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Les maisons non inondées pourraient être conservées, avec des prescriptions de sécurité nouvelles et strictes.
Philippe de Villiers propose la création de "maisons à  prescriptions"
Philippe de Villiers propose la création de "maisons à  prescriptions"

Philippe de Villiers a proposé vendredi 30 avril 2010 de créer une catégorie spéciale afin d’épargner les maisons classées en zones noires mais non inondées lors de la tempête Xynthia, avec des prescriptions de sécurité strictes.

Certains propriétaires dont les maisons « n’ont pas été inondées, ont du mal à comprendre que leurs maisons soient incluses dans ces zones » noires, a expliqué le président du Conseil général de la Vendée dans un communiqué, proposant la création de « maisons à prescriptions ».

En accord avec Jean Jacques Brot, Préfet de la Vendée, Philippe de Villiers a décidé d’organiser une Table Ronde à l’Hôtel du Département lundi 3 mai à 15 heures, en présences des maires et élus concernés, au sujet des zones à risque vital mises en place par l’Etat après le passage de Xynthia.

L’ordre du jour portera sur l’application de ce plan. Le Conseil Général considère que « ce plan de périmètre de sécurité repose sur un ensemble de précautions légitimes pour protéger la vie humaine. »
« Cependant, certaines situations particulières méritent un examen adapté » souligne Philippe de Villiers, pour qui « le cœur de l’incompréhension ce sont les maison situées dans les zones qui n’ont pas été inondées ».

Le Président de la Vendée a donc l’intention de soumettre à l’Etat et aux élus concernés une proposition innovante, avec la création dans les zones, d’une catégorie intermédiaire de maisons : les maisons à prescriptions.

« Cela veut dire que les maisons qui n’ont pas été inondées et dont les propriétaires sont prêts à accepter des prescriptions de sécurité nouvelles (création d’un étage, de trappes d’évacuation sur le toit, d’escaliers, etc…) pourraient être conservées »
explique t-il, souhaitant que des études au cas par cas commencent « dès cette semaine ».

Le préfet avait déjà expliqué que ces études au cas par cas, pour ceux qui ne refusent de partir, seraient réalisées lors d’une enquête publique avec la possibilité pour certaines maisons de sortir du périmètre « zone noire » pour passer en « zone jaune ».

En Vendée, les zones noires englobent 915 maisons, 241 à l’Aiguillon-sur-Mer, dont 25 résidences principales, et 674 à La Faute-sur-Mer, où la tempête a fait 29 morts, dont 92 résidences principales.



Philippe de Villiers veut épargner les maisons non inondées mais  inscrites en zone noire suite à la tempête Xynthia qui a balayé la côte  vendéenne début mars.

Philippe de Villiers veut épargner les maisons non inondées mais inscrites en zone noire suite à la tempête Xynthia qui a balayé la côte vendéenne début mars.

De Villiers au secours des sinistrés

Philippe de Villiers, président du Conseil général de la Vendée, a proposé vendredi de créer une catégorie spéciale pour épargner les maisons classées en zones noires mais non inondées lors de la tempête Xynthia, avec des prescriptions de sécurité strictes.

Certains propriétaires dont les maisons « n’ont pas été inondées, ont du mal à comprendre que leurs maisons soient incluses dans ces zones » noires, explique M. de Villiers dans un communiqué. Le président MPF du conseil général va donc proposer la création de « maisons à prescriptions ».

Ils devront accepter des normes de sécurité

« Cela veut dire que les maisons qui n’ont pas été inondées et dont les propriétaires sont prêts à accepter des prescriptions de sécurité nouvelles (création d’un étage, de trappes d’évacuation sur le toit, d’escaliers, etc…) pourraient être conservées », a-t-il dit.

Les études au cas par cas doivent commencer « dès cette semaine »

Philippe de Villiers souhaite que des études au cas par cas commencent « dès cette semaine ». Il présentera cette proposition lundi aux élus concernés lors d’une table ronde organisée au conseil général en présence du préfet de la Vendée, Jean-Jacques Brot. Plusieurs dizaines de propriétaires contestent le zonage actuel et refusent de partir de chez eux en faisant valoir que leurs maisons n’ont pas été inondées le 28 février dernier.

En Vendée, les zones noires englobent 915 maisons, 241 à l’Aiguillon-sur-Mer, dont 25 résidences principales, et 674 à La Faute-sur-Mer, où la tempête a fait 29 morts, dont 92 résidences principales.

La tempête a balayé les lotissements la nuit du 27 février, laissant au petit matin 29 victimes. Notre envoyée spéciale à La Faute-sur-Mer, Doan Bui, s’est procuré les procès-verbaux qui montrent que, des élus locaux aux services de l’Etat, tous ont fermé les yeux sur le danger de construire si près de la mer, en zone inondable.

La Faute-sur-Mer après le passage de la tempête Xynthia  (AFP)
La Faute-sur-Mer après le passage de la tempête Xynthia (AFP)

Sur toutes les maisons, une croix à la peinture rouge tracée à la hâte. Comme une balafre, comme un signe de sang apposé par le Dieu vengeur de l’Exode. A La Faute-sur-Mer, dans les lotissements des Doris et des Voiliers, l’eau meurtrière n’a épargné aucune maison. C’était il y a un mois, mais les stigmates sont encore là, blessures béantes et incongrues dans ce paysage de pins, plages et congés payés.
Dans les jardins, tout n’a pas encore été déblayé. On trouve des frigos avec des tickets de caisse du Super U aimantés sur leur porte, des congélateurs éventrés vomissant des cartons de surgelés Findus, un pot de Nutella, un lit bébé… Les sinistrés continuent à nettoyer, ranger, argumenter face aux experts des assurances. Dans ce quartier, grand comme un mouchoir de poche, on compte une centaine de pavillons au plus. Mais c’est là qu’on a dénombré le plus de morts. 29 au total. Cette nuit funeste, la mort a joué à pile ou face entre voisins et voisines. Certains ont vu « la dame de la maison qui fait le coin », une sexagénaire qui vivait seule, taper désespérément sur sa fenêtre double vitrage pour échapper à la noyade. En vain. A quelques mètres de là, un couple de retraités est resté prisonnier de ses volets électriques. Sans courant, impossible de les remonter. Un peu plus loin, le fracas de la vague a sorti du sommeil une famille avec trois enfants. Le père s’est extirpé in extremis de la maison avec sa petite fille ; derrière eux sa femme et ses deux fils ont péri noyés. Ils venaient juste d’acquérir ce pavillon de vacances. René, cantonnier retraité, de Nancy, n’en revient pas de sa chance. Il n’était pas à La Faute ce week-end-là. Il ramasse aujourd’hui quelques objets dans les décombres de sa maison achetée au début des années 2000. « C’était notre rêve, une maison à la mer. On est beaucoup à être arrivés en même temps. Les gens se connaissaient, s’ entraidaient. La tempête a tout balayé. »

Cuvette collée à la digue

A La Faute, pourtant, on n’a même pas eu le temps de pleurer les morts. Dès le lendemain, la polémique a été lancée. A qui la faute ? Des boucs émissaires, vite ! C’est Philippe de Villiers, président du conseil général de Vendée, qui a dégainé le premier. Ajustant dans son viseur les maires, accusés d’avoir accordé trop de permis de construire, et les promoteurs, qui « ont fait du fric ». Ah ! si seulement le conseil général, déplorait-il, « avait une compétence juridique » pour l’urbanisation du littoral ! Belle envolée.

Seulement voilà : interdire l’installation de ces lotissements dans cette « cuvette » était possible et le conseil général a eu l’occasion de faire entendre sa voix. Mais il ne l’a pas fait. En témoignent les documents exclusifs que nous avons pu nous procurer. Situés en bord de mer, les lotissements des Doris et des Voiliers ont été soumis en 1999 et en 2002 à la commission des sites, qui rassemble des élus locaux, des représentants des services de l’Etat et, à tout seigneur tout honneur, des représentants du conseil général. C’est en l’occurrence le premier vice-président du conseil de l’époque, peu soupçonnable d’anti-villiérisme, qui siégeait. Les PV sont accablants (voir encadré). Et les votes en faveur des constructions écrasants. A tous les échelons, on a fermé les yeux. « Philippe de Villiers a toujours défendu le tourisme et l’urbanisation horizontale, bref, tous ces petits pavillons près de la côte. Résultat, on a très peu de barres, mais vu la demande il y a un cruel manque de place. Alors on va chercher des terres à tout prix », dit Sylviane Bulteau, conseillère régionale PS. Philippe de Villiers n’a pas été le seul à lancer des écrans de fumée. Nicolas Sarkozy, venu mi-mars en Vendée, a fustigé justement une « cascade de décisions litigieuses ». Oubliant juste qu’il préconisait voilà à peine un an un assouplissement de la législation pour que les terrains inondables deviennent constructibles !

Pourquoi tant de cécité ? Pourquoi donc a-t-on construit dans cette cuvette ces maisons de pêcheurs, collées à la digue et à la rivière du Lay, sans pilotis ni étages pour affronter une crue ? A La Faute, tout le monde savait les zones inondables. « Avant, il y avait là des vaches, elles avaient toujours les pieds dans l’eau. Ils ont remblayé pour faire les maisons », se rappelle Renaud, un habitant. Pourtant, l’attrait de la petite maison près de la mer a été le plus fort. Les permis de construire ont été accordés. Dans les règles.

La direction départementale de l’équipement (DDE) avait donné un avis favorable. Et le préfet d’alors n’avait pas annulé les permis, en formulant un recours en justice, comme il en a le pouvoir. « La pression des élus locaux pour construire est forte. Souvent, les représentants de l’Etat qui parlent de sécurité passent pour des enquiquineurs. Des gens de la ville qui ne connaissent rien, contrairement à ceux du cru », explique-t-on à la préfecture de la Vendée. Et puis les préfets passent – le dernier en date est arrivé une semaine avant le drame. Les élus locaux, eux, restent. René Marratier, maire de La Faute, a été réélu aux dernières municipales à plus de 60% pour un quatrième mandat. Entre La Faute et la préfecture, les batailles ont été homériques. Le plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) préconisé en 2001 a fait l’objet de six ans d’âpres négociations. Sans avancer d’un pouce. En 2007, le nouveau préfet perd patience et décide d’imposer l’application du PPRI. Il est trop tard pour les Doris et les Voiliers, déjà construits. « Depuis, tous les permis de construire dans les zones rouges sont interdits. Pour les permis des Doris et des Voiliers, il n’y avait pas le cadre juridique pour les rejeter », dit Béatrice Lagarde, la sous préfète des Sables-d’Olonne, arrivée il y a un an. En septembre 2009, une réunion consacrée au durcissement du PPRI et à l’extension des zones interdites à toute construction a donné lieu a une passe d’armes. Le ton est monté. René Marratier, l’édile de La Faute, a clamé que « les digues ne casseraient jamais ». La sous-préfète est sortie de ses gonds : « Je souhaite pour vous qu’il n’y ait jamais de morts. »

Pourquoi René Marratier aurait-il douté ? Pourquoi accorder foi aux expertises alors que tout le monde était derrière lui ? Y compris la justice. Quand la préfecture a imposé la fermeture du camping municipal, en pleine zone inondable, toute la commune a manifesté. 1 000 personnes, dont des conseillers généraux venus apporter leur soutien. Attaquée devant le tribunal administratif, la préfecture a perdu. Le camping est resté ouvert. La nuit du 27 février, il a été balayé par les eaux. Heureusement, il était vide.

En pleine saison, c’est par centaines qu’il aurait fallu compter les morts. Des études, il y en a eu. Ainsi que des mises en garde, timides et isolées. Mais trop tard, là encore. En témoignent les deux enquêtes publiques que nous avons pu nous procurer. L’enquête publique sur les Doris a été diligentée en… 2006, soit sept ans après l’attribution des permis de construire. Elle conclut par un avis favorable, car il faut remplir la »dent creuse inesthétique » que constitue le bout de terrain encore vierge de pavillons. Le commissaire enquêteur suggère cependant de prévoir des étages aux constructions pour mettre les personnes et les installations électriques à l’abri, des recommandations bien dérisoires puisque le lotissement était déjà construit à 90%… Combien de vies sauvées, si ces étages avaient été prévus dès le début ?

La justice remontera-t-elle la chaîne des responsabilités ? Services de l’Etat, conseil général, préfecture : difficile de porter l’estocade quand les uns et les autres se renvoient la balle, comme dans une partie de flipper. Pour l’instant, Philippe Babin, patron de l’Agence de la Plage à La Faute-sur-Mer, joue le rôle du méchant promoteur. « D’où viennent ces gens qui ont détruit nos dunes ? », fustigeait au premier jour Philippe de Villiers.

Réponse : de pas très loin. Philippe Babin est fautais depuis trois générations. Sa mère est ajointe au maire et responsable de l’urbanisme. Il fait un bouc émissaire parfait. La famille Babin possédait des terrains dans la cuvette. Aux Voiliers, la Sarl Babin a construit 35 lotissements. Pour lesquels les permis de construire ont été accordés sans trop de problèmes, on s’en doute. « On a tout fait dans le respect des lois », se défend aujourd’hui Philippe Babin. Ce qui, stricto sensu, est vrai. Même si l’argument est inaudible… « Evidemment qu’il y a eu des collusions d’intérêts. Mais dans de si petites communes, il y en a beaucoup de ce genre », remarque un connaisseur de la région.

L’autre homme sur le gril, c’est René Marratier, le maire enfermé dans un silence buté depuis les événements. « On ne le croise même plus dans la rue », constate un habitant.

La meilleure défense, c’est l’attaque ? Dès les premiers jours, une pétition de soutien en sa faveur a circulé. Elle était sur le comptoir de tous les commerces sauf à la pharmacie, dont la propriétaire est une des rares « opposantes », ce qui lui a fait perdre des clients. Mercredi dernier, le conseil municipal s’est tenu dans une ambiance à couper au couteau. Le maire a annoncé que, pour se protéger des recours éventuels, il allait demander à Olivier Metzner, ténor du barreau parisien, conseil de Philippe de Villepin dans l’affaire Clear stream, d’assurer sa défense. Pourtant, si une enquête préliminaire est en cours au parquet des Sables-d’Olonne, «procédure usuelle en cas de décès », dit le procureur, il n’y a pour l’heure aucune plainte déposée. « C’est préventif, nous explique Olivier Metzner. Dans une catastrophe naturelle comme celle-là, comme on ne peut attaquer ni le vent ni la mer, on se dirige vers la cible la plus aisée : l’élu local. » L’écoeurement gagne André Rossignol. Ce marin pêcheur, Fautais depuis des générations, a tout perdu le soir où Xynthia a dévasté les côtes. Il lâche : « On va monter une association de victimes, parce qu’on se dit que, parti comme c’est, c’est bientôt nous les sinistrés qu’on va accuser… »

Exclusif : des commissions bien indulgentes

La  Faute-sur-Mer doculent exclusif 1

Ils sont tous là. Dans la commission des sites, chargée de donner son aval pour la construction de lotissements en bord de mer, siègent des représentants du conseil général, des élus locaux, des services de l’Etat (direction de l’environnement, direction de l’équipement, entre autres), des associations écolos, le tout sous la présidence du secrétaire général de la préfecture de Vendée. « C’est un théâtre d’ombres. Le conseil général soutient les élus locaux. Les pressions pour construire sont telles qu’en général les écolos sont les seuls à voter contre, et encore… », dit un connaisseur du dossier. De fait, l’Adeve, l’une des associations écolos membres de la commission, a été carrément radiée de la fédération nationale, France Nature Environnement, et ce pour cause de positions trop proches des lobbies agricoles, une première. En 1999, la commission se prononce sur le lotissement des Doris n’y a pas l’ombre d’un débat. Le chef de l’urbanisme propose un avis favorable, car la « digue permet de masquer les vues à partir rive gauche de la rivière ». Traduisez : puisque le lotissement ne gâche pas le paysage et que l’esthétique est sauvée, allons-y gaiement ! Les Doris sont approuvés à 10 voix pour, 1 contre. Les constructions peuvent commencer. En 2002, la commission est saisie du lotissement les Voiliers, contigu aux Doris. Un échange surréaliste où les présents dissertent de la solidité de la digue « roulable sur 20 mètres », de la classification en zone humide ou herbacée. Herbacée, répond le maire. Une seule voix écolo s’interroge sur « les problèmes de sécurité », vu que le projet se situe à « une altitude de 2 ou 3 mètres ».

L’objection n’est pas retenue. Les Voiliers sont approuvés à 10 voix pour, 2 contre, 2 abstentions. Vient en juillet 2005 l’étape de la commission de sécurité pour les Voiliers. Tous les services de l’Etat sont représentés, il s’agit d’obtenir l’avis de la DDE pour le permis de construire. « Les risques d’inondation interdisent l’implantation du lotissement », prévient une association, qui pointe « la difficulté d’évacuation des eaux du fait de la vase », qui aurait des conséquences « catastrophiques en cas de crue ». 8 pour, 4 contre : la DDE donne un avis favorable.

Exclusif : une enquête trop tardive

La  Faute-sur-Mer document exclusif 2

Une enquête publique a été diligentée sur les deux lotissements. Il s’agissait de vérifier la conformité à la loi sur l’eau, qui s’intéresse entre autres aux problèmes d’évacuation des eaux. Pour les Voiliers, l’enquête a lieu en mars 2005. Le commissaire enquêteur donne un avis favorable car, malgré « un niveau de risques d’inondation réels », « le lotissement, une fois habité, viendra relier deux autres lotissements et comblera de fait une dent creuse, inesthétique ». Il suggère cependant que « des mises en garde soient faites aux propriétaires quant à l’emplacement des installations électriques privatives (prises en hauteur, [ …] pas de planchers électriques chauffants) ». Plus étrangement, l’enquête pour le lotissement plus ancien des Doris n’a eu lieu qu’en juin 2006, soit sept ans après les autorisations de construire ! Le commissaire constate d’ailleurs que « le lotissement est déjà réalisé à 90% ». Vigilant, il a appelé de son propre chef la direction des affaires maritimes – qui « estime le dossier recevable » – et la DDE, au sujet du PPRI (le plan de prévention des risques d’inondation). Pas de veto.

Soulignant le « parfait état des digues », il conclut donc que, « vis-à-vis des inondations, le lotissement est sécurisé ». Le commissaire suggère cependant que « les constructions restantes soient rehaussées d’un étage ( …) afin que les habitants puissent s’y réfugier en cas de crue catastrophique ». Aux Doris et aux Voiliers, il n’y a quasiment pas de maisons à étage. En 2006, Thierry Berlemont, habitant des Doris, avait demandé un permis d’agrandissement, pour construire une chambre et un étage en plus. La demande a été refusée. Motif : l’étage aurait nui à l’esthétique de l’ensemble. Thierry Berlemont a sauvé ses filles et son épouse in extremis en la portant sur son dos : elle ne sait pas nager.

Doan Bui

Un mois après la tempête Xynthia, le président MPF du conseil général de Vendée Philippe de Villiers estime que les compagnies d’assurances doivent indemniser sans attendre les sinistrés, quitte à discuter ensuite avec l’Etat.

Question: Où en est-on des indemnisations?

Réponse: « Des indemnisations ont été versées à des agriculteurs et des ostréiculteurs par les assureurs. Pour le reste, je tire la sonnette d’alarme pour que l’Etat mette en demeure les compagnies d’assurances de venir au secours de leurs assurés. Ce que je suggère, c’est que les assurances paient et indemnisent les familles qui perdent leurs maisons et qu’elles se retournent ensuite vers l’Etat pour une concertation Etat/assureurs.

Dans cette tragédie, il paraît naturel que les assureurs et promoteurs participent à la solidarité nationale ».

Question: Vous évoquez souvent la « spéculation immobilière » sur les côtes de Vendée. Que peut-on faire?

Réponse: « Les Conseils généraux n’ont aucun pouvoir sur les permis de construire qui sont du ressort des mairies, lesquelles sont soumises à la pression des promoteurs. (…) Cependant, nous créons un établissement public foncier pour lutter contre cette spéculation. J’ai proposé à l’assemblée départementale d’acquérir dans l’année 3.000 hectares de cordon dunaire pour les mettre à l’abri de la spéculation immobilière. Ces 3.000 ha viendront s’ajouter aux 1.500 que nous avons acquis depuis 20 ans. Tout ce qu’on va pouvoir préempter, on va le faire ».

Question: Qu’en est-il du rôle de l’Etat en matière d’urbanisme?

Réponse: « Très souvent, on a tendance à dire que l’administration française est trop compliquée, trop tâtillonne, qu’elle est une entrave au développement. Là, nous sommes dans un cas où les services de l’Etat doivent être salués. Si _le maire de La Faute-sur-Mer avait écouté les préfets successifs, il aurait laissé la +cuvette+ (zone au coeur de l’inondation du 27 février, NDLR) à son état naturel ».

Le préfet actuel a courageusement remis en cause les permis de construire sur quelques communes comme La Faute-sur-Mer et l’Aiguillon (les deux communes vendéennes les plus touchées, NDLR). Il a remis en cause certains équipements qui pourraient susciter des problèmes d’inondation, comme par exemple le projet de port de Brétignolles-sur-Mer.

« Je fais une proposition simple: lorsqu’il y a un avis réservé de l’Etat en matière de permis de construire sur la bande littorale, le permis ne doit pas être délivré. Si on avait appliqué ce principe, on aurait sauvé des vies ».

Un mois après la tempête Xynthia, le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, estime que les compagnies d’assurances doivent indemniser sans attendre les sinistrés, quitte à discuter ensuite avec l’Etat. Le nettoyage se poursuit dans les rues de l’Aiguillon et de la Faute sur Mer. Les cicatrices de la catastrophe sont toujours bien présentes mais les habitants retiennent leur souffle avec l’espoir d’une reprise de la vie économique.

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Par Europe1.fr

Le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, a salué mardi, la « fermeté » avec laquelle Nicolas Sarkozy s’est opposé à tout retour dans les habitations les plus touchées par Xynthia. Le président du MPF s’est dit réjouit que « la cuvette de la mort de La Faute-sur-mer ne sera pas réhabilitée« . Une décision qui ravit également le maire de l’Aguillon-sur-mer, Maurice Milcent qui dans le malheur qui frappe sa commune, a annoncé que « la tempête va permettre un nettoyage« . Nicolas Sarkozy a annoncé mardi en Vendée qu’il n’y aurait plus de constructions en zone inondable et que les sinistrés ne pourraient pas revenir vivre là où existent des « risques mortels« . « Les personnes qui ne pourront retrouver leur domicile ravagé par Xynthia serot indemnisées de la perte de leur maison« , a-t-il promis.

Par Angélique Négroni


Crédits photo : AFP

Le rapport sur la tempête Xynthia doit être remis à Nicolas Sarkozy très prochainement. Il établira les responsabilités dans la catastrophe.

Près de quinze jours après la tempête Xynthia, à l’origine de 53 morts, le prérapport sur les causes de la catastrophe doit être remis dans les prochains jours au président de la République. Les digues qui ont cédé seront recensées afin d’entreprendre des travaux en urgence. Les règles d’urbanisme sur le littoral ainsi que les plans de prévention des risques d’inondation seront au cœur de la réflexion. Un rapport final est attendu dans deux mois. Leurs auteurs sont retournés à La Faute-sur-Mer, en Vendée, la commune la plus touchée par la tempête. Ici, les inondations ont causé la mort de 29 personnes. Retour sur un drame que certains estimaient «prévisible».

Un danger identifié

Dès 2001, des études menées par la préfecture de Vendée soulignent les risques d’inondation. Une lettre du préfet de l’époque, Christian Decharrière, adressée au maire de La Faute-sur-Mer, le rappelle en 2006 : «Votre commune se trouve totalement concernée par les risques de submersion marine et reste à ce jour mal protégée.»

Deux ans plus tard, nouvelle mise en garde. La direction départementale de l’équipement indique dans un rapport : «La zone de l’estuaire du Lay est la zone la plus dangereuse du département.» C’est sur ce petit territoire, coincé entre l’océan et le fleuve, qu’a été érigé le village de La Faute-sur-Mer.

L’opposition entre l’État et les élus

À la menace d’un danger, les élus opposent le dynamisme économique de leur commune. «Le tourisme est la grande affaire de la région», souligne Jean Renard, professeur de géographie et spécialiste du littoral vendéen. Les terres agricoles se sont transformées peu à peu en zones constructibles. «Construite sur de vastes espaces gagnés sur la mer», La Faute-sur-Mer compte aujourd’hui 1 200 habitants en hiver et 40 000 en été. Alors, quand le préfet veut interdire le camping de la commune en 2006, la population descend dans la rue. Depuis 2001, le représentant de l’État tente surtout de mettre en place un plan de prévention des risques d’inondations qui va rendre certains terrains inconstructibles. Les négociations avec les élus s’éternisent. À l’issue de multiples réunions et échanges de lettres, l’État décide de passer en force, six ans plus tard, en imposant certaines mesures limitant la construction. «Nous ne sommes plus au temps de Napoléon, explique un haut fonctionnaire. Aujourd’hui, l’autorité de l’État se discute.» Le maire de La Faute, René Marratier, s’insurge : «Avez-vous pensé aux propriétaires pour qui ces terrains représentent le fruit d’une vie de travail et qui du jour au lendemain n’ont plus rien ?» écrit-il au préfet en mars 2006. Pour le président du conseil général, Philippe de Villiers, la délivrance des permis de construire ne devrait plus être confiée aux maires, soumis à une trop forte pression. Ou devrait être soumis à un meilleur contrôle de l’État, ce que devrait recommander le rapport.

Des digues contestées

Ces remparts sont au cœur de la polémique. La digue est de La Faute-sur-Mer «n’a jamais fait l’objet d’un diagnostic approfondi de la part du maître d’ouvrage», peut-on ainsi lire dans un rapport en 1998. Le maire, lui, rétorque que «depuis plus d’un siècle qu’elles existent, les digues situées sur la commune n’ont jamais cédé». Il est vrai qu’elles ont résisté à la dernière tempête. Mais, en ne faisant pas barrage à la mer, qui est passée par-dessus, ces structures témoignent aujourd’hui de leur faiblesse, selon le député UMP des Bouches-du-Rhône, Christian Kert. «La hauteur des digues avait été calculée pour protéger de terres agricoles. Pour la sécurité de la population, certaines ne sont plus assez élevées», souligne ce dernier estimant qu’il «faudra dans certains cas avoir le courage d’abandonner des lotissements».

Une tempête exceptionnelle

Pour construire les plans de prévention, les experts prennent en compte un phénomène climatique censé ne se produire qu’une fois par siècle. «Or il semble que la mer ait dépassé le niveau maximum», indique un ingénieur. Ainsi, Xynthia conduira sans doute à revoir les valeurs de référence utilisées pour mesurer le risque de submersion marine.

Créé le 10.03.10 à 15h25
Mis à jour le 10.03.10 à 15h25
Vue de l'Aiguillon-sur-mer le 1er mars 2010 après le passage de la  tempête Xynthia
Vue de l’Aiguillon-sur-mer le 1er mars 2010 après le passage de la tempête Xynthia/R. DUVIGNAU / REUTERS

INTERVIEW – La tempête Xynthia a mis les élus des communes submergées sur le banc des accusés. Maurice Milcent a répondu aux accusations pour 20minutes.fr…

Des élus, dont Philippe de Villiers, ont accusé les maires de ne pas résister aux promoteurs et de délivrer un peu facilement des permis de construire. Que leur répondez-vous?«Je ne suis pas concerné. On n’attribue pas seuls un permis de construire. On l’instruit, on le transmet à la DDE qui doit donner un avis favorable et on le signe. Si l’avis est négatif, on peut passer outre mais le permis doit alors être soumis à la procédure de contrôle de légalité de la préfecture. On peut encore passer outre, mais je ne l’ai jamais fait, je ne me vois pas m’opposer à la décision d’un préfet ».

Pensez-vous avoir pris des risques pour votre commune?

«Nous avons eu entre 0,20cm et 1,50 cm d’eau, pas plus. Les digues n’ont pas cédé, nous n’avons eu aucun décès, ils ont tous eu lieu sur la commune voisine, à la Faute-sur-Mer. Nous n’avons pris aucun risque sur la commune: nous avons entre six et dix grandes marées par an, nous connaissions ce problème. Le seul risque, c’était celui du raz-de-marée, comme cela a eu lieu avec Xynthia».

Mais ce n’est pas trop dur de résister aux promoteurs?

Nous n’avons jamais eu de pression de la part des promoteurs. Nous sommes une commune familiale qui travaille avec le tissu artisanal local. J’ai toujours interdit aux promoteurs de mener des projets à l’Aiguillon-sur-Mer. Et je n’ai jamais laissé construire sur des zones inondables.

Jean-Jacques Brot, le préfet de Vendée, vous accuse, vous et le maire de la Faute-sur-Mer, de ne pas avoir élaboré les plans de prévention des risques d’inondation (PPRI) malgré ses demandes.

Ce n’est pas vrai, nous en avons eu deux. Le premier plan, nous l’avions validé sans modification, il nous convenait. Le second, nous avons demandé des modifications, mais seulement sur des zones en dehors du bourg. Et il faisait passer une zone en rouge (non-constructible). Le projet de construction que nous avions sur cette zone a tout simplement été annulé.

Que doit-il se passer maintenant pour les maires qui auraient pris de mauvaises décisions?

Il ne faut pas d’autres catastrophes. Chacun est libre de prendre ses décisions. Mais on n’a pas le droit à l’erreur et chacun doit prendre ses responsabilités.

Maud Noyon

Tandis que l’administration mène l’enquête suite à la trentaine de morts causée par Xynthia en Vendée, les Verts et de Villiers accusent.

La Faute-sur-Mer inondée, vue du ciel le 3 mars 2010

La Faute-sur-Mer inondée, vue du ciel le 3 mars 2010

Photo : Bertrand Guay/AFP

Une semaine après que la tempête Xynthia a causé cinquante-trois morts en France, les questions se précisent quant aux possibles responsabilités des communes sinistrées, notamment quant à leurs politiques d’urbanisation des zones inondables.

Principales victimes de la tempête et cibles des critiques : l’Aiguillon-sur-Mer et la Faute-sur-Mer, une commune de 2.500 habitants où résidaient la plupart des 29 Vendéens tués lors du passage de la tempête Xynthia.

Le drame était sans doute d’autant plus évitable, que bien avant la tempête du 27 février 2010, la mairie de la Faute-sur-Mer, la préfecture de Vendée et les propriétaires du cru étaient déjà en conflit sur la question du développement urbanistique de ce littoral.

Dans une étude récente, la direction départementale de l’Equipement avait constaté que cette commune avait été construite « sur de vastes espaces gagnés sur la mer, ne tenant pas compte de la mémoire du risque ».

En attendant de plus amples informations, René Marratier, le maire de La Faute-sur-Mer se serait vu imposer l’interdiction de toute nouvelle construction et la fermeture rapide du camping municipal « la Côte de Lumière ».

Dans le même courrier, Jean-Jacques Brot, le préfet de Vendée aurait par ailleurs exigé le retrait de permis de construire sur le lotissement des Doris, situé en pleine cuvette, dans la zone inondable de la Faute-sur-Mer.

Sur la même longueur d’onde, Philippe de Villiers, le président du conseil général de Vendée, a demandé que les logements de La Faute sinistrés lors de la tempête du 27 ne soient pas reconstruits et que leurs occupants soient indemnisés par les promoteurs qui leur ont vendu ces biens immobiliers.

Selon de Villiers, cet « épicentre de la tragédie doit être immédiatement restitué à sa vocation naturelle de marais », considérant que « là où la mer est venue, elle reviendra » et qu’il y a donc « risque mortel » pour les habitants.

Alors qu’ils envisagent de saisir l’Assemblée nationale pour qu’une commission parlementaire mène l’enquête sur ce drame, à travers Noël Mamère,  les Verts ont dénoncé le non respect de « la loi Littoral » et de « la loi Barnier de 1995, qui instituait les plans de prévention de risques d’inondation ».

Tempête Xynthia : après le deuil, les interrogations sur les responsabilités

Une semaine après la tempête Xynthia, qui a fait 53 morts, les questions se multiplient sur les éventuelles responsabilités des communes en matière d’urbanisation en zone inondable et sur l’avenir des quartiers sinistrés, notamment sur la côte vendéenne.

Une semaine après la tempête Xynthia, qui a fait 53 morts, les questions se multiplient sur les éventuelles responsabilités des communes en matière d’urbanisation en zone inondable et sur l’avenir des quartiers sinistrés, notamment sur la côte vendéenne.

Parmi les deux communes les plus touchées de ce département, l’Aiguillon-sur-Mer (2.600 habitants) et La Faute-sur-Mer (2.500 habitants), la seconde est particulièrement visée : c’est celle où ont été retrouvés la quasi-totalité des 29 décès dénombrés dans ce département.

Dans cette commune, l’urbanisation était un sujet de conflit récurrent entre propriétaires et mairie d’un côté, préfecture de l’autre.

Une récente étude de la direction départementale de l’Equipement précisait que cette commune était construite « sur de vastes espaces gagnés sur la mer, ne tenant pas compte de la mémoire du risque ».

Samedi, un courrier du préfet de Vendée Jean-Jacques Brot a été remis aux maires des deux communes, selon des sources concordantes.

Dans celui remis au maire de La Faute-sur-Mer, René Marratier, il lui est demandé d’interdire, dans l’attente de rapports conjoints des ministères de l’Equipement et de l’Intérieur, toute nouvelle construction sur la commune et de fermer d’ici avril le camping municipal « La Côte de Lumière », construit sur le domaine public maritime.

M. Brot exige aussi le retrait de permis de construire délivrés qui concernent notamment de nouvelles constructions aux Doris, l’un des lotissements construits dans la cuvette de la commune, et que soient pris par le maire des arrêtés d’insalubrité pour les maisons sinistrées devenues dangereuses.

M. Marratier restait injoignable samedi pour confirmer cette information.

Le préfet, lui, s’est refusé à tout commentaire sur ce courrier, ne confirmant que la demande d’arrêté d’insalubrité et précisant que le pré-rapport de la mission d’inspection Equipement/Intérieur était attendu d’ici « jeudi ou vendredi », ouvrant la voie à d’éventuelles mesures.

Il a aussi regretté que « l’établissement des deux plans de prévention des risques d’inondation (PPRI) ait été retardé dans les deux communes » et demandé à ce qu’ils soient appliqués « sans délai ». Un PPRI avait été pris par arrêté préfectoral en juin 2007 pour la commune de La Faute-sur-Mer, mais là comme à L’Aiguillon-sur-Mer, ils n’ont pas été officiellement élaborés, selon lui.

Vendredi, le président du conseil général de Vendée Philippe de Villiers est monté au créneau pour demander que les logements sinistrés de La Faute-sur-Mer, construits dans une cuvette en dessous du niveau de la mer, ne soient pas reconstruits et que leurs habitants soient indemnisés par les promoteurs qui ont vendu ces maisons.

Cet « épicentre de la tragédie doit être immédiatement restitué à sa vocation naturelle de marais », a indiqué l’élu, considérant que « là où la mer est venue, elle reviendra » et qu’il y a donc « risque mortel » pour ses habitants.

Les députés écologistes s’apprêtent de leur côté à demander la création d’une commission d’enquête parlementaire chargée de déterminer « les responsabilités » dans l’ampleur des dégâts.

Certains maires « n’ont pas respecté la loi Barnier de 1995 qui instituait les plans de prévention de risques d’inondation » et « n’ont pas respecté la loi Littoral », accuse le député Verts Noël Mamère.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

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