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A la suite de la tempête Xynthia, survenue dans la nuit du 27 au 28 février dernier, des milliers de personnes ont perdu leur logement et 540 exploitations agricoles ont été inondées en Vendée et en Charente-Maritime.

Grâce à la générosité de ses donateurs, la Fondation de France a collecté à ce jour 1 455 000 euros. Afin de permettre au plus grand nombre de retrouver une vie normale, elle propose des aides financières aux personnes vulnérables.

© Jérôme Vila mars 2010

Les montants collectés seront reversés prioritairement :

1) aux familles les plus fragiles, en situation de vulnérabilité ou en grande détresse suite à la tempête, dont les demandes sont appuyées par des associations ou des services sociaux.

Télécharger le formulaire de demande d’aide :

2) aux associations,

– pour mettre en œuvre des projets d’aides collectives favorisant la reconstruction d’une vie sociale, éducative, associative, ou pour renforcer les actions menées avant la tempête ;

– pour la relance de leurs activités, par la remise en état ou le remplacement de biens endommagés nécessaires à leurs activités.

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3) aux petites exploitations agricoles (maraîchage, horticulture, élevage…) ou conchylicoles, pour permettre la poursuite de l’exploitation et éviter la mise en péril des revenus familiaux, voire la cessation d’activité et basculer dans la précarité.

Télécharger le formulaire de demande d’aide :

L’objectif général est de faciliter le retour à une vie quotidienne normale des personnes les plus fragilisées par la tempête Xynthia du 28 février 2010.

Pour atteindre cet objectif, la Fondation de France pourra financer :

– des outils ou matériels nécessaires pour retrouver la possibilité de travailler ou la situation antérieure ;

– des réparations de bâtiments ou le remplacement de matériels endommagés ;

– des projets présentés par des associations ou coopératives, en particulier celles qui organisent ou mettent en œuvre une solidarité locale, ou qui viennent directement en soutien aux familles ou aux personnes.

Les catégories de biens suivantes sont à priori exclues : clôtures, arbres, vignes, véhicules (sauf nécessité professionnelle ou pour se rendre à son travail), pierres tombales, résidences secondaires ou de loisirs, pertes d’exploitation, dommages au patrimoine subis par les collectivités locales …

Le financement est complémentaire aux aides obtenues -ou en cours de négociations- auprès d’autres organismes : assurances, aides des services sociaux, aides accordées par les collectivités territoriales, les chambres d’artisanat et d’agriculture, l’Etat, les aides européennes, associations caritatives, etc…

Un dossier devra être constitué pour chaque demande d’aide : il présentera le demandeur et l’objet de la demande, avec les justificatifs nécessaires. Il doit être envoyé par mail à urgences@fdf.org ou, à défaut, à l’adresse postale suivante : Fondation de France, Xynthia, 40 Avenue Hoche, 75 008 Paris

Chaque demande fera l’objet d’une instruction menée par des évaluateurs mandatés par la Fondation de France, qui prendront contact avec les demandeurs. Un comité « Solidarité Xynthia» constitué par la Fondation de France, se réunira régulièrement et décidera de l’attribution des aides. L’opération prendra fin à l’épuisement des fonds disponibles, qui sera annoncé sur le site internet de la Fondation de France.

Merci de transmettre toute demande d’information par mail à urgences@fdf.org
ou, à défaut, par téléphone au 01 44 21 87 23

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Ils l’ont promis et il ne restait plus que la date à fixer. Désormais, c’est fait! Zidane, Blanc, Deschamps et leurs compagnons de France 98, champions du monde de football, rechausseront les crampons pour un match de bienfaisance en faveur des sinistrés de Xynthia. Ce sera le 8 août prochain au stade de la Beaujoire, à Nantes, a t-on appris ce jeudi auprès de l’association France 98.

Le 1er mars dernier, en allant à Alger en compagnie de Zidane pour un match de futsal avec les anciens internationaux algériens, l’ancien capitaine des Bleus (aujourd’hui entraîneur de l’OM) nous confiait son désir d’organiser ce match dont les bénéfices iront aux sinistrés de la tempête Xynthia qui a durement frappé une partie de l’ouest du pays, notamment la Charente-maritime et la Vendée.

«Ces régions ont connu des drames, on a envie de faire quelque chose pour toutes ces familles qui ont souffert. Elles ont perdu des êtres chers. Ca se fera à la fin du championnat de France. Ca serait bien que cela se fasse à Nantes où nous étions nombreux de l’équipe de France à y évoluer à nos débuts. Nantes ce serait bien…», nous confiait Deschamps.

Un souhait appuyé par l’ex-intendant des Bleus, Henri Emile, aujourd’hui président de l’association France 98. «On attendra la fin de la coupe du monde en Afrique du Sud, parce qu’il y aura probablement d’autres joueurs qui veulent y participer», indiquait pour sa part Henri Emile. «Pour ce match, l’équipe de France 98 sera sans doute au complet et affrontera soit une sélection européenne», a précisé au Parisien.fr l’association. Fin février, la tempête Xynthia a provoqué d’énormes dégâts et a fait au moins 53 victimes.

Comme il avait déjà été question il ya quelques semaines, l’association France 98, fondée par les footballeurs champions du monde en 1998, va participer prochainement à un match de bienfaisance à Nantes au profit des sinistrés de la tempête Xynthia. Le FC Nantes, la ville de Nantes, France 98 ainsi que la Ligue Atlantique de football l’ont conjointement annoncé, jeudi. Le match aura lieu au Stade de la Beaujoire. La date, ainsi que les modalités précises de cette rencontre, seront quant à elles précisées le mercredi 7 avril lors d’une conférence de presse.

La tempête Xynthia a fait 53 morts les 27 et 28 février dans l’ouest de la France.

L’Aiguillon les dons affluent

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Gia Khanh Pham, le directeur du casino de La Faute-sur-Mer, a invité vendredi soir les sinistrés de la commune à venir manger et discuter au restaurant de son établissement.

Gia Khanh Pham, le directeur du casino de La Faute-sur-Mer, a invité vendredi soir les sinistrés de la commune à venir manger et discuter au restaurant de son établissement.

Témoignage

À La Faute-sur-Mer, Gia Khanh Pham est une figure locale. Directeur d’un casino indépendant depuis 18 ans, il a invité à dîner tous les sinistrés de la commune, vendredi soir. Un geste solidaire. « Même si je ne suis pas sinistré. Mais ma fille habite à la Pointe de L’Aiguillon-sur-Mer, et nous n’avons su qu’à 7 h du matin qu’elle était vivante. Une énorme angoisse. »

Son lieu de travail, lui, est intact. Le casino de La Faute, dans les premières heures du drame, a même permis d’accueillir les habitant tout juste sauvés des eaux. Fermé pendant trois jours, l’établissement a rouvert ses portes depuis le mercredi 3 mars. Ce jour-là, il fait venir sa cinquantaine de salariés « pour parler. J’ai organisé une sorte de cellule psychologique, avec café et croissants. »

Vendredi soir, il a, en quelque sorte, renouvelé cet exercice. Avec un dîner solidaire où l’on pouvait aussi se réchauffer le coeur. « Je me retiens de chialer. Personne ne peut mieux comprendre ce que l’on a vécu que ceux qui étaient dans la commune ce soir-là. Ça permet de mieux évacuer le stress, la douleur, la rancoeur. »

« Il faut que les gens reviennent »

Mais au-delà du réconfort, Gia Khanh Pham espère, surtout, accélérer la cicatrisation. Pour que la vie reprenne. Y compris la vie économique. Le casino de La Faute, c’est une cinquantaine d’emplois (30 en équivalent temps plein) et un chiffre d’affaires de 3,38 millions d’euros en 2009. Qui risque d’être malmené pour l’année 2010, Xynthiaoblige.

« Je suis un chef d’entreprise. Ce casino ne fait pas son chiffre d’affaires avec les habitants mais avec les vacanciers, les touristes. Il faut donc que la vie reprenne, que les gens reviennent. »

Reprendre une vie normale. Regarder devant. Gia Khanh Pham y voit une nécessité vitale. Mais n’est-il pas trop tôt, alors que la commune cicatrise toujours ses plaies et pleure ses disparus ? « Chacun son rythme, répond-il. Moi, je n’ai pas le choix. Je suis dans l’obligation de ne pas flancher. Mes salariés ont des familles, des enfants, des crédits. Vous savez, je suis Vietnamien. L’urgence, je connais. En 1954 (au début de la guerre, NDLR), j’ai dû quitter mon pays dans la précipitation, avec ma grand-mère. J’ai eu une heure pour faire mes affaires. »

Préparer l’été prochain

Depuis dix jours, le casino tente donc de retrouver son rythme, chaque jour. Il en est loin.« Contrairement à un industriel, je ne peux pas ralentir la production. J’ouvre ou je n’ouvre pas, c’est ma seule marge de manoeuvre. »

L’idée est aussi d’inciter la commune à se relever. En ligne de mire, l’été prochain. Et dès les 4 et 5 juin, l’enduro roller, qui fêtera ses dix ans cette année. Des centaines d’équipes, des milliers de spectateurs. Et une capacité d’accueil incertaine. « Les terrains de campings sont sinistrés. Mais il faut s’y mettre. Quitte à ce qu’on aille faire des demandes d’hébergement à Angles ou à La Tranche. Arrêtons d’être nombrilistes. Deux mois, ça passe vite. »

Rogny-les-Sept-Écluses se mobilise pour venir en aide aux sinistrés de la Faute-sur-Mer, en Vendée. Un appel aux dons est lancé dans le village.
Willem Van de Kraats wvandekraats@lyonne-republicaine.fr
C’est un conseiller municipal qui a donné l’alerte. Au lendemain du dimanche 28 février, jour où la tempête Xynthia s’est abattue sur la France, l’élu a réussi à contacter un de ses amis vendéens.

Habitant de la Faute-sur-Mer, commune la plus touchée (lire par ailleurs), son ancien collègue de travail lui a alors décrit l’ampleur des dégâts.

« Il a été sauvé de justesse par les sauveteurs. En hypothermie de 4 heures du matin à l’aube, il a failli y passer, comme douze des habitants de sa rue », souffle-t-il.

« Ce n’est pas compliqué : mon ami n’a plus rien »Touché par le désespoir des habitants de la Faute-sur-Mer, c’est lui qui a alerté ses collègues. Et tous ont répondu présents.

« Tout le monde a suivi : le conseil municipal a tout de uiste opté pour un appel aux dons », se félicite le conseiller municipal, qui préfère rester anonyme : « Ce qui compte, c’est l’action de tous ».

Depuis quelques jours, la municipalité distribue donc des tracts pour demander aux Rognycois de se mobiliser. « Il leur faut tout sauf des vêtements ou de l’argent. À ce niveau-là, la Croix-Rouge et le Secours catholique ont déjà fait le nécessaire », assure l’élu, qui appelle tous les jours son ami naufragé.

« Ce n’est pas compliqué : Christian n’a plus rien, lâche-t-il. Le jour de la tempête, il s’est réveillé dans son lit, qui flottait à hauteur du plafond. Il a dû plonger pour sortir de sa maison ».

Sur place, la mairie de la Faute-sur-Mer, la Croix-Rouge et le Secours catholique sont prévenus de l’arrivée imminente de dons en provenance de Rogny-les-Sept-Écluses.

Les dons sont collectés à la mairie. La municipalité se chargera de les acheminer en Vendée à la fin du mois. Renseignements au 03.86.74.51.78.

LA ROCHE-SUR-YON, 8 mars 2010 (AFP) – La solidarité battait encore son plein lundi en Vendée, neuf jours après le passage de la tempête Xynthia, avec des offres de logements, des dons mais aussi des aides matérielles pour les sinistrés des deux communes les plus concernées.

Une cellule d’aide a reçu 700 offres de logements dont 190 ont été retenues, aussi bien dans des résidences secondaires mises à disposition par leurs propriétaires qu’auprès de bailleurs sociaux ou encore dans des mobile homes, a indiqué lundi la direction départementale de la cohésion sociale de la Vendée. Sur 63 familles qui ont fait des demandes de relogement, 49 avaient déjà été relogées lundi. Ces logements sont pour la plupart temporaires jusqu’au mois de juin. Les nombreux sinistrés de La Faute-sur-Mer et de l’Aiguillon-sur-Mer ont tenu à rester proches de leurs maisons dévastées, précise-t-on de même source. La Fondation de France et France Télévisions ont collecté en moins d’une semaine par le biais d’un appel aux dons plus de 350.000 euros. « Une commission va se mettre en place cette semaine » pour mettre ces fonds à disposition des familles ou des exploitations les plus en détresse, a expliqué à l’AFP Yann Desdouets, délégué régional Pays de la Loire de la Fondation de France. Lundi, l’association du parc du Puy du Fou a a expliqué qu’elle allait venir collecter « les linges de maison et les habits des sinistrés » qui seront lavés par le pressing du Puy du Fou (capacité de 5.000 costumes de spectacles chaque semaine) avant d’être remis à leurs propriétaires, a indiqué son président, Nicolas de Villiers.

Spécial tempête. La marche silencieuse.

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Depuis dimanche 28 février, Marie-Agnès Mandin, première adjointe au maire de L’Aiguillon-sur-Mer, se démène auprès des sinistrés de Vendée. Les ultimes recherches de corps devaient cesser jeudi 4 mars dans l’après-midi, alors que le bilan total s’élevait à 53 morts et 7 blessés graves

Une habitante de l’Aiguillon-sur-Mer nettoie sa maison inondée de boue après le passage de la tempête Xynthia (photo Vincent/AP).

Les autres élus lui donnent du « Général en chef ». Une boutade pour garder le moral, alors que depuis bientôt une semaine, la vie de L’Aiguillon-sur-Mer, sa commune, et de sa voisine, La Faute-sur-Mer (Vendée), a été bouleversée par la tempête.

Vingt-neuf morts recensés jeudi 4 mars dans ce secteur, des disparus, des milliers de sinistrés dont certains ont vu la mer engloutir leur maison jusqu’au toit… Quinze ans de vie municipale n’avaient pas préparé Marie-Agnès Mandin à pareille épreuve.

Depuis dimanche 28 février pourtant, cette petite femme énergique, première adjointe au maire (sans étiquette) de L’Aiguillon, se démène pour apporter de l’aide aux habitants éplorés. Elle est devenue en quelques jours un personnage incontournable.

Dix heures, mercredi 3 mars au matin. Dans la salle omnisports de la commune (2 300 habitants), reconvertie en QG de secours, une réunion s’organise près des tapis de sol. Autour de l’élue, le représentant local des banques alimentaires, du Secours catholique, du Secours populaire et de la protection civile.

Marie-Agnès Mandin entre directement dans le vif du sujet : « Quatre jours après la tempête, il y a encore des habitants dans le besoin qui ne sont pas venus ici. Les équipes viennent de rencontrer un couple de personnes âgées, avec une dame gravement malade, qui n’avait pas mangé depuis deux jours. Ils n’avaient pas d’électricité et ne pouvaient pas se déplacer. Il faut absolument aller au-devant des habitants, prévient l’élue, on ne peut pas attendre qu’ils demandent de l’aide. »

Elle poursuit : « À l’heure actuelle, la priorité des pompiers, c’est de chercher les corps. C’est donc à nous de mailler le territoire pour ne laisser personne sans soutien. » Derrière elle, un vaste plan de L’Aiguillon-sur-Mer a été affiché sur les murs de la salle de judo, que les bénévoles de la protection civile, emmitouflés dans leur uniforme orange et bleu, viennent consulter régulièrement.

Pour leur responsable, Philippe Potier, « il faut visiter chaque maison, même dans les quartiers préservés par les eaux ». Lui aussi pense tout particulièrement aux personnes âgées, très nombreuses dans la commune (60 % de la population a plus de 65 ans).

« Ce que j’ai vu cette nuit-là reste ancré dans ma tête »

Marie-Agnès Mandin écoute, s’appuie sur l’expérience des secouristes et des associations caritatives, rompues aux situations d’urgence. Pas question de partir bille en tête, d’agir dans tous les sens. Les rôles sont rapidement distribués et la réunion s’achève sans paroles inutiles, car le temps de chacun est compté.

Depuis dimanche, la première adjointe n’a pas eu une minute de répit. Tout commence dans la nuit de samedi à dimanche, alors qu’elle rentre de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, à 80 kilomètres de là, où elle vient de fêter ses 50 ans avec quelques amis.

À l’arrivée sur la pointe de L’Aiguillon-sur-Mer, plus moyen d’avancer : les routes sont inondées. Il ne lui faut pas longtemps pour comprendre que la tempête, cette fois, est d’une ampleur inédite qui combine des vents très violents à un coefficient de marée particulièrement élevé. À 4 heures du matin, elle est déjà « sur le pont », dans le grand gymnase, à accueillir les premiers rescapés.

« Ce que j’ai vu cette nuit-là reste ancré dans ma tête. Ce sont des choses qu’on ne peut pas oublier », confie Marie-Agnès Mandin. Des hommes, des femmes et leurs enfants, à moitié dévêtus, complètement trempés et hagards, qui, surpris dans leur sommeil, ont plongé pour s’échapper de leur chambre à coucher, défoncé les plafonds, porté leurs proches à bout de bras…

« Au tout début, poursuit l’élue, on n’avait rien, on a récupéré les couvertures du centre de vacances, on est allés chercher des vêtements chauds chez nous… Cinq, dix, puis cinquante personnes… À la fin de la journée, j’avais vu défiler 600 à 700 personnes au poste de secours improvisé ici, pas tous dans des conditions aussi dramatiques que les premiers, bien sûr, mais ça vous marque. »

Alain a échappé de peu à la mort

Contrairement à d’autres élus, à commencer par le maire de L’Aiguillon-sur-mer, Maurice Milcent, dont la maison a été envahie par 1,20 mètre d’eau, Marie-Agnès a été épargnée. Sa résidence principale du moins, car l’entreprise de construction de bateaux de pêche qu’elle dirige avec son mari a été noyée.

« C’est du matériel, c’est tout. Rien par rapport à ce qui est arrivé à d’autres. Je ne vais pas me plaindre pour ça. » Elle n’en parle, d’ailleurs, que parce qu’on lui pose la question. L’élue met un point d’honneur à rester positive et disponible pour les autres.

Portable à l’oreille, elle cherche ce matin-là un chauffeur pour conduire le minibus qui fera la navette entre les mairies des deux communes sinistrées ; à peine a-t-elle terminé qu’elle dégote un camion-frigo auprès d’un industriel de l’agroalimentaire pour stocker l’aide qui afflue vers le gymnase. Sans cesse interpellée, elle répond sans signe apparent d’agacement ou de fatigue.

Dans le hall de la mairie, qu’elle rejoint vers midi, la foule se presse. Une table et deux chaises ont été installées pour délivrer aux habitants des attestations d’assurance. « Vous écrivez votre nom, votre prénom, votre adresse », répète inlassablement l’employé municipal aux personnes qui se présentent, les uns en larmes, les autres perdus, à la recherche d’informations.

Alain et son amie Consuelo sont là, ils errent autour du comptoir d’accueil. « Vous avez besoin de quelque chose ? », s’interrompt Marie-Agnès, qui virevolte entre l’accueil et son petit bureau, au rez-de-chaussée du bâtiment, après avoir avalé un sandwich à la va-vite. Frêle silhouette, visage émacié, Alain a échappé de peu à la mort.

L’hébergement est au cœur des préoccupations de l’adjointe

La nuit de la tempête, il dînait chez des amis à La Faute-sur-Mer quand il a vu la mer monter. Il explique qu’il a juste eu le temps de grimper sur le toit où, entre 3 et 7 heures du matin, il a attendu les secours, dans le froid et la peur, en entendant les cris des victimes. Sa propre maison, à L’Aiguillon, a été inondée, elle est sens dessus dessous depuis quatre jours. Alors il a trouvé refuge chez Consuelo, près de Niort. Aujourd’hui, il est venu pour trouver des solutions.

L’adjointe au maire prend le temps de l’écouter, Alain a dû mal à formuler ses demandes. « Je dois nettoyer ma maison, l’humidité va remonter dans les murs, tout va pourrir… Je suis tout seul, je n’ai pas de famille. » Marie-Agnès tente de le rassurer. « Au poste de secours, il y a des équipes de la protection civile. Ils sont là pour vous aider à nettoyer votre domicile, vous ne serez pas tout seul pour le faire, ne vous inquiétez pas. »

Se pose aussi la question de l’hébergement, car ses amis ne peuvent pas l’accueillir très longtemps. Alain poursuit : « Je ne sais pas trop quoi faire, car je dois suivre très bientôt un traitement de trois mois à l’hôpital de Niort, où je devrai aller toutes les semaines… Or j’ai aussi perdu ma voiture toute neuve dans la catastrophe », explique l’homme, qui souffre d’un cancer. L’élue prend les questions une par une, lui propose « un studio meublé » à L’Aiguillon. « Prenez le temps de réfléchir », lui conseille-t-elle.

L’hébergement est au cœur des préoccupations de l’adjointe. Cet après-midi-là, elle est parvenue à s’isoler pendant deux heures dans son bureau pour rassembler et trier les propositions de relogement qui ont afflué de tout le département, dans un grand élan de solidarité.

« Dans un premier temps, nous avons fait en sorte que les sinistrés quittent le gymnase où ils ont dormi les premières nuits sans confort ni intimité. Ils ont alors été recueillis par des proches ou des volontaires. Toutefois, souligne Marie-Agnès, cette solution n’est pas durable. Il faut déjà penser à l’étape suivante, et avec un peu d’imagination, on trouve ! » Elle compte en particulier sur l’offre touristique, abondante dans ce coin de Vendée : mobile homes, résidences de vacances, maisons de location vides en ce moment…

« Je sais ce que je suis capable de supporter »

De quoi voir venir pour les mois qui arrivent, jusqu’à la saison estivale. « Nous avons eu beaucoup de propositions. L’avantage de ces logements, c’est qu’ils sont meublés. Cela permettra à ceux qui ont tout perdu de se poser », dit-elle. Sur son bureau, la liste des hébergements constitue un épais dossier.

À deux pas de là, sur le parking de la mairie, l’activité est incessante. Ballet de camions de pompiers, de la gendarmerie, voitures officielles d’élus et de ministres en visite, Bruno Le Maire (agriculture), Philippe de Villiers, qui préside le conseil général, le préfet… Marie-Agnès Mandin n’y prête guère attention, même si elle se réjouit des aides débloquées.

Mais le protocole, très peu pour elle. Elle n’ira pas non plus aux premières obsèques des victimes de la tempête, qui se tiennent dans la petite église du P. François Roullière. « Je me protège, concède l’élue. Je sais ce que je suis capable de supporter, je connais mes limites. Or je ne veux pas flancher, je ne peux pas me le permettre. On a besoin de moi », insiste-t-elle, ce que confirme le maire, « soulagé » de pouvoir s’appuyer autant sur sa première adjointe. Les larmes l’ont quand même submergée, la veille, en écoutant le récit d’habitants. « Quelques secondes, mais je me suis repris », tient-elle à préciser.

Il est 20 h 30, la mairie est désormais presque vide. Marie-Agnès est la dernière à partir. Sa journée n’est pas finie car elle ne rentrera pas avant d’aller voir si tout se passe bien à la cantine de l’école, où sont distribués des repas chauds aux sinistrés et aux équipes de la protection civile. La veille, elle dînait avec eux et quelques élus, l’occasion de faire le point et d’aider à ranger. Ce soir, toutefois, elle rentrera dîner chez elle avec son mari et son fils de 18 ans, qui fait partie des pompiers volontaires, mobilisé lui aussi sur le front de la tempête.

Marine LAMOUREUX
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Zone interdite (mkv)

Des catastrophes pas si naturelle que ça (flv)

Documentaire de l'agence CAPA diffusé sur FR3 (wmv)

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