisté« , a affirmé Patrick Maslin, adjoint au maire de la Faute-sur-Mer. Pour l’élu, l’eau est venue de la mer « par la pointe d’Arçay » et ses dunes, a-t-il poursuivi. « Jusqu’à maintenant l’eau n’était jamais venue par là« . Françoise Babin, autre adjointe, avance de son côté que les inondations mortelles s’expliquent avant tout par une « énorme vague qui est passée au dessus de la digue« . Les deux élus se sont défendus contre le soupçon d’une urbanisation à outrance dans ces zones très basses par rapport au niveau de la mer. « Les constructions sur la commune sont toujours maîtrisées et réalisées dans les règles de l’art. On a construit un peu, pas à outrance« , a déclaré Françoise Babin.

Bras de fer sur la prévention des risques

Autre question : si la rupture des digues n’est pas en cause, la réglementation au niveau local intégrait-elle bien tous les risques ? Depuis juin 2007, un plan de prévention des risques d’inondations (PPRI) a institué une zone de 50 mètres non constructible à partir de la digue. Mais cette question de l’entrée en vigueur d’un plan spécifique traînait en fait depuis des années, révèle Le Parisien, et c’est la préfecture qui est montée au créneau pour lui faire voir le jour devant le peu d’empressement des élus. Car, assure le quotidien, beaucoup voyaient d’un mauvais oeil cette restriction apportée aux possibles futures constructions. Dans certains cas, des permis de construire ont été accordés en dépit des préconisations du PPRI. En novembre dernier, affirme Le Parisien, le conseil municipal de La Faute-sur-Mer avait d’ailleurs manifesté son hostilité à ce plan de prévention, demandant au préfet de retarder l’enquête publique.

A quoi le maire de La Faute-sur-Mer répond dans le même journal que cette contestation du PPRI porte uniquement sur des questions de forme :  » Il y a des corrections à apporter, c’est pour cette raison qu’il n’a toujours pas été approuvé« . Il n’est pas sûr par ailleurs que ce plan de prévention aurait limité les dégâts. Comme le note Françoise Babin, la « zone rouge » définie par le PPRI comprend des habitations déjà construites, antérieurement à 2007, dont certaines en dessous de 2 mètres du niveau de la mer.

Evacuer ou pas…

Troisième question : les élus ont-ils tardé à prendre des mesures d’urgence lors de la tempête, et notamment à ordonner des évacuations ? Samedi, dans les départements concernés par l’alerte rouge, Météo France annonçait des « vents violents » et « de très fortes vagues déferlant sur le littoral« , avec le risque d’une « élévation temporaire du niveau de la mer pouvant submerger certaines parties du littoral« . Une mise en garde suffisante pour évacuer ?

Mais sur ce point, mairies et préfecture se renvoient la balle. « Si les mairies avaient demandé des évacuations, nous l’aurions fait« , commentait ainsi mardi matin sur Europe 1 Béatrice Lagarde, sous-préfète des Sables d’Olonne. Mais la même Béatrice Lagarde reconnaît que « l’ensemble du département était concerné » par l’alerte de Météo France, dont le bulletin donnait « la liste habituelle des dangers (arrachement des toits, circulation routière perturbée, chutes d’arbres…) sans mettre un accent particulier sur les risques d’inondations« . Les maires affirment aussi, pour leur part, que rien ne laissait prévoir une inondation : « Nous n’étions absolument pas sensibilisés à la puissance avec laquelle les vagues allaient frapper« , commente le maire de La-Tranche-sur-Mer dans Le Figaro. « Or le phénomène s’est révélé exceptionnel : ici, la mer a soulevé à plus de huit mètres de haut des rochers de 800 kg« . Les prévisionnistes eux-mêmes avouent leurs limites : « le risque de montée des eaux était clairement notifié, mais il n’était pas quantifié« , souligne dans Le Figaro Alain Ratier, directeur général adjoint de Météo France.

Quatre jours après le passage dévastateur de Xynthia, qui a fait 53 morts en France, le débat sur les responsabilités dans cette catastrophe naturelle s’est accentué jeudi, jour d’hommage aux victimes.

Une cérémonie est prévue à 15h00 à la cathédrale de Luçon, en Vendée, l’un des départements les plus touchés, en présence du Premier ministre François Fillon.

Le commissaire européen à la Politique régionale, Johannes Hahn, s’est rendu jeudi à La Rochelle (Charente-Maritime) pour témoigner de la solidarité et de la compassion de l’Europe. Il devait ensuite se rendre en Vendée.

La France a annoncé lundi son intention de solliciter une aide du Fonds de solidarité de l’Union européenne (FSUE).

Le bilan de la tempête s’élève à 53 morts, sept blessés graves et 72 blessés légers, a déclaré Brice Hortefeux sur Europe 1.

Face à la polémique qui monte sur d’éventuelles entorses à la réglementation immobilière, le ministre de l’Intérieur a insisté sur le recueillement dû aux victimes.

« Et puis il y aura un deuxième temps, le temps des leçons à tirer », a-t-il ajouté.

Il s’est gardé de mettre en cause les maires accusés d’avoir délivré des permis de construire dans des zones inondables.

Les dégâts les plus importants causés par Xynthia l’ont été là où des digues ont lâché sous la pression des vents violents combinés à une forte marée et une puissante dépression.

Le maire de La Faute-sur-Mer (Vendée), l’une des deux communes les plus touchées, est notamment accusé d’avoir ignoré les mises en garde de la Direction départementale de l’équipement (DDE) qui évoquait en 2008 « un réseau de digues vieillissant ».

Prié de dire si des maires pourraient être poursuivis en justice, Brice Hortefeux a répondu : « Ce sont des décisions extrêmement graves, il faut qu’il y ait des analyses précises ».

« UN ÉQUILIBRE À TROUVER »

Le ministre a néanmoins ordonné mercredi aux préfets de « ne pas hésiter à déférer les permis de construire délivrés par les autorités locales lorsque ceux-ci peuvent paraître dangereux ».

Certains édiles réclament que l’Etat s’investisse davantage dans la protection des habitations du littoral.

« Sur un cas comme ça, il faut recentraliser au moins le processus de décision et de vérification », a dit sur Canal+ le maire socialiste de La Rochelle, mettant en cause la qualité des digues en France.

« Je demande la création d’un établissement public. Il faudrait au moins la responsabilité générale sur la qualité des digues, leur entretien », a déclaré Maxime Bono.

Le gouvernement s’est engagé mercredi à présenter un plan de renforcement des digues dans les deux mois.

Pour Maxime Bono, la tempête a prouvé que les normes imposées par l’Etat pour délivrer des permis de construire n’étaient plus viables.

« Depuis bien longtemps, la cote de 3,80 mètres (au-dessus du niveau général des flots) était considérée comme une cote où on était en toute sécurité. Cette cote n’est plus d’actualité. Mais que faut-il faire pour tout ce qu’on a construit ? », a-t-il demandé.

En avril 2009, Nicolas Sarkozy, présentant le projet du Grand Paris, avait souhaité que l’on rende « constructibles les zones inondables mais par des bâtiments adaptés à l’environnement et aux risques ».

« Il faut sortir du respect passif d’une règlementation de plus en plus pesante », avait dit le chef de l’Etat.

Les ministres Valérie Pécresse et Brice Hortefeux ont défendu jeudi ces propos.

« Il a totalement raison », a dit la ministre de l’Enseignement supérieur sur RMC et BFM TV, évoquant « des terrains délaissés autour des gares » ou des « résidences flottantes ».

Pour le ministre de l’Intérieur, il y a « un équilibre à trouver ».

« Dans certains cas, l’administration peut être tatillonne et en même temps, elle a vocation à protéger », a-t-il souligné.

Clément Guillou, édité par Sophie Louet

  • Philippe de Villiers a estimé que les maisons détruites par le  passage de la tempête, « ne devaient pas être reconstruites. »

    Philippe de Villiers a estimé que les maisons détruites par le passage de la tempête, « ne devaient pas être reconstruites. »

    Photo : Thierry Creux

Philippe de Villiers, président (MPF) de la Vendée, a considéré mercredi que les maisons détruites par le passage de la tempête Xynthia à La Faute-sur-Mer « ne doivent pas être reconstruites. » Le président du conseil général s’exprimait dans la commune voisine de L’Aiguillon-sur-Mer, à l’issue d’une mission d’inspection dans le secteur, qui a été le plus durement touché par Xynthia.

Favorable aux digues agricoles ou ostréicoles ancestrales, qui servent avant tout à protéger les terres cultivables, M. de Villiers a vertement critiqué les « digues de l’urbanisation galopante » qui « celles-là sont inutiles car elles servent à protéger des lotissements qui ne devraient pas être construits. »

« Il y a un problème »

« Que la mode se soit installée (…) de construire dans des zones au-dessous du niveau de la mer, dans de véritables cuvettes, là il y a un problème », a-t-il considéré. « La priorité du développement local l’a emporté sur la sécurité du territoire », a-t-il estimé avant d’ajouter que « les maisons détruites ne doivent pas être reconstruites. »

« Est-ce vraiment raisonnable ? «

Le président du conseil général accompagnait un inspecteur de l’Equipement venu constater les dégâts dans la zone sinistrée de La Faute-sur-Mer où deux lotissements construits en-dessous du niveau de la mer ont été inondés dimanche, faisant 29 morts. M. de Villiers a estimé que la distance minimum pour construire des habitations en-dessous du niveau de la mer devrait être de 1 km.

«Je pense qu’il faudra demain tenir compte de ce drame et faire en sorte que tous les élus locaux, municipaux, avant de donner un permis de construire, se posent la question de savoir si c’est vraiment raisonnable », a-t-il souligné.

Stéphane Raison, à l’époque chef du service maritime et des risques à la DDE de Vendée avait rendu public en octobre 2008 un rapport sur les risques d’inondation.

Voici le rapport Raison (pdf)

Autoriser la construction de lotissements et de résidences en zone inondable ?

Vraiment pas con, quand on connait le prix du m2 constructible en zone littorale en Vendée, 2ème département touristique de France. Oui, vraiment, trop tentant !

Crédit photo : agence Reuters

Alors, bien sur, ils ont été tentés, nos braves élus communaux et départementaux.

Bon, c’est vrai, d’un côté la DDE avait prévu les risques :

Et puis, pour enfoncer le clou, écoutez ceci :

Une « spéciale dédicace  » à René Marratier, maire de La Faute, qui doit avoir du mal ces jours ci à justifier certaines de ses décisions (approuvées, il faut le dire par la justice et l’état).

« Tout ce qui a été construit l’a été en zone constructible avec l’accord des services de l’Etat », affirmait lundi René Marratier, maire de La Faute-sur-Mer, lors de la venue de Nicolas Sarkozy auprès des sinistrés de la baie de L’Aiguillon.

Joël Sarlot, président du Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement (CAUE) de Vendée, assure que les maires des communes de la baie n’ont pas fauté.

L’organisme qu’il dirige conseille les communes dans l’élaboration de leurs Plans locaux d’urbanisme (PLU).

« Jusque-là, la référence était de construire quatre mètres au-dessus du niveau de la mer, un chiffre basé sur les records des crues centennales », a-t-il dit à Reuters.

« Or, selon les éléments que l’on m’a communiqués, les maires de L’Aiguillon et de La Faute-sur-Mer ont autorisé des constructions à 3,90 mètres au-dessus du niveau de la mer », ajoute l’ancien député villiériste, aujourd’hui vice-président (divers droite) du conseil général de Vendée.

« Ils risquaient au pire un débordement de dix centimètres d’eau, pas de quoi renoncer donc à occuper les habitations. »

Ah, oui ? Ben tiens donc !

Et puis écoutez aussi ceci :

Quand Sarkozy voulait assouplir les règles des zones inondables


(Mille mercis à FullHdReady, ce mec est VRAIMENT indispensable à tous niveaux)

Le seul bon côté de cette catastrophe, c’est le même que pour la canicule : ce sont les retraités qui ont morflé en première ligne….

Et ça, c’est bon pour nous….

Ah, oui, au fait, ma solution pour éviter ces morts lors des futures inondations ?

Sachant que les maisons des zones inondées – où sont morts nos retraités – sont toutes de plain-pied,

il suffit d’interdire les rez-de-chaussée, et

le tour est joué !

Un peu oublieuses des recommandations des directions départementales de l’équipement, les mairies vendéennes ont pris la tempête en plein dans le chouan…Au moins, les maisons ont-elles vraiment les pieds dans l’eau…

René Marratier est un patron routier sympa. Il porte une jolie moustache et une grosse chaîne d’or autour du cou. C’est aussi, depuis 1989, le maire de La Faute-sur-Mer, la station maritime décapitée par tempête et marée, ce week-end.

René Marratier est un maire moyen, je veux dire le prototype du type qui dirige votre village. Il pourrait être le vôtre. Et comme cet élu aime ses administrés, il ne leur veut que du bien. Ainsi, en octobre 2008, quand la Direction Départementale de l’Equipement de Vendée s’inquiète (pour que la pénarde DDE s’inquiète il en faut beaucoup), se préoccupe de l’avenir de La Faute-sur-Mer, le bon René Marratier conteste les fonctionnaires de mauvais augures. Point d’histoire.

Le fautif maire de la Faute-sur-mer

A Nice, en ce début d’automne 2008, lors des « Journées du Génie côtier » (ne pas confondre avec le QI de Jean-Claude Gaudin), Stéphane Raison ingénieur à la DDE de Vendée, présente l’ épineuse situation de La Faute-sur-Mer et celle de sa voisine l’Aiguillon : « La conjonction de deux phénomènes, de crue dans l’estuaire du Lay et de submersion marine pourrait avoir un impact très important sur le zones densifiées à l’arrière d’un réseau de digues vieillissant ». Stéphane parle de raison. Dit sans le dire tout en le disant, en mots gentils et savants, «  Ici ça craint gravement ».

Et voilà qu’à l’époque, sur l’écran noir de nos nuits blanches, celui de France 3 Pays de Loire, apparait le bon René Marratier : «  Comment, comment ! De mémoire de citoyen d’ici on n’a jamais vu une goutte d’eau mouiller nos bottes. On ne peut interdire à de braves gens, qui se sont saignés pour avoir leur maison, ici d’y vivre… ». Le préfet et sa DDE peuvent aller faire digue ailleurs, pourquoi pas à côté, de Nantes à Montaigu : Marratier, décentralisation dans la décentralisation, est maître chez lui.

Le bon roi René ne veut détruire ses châteaux d’été

Le bon roi René croit défendre la sécurité des êtres en la confondant avec leurs biens. C’est mieux que rien. Imaginez Marratier envoyant les pelleteuses contre tout ces «  Ca me suffit », ces si modestes pavillonnettes de mer ? Impossible. Et dites-moi, après un coup comme ça, comment être réélu ? Donc on tergiverse. Finalement une bande de 50 mètres, le long de la digue, sera désormais inconstructible. Mais les maisons qui sont déjà là, et bien on les laisse. Inch’Allah prient ces vendéens, ce qui est insane, si près du donjon du marquis de Villiers.

Réflexion au bord de l’eau - JPG - 23.3 ko

Réflexion au bord de l’eau
© Oliv’

Au début du XXe siècle il n’y avait pas un chat dans cette pointe de La Faute, normal puisqu’il n’y avait pas un homme. Dans son antique sagesse, lui savait qu’il ne fallait pas s’installer là. C’est après la Grande Guerre que quelques villas ont poussé. En 1930, à la suite des tempêtes de 26 et 29, on a construit un réseau de digues, puis, petit à petit, mit des gens derrière elles : « 3 000 maisons et 40 000 habitants en été », disent les horribles de la DDE. Ils devaient être contents, les Fautais, de vivre dans cette sérénissime Venise vendéenne… Attendaient-ils que Pinault leur construise un musée ? Cet enchaînement de la bêtise est tragique. Des hommes sont morts sans jamais avoir eu le sentiment de prendre un seul risque. Qu’un hollandais habite sous le niveau de la mer ? Il n’a pas le choix ? Mais à la Faute ou l’Aiguillon, à quoi bon le polder…

Quand la flotte monte ou que roulent les avalanches, regardez les images à la télé, il est très rare que l’eau ou la neige bousculent des murs anciens. Non, on voit toujours le modeste travailleur qui pleure après sa machine à laver boueuse, ou désormais perchée sur le toit du voisin.

Entasser le populo sur les rives débordantes

Mais qui l’a mis ici, l’employé courageux et en larmes ? Son bon maire, pas même corrompu, qui veut du monde autour de lui, des commerces, maintenir le nombre des classes à l’école et gonfler les muscles de la Communauté de communes. Alors on entasse le populo dans des cuvettes qui attendent l’eau ou sur des rives débordantes. Ensuite, comme à Segré (49), on va casser les pieds des paysans, faire des barrages dans leurs champs afin que les crues ne viennent plus vomir dans les si jolis lotissements. Notez, en passant, qu’il est heureux que peu de maires habitent dans ces endroits-là. L’élite est sauve.

Jadis à Chamonix, on a vu sur la carte de prévision des risques, un tracé d’avalanche faire magiquement le tour d’un terrain, pourtant placé au beau milieu du front de la coulée. Ne cherchez pas, un ami de la mairie, ou un élu, était le propriétaire de la parcelle enchantée. Constructible, bien sûr.

Heureusement, cette frénésie du lotissement, si sauvage, se calme pas mal. Depuis que des maires, ces maîtres du permis du construire, se retrouvent devant les tribunaux après la catastrophe. Alors que, le plus souvent, la seule chose que l’on devrait laisser aux édiles, pour leur éviter la pression immobilière, c’est la construction des cimetières.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

Débat avec PPDA sur FR3 (wmv)

Audition du préfet au sénat (flv)

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