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La présidente PS de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, les maires de 33 communes de Charente-Maritime ainsi que sept associations de défense des victimes de Xynthia ont demandé mercredi à Bourcefranc-le-Chapus «la suspension du zonage».

Dans une lettre ouverte, adressée à Nicolas Sarkozy et à François Fillon, les signataires demandent notamment la suspension «du zonage et l’ouverture immédiate d’une concertation des maires et des associations avant un nouveau zonage sur la base d’une expertise contradictoire non contestée», a expliqué Ségolène Royal.

Ce courrier comporte trois autres demandes: le déblocage immédiat des fonds promis, le respect du principe de rapidité afin que «chaque personne soit reçue individuellement pour connaître le montant des indemnités auxquelles elles peuvent prétendre» et «l’engagement d’un plan d’urgence des travaux sur les digues», a détaillé la présidente PS du conseil régional.

Elle a tenu à rappeler que, jusqu’à présent, «il n’y a pas le premier euro qui est arrivé dans les communes au titre des indemnisations d’urgence».

Ségolène Royal a par ailleurs annoncé la mise en place par la région d’«un dispositif juridique de soutien pour les communes et les associations d’habitants».

Nicolas Sarkozy a demandé lundi au gouvernement de s’assurer que les sinistrés de la tempête Xynthia ne seraient pas autorisés à rentrer chez eux si leurs logements sont situés dans des zones dangereuses.

Dans un communiqué, l’Elysée indique que le chef de l’Etat a demandé au Premier ministre, François Fillon, de réunir rapidement les membres du gouvernement concernés par la gestion des suites de la tempête qui a fait 53 morts fin février, en quasi-totalité sur les côtes de Vendée et de Charente-Maritime.

La présidence de la République rappelle que Nicolas Sarkozy, lors de sa dernière visite sur place le 16 mars, avait insisté « sur le fait qu’il ne serait pas possible d’autoriser des personnes à se réinstaller là où elles sont exposées à un risque mortel ».

« La réunion du Premier ministre et des ministres concernés aura pour objet de vérifier la mobilisation effective des services de l’Etat aux côtés des sinistrés et le respect des principes posés par le président de la République », ajoute-t-elle.

Les pouvoirs publics ont publié la semaine passée une carte de « zones noires » jugées d’extrême danger où près de 1.400 logements devront être rasés. Les méthodes utilisées pour délimiter ces secteurs ont été contestées localement, des habitants se disant prêts à attaquer l’Etat en justice pour empêcher la destruction de leur maison.

Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a déclaré dimanche que le principe des zones noires ne serait pas remis en cause tout en reconnaissant que certaines « situations individuelles » pourraient être réexaminées.

Yann Le Guernigou, édité par Gilles Trequesser

Nicolas Sarkozy a demandé au Premier ministre François Fillon de « réunir rapidement les ministres concernés » par les suites de la tempête Xynthia, indique lundi l’Elysée dans un communiqué, alors que Dominique Bussereau et Brice Hortefeux se sont exprimés la veille en faveur d' »aménagements » des zones noires délimitées par l’Etat.

La réunion « aura pour objet de vérifier la mobilisation effective des services de l’Etat aux côtés des sinistrés et le respect des principes posés par le président de la République », précise le communiqué.

Le président s’était rendu sur place le 16 mars « pour manifester le soutien total de l’Etat à l’égard des sinistrés et des familles des victimes, mais aussi pour affirmer que les pouvoirs publics ne laisseraient pas les conditions ayant conduit à ce désastre se réunir à nouveau », rappelle l’Elysée, soulignant que M. Sarkozy « a notamment insisté sur le fait qu’il ne serait pas possible d’autoriser des personnes à se réinstaller là où elles sont exposées à un risque mortel ».

Le président du conseil général de Charente-Maritime Dominique Bussereau, par ailleurs secrétaire d’Etat aux Transports, a laissé entendre ce week-end que des « aménagements » pourraient intervenir concernant les « zones noires » définies par les services de l’Etat. Son collègue de l’Intérieur Brice Hortefeux a lui aussi estimé qu’il « peut exister des situations individuelles précises, ponctuelles, qui nécessitent un examen approfondi », lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

Plus de 1.500 résidences doivent être abandonnées par leurs occupants en Vendée et en Charente-Maritime, après le passage de Xynthia, qui fait 53 morts dans la nuit du 27 au 28 février. AP

Au centre de la photo, les lotissements des Voiliers et des Doris,  les plus cruellement touchés par les inondations du 28 février.  :  Philippe Chérel

Au centre de la photo, les lotissements des Voiliers et des Doris, les plus cruellement touchés par les inondations du 28 février. : Philippe Chérel


Depuis dix ans, les menaces d’inondations à La Faute-sur-Mer étaient parfaitement connues des services de l’État et des élus. Rapports, études et comptes rendus de réunions le démontrent.

Enquête

Un mois après la tempête, qui a coûté la vie à vingt-neuf personnes à La Faute-sur-Mer (Vendée), une certitude s’impose : les risques étaient connus de tous. Dès le début des années 2000, les zones submersibles sont parfaitement identifiées dans un atlas des zones de submersion réalisé par les services de l’État.

Celle de La Faute-sur-Mer y est considérée comme « la plus dangereuse du département ». Depuis les années 1980, les municipalités successives ont bâti plus de 3 000 maisons derrière la digue en terre. « La rupture de celle-ci engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes », redoutait, en 2008, Stéphane Raison, ancien ingénieur de la DDE en Vendée.

L’inquiétude des écologistes

Ces avertissements n’ont pas ralenti le développement immobilier de la commune. Des permis de construire ont été accordés régulièrement. Notamment pour Les Voiliers, un lotissement de trente-cinq maisons, l’un des plus meurtris par la tempête. Il a été réalisé par la SARL Babin et consorts. Quand le conseil municipal s’est prononcé sur cette opération, Françoise Babin, membre de la famille et première adjointe en charge de l’urbanisme, a d’elle-même quitté la salle. « Tout s’est fait dans la légalité », rappelait René Marratier, le maire de La Faute, quelques jours après la tempête.

En septembre 2002, la commission des sites et des paysages de la Vendée donne ainsi un avis favorable au projet des Voiliers, qui sera suivi par l’État. Dans cette commission, siègent des élus locaux et du conseil général, ainsi que des représentants de l’État. Ce jour-là, comme le montre le procès-verbal, la question des inondations est abordée, mais on ne s’y éternise pas.

Les seuls à réellement s’inquiéter sont deux écologistes. Colette Maillet, à l’époque présidente de l’Association de défense de l’environnement en Vendée (Adeve), émet des doutes « sur la localisation du projet ». Elle s’abstiendra lors du vote.

De son côté, Hugues Destouche, conservateur de la réserve naturelle de Saint-Denis-du-Payré, s’oppose « en raison des risques de sécurité sur ce projet ». Pour rassurer tout le monde, René Marratier, le maire de La Faute, annonce « un programme de rehaussement des digues qui permettra de renforcer le tissu de prévention ».

En mars 2005, toujours à propos du lotissement des Voiliers, le commissaire-enquêteur exprime son avis. Favorable, là aussi. En tête de son argumentaire, « l’absence ou la quasi-absence de terrains à bâtir dans une commune très touristique », ce qui, à ses yeux, légitime le projet. Il relève aussi que ce lotissement, « une fois habité, viendra en relier deux autres et comblera, de ce fait, une dent creuse, inesthétique ». Il ajoute toutefois que l’endroit « est soumis à un niveau de risques d’inondations réels malgré les précautions prises ».

« Il est de notoriété que La Faute est protégée »

En juin 2006, toujours à La Faute, un lotissement voisin, le village des Doris, presque achevé, fait l’objet d’une procédure de régularisation. Autrefois, c’était l’ancien communal, avec ses troupeaux de vaches les pieds dans l’eau. Quand s’ouvre l’enquête publique, les quatre-vingt-cinq lots sont déjà construits à 90 %… Dans ses conclusions, le même commissaire-enquêteur évacue les craintes d’inondation : « Il est de notoriété que La Faute est protégée par une digue étroitement surveillée et entretenue […] qui vient d’être remodelée et surélevée. » Il conclut ainsi son courrier : « Vis-à-vis des inondations, le lotissement est sécurisé. » C’est en vain que l’Association pour la sauvegarde de la nature et de l’environnement du littoral de sud-Vendée (Asnel) tire la sonnette d’alarme. « Il serait temps de reconnaître que la capacité d’accueil de La Faute a atteint son maximum sous peine de compromettre la sécurité des gens et des biens », écrivait alors Jean Kahane, président de l’association.

Pas de plainte

Aujourd’hui, il renvoie tout le monde dos à dos: « Il y a manifestement un partage des fautes. » Nicolas Sarkozy, lors de sa venue en Vendée, le 16 mars, avec d’autres mots, n’exonérait personne, lui non plus. L’enquête dira s’ils ont vu juste.

Depuis le 28 février, le parquet des Sables-d’Olonne rassemble des éléments pour reconstituer le film de la catastrophe et vérifier tous les aspects administratifs du dossier, comme la validité des permis de construire. « C’est une enquête classique de constatation, explique Thierry Dran, le procureur de la République. On ne se pose pas la question des responsabilités. On n’en est pas là. »

Une association de victimes s’est constituée. Mais à ce jour, le procureur n’a été saisi d’aucune plainte. Le conseil muncipal de La Faute, lui, a voté une délibération le 24 mars pour s’adjoindre les services d’Olivier Metzner, un ténor du barreau parisien. « On prend les devants pour défendre La Faute », prévient le maire.

Philippe ECALLE et Renaud GARNIER.

Le secrétaire d’État au Logement, Benoist Apparu, a estimé jeudi à Bordeaux pouvoir informer dans « les huit jours les élus locaux des communes » qui ont été dévastées par la tempête Xynthia sur « les zones noires » qui seront rendues inconstructibles. « D’ici la fin de la semaine prochaine, l’ensemble des éléments seront réglés et nous pourrons informer les maires sur les zones sur lesquelles on ne souhaite pas le retour des populations », a indiqué le secrétaire d’État en marge des sixièmes Entretiens de l’aménagement, colloque qui réunir à Bordeaux jusqu’à vendredi les professionnels de l’aménagement et de l’urbanisme.

Benoist Apparu, qui était en visioconférence mercredi avec « les deux préfets (de Charente-Maritime et de Vendée), Chantal Jouanno et les services de l’État » pour définir « les zones noires », a expliqué que le dossier avait pris « quelques jours de retard » par rapport à l’annonce qu’il avait faite il y a 15 jours lors de son passage à La Rochelle. « Ce qui nous guide (dans ce travail), c’est : où est-ce qu’il y a un risque de mort ? » a-t-il précisé, ajoutant que, « comme l’a dit le président (Nicolas Sarkozy), il y a des zones où il n’est pas acceptable que l’on autorise le retour de la population. »

En Charente-Maritime, 4.000 maisons ont été sinistrées lors du passage de la tempête Xynthia, dont 150 sont considérées comme inhabitables.

Les constructions en zone inondable, c’est terminé. En visite en Charente-Maritime et en Vendée, mercredi 16 mars, Nicolas Sarkozy a prévenu : « Là où il y a risque mortel, personne ne reviendra y habiter. » Deux semaines après la tempête Xynthia, qui a fait 53 morts en France le 28 février, et provoqué une polémique sur l’urbanisation effrénée du littoral, le chef de l’Etat a choisi la fermeté. Et plutôt que de construire correctement, là où l’on avait mal urbanisé, de tout arrêter.

Si ces directives sont appliquées à la lettre, des centaines de maisons devront être détruites : 150 maisons sont déjà jugées inhabitables en Charente-Maritime et 563 autres en Vendée. Les chiffres pourraient encore grimper. Le président de la République a demandé une modification de la loi pour permettre aux préfets d’accélérer la mise en oeuvre des plans de prévention des risques d’inondation (PPRI), face au peu d’empressement des municipalités. 46 communes seulement sur les 864 exposées au risque d’inondation par la mer en sont dotées.

Ces PPRI pourraient réserver des surprises : dans les dernières versions à l’étude, 250 maisons à L’Aiguillon-sur-Mer et la majorité des lotissements de La Faute-sur-Mer, les deux communes de Vendée les plus touchées par Xynthia, sont classées en zone rouge, inconstructible. 200 maisons de Charron, en Charente-Maritime, pourraient connaître le même sort.

Combien de quartiers devront ainsi être rasés ? « Il ne s’agit pas de passer d’un excès à l’autre et de condamner la totalité du littoral français », a pris soin de préciser M. Sarkozy. En un an, le changement de ton est pourtant radical. Dans son discours sur le Grand Paris, le 29 avril 2009, le chef de l’Etat appelait ainsi à « sortir du respect passif d’une réglementation de plus en plus pesante » et à « rendre constructibles les zones inondables pour des bâtiments adaptés à l‘environnement et au risque ».

Une tempête plus tard, les architectes du Grand Paris à l’origine de cette inspiration, Yves Lion et Roland Castro, n’ont, eux, pas changé d’avis. « Nous savons construire en zone inondable, seulement cela demande de l’attention, or notre époque n’a eu de cesse de s’affranchir de toutes les contraintes », analyse M. Lion. Pour lui, « le comble de la catastrophe, c’est d’avoir imposé n’importe où le modèle de la maison de pêcheur vendéenne, de plain-pied, au nom du pittoresque rural, là où un étage ou des pilotis auraient offert aux habitants la sécurité et une vue sur la mer, et non sur la digue ».

Roland Castro va plus loin. « Il y a en France une pensée obsessionnelle du risque : à chaque nouveau problème, on invente un règlement, on élargit les PPRI, conçus pour permettre aux préfets de dormir tranquilles. » C’est en fonction de la qualité des projets que l’on doit délivrer ou non des permis, estime M. Castro, et non « de pointillés sur une carte ».

L’urbanisation des Pays-Bas, largement situés sous le niveau de la mer, ou la reconstruction de La Nouvelle-Orléans après l’ouragan Katrina donnent un aperçu des solutions possibles : maisons sur pilotis, pavillons à étage sur rez-de-chaussée inondable, habitations posées sur des caissons flottants semblables à des pontons, matériaux faciles à ravaler après le passage de l’eau, bitume poreux laissant l’eau s’infiltrer dans le sol…

Les Américains sont allés jusqu’à théoriser deux modèles de construction : le « wet floodproofing », qui consiste à concevoir la maison de sorte qu’elle supporte d’être inondée, et le « dry floodproofing », qui s’attache à la rendre étanche. Autant de choix plus coûteux que des pavillons standards, et qui supposent d’accepter l’éventualité d’une inondation au lieu de prétendre écarter le danger. Bref, de passer d’un culte de la sécurité à une culture du risque.

« On n’est plus complètement dans l’approche sécuritaire, les documents de l’Etat intègrent la culture du risque, mais ses services la pratiquent de manière incohérente », estime Helga Scarwell, directrice de l’UFR de géographie et d’aménagement à l’université Lille-I. Cette spécialiste de l’urbanisation en zone inondable souligne que « les permis de construire pour des maisons sur pilotis sont refusés une fois sur deux ».

Pour la chercheuse, « l’Etat pratique une culture du risque en vase clos : c’est une culture de la négociation entre les élus locaux et les services du préfet, sous la pression du développement économique et démographique. Le message est brouillé, jamais accessible au public. Il faudrait une concertation transparente pour pouvoir aménager avec le risque ».

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Pour le réseau France nature environnement (FNE), la réponse est non. « Face à la montée du niveau de la mer, on ne pourra pas se battre partout, soupire Benoît Hartmann, responsable mer et littoral pour FNE. Les pilotis ne règlent pas tout, et développer les digues sur l’ensemble du littoral n’est financièrement pas faisable. Il faut raisonner en termes de coût et de bénéfice, choisir de rester là où l’intérêt pour la collectivité le justifie et ailleurs, accepter de céder du terrain, avoir le courage de détruire les zones construites. » Plier bagage, une autre manière de s’adapter au risque climatique.

Grégoire Allix

Pierre-André et Annick Coirier.
Pierre-André et Annick Coirier.

Édition du jeudi 18 mars 2010

Après les annonces de Nicolas Sarkozy, des Fautais s’interrogent. Regards croisés.

TémoignagesPierre-André et Annick Coirier, résidant à Benet, ont leur maison secondaire à La Faute. Comme eux, quelques maisons plus loin dans la même rue des Voiliers, Daniel Beauget nettoie après le passage de Xynthia. Dans le drame, il a perdu ses deux parents. Sur l’avenir du lotissement, ils ne portent pas le même regard.

L’habitation

Pierre-André Coirier : « La Faute est notre résidence secondaire. Elle a été construire en 1978. Elle a un étage. Je me disais que s’il y avait un tsunami, on serait protégés. Nous n’étions pas là, au moment du drame. Ma femme ne voulait pas venir à cause de la tempête. Il y a eu 2,50 m à l’intérieur. L’eau est restée plusieurs jours à l’intérieur. Nous, au final, n’avons pas le droit de nous plaindre. »

Daniel Beauget : « Ça fait 35 ans que nous venions à La Faute. Avant, c’était le bonheur. Maintenant, c’est l’enfer. La maison qu’occupait mes parents a été la première du lotissement Claire Joie. Aujourd’hui, mes parents, René et Simone, sont morts. Quand ils ont construit en 1975, il n’y avait que des champs autour, avec des zones inondables. Nous, on nous avait certifiés que ça ne risquait rien, même si la maison sentait l’humidité. Et aujourd’hui, regardez autour de vous : il y a des maisons partout alors qu’il y a trente ans, il y avait interdiction de construire. »

Entre rester et partir

Pierre-André Coirier : « L’expert en assurances est passé. Nous avons pris de nombreuses photos des dégâts. Si je peux revenir, je reviendrai. Nous avons un devis estimé à 150 000 € pour tout reconstruire à l’intérieur. J’ai la chance d’oublier vite, autrement on ne vit plus. Ça me ferait de la peine de devoir partir, quitter cette maison. Mais si nous n’avons pas le choix… Nous nous posons la question de savoir quelles sont les zones les plus touchées après ce qu’a dit M. Sarkozy ? Est-ce à dire qu’il faut raser la moitié de La Faute et de L’Aiguillon ? »

Daniel Beauget : « Aujourd’hui, on se demande : mais qui a décidé de construire tout ça et pourquoi ? Aujourd’hui, on est en colère, ça ne devrait pas arriver. Et être en colère contre qui ? Ça ne ramènera pas mes parents. Je ne peux pas oublier cela. Maintenant, c’est matériel. Le 27 février, cette maison valait de l’argent, le 1er mars, elle ne valait plus rien. Les cloisons commencent à tomber. Ce qui va être décidé par l’Etat, par les assureurs ? Je ne sais pas. Moi, je n’ai plus envie de venir ici. Et je n’ai pas envie que demain, d’autres personnes soient exposées à un drame, car ça peut à nouveau arriver. Je suis d’accord avec ce qu’a pu dire le chef de l’État. Et la nature reprend ses droits. »

Loïc TISSOT.

Nicolas Sarkozy a estimé mardi que les dégâts causés par la tempête Xynthia étaient « aussi le résultat d’une cascade de décisions litigieuses ou contraires au bon sens, de négligences, de prescriptions non respectées, d’expertises négligées ».

Lors d’un déplacement en Charente-Maritime et en Vendée, le président a demandé « aux préfets et aux maires concernés de prendre sans délai les mesures destinées à éviter la réoccupation à des fins d’habitation » des sites qui ont été dévastés par la tempête Xynthia le 28 février dernier.

« Là où il y a un risque mortel, personne ne reviendra », a-t-il promis dans un discours prononcé devant les secouristes, au conseil général de Vendée, à La Roche-sur-Yon.

« Dans ces zones, il est indispensable que toutes les reconstructions et aménagements soumis à permis de construire soient désormais interdits », a-t-il poursuivi. « Dans le même temps, les personnes qui ne pourront retrouver leur domicile ravagé par Xynthia seront indemnisées pour la perte de leur maison ».

Le président a également demandé aux préfets « de coordonner les actions des élus locaux, des assureurs et de l’Etat pour faire en sorte que les personnes qui ne pourront plus habiter dans les zones à risques puissent retrouver un logement ou en reconstruire un autre dans une zone à proximité, mais sans risque ». AP

Dans les zones à risque, les maisons sinistrées ne seront pas reconstruites, a réaffirmé le chef de l’Etat.

Par TONINO SERAFINI le : 17/03/2010

L’Etat ne laissera pas les gens «se réinstaller […] dans des maisons situées dans des lieux où il y a des risques mortels». Le Président a réaffirmé cette doctrine, hier, lors d’un second déplacement en Charente-Maritime et en Vendée, les départements les plus touchés pas la tempête Xynthia, qui a fait 53 morts sur tout le territoire et près de 1,5 milliard d’euros de dégâts.

Sur place, le chef de l’Etat a livré son analyse de la catastrophe. Il a considéré qu’elle n’était «pas seulement le produit d’événements climatiques». Selon lui, elle est «aussi le résultat d’une cascade de décisions litigieuses ou contraires au bon sens, de négligences, de prescriptions non respectées, d’expertises négligées». Cette petite phrase fait manifestement allusion aux politiques d’urbanisation imprudentes conduites dans certaines communes du littoral. Et aussi à la légèreté avec laquelle a été jaugé un rapport de la DDE datant de 2008 et pointant les risques de «submersion marine» dans les communes limitrophes de l’estuaire du Lay (L’Aiguillon-sur-Mer et La Faute-sur-Mer).

«Je préfère assumer la colère» des personnes qui ne pourront pas réintégrer leurs maisons «plutôt que de mettre des vies en danger». «Une fois, ça suffit», a dit Nicolas Sarkozy. Déjà la semaine dernière, le secrétaire d’Etat au Logement, Benoît Apparu, avait tenu des propos similaires lors d’un déplacement dans les zones sinistrées. Il avait précisé que des experts se rendront sur place pour procéder «à un microzonage qui va délimiter les zones sur lesquelles on ne veut pas de reconstructions», citant en exemple «la cuvette de La Faute-sur-Mer». Hier, Nicolas Sarkozy a révélé que sur les 864 communes situées dans des zones inondables, «seules 46 disposent d’un plan de prévention approuvé». Le fameux PPRI. Il a précisé que «la situation n’est pas meilleure pour les autres risques, incendies de forêt, risque sismique : ce n’est pas tolérable».

Les services de l’Etat peinent souvent à imposer aux élus locaux des PPRI, qui délimitent des zones rouges dans lesquelles l’urbanisation n’est pas permise. Ces plans se heurtent souvent à des logiques de développement économique et touristique qui ont pour corollaire la construction de résidences secondaires. Ainsi, depuis trois ans, les discussions entre l’Etat et les mairies pour mettre en place un PPRI couvrant les communes de L’Aiguillon-sur-Mer et de La Faute-sur-Mer n’ont toujours pas abouti.

Par Europe1.fr

Le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, a salué mardi, la « fermeté » avec laquelle Nicolas Sarkozy s’est opposé à tout retour dans les habitations les plus touchées par Xynthia. Le président du MPF s’est dit réjouit que « la cuvette de la mort de La Faute-sur-mer ne sera pas réhabilitée« . Une décision qui ravit également le maire de l’Aguillon-sur-mer, Maurice Milcent qui dans le malheur qui frappe sa commune, a annoncé que « la tempête va permettre un nettoyage« . Nicolas Sarkozy a annoncé mardi en Vendée qu’il n’y aurait plus de constructions en zone inondable et que les sinistrés ne pourraient pas revenir vivre là où existent des « risques mortels« . « Les personnes qui ne pourront retrouver leur domicile ravagé par Xynthia serot indemnisées de la perte de leur maison« , a-t-il promis.

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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

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